Le lauréat, de Mike Nichols (1967)
> Cité dans: 500 jours ensemble, de Marc Webb
Le film. Deuxième film de Mike Nichols après Qui a peur de Virgina Woolf
?, Le lauréat fait parti de ses oeuvres propres à la révolution sociale et idéologique qui souffla dans le monde entier à la fin des années 60.
Détruisant un peu plus encore le mythe de la famille traditionnelle américaine. Le film met ainsi en scène un drôle de trio amoureux, entre une mère de famille alcoolique prise d'un désir sexuel
pour un jeune diplômé, devenant dès lors la rivale de sa propre fille. Au son d'une bande originale signée Simon and Garfunkel, dont est issue leur
fameux Mrs. Robinson, Le Lauréat décortique avec brio le fossé de plus en plus prégnant entre deux générations, entre parents et enfants.
Ainsi, si Benjamin n'a aucune idée de ce qu'il fera dans sa vie, il est au moins sûre d'une chose, il ne veut pas d'un avenir tout tracé comme à pu l'être celui de ses parents, loin de cette
middle classe aisée, fière de sa belle maison et de sa grande piscine. Jusqu'à ce que Mrs Robinson lui fasse une proposition indécente, amenant dès lors un peu de piment dans son existence bien
rangée. Considéré comme sulfureux à l'époque de sa sortie, Le lauréat est avant tout une formidable chronique sur une société en changement, que ce soit à
travers le rejet d'un certain matérialisme ou la mise en marche d'une libération sexuelle. Donnant aussi à Dustin Hoffman le rôle qui bouleversa sa
carrière.
La référence. Dans 500 jours ensemble, Tom, jeune homme bercé par Le
lauréat de Mike Nichols, rencontre Summer, une jolie collègue de bureau, qu'il emmène régulièrement au cinéma, ne serait-ce pour lui faire découvrir
l'oeuvre mentionnée précédemment. Et si la citation amène à comprendre d'où vient l'incroyable croyance de Tom envers l'amour, elle permet surtout de rapprocher les deux films sur un point
essentiel. Sorti en 1967, Le lauréat est ainsi resté célèbre, outre ses scènes cultes, par la modernité qu'il incarnait alors. Rendant compte du passage de
l'enfance à l'âge adulte d'un jeune diplômé, totalement en marge de la génération de ses parents. Benjamin est un héros moderne, symbole d'une jeunesse révolutionnaire rejetant les travers d'une
société de consommation, luttant contre la guerre du Vietnam tout en prônant un certain retour à dame nature au son, notamment et si justement, de Simon and
Garfunkel. Mais quarante plus tard, qui sont nos héros modernes, à nous ? Tom et Summer, justement, personnages gavés d'images depuis l'enfance, un peu perdus dans une société
totalement bouchée. Allant jusqu'à chercher du rêve dans les rayons d'un magasin Ikéa. Et si Tom est un garçon romantique, Summer, elle, prend la vie comme elle vient, sans barrières ni tabous.
Comme si, en s'identifiant à Benjamin, Tom avait malheureusement un cran de retard... à la différence de Summer, forte et passablement indépendante, comme avait pu l'être, malgré les aléas du
mariage, Mrs Robinson. Pas étonnant, donc, de trouver dans la bande originale de ce film ci, la chanson Bookends, interprêtée par... Allez, je vous laisse deviner !
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander





