Samedi 14 mars 2009 6 14 /03 /2009 20:00





Sortie: 4 mars 2009

> L'histoire: Le film retrace les huit dernières années de la vie d'Harvey Milk. Dans les années 70, il fut le premier homme politique américain ouvertement gay à être élu à des fonctions officielles, à San Francisco en Californie. Son combat pour la tolérance et l'intégration des communautés homosexuelles lui coûta la vie. Son action a changé les mentalités, et son engagement a changé l'histoire.

Harvey Milk, c'est un peu un retour aux sources pour Gus Van Sant, après plusieurs années d'introspection dans le cinéma d'auteur et quelques récompenses en poche - notamment une palme d'or pour Elephant -. Bien loin d'Hollywood. Aucune transition d'ailleurs entre l'excellent Paranoid Park et le non moins réussit Harvey Milk dans lequel le cinéaste semble, et pour la première fois, prendre les armes. Car ce film ci est une avancée dans son cinéma, lui qui fait une incursion dans le domaine politique à travers la biographie d'Harvey Milk, donc, premier homosexuel déclaré à avoir été élu à des fonctions officielles dans la jolie ville de San Francisco. Et pour ce come-back en fanfare, le réalisateur ne fait pas les choses à moitié en donnant l'occasion à Sean Penn de nous surprendre dans un rôle incroyable, pour une prestation impressionnante. Lui qui pendant 2h se révélera tout sourire alors qu'il ne semble jamais commode, sur le tapis rouge comme lors des interviews !

La particularité d'Harvey Milk, c'est avant tout le trajet de son intrigue, le premier scénario signé Dustin Lance Black venant d'ailleurs juste d'être oscarisé. Le film part de la vie privée de cet individu pour aller vers le politique. Progressivement, nous le suivrons ainsi, de ce qui le motiva à s'engager à ses premières victoires, d'abord idéologiques, dans un des quartiers de San Francisco. De sa vie quotidienne, aussi, aux côtés de son boyfriend, incarné par un James Franco, qui, sous la caméra de Van Sant, prend des airs de vrai sex symbol - grrr, cette série de photos en noir et blanc !. Le réalisateur s'intéresse ainsi à montrer comment le quotidien de Milk a pu l'amener à la politique, grâce aux différents soutiens de ses proches. Puis, comment la balance se renversera, la politique menant dès lors sa propre vie privée. Car, sur plusieurs niveaux, Harvey Milk n'est pas vraiment un biopic à proprement parler, le réalisateur mettant plus en avant l'évolution politique de cet individu que son intimité. Montrant comment celui-ci à pu amener une nouvelle ère d'espoir dans une communauté alors méprisée. C'est d'ailleurs cette confrontation avec notre époque actuelle qui choque, le film se situant il y a de cela moins de trente ans. Les homosexuels étant alors des victimes idéales pour la police ou certains hommes politiques.

Certes, s'il est difficile d'identifier la patte de Gus Van Sant dans ce long métrage, son style période "ado" semblant avoir été broyé dans les rouages d'Hollywood, le réalisateur n'en perd néanmoins pas son inventivité. Car, ce qui fait la vraie force de ce Harvey Milk là, c'est qu'il s'appuie sur des images documentaires, en référence au Times of Harvey Milk, de Robert Epstein, qui retraçait l'histoire vraie de cet homme. Et c'est en les mêlant à l'intrigue, jouant même sur le vieillissement de certaines images de fiction, qu'il arrive à le rendre plus authentique. Alors, quand à cela s'ajoute un casting exceptionnel, Sean Penn en tête qui n'aura, pour le coup, pas volé sa statuette dorée à l'incroyable Emile Hirsch, totalement méconnaissable, Harvey Milk s'avère sur tous les points une belle réussite. Il est aussi passionnant que poignant et remplit d'espoir pour l'avenir, de quoi regonfler les coeurs en ses temps de crise. Les inrocks n'aurait d'ailleurs pas pu mieux résumer la situation, Harvey Milk étant sans aucun doute le premier - et premier grand - film sous l'air Obama. Donnant la part belle, sur un ton optimiste, à un communauté non visible. Et on ne peut pas dire le contraire, ça ne peut faire que du bien malgré le destin tragique de cet homme - que je ne connaissais malheureusement pas - qui ne pourra donner qu'un peu de courage à d'autres. Un très joli coup de coeur, donc.



 


1. Sean Penn: Into the wild
2: Emile Hirsch: Into the wild
3. Josh Brolin: No country for old men

> Golden globes 2009: Nomination meilleur acteur dans un drame
> Oscars 2009: Meilleur acteur, meilleur scénario / Nominations meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur second rôle masculin, meilleurs costumes, meilleur montage, meilleure musique


Crédit photo: SND  

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Retour à l'accueil

QUI SUIS-JE ?

LES SORTIES DE LA SEMAINE

CONSEILS

INDEX DES FILMS

RECHERCHE

Recommander

Référencement

 Annuaire cinema   Découvre de bons blogs
  
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés