Mardi 14 juillet 2009 2 14 /07 /2009 21:20




Sortie: 8 juillet 2009

> L'histoire: Véritable séducteur, Nikki mène une vie facile : belles nanas, grosses voitures et villas de luxe. Tout en multipliant les conquêtes, il se fait entretenir par une riche avocate d'Hollywood, chez qui il passe le plus clair de son temps à faire la fête et à prendre du bon temps. Tout se passe bien pour Nikki jusqu'au jour où il rencontre Heather, une somptueuse serveuse qui lui fait tourner la tête pour de bon. Il commence à croire à l'amour lorsqu'il s'aperçoit qu'elle joue au même jeu que lui...

Toy Boy, c'est un peu "la surprise derrière l'emballage" de ce début d'été. Lui qui cultivait des airs de teen movies par son slogan racoleur et une bande annonce plutôt mensongère. En totale contradiction avec le nom du réalisateur, David MacKenzie, paternel de My name is Hallam Foe, et du distributeur MK2. Ce film, c'est, donc, une occasion particulière pour le cinéaste. Celle de poser ses valises, le temps d'une production aussi satirique que cynique, à Los Angeles, décortiquant l'univers ultra superficiel de cette grande industrie du rêve. Pour cela, il prend sous son aile Asthon Kutcher, cantonné dernièrement, et ce, malheureusement, à des comédies romantiques sans grande prétention. Révélant ici une partie de sa personnalité qu'on ne lui connaissait guère, au point de se demander "Où diable avait-il caché tout ça ?". A l'écran, David MacKenzie fait ainsi de son acteur, au même titre d'ailleurs que son personnage, un véritable objet sexuel, éveillant les papilles d'une partie du public. Relooké à l'anglaise - on lui ferait bien, nous aussi, claquer ses bretelles -, nouvelle coupe décoiffée et corps de rêve, Asthon Kutcher s'amuse, pour notre plus grand plaisir, dans un rôle qui semble tailler sur mesure, abattant quelques unes de ses cartes jusqu'alors inconnues. Il n'en faut d'ailleurs pas beaucoup pour comprendre Demi Moore...


Érotisant, donc, au maximum son acteur principal, David MacKenzie s'attaque à cette "société" fondée sur le vide et l'apparence. Nikki est un gigolo de luxe, extrêmement conscient de ses atouts et de ce qu'ils peuvent lui apporter. Evoluant dans un monde comme sponsorisé par MTV, où les grandes vilas abritent souvent un tas de skinny girls. Toy Boy s'affaire ainsi d'abord à une description insolente du mode de vie du garçon, donnant quelques petits conseils salvateurs sur le désir féminin. Avant de joliment se tourner vers la comédie romantique, perdant un peu de son effronterie tout en gagnant en sentiments. David MacKenzie est d'ailleurs loin d'être bête, créant dès lors une sorte de mise en abîme de son propre film. Tout comme L.A, Toy Boy repose ainsi au départ sur l'apparence, que ce soit sur son bel étalon ou aux parties de jambes en l'air aussi crues qu'euphorisantes, dignes d'un épisode de Nip / Tuck. Sauf que sur le fond, le film se révèle beaucoup plus intelligent qu'il n'y parait, proposant un décryptage très référencé. Alors que My name is Hallam Foe se frottait aux scénarios alambiqués de sir Alfred Hitchcock - de Vertigo à Fenêtre sur cour -, Toy Boy apparaît comme une sorte de réécriture, version XXIe siècle, de Diamants sur canapé, Nikki, gigolo, tombant amoureux de Heather, charmante prostituée. Mais alors que Black Edwardes croquait sa délicieuse histoire dans les rues de New York, la grosse pomme est ici devenue synonyme de romantisme, la superficialité s'étant délocalisée à l'autre bout du territoire. Sauf qu'ici, tout ne finit pas forcément pour le meilleur, et alors que Nikki prendra peu à peu conscience de la futilité de son existence et de son éphémère beauté, les jolies souris, elles, continueront de se faire avaler par les vilains crapauds. Tel est l'état du monde chez David MacKenzie, à la fois pessimiste et réaliste. Ainsi, si Toy Boy n'échappe pas à un côté un poil moralisateur et facile dans le genre "la beauté ne fait pas tout", il en reste néanmoins un drôle de divertissement de luxe, brûlant les rétines des plus gourmand(e)s d'entre nous. Totalement scotché(e)s par ce yummy d'Asthon Kutcher. Cela ne peut d'ailleurs pas faire de mal, le bavoir est, lui, fortement recommandé !




Crédit photo: MK2 Diffusion 

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
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