Lundi 27 avril 2009 1 27 /04 /2009 00:00





Sortie: 22 avril 2009

> L'histoire: La nuit où les Collinwood arrivent à leur maison de vacances au bord d'un lac isolé, leur fille, Mari, et sa copine Paige se font enlever. Laissée pour morte et terrifiée, le seul espoir de Mari est de rejoindre la maison de ses parents. Cependant, sans s'en douter, ses assaillants ont trouvé refuge dans le seul lieu où la jeune fille pourrait être en sécurité. Lorsque John et Emma Collinwood apprennent l'horrifiante histoire de sa capture, ils sont prêts à tout pour protéger leur fille et feront regretter à ses tortionnaires le jour où ils échouèrent dans La dernière maison sur la gauche...

En fait, je n'aime pas les films d'horreur. Ou à tendance horrifique. Pas que je les trouve cinématographiquement moins bons que d'autres genres, le fantastique ayant lui aussi son lot de chef d'oeuvres et de classiques. Comment ne pas s'éclater devant La féline de Jacques Tourneur ou le Freaks de Tod Browning ? Alors, me direz-vous, pourquoi aller voir La dernière maison sur la gauche, remake du film de Wes Craven ? Poussée par les critiques, tout simplement, et la peur de passer à côté d'un grand film pour des a priori. Car, si l'on n'y regarde de plus près, La dernière maison sur la gauche n'a pas grand chose à voir avec un film d'horreur à proprement parlé. Rien dans celui-ci n'ayant pour but la recherche d'effets capables de faire sursauter le spectateur de son siège.


A la manière des films fantastiques produits pendant la guerre, La dernière maison sur la gauche pourrait se prendre comme une sorte de thérapie, d'expiation sur grand écran de certains vils sentiments. L'oeuvre de Denis Iliadis s'apparentant presque à une sorte de radiographie des États-Unis post-11 septembre à travers le thème de l'intrusion, cher à l'administration Bush. On suit ainsi l'histoire d'une charmante famille bourgeoise, femmes à têtes blondes, chef de famille médecin, qui, partit dans leur maison de vacances, tomberont nez à nez avec une autre drôle de famille. Progressivement, le film installera ainsi une étrange atmosphère, à la fois glauque et oppressante, où l'agresseur, ne sera, au final, par forcément celui à qui l'on pense. En réponse au viol de leur fille, John et Emma se transformeront en véritable vendetta, à coup de marteau et de broyeur à ordures. Le film joue ainsi sur le passage violent d'une sorte de drame physique et psychologique à de la vengeance pure, présentant, dans un premier temps, les sévices subis par Paige et Mari de manière quasi clinique. Le viol comme le meurtre sont en cela insupportables, s'appuyant sur le sadisme des personnages, mettant le spectateur dans une position inconfortable. Filmé de face et à froid, le film nous transformerait presque en voyeurs, tant il ne cherche pas à faire dans la dentelle. C'est ultra réaliste, poussant le spectateur à ressentir les plus vils sentiments à l'égard de ses personnages et cela, de manière plutôt malsaine.


Jusqu'à ce que ses trois là arrivent dans la maison des Collinwood et que la balance se renverse. Le film travaillant tout d'abord sur une sorte de défense du foyer contre l'envahisseur, le premier meurtre étant, en soit, de la "légitime défense". Puis, place à la vengeance pure et dure, présentée de manière quasi jubilatoire. Et c'est d'ailleurs ce côté plaisant qui dérange le plus dans La dernière maison sur la gauche, certains ayant même envie de crier "encore". Il y a un côté très malsain en prenant du plaisir à ce genre de spectacle qui, bizarrement, passe beaucoup mieux dans un film comme Boulevard de la mort et son incroyable scène finale. Pourtant, excepté ce traitement gênant de l'intrigue, La dernière maison sur la gauche est un film plutôt réussit techniquement, Denis Iliadis bénéficiant d'un talent certain de cinéaste, d'une magnifique photographie et d'un assez bon casting. Reste tout de même un drôle de goût en bouche à la sortie de la salle, ce remake ci étant, pour le coup, vraiment destiné à un public, certes, avertit, mais surtout amateur du genre. Et pour ce qui est de s'en prendre plein la tronche, le film remplit parfaitement sa mission, abusant sans vergogne d'hémoglobine et d'effets peu ragoûtants !




Crédit photo: Universal Pictures International France

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
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