Deauville 2009

Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 12:55

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COUP DE COEUR

Sortie: 20 janvier 2010

> L'histoire: Dans la famille Rizzo, tout le monde a un petit secret. Désir de devenir acteur ? Petit boulot pas très glorieux à la sortie des cours ? Fantasme inavouable ? Ou petite manie que l'on préfère cacher ? Jusqu'à ce que celle-ci accueille un fils illégitime, les confrontant bientôt à la réalité...

Rien de franchement original, en apparence, dans ce City Island, sympathique comédie new yorkaise indépendante, menée tambour battant par un Andy Garcia en très grande forme. Pourtant, à ne pas s'y tromper, le film de Raymond de Felitta n'a rien d'une oeuvre éphémère, le cinéaste proposant un véritable bijou de comédie et d'émotions, s'attachant à dépeindre les petits secrets d'une famille pas si ordinaire. Donnant la part belle à chacun des personnages. Ainsi, il y a Vince Rizzo, père castré par une femme de caractère, gardien de prison le jour, rêvant en grand de cinéma le soir, lors de cours de théâtre pris en cachette. Vivian, la fille, strip-teaseuse à ses heures tandis que le petit frère, Vinnie, préfère taire son fantasme pour les femmes très rondes. Jusqu'à ce que Vince ramène à la maison son fils illégitime, Tony, rencontré en prison. Le faisant alors passer auprès de tous pour un inconnu, lui qui viendra bientôt briser cette douce cacophonie ordinaire et savamment organisée. Véritable alter égo du spectateur, celui ci deviendra en effet le témoin privilégié des petits secrets de cette famille, découvrant, parfaitement amusé, les grandes combines des uns et des autres. Donnant à chaque instant une série de péripéties dignes d'un grand vaudeville, portes qui claquent et engueulades sans queue ni tête comprises. A l'instar de cette cigarette que chacun fume à la fenêtre, persuadé que l'autre n'apprécierait pas cette nouvelle manie...

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Conscient que son sujet a déjà été mainte fois vu au cinéma, Raymond de Felitta s'amuse dès lors de son peu d'originalité, s'appuyant sur des figures cinématographiques parfaitement intégrées à la mémoire collective. Donnant l'occasion à Andy Garcia de se lancer dans un très grand numéro de cabotinage en imitant Marlon Brando. Lui qui incarnait sa descendance dans Le Parrain 3. Jouant, aussi, sur des références plus subtiles à d'autres films, nous poussant parfois à nous faire notre propre histoire. A l'image du personnage de Molly, incarnée par Emily Mortimer, confidente exclusive de Vince, dont l'apparence nous rappellera bientôt une autre actrice iconique. Ce sont des mèches dans les cheveux. Un trench beige. Une petite robe noire. Des lunettes de soleil. Un prénom, aussi, Molly, nous emmenant directement quelques années auparavant, auprès de Holly Golightly, soit Audrey Hepburn dans Diamants sur canapé. Elle qui y campait déjà un personnage rongé par les secrets familiaux. Nous poussant alors à nous poser nos propres questions, Molly aurait-elle un secret à la mesure de celui d'Holly ? Là est la force de City Island, Raymond de Felitta proposant une histoire, certes, pas forcément novatrice mais emplie d'une bienveillance salvatrice et d'une tendresse infinie. Parfaitement rythmé, City Island est ainsi d'une bonne humeur contagieuse dont il est difficile de rester indifférent.


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> Festival du film américain de Deauville 2009: avant-première

Crédit photo: Chrysalis Films

Par Limess - Publié dans : Deauville 2009
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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /2009 11:00




Sortie: prochainement

> L'histoire: A l'origine, il y a Les portes de la perception, le livre d'Aldous Huxley sur son expérience de la mescaline et d'autres drogues hallucinogènes. La citation de William Blake, qui lui a fourni le titre de ce livre, inspira également Jim Morrison et Ray Manzarek pour le nom du groupe - The Doors - qu'ils fondèrent en 1965 à Venice Beach avec John Densmore et Robby Krieger. Ils allaient devenir l'un des groupes les plus importants et les plus influents du rock américain.

Si c'est pour son goût pour le cinéma de fiction que l'on connaît Tom DiCillo, réalisateur, entre autres, de Delirious, c'est avec un documentaire que celui-ci revient sur le devant de la scène, retraçant - et ce pour la première fois -, l'histoire de ce groupe mythique que fut The Doors. S'appuyant presque uniquement sur de multiples images d'archives tournées entre 1965 et 1971, aussi bien personnelles que de concerts ou prises lors des divers enregistrements d'albums, le cinéaste relate ainsi la vie de ce groupe hors du commun, bercés par une multitude de leurs titres. Et quelle joie d'entendre raisonner leur musique dans les hauts parleurs d'un cinéma ! Présentant successivement Ray Manzarek, Robbie Krieger, John Densmore puis Jim Morrison, Tom DiCillo tend à montrer comment l'histoire personnelle du chanteur prit progressivement le pas sur la musique. Ne cachant aucune de ses facettes en montrant aussi bien ses phases de génie que la déchéance dans laquelle il tomba progressivement, comme submergé par ce succès auquel il ne s'attendait probablement pas...


Mais plus que la biographie du groupe, When you're strange passionne dans sa capacité à mettre en corrélation son évolution, son impact sur la société et les grands événements marquants qui les entoura. A l'instar de cette magnifique séquence où la voix de Jim Morrison, entonnant The end, se mêle aux images de Ronald Reagan et des multiples manifestations qui faisaient alors rage aux Etats-Unis. Car The Doors, c'est avant tout un groupe qui encadra la naissance d'une certaine jeunesse, militante et révolutionnaire. Déchaînant les foules à chacun de leurs déplacements, choquant la morale puritaine lors de concerts surréalistes, aux conséquences démesurées. A l'image de celui où Jim Morrison se fit incarcéré, pour atteinte à la pudeur. D'où la nostalgie qui se dégage petit à petit de ce documentaire, nous replongeant dans les coulisses d'une époque pas si lointaine mais diametralement opposé. Où espoir et dépravation se mêlaient à merveille. Narré par la voix lancinante de Johnny Depp, When you're strange est ainsi un formidable témoignage, un petit bout d'histoire dans lequel on se plaît à se répandre encore et encore, apaisé par des titres aussi sublimes que Hello, I love you ou Light My Fire.




1. Johnny Depp: Sweeney Todd / Public Enemies / L'imaginarium du Docteur Parnassus


> Festival du film américain de Deauville 2009: Les docs de l'Oncle Sam
Par Limess - Publié dans : Deauville 2009
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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /2009 19:14




Sortie: 25 novembre 2009

> L'histoire:
Clare aime Henry depuis toujours. Elle est convaincue qu'ils sont destinés l'un à l'autre, même si elle ne sait jamais quand ils seront séparés... Henry est en effet un voyageur du temps. Il souffre d'une anomalie génétique très rare qui l'oblige à vivre selon un déroulement du temps différent : il va et vient à travers les années sans le moindre contrôle sur ce phénomène. Même si les voyages d'Henry les séparent sans prévenir, même s'ils ignorent lorsqu'ils se retrouveront, Clare tente désespérément de faire sa vie avec celui qu'elle aime par-dessus tout...

Présenté en ouverture du festival américain de Deauville et adapté d'un best-seller romantico-fantastique, The time traveler's wife marque la quatrième réalisation de Robert Schwentke, quatre ans après son médiocre Flight Plan. Mais si souvenez-vous: Jodie Foster, un avion, une disparition d'enfant. Il suit ici l'histoire d'un couple tout ce qu'il y a de plus ordinaire, si ce n'est que monsieur voyage dans le temps à cause d'une malformation génétique. L'heure est à la romance rocambolesque, servie par une mise en scène qui ne fait pas franchement dans la dentelle. Clare rencontre donc Henry. S'il ne la connait pas, elle est, elle, déjà amoureuse de lui, un Henry du futur étant venu la voir régulièrement depuis sa plus tendre enfance. Ainsi, comme dans Lost, le temps chez Robert Schwentke se divise en trois entités distinctes, présent, passé, futur cohabitant au même moment, dans trois espaces temps différents. L'idée: que Clare, Henry et les autres répètent inlassablement les mêmes gestes, laissant le destin être un merveilleux chef d'orchestre. De quoi crééer quelques espérances envers ce long métrage que l'on imaginerait déjà comme un nouvel Eternel sunshine of the spotless mind. Sauf qu'il n'en est rien, The time traveler's wife pêchant par son constante redondance et son cruel manque d'enjeux dramatiques.


Tout vient d'ailleurs de ce couple central, formé à l'écran bien trop rapidement – dans les dix premières minutes – pour que l'on s'y attache. Ensemble, ils graviront les étapes de la vie avec une facilité déconcertante, portés par un amour toujours plus beau, toujours plus fort. Jusqu'à ce qu'arrivent les problèmes, dûs à cette fameuse faille spatio-temporelle. Normal alors que Clare trompe son mari Henry avec son double du passé... Rocambolesque, je vous avais prévénu. Le résultat est proche du mielleux N'oublie jamais dans lequel jouait déjà Rachel McAdams. « Décidément ». Pourtant, aussi étonnant que cela puisse être, le film arrive à nous embarquer dans ses derniers instants. Cela grâce aux fructueux efforts du cinéaste, devenu maitre dans l'art du surlignage des effets dramatiques. En répétant inlassablement certaines idées. Par une musique, certes belle, mais surtout omniprésente. On en ferait presque couler une petite larme. Presque, presque. Petite déception donc pour cette jolie rencontre entre Eric Bana et Rachel McAdams. Et si le premier est malheureusement un peu fade, la deuxième ravit par cette douceur qui éname en permanence de son jeu. Dans tous les cas, les distributeurs, eux, sont parfaitement conscients de la nature de cet objet filmique, celui sortant pour les fêtes prochaine. Soit la période idéale pour un mélo de ce genre...





> Festival international de Deauville 2009: Avant-première

Crédit photo: Metropolitan FilmExport

Par Limess - Publié dans : Deauville 2009
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 08:00




COUP DE COEUR

Sortie: 11 novembre 2009

> L'histoire: Pippa Lee s'est construite une vie confortable dans une atmosphère feutrée. Elle est dévouée à son mari plus âgé, ainsi qu'à ses enfants déjà adultes. Mais à l'approche de la cinquantaine, cette sérénité en apparence parfaite s'effrite. Pippa a connu une enfance tumultueuse et délurée où se sont mêlés sexe, drogue et rock'n'roll. Désormais, elle doit donc trouver un équilibre entre sa jeunesse troublée et "la femme " trop rangée " qu'elle est devenue. Sa rencontre avec un mystérieux jeune homme va lui permet de trouver un nouveau sens à sa vie...

De l'écriture à la réalisation, il n'y a qu'un pas pour Rebecca Miller, fille et femme de, découverte avec son troisième long métrage, The Ballad of Jack and Rose. Les vies privées de Pippa Lee est ainsi une extension cinématographique de son propre livre, un moyen de continuer l'aventure avec cette héroïne si singulière. Pippa Lee, c'est un peu une desperate housewife comme on en connaît tant dans le paysage hollywoodien, organisant ses journées autour de son mari retraité et la préparation, en toutes occasions, de son fameux gigot d'agneau. En somme, rien de bien palpitant. Jusqu'à ce qu'une crise de somnambulisme et un paquet de cigarettes la sortent de cette torpeur dans laquelle elle était plongée. Car, qu'on se le dise, Pippa Lee était loin d'être destinée à une vie bien rangée, elle qui vécue cent vies avant d'atteindre la majorité. La force du film de Rebecca Miller tient ainsi de cette contradiction, elle qui façonne un personnage type et plutôt insignifiant avant de fissurer peu à peu cette image trop parfaite. Comme un petit vernis bien trop propre qu'il suffirait de gratter. Mère névrosée, dépendante aux cachets en tout genre, séance de photos érotiques et amants d'un soir, Pippa Lee avait tout de l'adolescente borderline, prête à vivre dans l'insouciance et l'imprudence la plus totale. Loin de cette banlieue américaine où elle vieillit doucement.


Forte d'un sujet aussi passionnant que dense, Rebecca Miller fait preuve d'une ingéniosité sans faille quant il s'agit de sa mise en scène. Mêlant présent et passé dans un même plan. Ainsi, ce gâteau que Pippa amènera sur la table de sa famille arrivera en fait sur celle de son enfance, déclenchant dès lors la mise en image de ses souvenirs. Passant d'un univers aseptisé à un chaos organisé. Finement écrit, Les vies privées de Pippa Lee est aussi un formidable film d'acteurs, bénéficiant d'un casting plutôt chic (Julianne Moore, Winona Ryder ou Blake Lively, la Serena de Gossip Girl) et d'une direction de comédiens implacable. Car la l'affranchissement progressif de cette femme passe avant tout par l'hallucinante performance de Robin Wright Penn, dont l'on redécouvrirait presque le talent. Elle qui semble, au départ, évoluer dans une bulle hermétique avant d'illuminer progressivement l'écran, accompagnant la renaissance de ce personnage particulièrement attachant. Et il faut la voir, entrer comme une ado de quinze ans par la fenêtre de Keanu Reeves, se faufiler discrètement dans son lit dans l'espoir de ne pas être repérer par les parents. La scène est à l'image du long métrage, touchante et drôle, sensible et pleine de vie. Un beau film sur la libération - féminine - qui donnera peut être des idées à certaines, tant son sujet est universel.

Également publiée sur Ecran Large.




1. Alan Arkin: Sunshine Cleaning
2. Zoe Kazan: Les noces rebelles

> Festival du film américain de Deauville 2009: avant-première

Crédit photo: Bac Films

Par Limess - Publié dans : Deauville 2009
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Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /2009 19:29




Sortie: 21 octobre 2009

> L'histoire: Au Honduras, la jeune Sayra retrouve son père après une longue séparation. Elle va enfin réaliser son rêve, émigrer avec lui et son oncle aux Etats-Unis. Au Mexique, Casper est membre de la " Mara ", l'un des terribles gangs d'Amérique Centrale. Pour venger la mort de sa fiancée, il tue un chef de bande et prend la fuite. Sur le toit du train qui file vers le Nord, entourés de centaines de candidats à l'émigration, Sayra et Casper se rencontrent. Il fuit son passé criminel, elle espère un avenir meilleur: parviendront-ils à échapper ensemble à leur destin et à franchir la frontière ?

Cinéaste américain, fils d'un père japonais et d'une mère suédoise, étudiant en Sciences Politiques en France, Cary Joji Fukunaga plante sa caméra, pour son premier film, sur le sol sud-américain, suivant le difficile voyage de Sayra et Casper, deux adolescents à la recherche d'un échappatoire. Soit une expédition à destination des Etats-Unis, terre promise pour ces peuples démunis, bloqués derrière une frontière "quasi" impénétrable. Sortant sur nos écrans quelques semaines seulement après La Vida Loca, Sin Nombre apparaît comme l'admirable pendant fictionnel du documentaire de feu Christian Poveda, montrant la réalité économique et sociale de ces peuples, confrontés toujours un peu plus à la montée des gangs, seules semblant d'issues possibles pour cette jeunesse sacrifiée. S'ouvrant sur l'embrigadement d'un jeune garçon qui n'est pas s'en rappeler la dernière scène de La Vida Loca, nous plongeant instantanément dans une atmosphère ultra réaliste. Car Sin Nombre est tout d'abord un film qui brille par son aspect extrêmement documenté, montrant les conditions précaires dans lesquelles ces populations évoluent tout comme les dangers que représente un tel périple. S'intéressant, dans un premier temps, à dresser le portrait de deux "représentants" de la jeunesse, prenant bientôt des airs de road movie à travers les plaines de l'Amérique du Sud, à dos de ce train où il peut absolument tout arriver.


A ce titre, Sin Nombre semble ainsi tirer un constat assez pessimiste et d'autant plus saisissant sur l'état de l'Amérique du Sud. Faisant se rencontrer les deux "perspectives d'avenir" dont peuvent aujourd'hui "espérer" ces jeunes. A savoir, crever dans les gangs ou partir le plus loin possible, vers ces terres sacrées de l'Amérique du Nord. Car Casper, après le meurtre d'un des chefs de son gang, n'a pas d'autres choix que de fuir. Comme Sayra, elle qui, coûte que coûte, suit sa famille dans l'espoir (incertain) d'une vie meilleure. Dès lors, Cary Joji Fukunaga suit le trajet de ce (faux) couple à la complicité aussi tendre qu'affective, les confrontant à la réalité d'un périple toujours plus dangereux. Aussi passionnant que dynamique, Sin Nombre est à ce titre une vraie réussite, une oeuvre forte, subtile et saisissante ne tombant jamais dans la facilité d'un sensationnalisme ou d'un misérabilisme mal venu. Donnant un film où à la dureté et au réalisme de ce quotidien se mêle l'attirance de ces deux adolescents, complètement perdus dans un monde bien trop fou pour leurs petites épaules. Soit un premier essai concluant pour Cary Joji Fukunaga.




> Festival du Film de Sundance 2009: Meilleur film, meilleur réalisateur
> Festival du Film Américain de Deauville 2009: Prix du jury

Crédit photo: Diaphana Films

Par Limess - Publié dans : Deauville 2009
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Mardi 29 septembre 2009 2 29 /09 /2009 23:50




COUP DE COEUR

Sortie: 30 septembre 2009

> L'histoire: Tom croit encore en un amour qui transfigure, un amour à la destinée cosmique, un coup de foudre unique. Ce qui n'est pas du tout le cas de Summer. Cela n'empêche pourtant pas Tom de partir à sa conquête, armé de toute sa force et de tout son courage, tel un Don Quichotte des temps modernes.

Un homme. Une femme. Un coup de foudre pour l'un. Un coup de coeur pour l'autre. Quatre ingrédients scénaristiques d'une simplicité hallucinante ayant permis de créer quelques unes des comédies romantiques les plus mielleuses de notre décennie. Ou au contraire, de donner vie à (500) jours ensemble. Car ne vous fiez pas aux apparences, le premier film de Marc Webb ne joue absolument pas dans la même cour que Katherine Heigl ou Sandra Bullock, (500) jours ensemble étant une incroyable anti-comédie romantique. Partant du savoureux constat que le cinéma peut nous raconter beaucoup de conneries, surtout quand il s'agit d'amour et de sentiments. La grosse voix-off est d'ailleurs claire là-dessus, "c'est l'histoire d'un homme qui rencontre une femme, mais ce n'est pas une histoire d'amour". Grâce à un compteur magique, de 1 à 500, (500) jours ensemble retrace la relation que va nouer Tom et Summer, deux jeunes adultes, coincés dans une vie qui ne leur correspond pas vraiment. Tom est un pseudo architecte raté, Summer, une autodidacte par excellence. Deux âmes en peine bien différentes l'une de l'autre que le destin va pourtant se charger de mettre sur le même chemin. A moins que ce ne soit plus simplement l'une des petites surprises que nous réservent la vie...


A contrario de tout ce que l'on peut voir dans les productions romantiques hollywoodiennes, Marc Webb livre une très jolie oeuvre réaliste sur les histoires d'amour contemporaines. Tom et Summer ont ainsi tout de héros générationnels, eux qui sont bercés depuis l'enfance par des images, qui n'hésitent pas à chercher du rêve dans les rayons d'un magasin Ikea. Glissant lentement au sein d'une société qui ne leur ressemble pas. D'où le côté vintage qui flotte en permanence dans ce (500) jours ensemble, des tenues bleutées et rétro de Summer à la boutique de vinyles dans laquelle on se prend à traîner. Recasant quelques tics du cinéma indépendant américain tout en rendant compte de cet sorte de décalage dans lequel ils vivent. Car tout est cool dans l'univers de Tom et Summer, comme une sorte de monde idéal où l'on aimerait, nous aussi, se lover. De cette B.O incroyable, des Smiths à Temper Trap, Feist ou Mumm-Ra à cette entreprise de cartes postales où ils travaillent. De ces soirées karaoké à ces appartements branchés. Mais plus encore, (500) jours ensemble est un film qui sonne incroyablement juste dans son traitement des relations amoureuses. Mettant dans la bouche de ses personnages certaines phrases que l'on a pu nous même prononcer - c'est en tout cas mon cas. De cette peur chronique de l'engagement à son contraire.


Présenté uniquement du point de vue masculin, le film de Marc Webb prend souvent l'allure d'une oeuvre patchwork où le cinéaste s'essaye à tout, et pas forcément n'importe quoi. Car (500) jours ensemble s'apparente à une sorte de compilation de souvenirs qu'un personnage se passerait dans la tête. Dès lors, les événements ne sont pas classés dans l'ordre, donnant une signification différente à une même scène, selon son emplacement.. Conscient de cette liberté de traitement dont il jouit, le cinéaste en profite alors pour en faire de même avec sa mise en scène. Passant allègrement d'une séquence chantée à une autre animée ou à un split screen émouvant - la réalité vs l'imagination au son du magnifique Hero de Regina Spektor. A l'instar d'autres comédies indépendantes, telles que Juno. D'où cette sensation de foisonnement qui ressort de ce (500) jours ensemble, film passionnant, touchant et d'une justesse rare, porté par un duo au diapason. Zooey Deschanel, d'un côté, toujours aussi mystérieuse derrière ses grands yeux bleus. Joseph Gordon-Levitt, de l'autre, confirmant un peu plus son statut d'acteur le plus talentueux de sa génération. Plus qu'un coup de coeur, (500) jours ensemble est un véritable coup de foudre, le genre d'oeuvre à ne plus vous quitter une fois découverte.





> Festival du film américain de Deauville 2009: Avant-première


Crédit photo: Twentieth Century Fox France

Par Limess - Publié dans : Deauville 2009
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Mardi 29 septembre 2009 2 29 /09 /2009 17:22




Sortie: 30 septembre 2009

> L'histoire: Quelle mouche a donc piqué Mark Whitacre ? Pourquoi un des cadres supérieurs les plus brillants du géant agro-alimentaire Archer Daniel Midlands (ADM) décide-t-il soudain de dénoncer les pratiques de sa société et de devenir le chevalier blanc du consommateur ? Se prend-il pour un justicier ? Un héros ? Espère-t-il une médaille ou la reconnaissance éternelle du bon peuple ? Avant d'obtenir tout cela, Whitacre va devoir fournir au FBI des preuves concrètes des manoeuvres illicites d'ADM. Porter un micro, jouer les agents secrets... L'ennui, c'est qu'il a tiré lui-même des profits non négligeables des dites manoeuvres, et que son témoignage, pour le moins... fluctuant, risque fort de compromettre le travail des enquêteurs. Peut-on se fier à cet homme à l'imagination galopante? Y a-t-il la moindre parcelle de vérité dans ses allégations ?

Le monde de l'industrie agro-alimentaire. Un scandale financier et de santé publique. Nul doute qu'un tel sujet ait pu intéresser Steven Soderbergh, cinéaste boulimique passionné par tout ce qui peut avoir une portée politique. Pourtant, les couleurs sont vives, le ton enjoué. Pas question, ici, de dénoncer. Place au rire, rien qu'au rire. Pour son quatrième film de l'année, Steven Soderbergh s'octroie ainsi le droit, après le biopic historique (la saga Che) et la chronique quotidienne d'une New Yorkaise (Girlfriend Experience), d'une parenthèse enchantée dans le doux monde de la comédie. Il y suit Mark Whitacre, un cadre supérieur d'une industrie agro-alimentaire donc, parti seul contre tous à l'assaut de sa direction. Dénonçant, du jour au lendemain, ses supérieurs au FBI pour une trouble histoire d'argent. Enrôlé dans une opération de démantèlement de l'entreprise, Mark Whitacre se prendra dès lors de passion pour cette affaire, lui qui se retrouvera dans la peau d'un agent infiltré ("0014, deux fois plus performant que 007"). Faut-il encore que toutes ses accusations soient fondées, ce qui n'est pas forcément le cas. Car Mark Whitacre est un mythomane professionnel, aux prises à une imagination débordante et à un besoin soudain de reconnaissance et de médiatisation. La force de The informant tient, principalement, à la performance hallucinante de son interprète principal, Matt Damon, totalement métamorphosé par la prise de 15 kilos et la pose de multiples prothèses. A lui seul, il tient le film sur ses épaules, par sa vitalité et son énergie. The informant est, ainsi, une comédie qui repose avant tout sur le pouvoir de la parole, provoquant le rire par l'accumulation de mensonges de plus en plus gros, de manière tout à fait rocambolesque.


Dit comme ça, on pourrait croire que le dernier Soderbergh est une vraie réussite. Pourtant, le cinéaste cède une fois de plus à ses vieux démons, livrant un film brouillon à la forme complexe pour pas grand chose. A l'instar de Girlfriend Experience. Le tic de mise en scène de Steven Soderbergh, c'est qu'il se lance souvent dans des narrations emmêlées et compliquées, donnant un peu de ressort à une histoire plutôt simple. The informant n'échappe pas à la règle, le réalisateur embourbant, dans un premier temps, le spectateur par une multiplicité des voix - entremêlant voix-off et paroles du anti-héros - et un rythme très soutenu. Délivrant un flot d'informations particulièrement conséquent. Résultat ? Un temps d'adaptation se révèle plus que nécessaire pour comprendre les mécanismes de l'intrigue, les seuls capables d'amener au rire. Car une fois passée cette barrière, The informant se révèle être une comédie "à l'ancienne" tout à fait charmante, assez vaine, certes, mais, au final, passablement réjouissante. Un Soderbergh mineur et éphémère duquel on ressort, sur le moment, assez satisfait.




1. Steven Soderbergh: Che - partie 1: L'argentin / Girlfriend Experience

> Festival du film américain de Deauville 2009: Avant-première
> Festival de Venise 2009: Hors compétition
> Festival de Toronto 2009: Avant-première


Crédit photo: Warner Bros. France

Par Limess - Publié dans : Deauville 2009
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Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /2009 08:00




Sortie: prochainement

> L'histoire: En 1937, Orson Welles offre un rôle dans sa prochaine production à un étudiant croisé dans une rue de New-York. La vie du jeune-homme va en être bouleversée...

Quoi de plus difficile que de faire un film sur un homme aussi intense qu'Orson Welles, cet immense touche à tout américain, célèbre aussi bien pour ses oeuvres que pour sa personnalité débordante ? S'éloignant de la forme conventionelle du biopic, Richard Linklater, découvert par son dyptique Before Sunset / Before Sunrise, fait le choix de suivre un personnage externe, bientôt confronté au futur grand cinéaste. Soit Richard, sorte d'alter-égo du réalisateur dans cette fascination qu'il voue à Welles, jeune étudiant engagé au hasard d'une rencontre dans la troupe de celui-ci. Nous sommes à New-York à la fin des années 30, Orson Welles fait ses classes au théâtre, lui qui s'apprête à y mettre en scène le "Jules Caesar" de William Shakespeare. Dès lors, sous la forme d'une comédie joviale, jazzy et légère, Richard Linklater montre l'acte créatif en direct, passant des coulisses aux infernales répétitions, mettant en exergue la personnalité entière de Welles. Prêt à pousser à bout le moindre de ses acteurs dans l'espoir d'atteindre une apothéose théâtrale. Et tandis que les combats d'égo font rage, une étrange atmosphère se met doucement en place, comme si tout ce petit monde était sur le point d'être bouleverser. Car dans les couloirs du théâtre, on dit que David O' Selznick, autre mégoloman en puissance, s'apprête à adapter Autant en emporte le vent, oeuvre qui va littérallement agiter toute la sphère artistique.



En attendant ses futurs chefs d'oeuvres, Orson Welles, lui, s'active ardemment à la mise en place de sa pièce, tel un cyclone qui ravagerait tout sur son passage. Et qui de mieux que Christopher McKay pour interprêter cette immense figure, illustre inconnu et véritable révélation du long métrage. A l'écran, il impose une carrure et un magnétisme à tout épreuve, écrasant, tel Welles à son époque, le moindre de ses opposants. Dommage alors que Richard Linklater préfère s'attarder sur les aventures romantico-sentimentales de son personnage principal, mettant en avant ce qui s'apparente à une erreur de casting monumentale, l'éphèbe Zac Efron. Car alors que ce rôle devait lui servir de tremplin pour sortir de son image disney, le beau Zac pousse la chansonnette dès la première scène, nous laissant craindre quelques pas de danse à venir. Lui qui impose une image assez contemporaine faisant totalement tâche dans une oeuvre d'époque. Dès lors, complètement omnibulé par les exaspérations de son doux héros, le cinéaste se perd dans une sorte de film pour ado, au sujet, pourtant, plutôt adulte. Un drôle de mélange franchement bancal, faisant de ce Me and Orson Welles une oeuvre plaisante, au premier abord, mais rapidement lassante en son genre, trop anodin pour marquer les esprits. Le génie Welles aurait mérité mieux...




1. Zac Efron: 17 ans encore
2. Zoe Kazan: Les noces rebelles / Les vies privées de Pippa Lee


> Festival du film américain de Deauville 2009: avant-première


Crédit photo: Freestyle Releasing

Par Limess - Publié dans : Deauville 2009
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