Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /2009 14:21




Sortie: 14 octobre 2009

> L'histoire: Jean est quelqu'un de bien : un bon maçon, un bon fils, un bon père et un bon mari. Et dans son quotidien sans heurt, entre famille et travail, il croise la route de Mademoiselle Chambon, l'institutrice de son fils. Il est un homme de peu de mots, elle vient d'un monde différent. Ils vont être dépassés par l'évidence des sentiments.

A l'opposé de ce que propose la plupart des comédies françaises et ses décorticages plutôt traditionnels des sentiments, Stéphane Brizé, avec Mademoiselle Chambon, adaptation du roman éponyme d'Eric Holder, livre une oeuvre surprenante, aussi pudique que minimaliste. Jean, maçon heureux aussi bien dans sa vie de couple que de famille, rencontre Mademoiselle Chambon, l'institutrice de son fils, célibataire probablement endurcie. Entre eux, le coup de foudre est quasi immédiat, comme un choc culturel où leurs milieux viendraient bientôt bouleverser leur existence et leur quotidien. Pourtant, tout n'était pas gagné d'avance, le film de Stéphane Brizé effrayant passablement lors de sa scène d'ouverture. On y découvre, assis dans l'herbe, un Vincent Lindon désarçonné, incapable d'aider son fils à faire ses devoirs. Jusqu'à sa rencontre avec Mademoiselle Chambon, laissant supposer la naissance d'un amour entre classes socio-professionnelles. Entre un prolétaire et une littéraire. Intelligemment, le cinéaste s'écarte dès lors de ce scénario plutôt casse-gueule, privilégiant la fusion entre sentiments et renouveau. Car alors que Mademoiselle Chambon s'extasiera sur le travail manuel produit dans son appartement, Jean, lui, découvrira une autre facette de la musique classique, en demandant maladroitement à celle-ci de lui jouer du violon. Les sortant tous deux d'un ennui quotidien dont il n'avait jusqu'alors pas conscience, laissant la porte ouverte à de multiples possibilités.


Mais plus que son histoire première, Mademoiselle Chambon brille par la subtilité de sa mise en scène. Ici, pas question de grandes déclarations sur son de cordes grinçantes, le film favorisant les non-dits et un traitement incroyable des silences. Instinctivement, l'oeuvre se fait plus sensorielle qu'intellectuellement, laissant ses acteurs envahir l'espace, ne proposant que très peu de dialogue. Le résultat est saisissant, Mademoiselle Chambon se révélant d'une délicatesse remarquable quant à sa peinture des sentiments et des romances interdites. Vincent Lindon, Sandrine Kiberlain et Aure Atika y font, eux, preuve d'un talent immense, donnant un vrai souffle à ce film contemplatif, finement écrit et plutôt fascinant. Soit une histoire, finalement, d'une très grande banalité mais qui se révèle assez étonnante en son genre. Charmant.




Crédit photo: Rezo Films

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Retour à l'accueil

QUI SUIS-JE ?

LES SORTIES DE LA SEMAINE

CONSEILS

INDEX DES FILMS

RECHERCHE

Recommander

Référencement

 Annuaire cinema   Découvre de bons blogs
  
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés