En salle en 2008

Lundi 28 avril 2008 1 28 /04 /2008 14:04

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Sortie: 16 avril 2008

> L'histoire: Appréhendé en 1977 pour avoir conçu, organisé et réussi le célèbre casse de Nice, Albert Spaggiari s'évade du bureau du juge d'instruction. Au cours de sa cavale fabuleuse en Amérique du Sud, il multiplie les rencontres avec des journalistes, fait des photos en forme de pied de nez facétieux au public français. Vincent, reporter, réussit à l'approcher et découvre un être qui n'a rien à voir avec le grand banditisme, une sorte de Cyrano de Bergerac, généreux et fauché, souffrant de ne pas profiter davantage de sa gloire, un vantard plein d'humour et de contradictions mais qui reste traqué par la police française.

Qu'aurait été Sans arme, ni haine, ni violence sans la présence au casting de Jean-Paul Rouve? Probablement pas grand chose. Pour ses premiers pas derrière la caméra, l'ex "Robins des bois" livre un film assez consensuel pour ce qui est de la réalisation, se rattrapant avec brio par l'intelligence de son scénario. Plus qu'un simple biopic sur Albert Spaggiari, Sans arme, ni haine, ni violence est une sorte de déclaration d'amour de l'acteur / réalisateur à ce braqueur-looser, cet être à part ayant mis en place le casse du siècle. Exilé en Amérique du Sud, il rêve de faire son grand come-back, se laissant aussitôt tenter lorsqu'on lui propose la couverture de Paris Match. Porté par un trio attachant, le film est à la fois drôle et teinté d'une once de nostalgie. A commencer par une très bonne reconstitution, nous plongeant immédiatement dans les années 70-80. Un cadre qui sert parfaitement l'action en renforçant cette insouciance qui sied si bien au personnage.

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Néanmoins, Sans arme, ni haine, ni violence n'est pas le grand film que l'on pouvait espérer. Certes, on passe un agréable moment - malgré quelques longueurs - mais le tout reste bien trop superficiel pour être totalement inoubliable. Dommage au vu de ses nombreuses qualités, à commencer par l'interprétation., gros point fort de l'oeuvre. Il y a Jean-Paul Rouve, évidemment, dont le charisme ne fait plus aucun doute - si on en doutait encore -, mais aussi Gilles Lellouche et sa prestation tout en nuance. Pour ce qui est d'Alice Taglioni, le débat reste totalement ouvert... Dommage aussi pour ce ton si particulier et ce décalage qui fait tout l'humour de Jean-Paul Rouve. Il donne au film une petite touche assez kitsch qui sied, au final, parfaitement à l'ambiance. Une petite déception personnelle donc.

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Crédit photo: Mars Distribution

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Mercredi 23 avril 2008 3 23 /04 /2008 12:18

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Sortie: 23 avril 2008

> L'histoire: Jane a toujours été plus douée pour prendre soin du bonheur des autres que du sien. Toute sa vie, elle s'est évertuée à rendre ses proches heureux, et les 27 robes de demoiselle d'honneur qui remplissent son armoire sont autant de preuves de son dévouement. Lors d'une soirée mémorable, Jane parvient à faire la navette entre deux réceptions de mariage, l'une à Manhattan, l'autre à Brooklyn, sous les yeux ébahis de Kevin, un journaliste qui réalise que l'histoire de cette accro aux mariages pourrait lui apporter la gloire qu'il espère tant. Pour compliquer les choses, la vie parfaitement réglée de Jane est bouleversée par l'arrivée de sa petite soeur, Tess. George, le patron de Jane, tombe très vite sous le charme de Tess, et cette dernière demande tout naturellement à sa soeur d'organiser leur mariage. Mais cette fois, les choses se compliquent, car Jane est elle-même secrètement amoureuse de George...

Il suffit de prendre la fiche Allociné de 27 robes pour se rendre compte qu'Anne Fletcher, la réalisatrice, n'a pas pris beaucoup de risques. Niveau casting, on retrouve quelques acteurs en vogue dont Katherine Heigl, une des héroïnes de Grey's anatomy, la série phare du moment, Malin Akerman, la révélation de La Femmes de ses rêves ou encore James Marsden, le prince d'Il était une fois. A l'écriture, Aline Brosh McKenna, plus connue en tant que scénariste du Diable s'habille en Prada pour une histoire de trentenaire célibattante à la recherche de l'âme soeur. Lieu de l'action, New York, of course. En gros, tous les ingrédients d'une bonne comédie romantique comme les américains savent si bien les faire !

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Malheureusement, 27 robes n'a pas l'étoffe d'une grande comédie romantique. La faute à un scénario archi-prévisible dont il suffit de regarder l'affiche pour en deviner l'issue. Au lieu de chercher à innover, la scénariste se contente d'une accumulation de clichés et de scènes déjà vues et archi revues dans d'autres films du genre. En tête, la déclaration d'amour sur un bateau, au milieu d'une foule d'inconnus qui gémissent de plaisir en entendant ces quelques mots. De quoi concourir à la palme de la mièvrerie. Néanmoins, 27 robes n'est pas totalement désagréable grâce à un casting des plus sympathiques, la pétillante Katherine Heigl en tête. Ainsi que quelques moments plutôt marrants et qui même s'ils semblent avoir été déjà vus, fonctionnent à merveille - la chanson dans le bar. Au final, 27 robes est une comédie mineure, pas désagréable en soit mais qui se dégusterait tout simplement mieux à la maison pendant une soirée pop-corn entre copines qu'au cinéma. Attendez la sortie dvd donc, pour découvrir cet éphémère divertissement !

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Crédit photo: Fox 2000 Pictures

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Lundi 21 avril 2008 1 21 /04 /2008 12:03

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Sortie: 16 avril 2008

> L'histoire: Martin Scorsese réalise son rêve de toujours : filmer les Rolling Stones, le groupe qui incarne le rock'n'roll à lui tout seul. Le gang qui a escorté toute son oeuvre. Cette rencontre cinématographique donne naissance au film musical événement : Shine a Light. De la préparation à la performance, entrecoupé d'images backstage et d'archives, 16 caméras et les plus grands chefs opérateurs internationaux captent l'énergie légendaire de Mick Jagger, Keith Richards, Charlie Watts et Ronnie Wood lors de leurs concerts au Beacon Theatre à New York. Shine a Light : dans l'intimité d'un groupe mythique et du plus rock'n'roll des cinéastes !

Les Rolling Stones et Martin Scorsese, c'est une histoire qui roule. Mean Streets, Les affranchis, Casino, Les infiltrés... la musique des Rolling Stones a souvent peuplé la filmographie du réalisateur - et du cinéma en général. Une amitié qui au fil des années a su dépasser le stricte stade professionnel. Et puis, il y a le rêve, celui d'un fan invétéré, Scorsese himself: filmer l'un des ses groupes préférés sur scène, en live. Alors quand l'un des plus grands réalisateurs américains concrétise l'un de ses rêves en filmant le plus grand groupe de rock de tous les temps, l'attente a de quoi être grande. Verdict ?

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Le film se présente au premier abord comme un documentaire. On y découvre les coulisses du concert donné à New York, au Beacon Theatre, mais aussi du film lui-même, la préparation du décor, le placement minutieux des caméras... Et la brouille rigolote et pas méchante entre Scorsese, un brin maniaque et un Mick Jagger joueur et agacé par le trop plein d'équipement au risque de gêner le public. Sous l'oeil amusé du chanteur - et du spectateur -, Scorsese panique à l'idée de ne rien maîtriser, s'affole comme soudain atteint du syndrome allénien aïgu. Sans doute l'effet New York ! Quelques minutes après, le concert démarre et se charge de venir réduire à néant cette petite scène, Shine a light étant un grand étalage de la perfection de la réalisation scorsesienne. Les chansons s'enchaînent sous le regard aimant des caméras, le montage suit le rythme effréné des chansons, les rockeurs se révèlent être en grande forme... et pourtant, la mayonnaise a bien du mal à prendre. La faute à un genre, une captation simple et entrecoupée de quelques séquences anecdotiques d'archives censées donner un peu de corps au film et répondre à une question: "Comment les Stones ont-il fait pour durer aussi longtemps ?". A un choix, celui de ne pas - ou peu - montrer le public, rendant le show assez froid. A une playlist particulière, une multitude de chansons pour le coup peu connues alors qu'on s'attendait à de plus grands standards. Au cinéma, enfin, qui trouve avec ce film ses limites. Difficile d'apprécier totalement le spectacle quand on est obligé de rester assis dans son fauteuil, totalement silencieux. On a parfois qu'une envie, se lever, taper dans ses mains et crier tout notre amour pour Keith Richards. D'où la frustration qui nous guette petit à petit, reléguer de temps à autre par l'ennui !

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Et puis, tout d'un coup, le charme opère. Sans crier gare. Un duo extra avec Jack White. Un pas de danse endiablé de Mick Jagger. Une grimace amusée à la caméra de Charlie Watts. Un collé-serré sensuel - voir sexuel - avec Christina Aguilera. Un échange de guitares - et de sons - avec Buddy Guy. Un sourire amusé de Ronnie Woods. Un rappel où l'on retrouve toutes les chansons que l'on aime. Et surtout... surtout... Keith Richards, son look de dandy tout droit échappé de Pirates de Caraïbes - ou plutôt inversement puisque Johnny Depp s'est inspiré du guitariste -, sa clope au bec, ses lancements de médiators au public et son accent improbable. Et rien que pour lui, le film vaut le détour. A recommander donc, à tous les fans de rock, les petits et les grands !

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> Berlinale 2008: sélection officielle - hors compétition

Crédit photo: Wild Bunch

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Mardi 15 avril 2008 2 15 /04 /2008 11:09

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Sortie: 09 avril 2008

> L'histoire: Avignon, été 2005. Ana retrouve Uli, son demi-frère israélien, à l'occasion de la mort de leur père. Elle décide de retourner en Israël à la recherche de sa fille qu'elle a abandonnée à la naissance, 20 ans plus tôt. A leur arrivée, Ana et Uli sont pris dans la tourmente du retrait des colons de Gaza.

Un homme. Une femme. Une conversation sur les droits des peuples à disposer de la nationalité qu'ils souhaitent. Un baiser. La scène aurait pu être anodine si lui n'était pas israélien et elle palestinienne. Voilà comment démarre Désengagement, nouveau Amos Gitaï. Avec un prologue pareil, d'une rare intensité émotionnelle - à la fois par sa pureté et sa symbolique -, le spectateur était alors en droit d'attendre un grand film. Et pourtant... Désengagement est totalement casse-gueule, désavantagé par une construction bordélique et inadaptée. Tout commence à Avignon où Uli, l'homme du train, retrouve sa soeur Anna pour les funérailles de leur père. Leur grand maison surchargée de dorures va alors être la scène d'une pièce de théâtre purement Fordienne, à la Dommage qu'elle soit une putain. Anna est une femme en manque d'amour, trouvant en son frère une virilité qu'elle cherche désespérement. Délaissée par les hommes, elle voit en lui une proie, n'hésitant pas à s'exhiber, mettant ainsi en lumière cette relation presque incestueuse qui les unie. Mais là n'est pas vraiment le problème. Le film sombre en effet peu à peu dans un énorme cafouillage. Les scènes s'enchaînent sans liens logiques - que vient faire la cave ici ? -, Juliette Binoche n'a jamais été aussi fausse dans ce rôle de femme fatale qui ne lui sied pas du tout et Barbara Hendrix nous horripile en chantant à tue-tête. Il faut alors prendre son courage à deux mains pour ne pas sortir de la salle ! Et heureusement, le film prenant tout d'un coup un virage à 180° degré pour notre plus grand plaisir de spectateur.

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La particularité de ce film, c'est qu'il se construit autour de ces deux parties distinctes et opposées où Juliette Binoche devient presque un emblème. Alors que l'actrice surjouait dans la première, elle va peu à peu retrouver une sensibilité et un naturel dans la seconde. Tout part du bureau d'une avocate où Jeanne Moreau, dans le rôle qu'elle affectionne aujourd'hui de passeuse de flambeau à la nouvelle génération, explique à Anna qu'elle doit partir remettre l'argent de l'héritage à sa fille, résidant dans la bande de Gaza. Le film se teinte alors d'une autre couleur, passant de la France à Israël et laissant à la frontière tout ce qui nous horripilait. Finis ces grands décors, ces interprétations à la limite de la justesse et ces effets de caméra sans importance. Place au naturel ! Une fois arrivés sur le territoire israélien, Anna et Uli vont se séparer, obligeant alors le réalisateur au montage alterné. Tandis que Anna traverse la bande de Gaza à la recherche de sa fille, Uli lui, s'entraîne devant ces barrières pour pouvoir mieux les enfoncer après. Nous sommes en 2005. Uli est un soldat israélien et à l'ordre de déloger les colons juifs installés à cet endroit. Posant sa caméra de manière "presque neutre", le réalisateur filme alors les dérives de cette société minée par les conflits religieux. Amos Gitaï part de cet événement qui a marqué l'année 2005, ce désengagement cloîtrant et isolant les palestiniens au bord de la mer. Résultat, comme on a pu le voir cette année dans les journaux, privés de tout, ils se sont vus dans l'obligation de briser les grilles qui servaient de frontière avec l'Egypte pour pouvoir trouver à manger et réussir à (sur)vivre. Mais là n'est pas vraiment le sujet du film. En évitant de tomber dans la polémique, Amos Gitaï fait le choix de ne pas traiter de cet événement du point de vue Israélo-palestinien, les soldats israéliens ayant en effet chasser des colons juifs et non musulmans. La force de ce film vient du fait même que le réalisateur tend à montrer une patrie qui se déchire elle-même et non pas une religion contre une autre. Il alterne alors sans cesse entre les scènes de foules, maîtrisant chaque parcelle de plans, et les scènes intimistes, où l'on retrouve Anna et sa fille, abandonnée à la naissance. Et le résultat est saisissant. Au final, Désengagement se révèle être un film en demi-teinte, totalement repoussant au départ et scotchant sur la fin...

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Crédit photo: Ad Vitam

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Jeudi 10 avril 2008 4 10 /04 /2008 10:55

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Sortie: 09 avril 2008

> L'histoire: Une sorcière a jeté un sort sur la première fille qui naît dans la famille Wilhern : Pénélope. Pour y échapper, elle devra épouser un garçon issu de la noblesse. Pénélope est une romantique. Elle décide de fuir loin de sa famille et d'affronter le Monde. Elle découvrira que le mauvais sort, il faut l'ignorer et s'accepter telle qu'elle est.


"Pour moi, le cinéma c'est fun, c'est un appel d'air, c'est le type qui embrasse la fille à la fin. La vie est suffisamment compliquée, je veux faire des films qui offrent une échappatoire" - dixit Reese Witherspoon. Pénélope aurait pu être un Disney, le genre Il était une fois - le second degré en moins. Un vrai petit conte de fées pour les coeurs les plus tendres. Une jeune fille, jolie comme tout, s'est vu affublée d'un groin à la naissance suite à une malédiction touchant sa famille. Pour conjurer le sort, elle n'a plus qu'une solution, trouver un noble qui accepterait de l'épouser malgré son apparence physique. La princesse, c'est Christina Ricci, tout droit échappée de l'univers de Tim Burton. Le prince, le séduisant James McAvoy, dont on ne peut bouder le plaisir de le voir encore et encore à l'écran. Un couple plutôt sexy pour cette fable assez réussie. Pénélope est un film gentil, voguant dans l'univers féerique qui ont fait le succès de films comme Edward aux mains d'argent. C'est un peu guimauve, un peu mélo, à la fois décalé et original. Ajoutez à cela une petite morale qui ne fait jamais de mal à rappeler ("Aime toi et le monde t'aimera") ainsi qu'une réflexion sur le pouvoir des médias et vous voilà avec une charmante comédie romantique assez cocasse et mignonnette. De quoi passer un bon moment de cinéma et ressortir de la salle le coeur gorgé d'amour. Et ça, ça ne fait jamais de mal à personne !

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Crédit photo: ARP Sélection

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Mercredi 9 avril 2008 3 09 /04 /2008 18:02

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Sortie: 02 avril 2008

> L'histoire: Quand la rumeur se répand que le roi Henry VIII ne partage plus la couche de la reine Catherine, son épouse incapable de lui donner un héritier mâle, Sir Thomas Boleyn rêve de gagner la faveur royale grâce à sa fille aînée, Anne. L'ambitieux projet de Sir Thomas est cependant quelque peu contrarié quand le roi s'éprend de son autre fille, Mary.

De Deux pour un roi, on retiendra essentiellement de beaux et grands costumes, une maîtrise parfaite du cadre quand il s'agit de filmer des paysages - séquences de début et de fin où l'on voit les enfants dans les champs - et une musique tonitruante qui sied à merveille au récit. Pour ce qui est du reste... franchement pas grand chose. Pour ces premiers pas au cinéma derrière la caméra, Justin Chadwick a vu les choses en très grand. Si on croit souvent qu'un premier film est souvent le plus personnel d'une filmographie, cela ne sera certainement pas le cas en ce qui le concerne. Justin Chadwick aura eu en effet les yeux plus gros que le ventre, livrant malgré les moyens mis en oeuvre, un film assez moyen. Pourtant, à bien des égards, celui-ci avait tout pour plaire. De part son intrigue, tout d'abord, donnant un point de vue intriguant à l'histoire de la royauté anglaise. Son casting, ensuite, 100% glamour, réunissant à l'écran deux des plus belles actrices de leur génération. Mais trop absorbé par sa mise en scène - assez plate, cependant - ou débordé par cette énorme entreprise, Justin Chadwick n'aura tout simplement pas réussit à exploiter ces deux qualités. Car au lieu de traiter de son sujet avec audace, en mettant, par exemple, au premier plan les sujets politiques de cette période, il se contente d'une histoire digne d'un soap opéra: le déchirement de deux soeurs pour le coeur - ou le lit - du roi Henry VIII. Pourtant, cette période historique est sans conteste l'une des plus passionnantes, notamment par la rupture entre la cour et la religion catholique ou la personnalité sanguinolente de ce roi si singulier. Pour ce qui est du casting, là aussi, problème. Car alors que l'idée de donner des rôles à contre-emploi à ses actrices était bonne, donnant celui d'une femme fatale à Natalie Portman, prête à tout pour séduire les hommes et faisant de Scarlett Johansson la soeur effacée et peu consciente de ses atouts physiques - d'ailleurs, il faut vraiment être doué pour arriver à autant enlaidir Scarlett -, le cinéaste ne l'exploite pas. Et dans ce duel féminin, même si Natalie Portman porte avec courage le beau rôle, notre coeur penche pour la belle Scarlett et son interprétation tout en retenue. Mais là n'est pas le vrai soucis...

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Le défaut de Deux soeurs pour un roi, c'est que l'on ne voit jamais à l'écran un duel entre Anne et Mary mais pus simplement un duel entre Natalie et Scarlett. Car, comme ce que nous montrait l'affiche, le film présente avant des actrices - et acteurs, n'oublions pas Eric Bana que l'on a vu plus inspiré - posant devant la caméra dans de grands costumes d'époque. Il est à aucun moment possible de faire abstraction de cela. Ce qui est plutôt dommage quand on veut traiter d'un sujet historique... Par ailleurs, e
n choisissant de faire une oeuvre sur le désir amoureux et l'esprit de compétition qui anime ces deux soeurs, Justin Chadwick avait tout de même quelque peu de consistance pour faire un grand film sur la passion. Malheureusement, là aussi, c'est un échec. La faute à des personnages assez mal écrits. Le scénario tombe en effet dans le piège de les présenter tout noir ou tout blanc. Il y a d'un côté la gentille soeur, qui n'a rien demander et de l'autre, la vilaine soeur, prête à tout par cupidité. Et quand vient l'heure des changements de situations, le spectateur a alors bien du mal à se prendre de sympathie pour Anne. Malgré ça, tout n'est pas totalement raté, le réalisateur trouvant en effet son moment de grâce par une fin tragique et poignante. Cela, on le doit notamment à l'interprétation du jeune Jim Sturgess - la révélation de Across the universe - qui prend peu à peu de l'importance tout a long du film. Au final, Deux soeurs pour un roi est une oeuvre qui se termine sur une note assez positive, réussissant dans un dernier élan scénaristique à toucher le spectateur. Dommage cependant qu'il ait fallu attendre les quinze dernières minutes pour ressentir ce que l'on attendait depuis le début, c'est-à-dire, des sentiments et des émotions. Une belle déception et un beau gâchis donc, vu la qualité qu'aurait pu être ce long métrage si prometteur.

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> Berlinale de Berlin 2008: hors compétition

Crédit photo: Wild Bunch Distribution

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Mardi 8 avril 2008 2 08 /04 /2008 17:45

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Sortie: 02 avril 2008

> L'histoire: C'est le printemps dans un faubourg ouvrier du sud de l'Espagne. Tano, un adolescent pensionnaire d¹un centre de redressement, est libéré quarante-huit heures pour assister au mariage de son frère. Accompagné de son meilleur ami Richi, le jeune homme décide de profiter de ces deux jours pour transgresser les limites, outrepasser les interdits.

Isolez-vous dans une pièce. Prenez sept représentations différentes de la vierge Marie. Placez deux bougies devant un miroir et comptez à haute voix durant 60 secondes. Avec un peu de chance, vous apercevrez peut-être votre avenir. Voilà les règles du jeu des 7 vierges, celui auquel s'attelle les gamins des quartiers pauvres de Séville. Son avenir, Tano, lui, n'a pas tellement le temps d'y penser. Il n'a que 48h de liberté et compte bien en profiter au maximum. Tano, c'est un ado perturbateur, enfermé dans un centre de redressement à la suite d'une grosse connerie. Deux jours de sorties lui ont été accordé afin qu'il puisse assister au mariage de son frère aîné. Le film suit alors tout du long sa course infernale à la recherche de l'indépendance, son envie toujours plus brûlante de liberté, passant notamment par l'opposition constante entre l'étouffement du centre aux bols d'airs procurés par ses trajets en scooter ou une journée agitée à la piscine municipale. Mais il montre aussi les dérives que peuvent entraîner ce genre d'isolement. Après des mois à l'écart du monde, Tano a subitement besoin de tout. Tout et tout de suite. Entre alcools, drogues, sexes, vols et virées en voiture, les excès nombreux. Les désillusions aussi. Car Les 7 vierges est loin d'être une simple ode à la liberté, rappelant même par certains côtés Les 400 coups de François Truffaut. Pour Tano, le retour à la vie réelle passe bien évidemment par les retrouvailles entre amis, mais aussi, avec une certaine réalité sociale qu'il avait sans doute plus ou moins oublié. Et le constat est dur. Le monde et les gens ont changé... sans lui. Ainsi, Alberto Rodriguez filme ici l'urgence d'une jeunesse toujours plus impatiente de crier sa rage de vivre. Son film brille par la qualité de son scénario et notamment, par la profondeur donnée à tous ces personnages. Le réalisateur évite en effet brillamment les clichés, Tano, par exemple, est plus un rebelle que véritablement un délinquant, lui qui a complètement les pieds sur terre. Ce qui n'est pas forcément le cas de tous ses amis. Sa violence physique - notamment montrée lors de virulentes scènes de passages à tabac -, elle, exprime plus une violence morale sournoise qu'une simple envie de faire du mal. Celle d'une détresse d'un adolescent heurté de plein fouet par les changements de son entourage: sa grand-mère affaiblie, son "frère-courage" plus si sur de lui, sa petite amie en proie aux doutes ou encore son meilleur ami et ses rêves de grandeur... et au milieu, lui-même qui pour l'instant ne voit pas plus loin que le bout de son nez, ou plus exactement, plus loin que trois mois, date de sa sortie définitive du centre.

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Le film d'Alberto Rodriguez prend réellement peu à peu une véritable teneur sociale. Le réalisateur alterne avec intelligence entre les aventures de Tano dans les rues de Séville et ces moments de pause où son ami et lui prennent le temps de réfléchir à leur avenir. Que faire de sa vie quand on a ni argent ni diplôme en poche ? Si Tano n'en sait trop rien, Richi lui passe son temps à rêver. A rêver à ce qu'il a vu lors du jeu des 7 vierges et qu'il ne sait interpréter, espérant juste que cela soit de bonne augure. Ce qu'il veut: une belle maison, une grande famille et un boulot sympa. Et dans la tête de ces gamins là, autant directement demander la lune. A ce titre, Les 7 vierges s'intéresse à cette sorte de jeunesse sacrifiée par les problèmes de la génération précédente. Ces ados ont beau voler, jouer aux caïds des quartiers ou fumer le cigare en public pour se là jouer, la réalité est bien là et ils sont pétrifiés. Et si le film peine vraiment à démarrer, notamment par cette incapacité à apprécier les personnages principaux, plus il avance et plus il se révèle attachant et touchant. On en ressort même totalement bouleversé, scotché par un final des plus inattendus. Le cinéma espagnol a décidément de beaux jours devant lui. Espérons qu'il se fera avec Juan José Ballesta, la véritable révélation de ce film.

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Crédit photo: Epicentre Films

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Vendredi 4 avril 2008 5 04 /04 /2008 17:19

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Sortie: 02 avril 2008

> L'histoire: Imaginatif et extravagant, Horton est un éléphant qui sait prendre la vie du bon côté. Lorsqu'il entend un appel au secours en provenance d'un tout petit grain de poussière flottant dans les airs, son sang ne fait qu'un tour : il est convaincu que même s'il ne peut pas la voir, il existe une forme de vie sur ce petit bout de rien.
Horton ne se trompe pas : c'est même une ville qui y est installée, Zouville, et cette cité et ses microscopiques habitants, les Zous, sont en grand danger ! Mais lorsque Horton répand la nouvelle auprès des autres animaux de la jungle de Nool, personne ne le croit. Certains menacent même de détruire le grain de poussière ! Horton décide alors de tout faire pour protéger ses nouveaux amis et si leur monde est minuscule, leurs aventures s'annoncent gigantesques...


La guerre fait rage entre les studios d'animations. Et entre la course à une image toujours plus impressionnante - Ratatouille, sans conteste le plus abouti - et les copies de scénarios à la chaîne - on va pas nous faire croire qu'il n'y a pas de fuites quand sortent la même année des films comme Le monde de Nemo et Gang de requin, Nos voisins, les hommes et Les rebelles de la forêt ou Ratatouille et Souris City -, il semblerait que tous les coups soient permis pour renverser l'indétronable Pixar. Les plus petits, quant à eux, table sur le démarquage. C'est le cas de la Blue sky animation, plus connu pour ces excellents Age de glace et son hilarant Scratch. Les revoici donc avec Horton, charmant dessin animé assez réussit. Avec un tel scénario, Horton n'avait pourtant pas de quoi séduire. Il faut dire que l'histoire d'un éléphant qui décide de sauver un village construit sur un grain de poussière... c'est un peu tiré par les cheveux. Pourtant, on se laisse facilement prendre au jeu, le film se révélant minutes après minutes comme une excellente surprise. Horton ne révolutionne pas le genre de l'animation - l'animation n'étant pas tellement novatrice -, mais excelle pour ce qui est du reste. Au programme, des personnages attachants, une aventure divertissante et une belle morale de fin. Tout pour plaire aux plus petits. Rajoutez à cela une bonne dose d'humour, un bon doublage français  - Dany Boon, encore lui -, de bonnes trouvailles scénaristiques - la séquence en manga - et un personnage de second zone destiné à devenir aussi culte que Scratch - l'adorable petite boule jaune. Résultat, voici un dessin animé plutôt sympathique et joyeusement divertissant.

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Les scénaristes auraient d'ailleurs pu s'arrêter là, eux qui firent le choix judicieux de s'adresser également aux grands enfants par un contenu un poil politique. Horton met au premier plan un maire gentillet, n'arrivant pas à imposer ses opinions. Dans son village, c'est un conseil d'anciens qui prend les véritables décisions, mettant en place une certaine forme de censure. Et à Zooville, le mot d'ordre général est "bonheur". Tout est donc fait pour sauver les apparences, affirmant que l'on fait ce qu'il y a de mieux pour le peuple, cachant aux habitants les problèmes, censurant ceux qui voudraient dire la vérité, utilisant la propagande, ou encore, nettoyant les images susceptibles de dire autres choses que le message officiel. Par ailleurs, sous l'histoire de la sauvegarde d'une société se cache, aussi, une sorte de mini cris d'alarme quand à la possibilité donné à tous les peuples à pouvoir exister. Au final, Horton est un bon dessin-animé, alliant intelligemment humour et message, strictement moraliste pour les enfants - "Une personne est une personne, même toute petite" - et plus politique pour les adultes. Bonne petite surprise, donc.

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Crédit photo: Twentieth Century Fox France

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