Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 12:55

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COUP DE COEUR

Sortie: 20 janvier 2010

> L'histoire: Dans la famille Rizzo, tout le monde a un petit secret. Désir de devenir acteur ? Petit boulot pas très glorieux à la sortie des cours ? Fantasme inavouable ? Ou petite manie que l'on préfère cacher ? Jusqu'à ce que celle-ci accueille un fils illégitime, les confrontant bientôt à la réalité...

Rien de franchement original, en apparence, dans ce City Island, sympathique comédie new yorkaise indépendante, menée tambour battant par un Andy Garcia en très grande forme. Pourtant, à ne pas s'y tromper, le film de Raymond de Felitta n'a rien d'une oeuvre éphémère, le cinéaste proposant un véritable bijou de comédie et d'émotions, s'attachant à dépeindre les petits secrets d'une famille pas si ordinaire. Donnant la part belle à chacun des personnages. Ainsi, il y a Vince Rizzo, père castré par une femme de caractère, gardien de prison le jour, rêvant en grand de cinéma le soir, lors de cours de théâtre pris en cachette. Vivian, la fille, strip-teaseuse à ses heures tandis que le petit frère, Vinnie, préfère taire son fantasme pour les femmes très rondes. Jusqu'à ce que Vince ramène à la maison son fils illégitime, Tony, rencontré en prison. Le faisant alors passer auprès de tous pour un inconnu, lui qui viendra bientôt briser cette douce cacophonie ordinaire et savamment organisée. Véritable alter égo du spectateur, celui ci deviendra en effet le témoin privilégié des petits secrets de cette famille, découvrant, parfaitement amusé, les grandes combines des uns et des autres. Donnant à chaque instant une série de péripéties dignes d'un grand vaudeville, portes qui claquent et engueulades sans queue ni tête comprises. A l'instar de cette cigarette que chacun fume à la fenêtre, persuadé que l'autre n'apprécierait pas cette nouvelle manie...

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Conscient que son sujet a déjà été mainte fois vu au cinéma, Raymond de Felitta s'amuse dès lors de son peu d'originalité, s'appuyant sur des figures cinématographiques parfaitement intégrées à la mémoire collective. Donnant l'occasion à Andy Garcia de se lancer dans un très grand numéro de cabotinage en imitant Marlon Brando. Lui qui incarnait sa descendance dans Le Parrain 3. Jouant, aussi, sur des références plus subtiles à d'autres films, nous poussant parfois à nous faire notre propre histoire. A l'image du personnage de Molly, incarnée par Emily Mortimer, confidente exclusive de Vince, dont l'apparence nous rappellera bientôt une autre actrice iconique. Ce sont des mèches dans les cheveux. Un trench beige. Une petite robe noire. Des lunettes de soleil. Un prénom, aussi, Molly, nous emmenant directement quelques années auparavant, auprès de Holly Golightly, soit Audrey Hepburn dans Diamants sur canapé. Elle qui y campait déjà un personnage rongé par les secrets familiaux. Nous poussant alors à nous poser nos propres questions, Molly aurait-elle un secret à la mesure de celui d'Holly ? Là est la force de City Island, Raymond de Felitta proposant une histoire, certes, pas forcément novatrice mais emplie d'une bienveillance salvatrice et d'une tendresse infinie. Parfaitement rythmé, City Island est ainsi d'une bonne humeur contagieuse dont il est difficile de rester indifférent.


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> Festival du film américain de Deauville 2009: avant-première

Crédit photo: Chrysalis Films

Par Limess - Publié dans : Deauville 2009
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