Sortie: 04 novembre 2009
> L'histoire: Norma et son époux mènent une vie paisible dans une petite ville des Etats-Unis jusqu'au jour où une mystérieuse boîte est déposée devant leur domicile. Quelques
jours plus tard, se présente l'énigmatique Arlington Steward qui leur révèle qu'en appuyant sur le bouton rouge de la boîte, ils recevraient 1 000 000 $, mais cela entraînerait la mort d'un
inconnu...
Réalisateur quelque peu malmené, Richard Kelly est surtout l'un des plus intrigants officiant aujourd'hui dans le paysage hollywoodien. Lui qui, parti du
cinéma indépendant avec le déjà culte Donnie Darko, subit un revers médiatique désastreux avec le très foisonnant et
d'autant plus passionnant Southland Tales. D'où la nécessité pour lui de revenir aux studios, grands manitous de l'industrie cinématographique américaine,
promettant à la fois budget et promotion. Mais qui dit studio dit aussi une restriction certaine des libertés scénaristiques comme de mises en scène, ce qui constituait presque pour Richard Kelly
une marque de fabrique. Pourtant, ne vous y trompez pas, The Box est une oeuvre dans la droite lignée de ses deux films précédents, déclinant sous une forme
nouvelle une même intrigue, soit l'arrivée de l'apocalypse. Plus proche dans son traitement de Donnie Darko que de Southland Tales, Richard Kelly prend à nouveau le temps de créer un univers
somme tout quotidien, soit une banlieue américaine paisible dans les années 70. Suivant une famille aimante et soudée, bientôt confrontée à une série de problèmes financiers. Jusqu'à qu'un
mystérieux inconnu défiguré (Frank Langella) leur offre une boite, comme issue d'un jeu télévisé lambda, et un cruel dilemme: appuyer sur le bouton et
recevoir la somme d'un million de dollars tout en entraînant la mort d'un inconnu ou ne rien faire du tout et rendre la boite telle qu'elle, au bout de 24h. Adaptant la courte nouvelle de
Richard Matheson, Richard Kelly confronte ainsi ses joyeuses marionnettes à un dilemme moral propre aux sociétés contemporaines. Choisir entre le confort
individuel ou collectif. Pourtant, de cette boite qu'Arthur (James Marsden) s'empressera rapidement de démonter, dans un soucis de rationalisé le tout,
Richard Kelly ne s'en servira que comme un MacGuiffin, déclenchant dès lors une intrigue propre à sa douce folie. Car bientôt, Norma (Cameron Diaz)
appuiera comme convenu sur le bouton, déclenchant une série d'incidents aussi imprévisibles qu'extraordinaires.
Ce qui, au départ, était une sorte de fable psychologique se mue dès lors en un thriller aussi obsédant que passionnant. Faisant de cette esthétique belle et classique la condition nécessaire au
basculement d'un univers réaliste en une sorte de fantastique quotidien. Car, à l'instar de Donnie Darko, Richard Kelly se sert d'objets plutôt communs pour créer son inquiétante étrangeté. Une
foule d'hommes, marchant à l'unisson derrière Norma. Un saignement de nez. Un ventilateur géant. De quoi créer des images fortes avec trois fois rien avant d'intégrer réellement des effets
visuels aussi impressionnants que saisissants. Que l'on connaisse ou non l'univers de Richard Kelly, The Box est dans tous les cas un formidable exercice de style auquel se greffe une histoire
complexe et complète particulièrement soignée. On peut d'ores et déjà imaginer les multiples forums de fans se créer, disséquant, scènes après scènes, la signification de ce nouveau casse-tête
scénaristique, proche d'une sorte de relecture de la Genèse. Pour ma part, The Box s'inscrit dans une sorte de continuité de films post-apocalyptiques, types Phénomènes, où la nature, peu à peu détruite, se mettrait à tester les capacités des hommes. Interrogeant ici sur le libre-arbitre, la mutation des sociétés en ban
individualiste et l'ordre moral. Pourtant, avec The Box, il faut à un moment donné savoir lâcher prise et prendre le film tel quel, comme on le reçoit, soit un thriller à la tension saisissante,
maintenant un suspense implacable de bout en bout et aux images spectaculaires. Fermant (mais est-ce vraiment la fin ?) une trilogie apocalyptique aussi démentielle que casse-gueule d'un
réalisateur pas encore totalement accompli mais en bonne voie pour bientôt mettre en scène "his masterpiece".
Crédit photo: Wild Bunch Distribution
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