Mardi 19 mai 2009 2 19 /05 /2009 11:35

 


Nous et l'homme à la pancarte Odile de Ray !

Après une matinée sous le signe du « repos du guerrier », la sélection officielle propose aujourd'hui de découvrir les oeuvres d'Audiard et d'Ang Lee. Permettant de tester la popularité de chacun auprès des festivaliers. Si il me faut une vingtaine de minutes pour trouver ma place pour Un prophète, celle de Ang Lee se sera monnayée très chère, à coup de deux heures de recherche intensive. Nous ne parlerons d'ailleurs pas du Marina De Van, tellement peu attendu qu'il suffisait de lever une pancarte pour recevoir son fameux ticket d'or, venant de tous les côtés. Chercher une place à coup de pancarte est devenue une vraie compétition, permettant de retrouver tous les jours les mêmes concurrents ! Mais cette activité, outre le fait de pouvoir voir le film, permet surtout de faire de nouvelles rencontres... Lorsque l'on s'active avec sa pancarte, les gens s'interrogent sur les titres de films, Un prophète faisant beaucoup rigoler, Woodstock amenant son lot de petites blagues du type: « Tu l'as loupé ce concert, je crois. Je dis ça, je dis rien ! ».

 

Mais cette année, force est de constater que Cannes n'est plus aussi cool qu'avant. Le dictat de l'apparence est au pouvoir et c'est aux vigiles de juger si une personne est assez bien habillée pour fouler le tapis rouge. C'est notamment ce qui s'est passé pour le film de Ang Lee. Au son des Who, Santana et autres Led Zeppelin, les demoiselles des tickets refoulent certaines, sous peine que leur jupe n'est pas assez classe pour Cannes. Paradoxal pour la projection d'un film sur le mouvement hippie, bien loin de toute ses considérations. Pour ma part, la projection du Marina De Van me donne l'occasion de découvrir la nouvelle loi du festival de Cannes, mise en application trois jours après le début. Réduisant définitivement les cinéphiles a des moins que rien. Bizarrement, Cannes ressemblerait presque à un microcosme de notre société actuelle, donnant toujours plus d'importance aux puissants au profit des plus petits. Dès aujourd'hui, les invitations roses seront réservées aux professionnels, les cinéphiles devront se débrouiller pour avoir des tickets bleus. Réservés, normalement, aux sans badges. Toute l'aberration de la démarche résidant dans le fait qu'il y a, bien sur, très peu de tickets bleus ! C'est grâce à un charmant américain que j'ai pu donc rentrer dans le palais, lui qui lâcha aux vigiles un viril « she's with me ». Une journée placée sous le signe des projections, donc, sans plus d'anecdotes croustillantes... Même pas un bel acteur à se mettre sous les dents, c'est assez désespérant ^^ ! Je tiens bien à me rattraper dans les jours à venir !

Par Limess - Publié dans : Cannes 2009
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