Sortie: 15 avril 2009
> L'histoire: New Iberia, Louisiane. Le détective Dave Robicheaux est sur les traces d'un tueur en série qui s'attaque à de très jeunes femmes. De retour chez lui après une
investigation sur la scène d'un nouveau crime infâme, Dave fait la rencontre d'Elrod Sykes. La grande star hollywoodienne est venue en Louisiane tourner un film, produit avec le soutien de la
fine fleur du crime local, Baby Feet Balboni. Elrod raconte à Dave qu'il a vu, gisant dans un marais, le corps décomposé d'un homme noir enchaîné. Cette découverte fait rapidement resurgir des
souvenirs du passé de Dave. Mais à mesure que Dave se rapproche du meurtrier, le meurtrier se rapproche de la famille de Dave...
Adapté du best-seller de James Lee Burke, Dans la brume électrique marque les premiers pas de Bertrand Tavernier sur le sol américain, en tant que cinéaste. Peut-être sa dernière fois, aussi, au vu des nombreuses difficultés qu'il a rencontré. Entre les
frictions avec Tommy Lee Jones et les producteurs, Bertrand Tavernier a lutté jusqu'au bout pour imposer sa vision
de son propre film. Sauf qu'aux Etats-Unis, ce ne sont pas les réalisateurs qui décident du montage final mais bien ceux qui détiennent l'argent... Et dans son combat personnel, si il aura eu le
droit de montrer sa version en France, c'est au prix d'une sortie direct to dvd aux USA et de la suppression de la mention "en hommage à Philippe Noiret". Tout se paye ! Cette
expédition aux Etats-Unis n'est d'ailleurs pas une surprise au vue du parcours du réalisateur, cinéphile invétéré envers ce pays si singulier, auteur de deux livres sacrés, Amis américains et 50 ans de cinéma américain, cosigné avec Jean-Pierre Coursodon. Une connaissance impressionnante qui lui permet, à travers Dans la brume électrique, de se fondre totalement
dans cette culture cinématographique - genre et forme -, et celle, mystérieuse, de la Louisiane. Hanté par des fantômes du passé. Dans la brume électrique est
ainsi un film à l'atmosphère totalement hypnotique, berçé au son d'une musique cajun et d'une humidité ambiante. Travaillant sur l'imprégnation d'un passé dans chaque parcelle de terre,
colonialisme et esclavage se mêlant aux ravages de Katrina.
Le film suit ainsi
l'inspecteur Robicheau, un homme aussi bourru qu'attachant, rongé par ses erreurs du passé - il est un ex-alcoolique - et une violence interne qu'il cherche à maîtriser. Affecté à une enquête sur
le meurtre de plusieurs jeunes femmes, il tombe sur les restes d'un cadavre très ancien qui réveillera en lui de vieux démons. Alors que la bande annonce laissait croire à un thriller mouvementé
et emprunt des grands codes hollywoodiens, Dans la brume électrique est un film qui les prend, au contraire, à contre courant. Dans un style presque
contemplatif, Bertrand Tavernier se perd ainsi dans les méandres d'une intrigue à tiroir, jonglant entre différentes temporalités, deux enquêtes
distinctes et divers personnages tourmentés. Au point de perdre, sur un long moment, sa trame principale. Dans la brume électrique plonge ainsi, tout
d'abord, dans une sorte d'exploration de ce personnage si enigmatique qu'est Robicheau, auquel Tommy Lee Jones donne une profondeur et une voix
lancinante. Presque à l'image de cette Louisiane que Tavernier retranscrit à l'écran. Le film se détache en deux parties distinctes, laissant le temps à
la première de voguer dans un champ plus psychologique, se pencher sur ces personnages foisonnants, avant de repartir radicalement dans l'intrigue, suite à un rebondissement tout a fait
surprenant. Ainsi, si le film décontenance du côté de son traitement, on n'en reste néanmoins pas moins fasciné par cet univers et les âmes qui le traverse. Aux côtés de Tommy Lee Jones, Bertrand Tavernier dirige un casting aussi impressionnant que percutant, John
Goodman en tête, d'une cruauté que l'on ne lui connaissait guère, accompagné de Peter Sarsgaard et Kelly
MacDonald, entre autres, dans un rôle proche de celui qu'elle tenait dans No country for old men. Dans la brume
électrique est ainsi une oeuvre assez étonnante, proche, en un sens, du Mystic River de Clint Eastwood. Certes,
parfois un peu trop lent, mais finalement totalement envoûtant dans son ensemble...
1. Tommy Lee Jones: No country for old
men
2. Kelly MacDonald: No country for old
men
> Festival de la Berlinale de Berlin 2009: en compétition
> Festival du film policier de Beaune 2009: Grand prix
Crédit photo: TFM Distribution
11.11 L'IMAGINARIUM DU DOCTEUR
PARNASSUS
21.10 LES HERBES FOLLES
07.10 FISH TANK
09.09 TAKING WOODSTOCK
26.08 UN PROPHETE
22.07 BRIGHT STAR
03.06 NE TE RETOURNE PAS / ANTICHRIST
27.05 LOOKING FOR ERIC / JUSQU'EN
ENFER / QUELQUE CHOSE A TE DIRE
13.03 MILLENIUM
06.05 UN
MARIAGE DE REVE
29.04 LA BOITE DE PANDORE / NO POPCORN ON THE FLOOR / MEURTRES A LA
SAINT-VALENTIN / INCOGNITO
22.04 ILS MOURRONT TOUS SAUF MOI ! / 17 ANS ENCORE / LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE / STILL WALKING
15.04 UN ETE ITALIEN / OSS 117: RIO NE REPOND PLUS / RACHEL SE MARIE / DANS LA BRUME ELECTRIQUE / LET'S MAKE MONEY / SOIS SAGE