Sortie: 16 janvier 1959 / 01 juillet 2009
> L'histoire: 1944. Alors qu'il revient dans sa ville natale pour une permission de trois semaines, Ernst Graeber, jeune soldat allemand envoyé sur le front russe, rencontre
Elisabeth Kruse, dont il tombe amoureux. Mais la guerre qui continue va bouleverser leur histoire...
Hiver 1944. La guerre fait rage sur le front russe où les soldats allemands s'y enfoncent toujours un peu plus. Exécutant des ordres sans comprendre. Abattant quelques civils pour le bon vouloir
des supérieurs. Parmi eux, Ernst Graeber, dont la perme de trois semaines tombera à point nommé. Il est bien décidé à profiter de la vie dans la plus grande insouciance. Bien décidé à oublier et
à laisser de côté les champs de bataille. Sauf que la guerre, elle, a depuis longtemps rongé les villes et que l'utopie ne durera qu'un temps. A peine rentré chez lui, Ernst ne retrouvera
qu'une maison ravagée, détruite par les multiples bombardements des alliés. A la recherche de ses parents, il rencontrera alors Elisabeth Kruse, une jolie jeune femme résolue à ne pas se
laisser happer par ce climat ambiant de peur. A continuer à vivre malgré les bombes et l'oppression des autorités... Considéré par les historiens du cinéma comme "le prince du mélodrame",
Douglas Sirk, avec Le temps d'aimer et le temps de mourir, adapte le roman d'Erich Maria
Remarque, livrant une incroyable histoire d'amour sur fond de deuxième guerre mondiale en montrant, de façon optimiste, comment la renaissance est toujours possible malgré l'horreur et la
destruction. Un grand drame propre à l'âge d'or hollywoodien, mettant en scène un couple d'acteurs terriblement attachants, John Gavin et Lilo Pulver.
La force de ce long métrage tient de cet espace-temps réduit dans lequel gravitent Ernst et Elisabeth. Le jeune soldat n'a ainsi que quelques semaines avant de repartir au front. En somme, plus
que trois petites semaines à vivre, prenant dès lors l'allure d'une vie entière, brusquant de ce fait la tournure des évènements. Ainsi, Douglas
Sirk donne à voir un morceau de vie accélérée, de la rencontre au coup de foudre, du coup de foudre au mariage. L'histoire en marche ne donnant pas le temps de se poser de questions.
Avec brio, Le temps d'aimer et le temps de mourir suit donc ce petit couple et ses efforts pour profiter des instants qui leurs sont donnés. Cherchant par
tous les moyens à oublier la guerre, quitte à s'habiller chic, fréquenter clandestinement un restaurant luxueux ou à piquer quelques bouteilles d'un champagne bien trop rare. Sauf que les
bombardements, eux, ne s'arrêtent pas, les ramenant toujours brutalement dans la réalité. Bientôt, Ernst devra repartir au front, accomplir ce devoir de soldat dont il ne voit plus
l'utilité. Car, à travers cette histoire, Douglas Sirk s'intéresse ainsi à montrer comment l'institution étatique écrase l'homme ordinaire. Et si la dictature
nazie n'est pas abordée complètement de front - évocation des camps de concentrations et de la persécution sur les juifs -, ces trois semaines seront pour Ernst l'occasion d'une prise de
conscience radicale, lui qui ne sera plus prêt à accomplir les ordres qu'on lui donne sans rechigner. Ainsi, Le temps d'aimer et le temps de mourir est un
film à grand spectacle comme seul Hollywood savait le faire à l'époque, tourné en format cinémascope, mêlant la grande et la petite histoire, la seconde guerre mondiale, la naissance d'un amour
et le retour probable du printemps. Une oeuvre qui, si elle peut paraître un peu kitch au niveau de certains dialogues, n'a en rien perdu de son charme, même cinquante ans après.
Crédit photo: Ciné Sorbonne
Lu dans
Télérama: "Depuis le début de cette année de "Grande dépression", les salles de cinéma sont fréquentés par un public insatiable [...]. Emballée, la presse américaine se fait
l'écho d'une question lancinante: cette irrépressible envie de divertissement annonce-t-elle le retour d'un nouvel âge d'or hollywoodien ? L'industrie des rêves retrouvera-t-elle l'éclat qui fut
le sien quand les Américains fuyaient l'onde de choc du krach de 1929 pour se réfugier chez Frank Capra, Fred Astaire et les Marx Brothers ?".
Mais qui dit









