Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /2009 15:12




Sortie: 18 novembre 2009

> L'histoire: Carthagène, Colombie. Léo, ancien champion de boxe, s'autodétruit dans l'alcool. Son ami Jaïro l'envoie travailler au service de Muriel, jeune femme tétraplégique. Peu à peu, une histoire d'amour passionnée se noue entre eux...

Deuxième adaptation d'un livre d'Eric Holder, après Mademoiselle Chambon, L'homme de chevet n'est, à première vue, pas une oeuvre très attractive. La faute à un sujet plutôt casse-gueule, soit la rencontre amoureuse entre une tétraplégique et un ancien boxeur alcoolique, porté par ce drôle de couple qu'est Sophie Marceau et Christophe Lambert. Un étrange mélange entre auteurisme et casting bankable dont Alain Monne s'affranchit totalement, livrant, pour sa première réalisation, une oeuvre aussi pudique que bancale. D'abord, il y a ce duo, ces deux handicapés de la vie, l'une coincée dans un corps qui refuse de répondre, l'autre dans une tête bien abîmée, qu'une petite annonce réunira. Là-bas, sur les côtes colombiennes. Une riche et un pauvre, une invalide et un sportif, deux opposés qui, suite à une existence aussi difficile qu'houleuse, trouveront dans l'autre une raison nouvelle de continuer à respirer. Une histoire sensible à laquelle le cinéaste greffe des intrigues parallèles, de l'auxiliaire de vie jalouse à la boxeuse prête à donner de son corps pour quelques billets, trop présents et moins intéressants, venant plomber un récit déjà fragile par un rythme plutôt décousu. Car il ne se passe pas grand chose dans cet Homme de chevet. Et entre les déambulations de Léo dans les rues vidées de Carthagène et les lectures de Muriel, rien ne nous intéresse plus que leurs prochaines retrouvailles, comme une frustration constante face à ce qui va arriver.


Transposant une oeuvre d'un de ses amis personnels, Alain Monne tente, tant bien que mal, de retranscrire, sans tomber dans le scabreux, l'intimité progressive qui va se nouer entre ses deux protagonistes. Passant des percussions - où l'on vide la vessie du patient - ou la toilette de Muriel à des petits déjeuners en terrasse et des roulades dans l'herbe. Car, que faire quant le corps n'est plus objet de tentation mais obstacle à une relation ? Comment montrer le désir quant l'une ne ressent plus aucune sensation ? Là est la difficulté et le principal défaut de cet Homme de chevet... Marchant sur des oeufs, Alain Monne, conscient de la maigre barrière qui le sépare de l'indécence, livre alors une mise en scène et une intrigue tout en subjectivité, au point de devenir invisible et floue. A l'image de ce final beaucoup trop subtile pour être parfaitement lisible. Et si l'on redoutait le mélo dégoulinant, on se retrouve au contraire, et ce de manière surprenante, avec une oeuvre qui manque souvent d'émotions, desservi par une histoire risquée. Néanmoins, L'homme de chevet reste une oeuvre que l'on a envie de défendre, de part la vulnérabilité qui s'en dégage, à l'instar de Christophe Lambert, un acteur fragilisé par le temps, comme peut l'être, ici, son propre personnage. Déconcertant.




1. Sophie Marceau: LOL


> Lauréat du Grand Prix du meilleur scénariste
> Festival du film francophone d'Angoulème 2009: Prix du public
> Festival du film de la Réunion: Prix d'interprétation féminine


Crédit photo: Rezo Films

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
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