Lundi 18 mai 2009 1 18 /05 /2009 17:11




Sortie: 23 septembre 2009

> L'histoire:
1969. Elliot, décorateur d'intérieur à Greenwich Village, traverse une mauvaise passe et doit retourner vivre chez ses parents, dans le nord de l'État de New York, où il tente de reprendre en mains la gestion de leur motel délabré. Menacé de saisie, le père d'Elliot veut incendier le bâtiment sans même en avoir payé l'assurance alors qu'Elliot se demande encore comment il va enfin pouvoir annoncer qu'il est gay...Alors que la situation est tout simplement catastrophique, il apprend qu'une bourgade voisine refuse finalement d'accueillir un festival de musique hippie. Voyant là une opportunité inespérée, Elliot appelle les producteurs. Trois semaines plus tard, 500 000 personnes envahissent le champ de son voisin et Elliot se retrouve embarqué dans l'aventure qui va changer pour toujours sa vie et celle de toute une génération.

Quarante ans tout juste après l'événement musical le plus marquant de toute la période hippie, Taking Woodstock tend à recréer, sous forme de fiction, ce qui permis à celui-ci d'avoir lieu, à travers la figure d'Elliot, l'homme qui proposa des champs au festival. Un sujet assez surprenant de la part d'Ang Lee dont on imaginait mal l'envie de faire ressurgir un monument de l'histoire américaine. Et avec un casting réunissant Emile Hirsch, Paul Dano ou Liev Schreiber, il y avait de quoi saliver... Pourtant, Taking Woodstock n'a rien du chef d'oeuvre générationnel qu'il aurait pu être, ce long métrage étant tout simplement irritant au plus au point. Car en suivant le personnage d'Elliot, Ang Lee ne parle finalement jamais de Woodstock à proprement parler, laissant aux plus nostalgiques le soin de ressortir leurs bonnes vieilles vidéos. Si Elliot est un des organisateurs du festival, il n'y participera pourtant jamais, étant à chaque fois stoppé par quelques chose alors qu'il se rendait au concert ! Il y a erreur sur la marchandise !



Si la déception première tient des attentes que l'on pouvait avoir envers ce film, Taking Woodstock reste néanmoins en lieu même une oeuvre tout à fait énervante tant Ang Lee fait preuve de facilité. Si son film n'est en rien une reconstitution de l'événement, il est au contraire tout l'excès inverse, à savoir un beau pastiche. Se contentant d'aligner une série de personnages clichés, du vétéran de la guerre du Vietnam au transsexuel de passage, sans jamais chercher un peu de profondeur. Comme une sorte de tableau type de tout ce que l'on pouvait trouver à l'époque, flower power et space cake compris. De plus, en réutilisant le montage clipesque du documentaire originel, Ang Lee fait preuve d'une grande paresse dans sa réalisation, préservant une certaine originalité pour les scènes de trans... Des séquences sans réellement intérêt, tant le réalisateur se contente de sur-colorer le tout. Par des dialogues niais et certains stéréotypes, Ang Lee en arriverait presque à décrédibiliser le mouvement hippie par un discours naïf, les cataloguant d'"excentriques, aimant la vie et se mettre à poil". Fumeux et honteux, la séance de Taking Woodstock fut donc un véritable calvaire, alors que je m'attendais à en prendre pleins les yeux et les oreilles. Et rien qu'en terme de musique, il faudra repasser !




1. Liev Schreiber: Les insurgés
2. Emile Hirsch: Into the wild / Harvey Milk

> Festival international de Cannes 2009: En compétition
> Festival du film américain de Deauville 2009: Avant-première

Crédit photo: Universal Pictures International France

Par Limess - Publié dans : Cannes 2009
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