Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 19:06

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Sortie: 02 décembre 2009

> L'histoire: Il est capable de faire un discours étonnant sur la soul américaine à des écoliers éberlués, de se mêler de la vie privée de ses concitoyens, ou encore de faire jurer à sa fille de 18 ans que jamais, au grand jamais, elle ne quittera la maison familiale. C'est Simon Wolberg, maire d'une petite ville de province, amoureux fou de sa femme, père envahissant et fils provocateur ! C'est l'obsession de la famille qui porte cet homme. Qui le pousse à mettre à l'épreuve ces liens, à en vérifier la force et la fragilité...

A jamais, La famille Wolberg restera d'abord dans les mémoires comme la dernière oeuvre de Jocelyn Quivrin, décédé brutalement quelques semaines avant sa sortie en salle. Cela serait, bien entendu, cantonner le film à ce qu'il n'est pas, celui-ci n'apparaissant que brièvement, jouant le rôle de "catalyseur" sur cette famille en apparence si soudée mais dont les petits secrets ont fini par ronger chacun d'entre eux. D'abord, il y a ce père, Simon, maire d'une petite ville tranquille mais dont toutes les énergies ne semblent converger dans l'unique but de maintenir sa famille au dessus de l'eau. Comme un radeau auquel il s'accrocherait encore et encore dans l'espoir de ne pas sombrer totalement. Sauf qu'à trop vouloir aimer, Simon a tout simplement fini par étouffer tout le monde, poussant sa femme et ses enfants à aller voir ailleurs. Dans les bras d'un amant comme vers un futur mode de vie radicalement différent de celui en place. La vie de bohème au lieu d'un train de vie ordinaire. Comme un rejet des valeurs inculquées dès l'enfance. Et s'il se rend progressivement compte de ses erreurs, Simon préférera dans un premier temps feindre ses inquiétudes, s'enfonçant encore un peu plus chaque jour. On dit souvent que la famille, si elle est constituée des êtres les plus chers que l'on peut avoir, se révèle toujours l'entité capable de nous faire le plus mal, il en est ainsi dans La famille Wolberg, premier film délicat de la réalisatrice Axelle Ropert, jusqu'alors connue en tant que critique de cinéma. De son film se dégage une drôle d'atmosphère, mélancolique et nostalgique, tout en cultivant une série de contradictions tout à fait inattendues.

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Car La famille Wolberg est avant tout une oeuvre toujours entre deux. Entre l'été et l'hiver. Théâtrale tout en cherchant le réalisme des situations. Donnant à voir une famille juive sans jamais faire de la judaïté un sujet en soit. Proposant à François Damiens et Valérie Benguigui leur premier rôle dramatique, eux qui étaient jusqu'alors enfermer dans le carcan de la comédie populaire. Résultat ? La famille Wolberg est une oeuvre inclassable, jamais vraiment gaie sans être pourtant totalement triste. On y vogue, comme suspendu au dessus de cette ligne que l'oncle et le neveu s'amusent à franchir. Passant de la réalité à la non-réalité. Charmant doucement par sa fragilité ambiante. Aux dialogues trop écrits se mêlent ainsi une justesse d'écriture quant il s'agit de décrire les liens familiaux, amenant progressivement une émotion prête à ne plus nous quitter. Plongé dans la campagne nordique française, La famille Wolberg nous trimballe pourtant dans une étrange ballade soul, au doux son de quelques standards américains. Et alors que l'anniversaire de l'aînée arrive, il se profile avec lui une série de tracas aux conséquences désastreuses, faut-il encore que l'un d'entre eux se décident à crever l'abcès. Attachant et plein de tendresse, La famille Wolberg se révèle ainsi une jolie surprise pour peu que l'on accepte de s'y laisser guider, où l'émotion, au départ pas forcément facile, se fait peu à peu de plus en plus sentir. Mine de rien, s'il pouvait paraître un peu léger, le film d'Axelle Ropert ne nous lâche finalement pas si facilement, marquant par le spleen et le côté folk qui s'en dégage, par la sensibilité de son interprétation, à commencer par la jeune Léopoldine Serre.

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> Festival international de Cannes 2009: Quinzaine des réalisateurs

Crédit photo: Carole Bethuel

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
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