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Le blog d'une récente expatriée de la sphère allociné et nouvelle membre d'Extérieur nuit, l'émission cinéma de Radio Campus Paris (tous les mercredi, 19h-20h, 93.9).

Sortie: 03 février 2010
> L'histoire: Détective de génie, Sherlock Holmes (Robert Downey Jr.) ne serait rien sans son ami le Docteur John Watson (Jude Law). Et alors qu'une série de meurtres rituels
ensanglante Londres, les deux compères décident alors de faire une nouvelle fois équipe, le temps d'attraper le terrible Lord Blackwood. Exécuté, cet adepte de la magie noire ressuscitera
pourtant, créant une peur panique dans la ville...
Héros de la littérature britannique puis icône cinématographique - notamment dans La Vie privée de Sherlock Holmes, a nouveau en salles cette semaine -,
Sherlock Holmes est de ces personnages instantanément associés à une panoplie d'accessoires. A travers la combinaison gagnante: pipe, chapeau, imperméable. En 2010, le Sherlock Holmes version Guy Ritchie dépoussière complètement le mythe du détective en allant vers une forme plus moderne, apparemment
plus proche du livre de Conan Doyle. Nourri aux amphétamines, celui-ci est devenu un enquêteur survolté, jouant volontiers des coups quand on le lui
permet. Amateur de violoncelle et de kick boxing, Sherlock est un dandy des temps modernes moulé dans un costume trois pièces. A ses côtés, Docteur Watson a gagné en assurance et en charisme,
délaissant sa bedaine pour un physique de bel anglais. Il faut dire que dans ces rôles, Robert Downey Jr. et Jude Law
s'en donnent à coeur joie, l'un livrant un véritable show, l'autre donnant à Watson une gueule et un caractère tout à fait nouveau. Sherlock et Watson, donc, deux êtres soudés par les
circonstances de la vie, partageant ensemble un sombre appartement rue de Baker Street... De l'imagerie collective, Guy Ritchie extrait ainsi quelques petits éléments indissociables de l'univers
de Conan Doyle... avant de tout mixer dans une aventure ultra testostéronée. Privilégiant, avant l'intrigue même, la relation entre Sherlock et Watson, véritable couple à part entière d'où
découle une relation presque gay friendly. Sherlock, très possessif envers son ami docteur jalousant à l'extrême sa nouvelle conquête. Répliques piquantes pour tandem de choc, Sherlock ne serait
rien sans Watson, Watson rien sans Sherlock et l'enquête inintéressante sans leurs deux participations.
Allant vers une intrigue alliant réalisme et fantastique, à l'instar du roman Le Chien des baskerville, Guy Ritchie construit son histoire non pas autour de
la confrontation entre Sherlock Holmes et le ténébreux Lord Blackwood mais entre deux idéologies: rationalité et croyance. Le raisonnement de Sherlock contre la magie de Blackwood. Et là où
ce dernier aime à se mettre en scène, usant de ses pouvoirs afin de créer la panique dans la population londonienne, le premier cherchera sans cesse à utiliser la logique, scrutant
consciencieusement chaque scène de crimes à la recherche d'un indice minime. C'est d'ailleurs sur cet élément précis que l'on prend conscience de ce qui a pu attirer l'attention d'un réalisateur
tel que Guy Ritchie, le cinéaste utilisant presque son personnage principal comme prétexte d'une mise en scène parfaitement rodée. Connu pour ses effets de style (?) en tout genre -
ralentis, mélange des temporalités... -, s'étant forgée une réputation certaine à travers des oeuvres aussi énergiques que Arnaques, crimes et botaniques ou
Snatch, Guy Ritchie fait une fois de plus tout ce que l'on pouvait attendre de lui, se servant de Sherlock comme support. Et si il aime à découvrir le
moindre détail d'une enquête, le cinéaste peut donc sauter d'un temps à un autre, s'il aime à réfléchir y compris quand il se bat, Richie a le champ complètement libre pour ses ralentis
savamment étudiés... Irritant ou "badass", dans tous les cas, Sherlock Holmes ne laissera personne vraiment indifférent, lui qui se révèle avant tout un divertissement amusant, sans forcément
chercher plus loin. Bagarres en tout genre, jolies filles et acteurs ultra sympathiques, Guy Ritchie joue ainsi la carte de l'entertainment distrayant, voir même décérébrant, laissant Robert
Downey Jr. assuré un spectacle souvent de haute volée. Sympathique sans être inoubliable, ce Sherlock Holmes est ainsi une distraction aussi charmante qu'anodine tout en étant extrêmement
fun.





1. Robert Downey Jr.: Le Soliste
2. Jude Law: Le Limier / L'Imaginarium du docteur Parnassus
3. Mark Strong: Miss Pettigrew / Victoria: les jeunes années d'une reine
4. Rachel McAdams: Hors du temps
5. Keilly Reilly: Me and Orson Welles
> Golden Globes 2010: Meilleur acteur dans une comédie ou comédie musicale
Crédit photo: Warner Bros. France
Publié le 03/02/2010 à 19h40 dans En salle en 2010