Samedi 26 décembre 2009 6 26 /12 /2009 19:40

1-copie-23


Sortie: 16 décembre 2009

> L'histoire:
J'aime pas qu'on me plaigne. Je préfère rigoler. Devant les mines compatissantes, je réponds depuis trente ans : "Je n'ai pas de père, mais je m'en fiche, c'est comme ça. J'ai une photo." J'ai aussi deux soeurs, et une mère italienne... mais attention... interdit de parler de "lui" devant "elle"... Ça déclencherait une éruption volcanique. Car le volcan, il paraît, n'est pas encore éteint. Je crois que c'est un peu à cause de ma figure. La même que lui. Quand ils me voient rigoler, dans la famille, ils disent : "C'est son portrait craché." Et ma mère est à la fois triste et fière. Elle est fière parce que je suis blonde comme lui, alors qu'ils sont tous bruns. Mais moi je préférerais être comme eux. C'est pour ça, que je fais des conneries comme les mecs, pour leur ressembler, pour être plus italienne qu'eux. Des conneries d'artiste, comme dit mon parrain. Je suis sa préférée. Et lui aussi, c'est mon préféré.

"Lasciatemi cantare, con la chitarra in mano, lasciatemi cantare, sono un italiano". Adapté du roman autobiographique de Sylvie Testud, le Gamines d'Eleonore Faucher souffre cette semaine d'une comparaison sans faille. Sortant sur les écrans au même moment que Le Père de mes enfants de Mia Hansen-Love dont le sujet et les thèmes sont on ne peut plus similaires. On y parle ainsi de perte et d'absence de la figure paternelle, à la différence prêt qu'elles sont ici à la base même de l'histoire. On y suit ainsi la construction psychologique de trois soeurs dans une France des années 70, vivant seules avec une mère quelque peu dépassée par les événements. Parmi elles, Sybille, portrait craché de celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, grandissant d'autant plus avec le sentiment de ne pas être tout à fait comme les autres. Elle qui ne semble en rien appartenir à cette grande famille italienne, aussi importante qu'étouffante. Sur le mode de la tragi-comédie familiale, Eleonore Faucher construit ainsi son oeuvre comme un immense flash-back revenant sur l'enfance de Sybille, aujourd'hui devenue une comédienne particulièrement reconnue. Des après-midi avec ses soeurs aux longues vacances familiales, sous le soleil italien. Retraçant aussi les difficultés d'une mère confrontée aux préjugés conservateurs d'une société alors peu encline à laisser une femme seule s'occuper de trois enfants. Telle une grande thérapie et, plus encore, analyse psychologique, le film tend alors à démontrer pourquoi  et comment Sybille est devenue ce qu'elle est, de son besoin de s'épanouir dans une branche professionnelle hors des sentiers battus à son petit côté garçon manqué, elle qui se considérait alors uniquement comme la simple fille de son père, prête à prendre une place vacance initialement prévue pour l'autre sexe...

3-copie-16.jpg
Aussi louables qu'aient pu être les attentions de la cinéaste, Gamines n'est pourtant pas ce que l'on pourrait appeler un film plaisant. D'abord, parce qu'il est impossible de se séparer de la figure de Sylvie Testud, incarnant ici son propre rôle de manière paradoxalement plutôt mauvaise. Ensuite, parce qu'Elenore Faucher ressentait le besoin de reconstituer coûte que coûte les années 70, quitte à se retrouver dans des décors de "cartons pâtes" où il sent bon la naphtaline. Soit un univers totalement fade et aseptisé où la moindre pub Moulinex ne vient en aucun cas renforcer le naturel. Alors, quant à cela s'ajoute une réflexion plutôt banale sur une famille italienne tout ce qu'il y a de plus clichée, Gamines devient rapidement une oeuvre fatiguante, agaçant par une inlassable répétition d'un leitmotiv musical, savamment accompagné en boucle du tube "L'Italianno" de Tutto Cutugno, aussi ringard que lourdingue. On en ressort les oreilles en sang, avec l'envie soudaine de se rediriger vers Le Père de mes enfants, chronique contemporaine beaucoup plus subtile et juste quant il s'agit d'histoire de famille. Reste Amira Casar et Jean-Pierre Martins, tous deux excellents, de quoi relever un peu le niveau de ce qui aurait pu être un ratage quasi complet... Dommage.

etoile1.jpgetoile2.jpgetoile2.jpgetoile2.jpgetoile2.jpg


Crédit photo: TFM Distribution

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /2009 15:40

19169730 jpg-r 760 x-f jpg-q x-20090917 103715


Sortie: 16 décembre 2009

> L'histoire: Max, un garçon sensible et exubérant qui se sent incompris chez lui, s'évade là où se trouvent les maximonstres. Il atterrit sur une île où il rencontre de mystérieuses et étranges créatures, aux émotions sauvages et aux actions imprévisibles. Les maximonstres attendent désespérément un leader pour les guider, et Max rêve d'un royaume sur lequel régner. Lorsque Max est couronné roi, il promet de créer un monde où chacun trouvera le bonheur. Max découvre vite toutefois que régner sur un royaume n'est pas chose aisée et que ses relations avec les autres sont plus compliquées qu'il ne l'imaginait au départ...

Peut-on vraiment s'en sortir après une collaboration - forcément déjantée - avec Charlie Kauffman, scénariste de génie et désormais cinéaste fou, ayant depuis quelques années secoué le monde magique de l'industrie hollywoodienne (sic) ? Mission accomplie pour Michel Gondry qui réalisa sous la plume de celui-ci Human Nature et l'incroyable Eternal Sunshine of the Spotless Mind où il imposait déjà sa propre patte en tant que réalisateur. Créant lui-même un univers singulier sur les bases mises en place par le dit Kauffman qu'il poussera plus loin encore, seul, lors de La Science des rêves et Soyez-sympas, rembobinez. Là réside donc tout le problème d'un cinéaste comme Spike Jonze qui, lors de ses deux longs métrages précédents, semblait tout simplement s'être fait vampiriser par Charlie Kauffman. Dans la peau de John Malkovitch et, plus encore, Adaptation - mettant en scène Nicolas Cage dans le rôle de Kauffman lui-même - semblant être avant tout des oeuvres de son scénariste. D'où l'excitation face à ce Max et les maximonstres, première oeuvre en solo du réalisateur, adaptant pour l'occasion le livre pour enfants de Maurice Sendak, best-seller international. Soit une oeuvre d'une dizaine de pages, aux illustrations développées mais à l'intrigue concise, qui mine de rien pouvait ne pas donner grand chose sur grand écran. Sauf que Spike Jonze a, avec lui, un studio généreux et une idée derrière la tête bien précise, développer l'intrigue familiale autour du personnage de Max avant de l'emmener dans le doux (?) pays des maximonstres. Embauchant pour l'occasion deux comédiens de la famille Kauffman/Jonze/Gondry (tiens donc !), sa muse Catherine Keener et le comédien Mark Ruffalo, l'un des rôles seconds rôles indispensables au charme d'Eternal Sunshine...

3-copie-15.jpg
Tout commence par une course poursuite entre Max, petit garçon méché, habillé d'un costume de chat, et son pauvre petit chien, victime de la cruauté de l'enfant. Le ton est donné, le film respectera la trame du livre, donnant à voir ce fameux Max, enfant capricieux et excessif, doué d'une imagination débordante. Max est un solitaire malgré lui, réclamant un peu d'attention de la part de sa soeur et de ses amis, se prenant pour un grand avant d'en voir les revers - scène de l'igloo. Trouvant du réconfort dans les bras de sa mère qui l'écoute raconter ses histoires avec une joie non dissimulée. Quelques plans, quelques scènes et l'ambiance est donnée, Spike Jonze reconstituant brillamment les prémices d'une histoire familiale que l'on imagine pas forcément facile, dans laquelle le petit Max a évolué. Alors, quant un étranger débarque, rompant ce fragile équilibre, Max piquera une crise de nerfs, le poussant à quitter la maison et à se réfugier dans son imaginaire, s'inventant un monde dans lequel il pourrait être le roi, jonché de maximonstres. Dès lors, Spike Jonze construit son film comme un drôle de voyage initiatique, proposant non pas une oeuvre pour les enfants mais sur les enfants. Dans la tête de Max, tout ne tourne pas forcément rond, donnant au monde des maximonstres un côté à la fois rassurant et inquiétant, gentil et cruel. Par une suite de saynètes, on passe d'une fête dans la forêt à une bataille de boue qui, alors qu'elles commençaient bien, se terminent toujours dans la colère et les larmes. A ce titre, l'analyse de Spike Jonze qui découle petit à petit du film est intéressante, mettant en image la cruauté si connue - pour avoir travailler en centre aéré - des enfants. N'ayant pas encore conscience du bien et du mal. Le monde des maximonstres est à cette image, mettant en scène d'horribles monstres aux grands coeurs tout en étant extrêmement susceptibles et rancuniers. D'où le caractère dérangeant du long métrage dont l'on est bientôt incapable de dire à quel public il est adressé tant il arrive à mettre mal à l'aise même les plus grands d'entre nous.

2-copie-25
Car Max et les maximonstres est un film qui, malgré son ambiance mélancolique et son côté très indé, déçoit rapidement avant de mettre carrément à côté. On est d'abord agacé par ce petit garçon, prototype même de l'enfant roi (mis en parallèle, ensuite, par le fait qu'il se déclare roi des maximonstres), peu aidé par les braillements incessants du jeune acteur Max Records, à la voix tout bonnement insupportable. Alors, quant à cela s'ajoute des maximonstres, au départ, très attachants puis vite très antipathiques, il est dur de se prendre de sympathie pour ce drôle de film qui à aucun moment arrive à nous replonger en enfance. Mais, plus encore, Max et les maximonstres souffre de ce qu'on pourrait appeler le "syndrome Darjeeling limited", découvert avec l'oeuvre de Wes Anderson. A savoir, se retrouver face à un film assez beau, que l'on aimerait aimer à tout pris mais, qui par sa froideur et son côté "huître - renfermer sur soi-même - empêche à tout moment de rentrer dedans. D'autant plus dommageable alors que la scène finale se révèle un bijou d'émotion dont on aurait aimer jouir depuis le début de l'oeuvre. A ce titre, Max et les maximonstres est un assemblage de bonnes attentions - un univers solide, une B.O magique signée Karen O and The Kids... - mais qui se révèle une lourde déception, de part son impossibilité à transmettre des émotions et son aspect boboïsant rapidement lassant. Ne vous fiez donc pas à son aspect "conte de noël", Max et les maximonstres n'est vraiment pas une oeuvre pour les enfants... Faudrait-il savoir encore à qui il s'adresse vraiment ?

etoile1.jpgetoile1.jpgetoile2.jpgetoile2.jpgetoile2.jpg


1. Catherine Keener: Into the wild / Synecdoche, New York / Un été italien

Crédit photo: Warner Bros. Pictures

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /2009 12:50

2-copie-23.jpg


Sortie: 09 décembre 2009

> L'histoire: Stéphane se voit proposer un marché qui pourrait changer sa vie, Zohra cherche à comprendre la mort de son fils et Laure vit son premier amour pour un jeune révolté incarcéré. Réunis par hasard entre les murs d'un parloir de prison, ils auront chacun à prendre en main leurs destins. Qu'un seul tienne debout, et les autres suivront...

Prix Michel d'Ornano au dernier festival de Deauville, Qu'un seul tienne et les autres suivront est un film qui impressionne. D'abord parce qu'il est un brillant premier essai, ensuite parce que derrière son sujet noir se cache avant tout une jeune femme âgée seulement de 28 ans, Léa Fehner. Avec ambition, son long métrage se construit comme une oeuvre chorale, sorte de forme assez traditionnelle au cinéma français. Sauf qu'ici, il n'est pas question de ballet des sentiments et de réflexions amoureuses, Qu'un seul tienne et les autres suivront suivant la débâcle de plusieurs protagonistes, confrontés à différents revers de la société actuelle. Des problèmes économiques aux questions d'immigrations. On y suit, Stéphane, enchaînant petit boulot sur petit boulot au point d'accepter le premier marché malhonnête qui vient et Zohra, mère de famille algérienne, revenue en France afin de comprendre les circonstances de l'assassinat de son fils. A leurs côtés, Laure et Alexandre, un couple d'adolescents pour qui tout allait bien jusqu'à ce que ce dernier se retrouve en prison. Car Qu'un seul tienne et les autres suivront, c'est un peu l'antithèse du Prophète de Jacques Audiard. Léa Fehner n'y filme nullement l'intérieur des cellules, se limitant au seul parloir, faisant le choix de suivre uniquement ceux qui restent à l'extérieur de ses murs. Comment garde t-on la tête haute malgré les emmerdes afin de soutenir moralement ceux privés de liberté ? Comment tente t-on tant bien que mal de continuer sa vie tout en se raccrochant à ses petites minutes de parloir ? Ici, ce ne sont pas seulement ceux en prison qui souffrent de l'enfermement, c'est avec eux des familles entières, vivant au crochet des heures de visite qu'on leurs accordent une à deux fois par semaine.

1-copie-22.jpg


Si le scénario de Léa Fehner peut parfois sembler un peu cousu de fil blanc, ces différentes trajectoires laissant présager une "rencontre" future, c'est que la cinéaste fait le choix, à travers trois portraits, de s'attarder sur le besoin de solidarité autour de la figure du parloir. A l'instar de son titre, "Qu'un seul tienne et les autres suivront". Qui sont ses autres ? Les prisonniers ou les personnes en dehors ? Et qui aide qui dans l'histoire ? Car alors que Laure apporte son soutient à Alexandre en lui rendant visite, celle-ci trouvera du réconfort affectif avec un médecin du coin, l'accompagnant à chacun de ses déplacements. De même pour Zohra et cette inconnue qu'elle aide par nécessité ou Stéphane et sa petite amie dans le besoin. Mais, surtout, ce qui impressionne le plus dans Qu'un seul tienne et les autres suivront, c'est cette direction d'acteurs, implacable. Donnant la part belle à de jeunes comédiens, de Vincent Rottiers (A l'Origine), Pauline Etienne (Le Bel âge) ou Reda Kated (Un Prophète), tous incroyablement excellents. Au point d'attendre la phrase qui sera dite un ton en dessous, elle qui ne viendra finalement pas. A ce titre, le film de Léa Fehner est une première oeuvre forte, impressionnant par la maturité de son sujet et de sa mise en scène, elle qui joue de ces plans serrés afin d'imposer une sensation de huis clos même hors les murs de la prison. Poignant et percutant, Qu'un seul tienne et les autres suivront est ainsi une belle surprise, un premier essai avec lequel Léa Fehner ne peut même pas faire office de valeur à suivre, tant en s'impose comme une grande dès le premier coup.

etoile1.jpgetoile1.jpgetoile1.jpgetoile4.jpgetoile2.jpg


1. Vincent Rottier: A l'Origine
2. Reda Kated: Un prophète

> Festival du film américain de Deauville 2009: Prix Michel d'Ornano
> Prix Louis Delluc 2009: Meilleur premier film

Crédit photo: Rezo Films

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /2009 22:00

1-copie-20.jpg


Sortie: 09 décembre 2009

> L'histoire: Un inconnu. Daniel, 35 ans, est poursuivi par un inconnu qui s'introduit chez lui régulièrement et l'espionne systématiquement. Comment ce garçon est-il entré dans la vie de Daniel ? Daniel lui-même ne s'en souvient pas. Un jour cet inconnu se poste devant lui, le regarde et lui dit : "Tu es l'homme de ma vie". Daniel le chasse. Une femme. Daniel vit seul, mais il va deux ou trois fois par semaine chez Sonia, cette femme qu'il persécute et idéalise en même temps. Il ne lui passe rien et vit dans une dépendance affective totale à son égard. Cette femme lui donne tout ce qu'elle peut mais elle travaille beaucoup, et a peu de temps pour elle. Elle veut aimer Daniel et vivre une vie autonome, un amour apaisé, mais il s'acharne à lui réclamer plus...

Une rame de métro. Des passagers comme vous et moi, probablement impatients de rentrer au chaud, alors qu'entre eux, voguant de siège en siège, une femme fait la manche. Demandant à qui veut bien l'entendre une petite pièce de monnaie. Le genre d'action malheureusement bien banale, d'autant plus quant il s'agit de la capitale parisienne. Jusqu'à ce que celle-ci décide de gifler une autre femme. Au hasard. Brutalement. Sans prévenir. Surprise, celle-ci descendra au prochain arrêt, se faisant dès lors presque agresser par Daniel, presser de connaître son ressentit envers cette soudaine violation de sa bulle privée... Là commence le nouveau film de Patrice Chéreau, proposant avec Persécution une drôle de chaîne passant de persécuteurs en persécutés. S'interrogeant, de manière plutôt appuyée, sur l'amour et l'amitié où chacun d'entre nous deviendrait, consciemment ou non, le persécuteur de quelqu'un. On y suit Daniel, donc, trentenaire borderline, peu sur de lui et réflexif maladif, passant de chantier en chantier histoire de combler une vie plutôt monotone. Amoureux transi de Sonia, femme volatile et souvent absente de part son travail, il ne peut s'empêcher de douter de la sincérité de leur relation, se prenant un peu plus la tête de jour en jour. Jusqu'à ce qu'un inconnu se mette à son tour à le persécuter, continuant cette inlassable boucle à laquelle personne ne peut échapper. De l'ami à la dérive prêt à s'accrocher à n'importe quelle bouée à la charmante serveuse qui ne cherche qu'à faire son boulot...

1-copie-21.jpg
Tels des pantins sous le joug de Patrice Chéreau, le film s'organise autour d'une galerie de personnages assez éclectiques, faisant reposer la force de l'intrigue sur une direction d'acteurs implacables. De part son expérience dans le milieu théâtral, le cinéaste pousse ainsi à bout chacun de ses comédiens, permettant à notamment à Romain Duris de proposer une palette de jeu nouvelle, tout en dureté et en émotions contenues. Dommage alors que celles-ci ne transparaissent dans le récit, Persécution se révélant rapidement une oeuvre particulièrement froide, capable de laisser sur le bas côté. Car, non content de s'interroger sur l'amour et ses aléas, le réalisateur livre surtout un film plutôt bavard et assez pompeux. Chaque plan, particulièrement millimétrés, laissant chaque personnage se remettre en question, tel un grand ballet autoréflexif plutôt pesant. Bercé par une atmosphère dépressive, il est alors difficile de ne pas être oppressé soi-même... alors que seuls quelques instants de grâce nous permettront de reprendre une bouffée d'air frais. Car Patrice Chéreau n'est jamais aussi bon que lorsqu'il laisse l'inattendu survenir dans son récit, à l'image de cet accident de moto dont Daniel sera l'un des témoins, comme le croisement d'une autre existence dans celle auto-centrée de cet antihéros dans laquelle le spectateur n'est a aucun moment convié à entrer. Inutile de frapper trop fort, vous n'êtes vraiment pas les bienvenus...

etoile1.jpgetoile1.jpgetoile2.jpgetoile2.jpgetoile2.jpg


1. Romain Duris: Paris / Et après
2. Charlotte Gainsbourg: Antichrist


Crédit photo: Mars Distribution

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 08:00

Les fêtes de noël approchant, Une dernière séance ? se joint à la ferveur collective en vous offrant la possiblité de gagner 5x2 places de cinéma pour l'un des événements du dernier festival de Cannes, LA MERDITUDE DES CHOSES. Pour cela, rien de plus simple, il vous suffit de reconnaitre un titre exact de film et de me laisser un commentaire avant le 30 décembre minuit. Essayer de me donner qu'un seul titre, histoire de laisser une chance au plus de monde possible.

Les gagnants sont: Thomas, Céline, Morgane, Joseph et Alexis. Bravo à vous tous. Si vous êtes sports, vous pouvez toujours essayer de découvrir les dernières images manquantes. See you.


1. L'autre (Thomas)

1-copie-19.jpg
2.

2-copie-21.jpg
3. Simon Konianski (Thomas)

3-copie-12.jpg


4. Où est la main de l'homme sans tête (Céline)

4-copie-4.jpg
5.

5-copie-1.jpg
6. Home (Morgane)

6-copie-1.jpg
7.

7-copie-1.jpg
8. Dikkenek (Joseph)

8-copie-1.jpg
9. Le fils (Morgane)

9-copie-1.jpg
10. Elève libre (Alexis)

10.jpg

Par Limess - Publié dans : Jeu
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Partager    
Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 19:06

1-copie-18


Sortie: 02 décembre 2009

> L'histoire: Il est capable de faire un discours étonnant sur la soul américaine à des écoliers éberlués, de se mêler de la vie privée de ses concitoyens, ou encore de faire jurer à sa fille de 18 ans que jamais, au grand jamais, elle ne quittera la maison familiale. C'est Simon Wolberg, maire d'une petite ville de province, amoureux fou de sa femme, père envahissant et fils provocateur ! C'est l'obsession de la famille qui porte cet homme. Qui le pousse à mettre à l'épreuve ces liens, à en vérifier la force et la fragilité...

A jamais, La famille Wolberg restera d'abord dans les mémoires comme la dernière oeuvre de Jocelyn Quivrin, décédé brutalement quelques semaines avant sa sortie en salle. Cela serait, bien entendu, cantonner le film à ce qu'il n'est pas, celui-ci n'apparaissant que brièvement, jouant le rôle de "catalyseur" sur cette famille en apparence si soudée mais dont les petits secrets ont fini par ronger chacun d'entre eux. D'abord, il y a ce père, Simon, maire d'une petite ville tranquille mais dont toutes les énergies ne semblent converger dans l'unique but de maintenir sa famille au dessus de l'eau. Comme un radeau auquel il s'accrocherait encore et encore dans l'espoir de ne pas sombrer totalement. Sauf qu'à trop vouloir aimer, Simon a tout simplement fini par étouffer tout le monde, poussant sa femme et ses enfants à aller voir ailleurs. Dans les bras d'un amant comme vers un futur mode de vie radicalement différent de celui en place. La vie de bohème au lieu d'un train de vie ordinaire. Comme un rejet des valeurs inculquées dès l'enfance. Et s'il se rend progressivement compte de ses erreurs, Simon préférera dans un premier temps feindre ses inquiétudes, s'enfonçant encore un peu plus chaque jour. On dit souvent que la famille, si elle est constituée des êtres les plus chers que l'on peut avoir, se révèle toujours l'entité capable de nous faire le plus mal, il en est ainsi dans La famille Wolberg, premier film délicat de la réalisatrice Axelle Ropert, jusqu'alors connue en tant que critique de cinéma. De son film se dégage une drôle d'atmosphère, mélancolique et nostalgique, tout en cultivant une série de contradictions tout à fait inattendues.

2-copie-22.jpg
Car La famille Wolberg est avant tout une oeuvre toujours entre deux. Entre l'été et l'hiver. Théâtrale tout en cherchant le réalisme des situations. Donnant à voir une famille juive sans jamais faire de la judaïté un sujet en soit. Proposant à François Damiens et Valérie Benguigui leur premier rôle dramatique, eux qui étaient jusqu'alors enfermer dans le carcan de la comédie populaire. Résultat ? La famille Wolberg est une oeuvre inclassable, jamais vraiment gaie sans être pourtant totalement triste. On y vogue, comme suspendu au dessus de cette ligne que l'oncle et le neveu s'amusent à franchir. Passant de la réalité à la non-réalité. Charmant doucement par sa fragilité ambiante. Aux dialogues trop écrits se mêlent ainsi une justesse d'écriture quant il s'agit de décrire les liens familiaux, amenant progressivement une émotion prête à ne plus nous quitter. Plongé dans la campagne nordique française, La famille Wolberg nous trimballe pourtant dans une étrange ballade soul, au doux son de quelques standards américains. Et alors que l'anniversaire de l'aînée arrive, il se profile avec lui une série de tracas aux conséquences désastreuses, faut-il encore que l'un d'entre eux se décident à crever l'abcès. Attachant et plein de tendresse, La famille Wolberg se révèle ainsi une jolie surprise pour peu que l'on accepte de s'y laisser guider, où l'émotion, au départ pas forcément facile, se fait peu à peu de plus en plus sentir. Mine de rien, s'il pouvait paraître un peu léger, le film d'Axelle Ropert ne nous lâche finalement pas si facilement, marquant par le spleen et le côté folk qui s'en dégage, par la sensibilité de son interprétation, à commencer par la jeune Léopoldine Serre.

etoile1.jpgetoile1.jpgetoile1.jpgetoile1.jpgetoile2.jpg



> Festival international de Cannes 2009: Quinzaine des réalisateurs

Crédit photo: Carole Bethuel

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 12:39

Personne n'est parfait... Une petite erreur de manip, et c'est un quart d'heure d'émission qui disparaît à jamais aussitôt diffusé. Mais, finalement, qu'importe : trois quarts d'Extérieur Nuit (tous les mercredis de 19h à 20h sur Radio Campus Paris, 93.9 FM), valent mieux que deux tu l'auras, et surtout que bien d'autres émissions de cinéma. En présence de Jonathan, et tandis que Thomas et moi-même interviewions Bong Joon-ho hors les murs et que L. continuait son tour des festivals, cette douzième émission s'est déroulée sans autre écueil, comme vous le prouvera le podcast disponible ici.

Au programme:

* La preuve qu'il est important d'écouter l'émission en direct : vous ne saurez jamais ce que Laure, Vincent et Jonathan ont pensé de Persécution, le dernier Patrice Chéreau.
* Idem pour Mensch de Steve Suissa, que Ben, François et Perrine ont traité en début d'émission.
* Yann, Eric et Ben ont vu Yuki & Nina, film à quatre mains et en deux parties qu'ils n'ont aimé qu'à moitié (pour les deux tiers d'entre eux, en tout cas)
* Lucie et Ben sont très mitigés par rapport au film chilien Huacho, que Xavier tente quant à lui de défendre.
* Xavier a d'ailleurs interviewé le réalisateur du film, Alejandro Fernandez Almendras.
* Dans sa chronique Ceux qui font le cinéma, Sonia effectue un retour sur le Festival des 3 Continents de Nantes.
* Yann chronique d'abord le coffret DVD Jeux de Lang regroupant 2 films du maître : La femme au portrait et La rue rouge.
* Il enchaîne ensuite sur le 3ème coffret Douglas Sirk, comprenant La fille des marais, Les piliers de la société, Paramatta, bagne de femmes et La habanera.
* Vincent se lâche tout seul sur Astro Boy, énième adaptation inutile du célèbre manga d'Osamu Tezuka.
* Perrine, Lucie et Vincent sont affligés par un nouveau remake sans intérêt, Le beau-père.

Par Limess - Publié dans : Extérieur Nuit
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /2009 15:50

1-copie-17


Sortie: 16 décembre 2009

> L'histoire: Malgré sa paralysie, Jake Sully, un ancien marine immobilisé dans un fauteuil roulant, est resté un combattant au plus profond de son être. Il est recruté pour se rendre à des années-lumière de la Terre, sur Pandora. Parce que l'atmosphère y est toxique pour les humains, des industriels ont créé le Programme Avatar, qui permet à des " pilotes " humains de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance, capable de survivre dans cette atmosphère létale. Ces avatars sont des hybrides créés génétiquement en croisant l'ADN humain avec celui des Na'vi, les autochtones de Pandora.

A moins d'avoir vécu dans un caisson isolé depuis plus d'un an, impossible de passer outre le phénomène Avatar, nouvelle création de James Cameron, disparu de nos écrans après le succès mondial de Titanic. Il y a de cela onze ans. Avatar. L'oeuvre dont Steven Soderbergh déclarait n'avoir jamais rien vu de tel. Le film censé révolutionner le cinéma de demain. Celui dont l'acteur, Sam Worthington, jusqu'alors quasi inconnu, fut préalablement présenté au public sous l'égide de James Cameron himself lors de la sortie de Terminator Renaissance. Dont quelques minutes furent dévoilées à un public d'impatients lors d'un "Avatar's day", savamment organisé dans plusieurs cinémas, à des tranches horaires très étudiées. En somme, un véritable monstre médiatique, le genre à vampiriser totalement l'attention, encore et encore, jusqu'à sa date officielle de sortie. Oui, mais après ? Tout ceci n'était-il qu'un grand bazar afin de rentabiliser au plus vite l'un des films les plus chers de l'histoire du cinéma ? Ou le niveau est-il si élevé que cela ? Un peu des deux, il faut bien le dire, bien qu'Avatar restera surtout, et vraisemblablement, dans les annales comme l'un des grands précurseurs d'un certain cinéma (de divertissement, exclusivement ?) à venir. Car, il faut le reconnaître, la prouesse visuelle et technique du film est une véritable merveille, un choc en terme de qualité d'images et d'animation, comme on en avait peu vu auparavant.

avatar2.jpg


Suivant un ancien marine paralysé, Jake Sully, Avatar nous plonge in media res dans un univers indéfini temporellement mais que l'on devine plutôt contemporain. Où les humains, dans l'espoir de sauver notre bonne vieille terre, détruite au fil des âges, décidèrent de dénicher ailleurs un minéral censé changer le cours des choses. Le tout étant encore de passer outre les Na'vi, population autochtone vivant sur celle-ci. A ce canevas assez simpliste, sur fond d'histoire coloniale, James Cameron y greffe une galerie de personnages conséquente dans le but de créer une multitude d'intrigues primaires et secondaires. Se regroupant progressivement. Et si la trame scénaristique principale ne se révèle pas très novatrice, se transformant de manière prévisible en une lutte à la David et Goliath, c'est que l'intérêt de James Cameron est ailleurs. Lui qui nous embarque dans un univers parallèle hallucinant et créer de toutes pièces, à la rencontre d'un peuple hors du commun. Il suffit pour cela de fermer les yeux et de se brancher à son avatar, ce qu'on se prendra inconsciemment à faire lors de la sortie de la salle. Créer afin de pouvoir vivre sur cette terre à l'atmosphère toxique, les avatars permettent à Jake Sully de retrouver virtuellement l'usage de ses jambes et de partir à la rencontre de ses fameux Na'vi. Découvrant toute une culture et des traditions, tel un anthropologue en puissance. Exécutant un grand saut dans un monde inconnu où le rêve prendra rapidement le pas sur la réalité, beaucoup moins attractive. De manière assez détaillée, le cinéaste nous donne ainsi à voir un univers magique où Na'vi et nature vivent en parfaite communion, Avatar se faisant instantanément un grand blockbuster écologique, idéal en cette période de réunion environnementale au sommet de Copenhague...

avatar1


Si l'histoire n'est en rien révolutionnaire, elle qui ne fait jamais dans la complexité inutile, c'est que James Cameron semble avant tout vouloir revenir aux fondements même du cinéma: celui de proposer un divertissement sur grand écran, dans le but de distraire un public donné. Car Avatar est un entertainment de haute volée, un film qui redonne ses lettres de noblesse à une "forme" souvent décriée par la critique. Cela, grâce à une fusion entre le fond et la forme, l'un n'étant là que dans l'unique but de soutenir l'autre. Rien n'est ici fait de manière gratuite, le cinéaste ne cherchant jamais à en rajouter, que ce soit en terme d'effets spéciaux ou d'éléments scénaristiques inutiles. Il n'en a pas besoin, ce qu'il propose étant déjà assez grandiose. Et il faut bien le dire, Avatar est d'une beauté extraordinaire, a vous en donner les larmes aux yeux. En suivant Jake Sully, James Cameron nous navigue ainsi à vue à travers des paysages éblouissants, des arbres phosphorescents aux îles volantes, à la découverte d'une faune sauvage inconnue et imaginaire. Passant de corps réels (ceux de Sigourney Weaver ou de Sam Worthington) à des avatars virtuels, d'une ressemblance confondante. Et si l'usage de la 3D ne cherche jamais à en faire des tonnes, n'ayant pas pour but de vous envoyer un caillou en pleine tête, elle donne avant tout de l'ampleur au décor, renforçant la qualité visuelle de l'oeuvre. A ce titre, Avatar est vraiment un film à découvrir dans les conditions les plus optimales, en IMAX ou, dans tous les cas, en 3D, celui-ci proposant un univers visuel à la hauteur de ce qu'était, en son temps, les Star Wars de George Lucas. L'oeuvre qui restera, avec la trilogie du Seigneur des anneaux, comme LA fresque fantastique de la décennie, est, dans tous les cas, une belle réussite, un film que l'on aurait aimé découvrir à l'âge de dix ans, un dimanche, avec son père. Elle qui nous aurait alors ouvert les portes, au choix, d'une cinéphile à venir ou d'une imagination déjà débordante. Un divertissement, donc, pour grands et petits enfants où les 2h40 ne semblent durer que cinq petites minutes qui, s'il ne marque pas forcément sur le fond, reste vraiment, sur la forme, une énorme claque visuelle.


etoile1.jpgetoile1.jpgetoile1.jpgetoile1.jpgetoile2.jpg 



1. Sam Worthington: Terminator Renaissance
2. Sigourney Weaver: Soyez sympas, rembobinez
3. Giovanni Ribisi: Public Enemies


Crédit photo: 20th century fox

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Partager    

PLAYLIST / JUIN

QUI SUIS-JE ?

M'ECRIRE

LES SORTIES DE LA SEMAINE

 

MES DERNIERES SEANCES

PROCHAINEMENT: POLYTECHNIQUENIGHMARES IN RED, WHITE AND BLUE / BOY INTERRUPTED / ME AND ORSON WELLES / YOU WILL MEET A TALL DARK STRANGER / ALAMAR / IF I WANT TO WHISTLE, I WHISTLE
21.07 INCEPTION

07.07 TWILIGHT - CHAPITRE 3: HESITATION

30.06 TOURNEE / SPLICE

23.06 KISS & KILL / TOP COPS / TROP BELLE ! / DOG POUND / PUZZLE

16.06 AIR DOLL / LES MAINS LIBRES

09.06 WHEN YOU'RE STRANGE  / LES MAINS EN L'AIR / CRIME

02.06 MANIQUERVILLE

26.05 PRINCE OF PERSIA: LES SABLES DU TEMPS

19.05 COPIE CONFORME / FILM SOCIALISME

CONSEILS

4-copie-9

3-copie-15

3-copie-14

2-copie-43

1-copie-58

5-copie-3

8-copie-1

13

INDEX DES FILMS

AVANT-PREMIERES

   

     

     1-copie-50  3-copie-13    

    4-copie-8 

RECHERCHE

Recommander

REFERENCEMENT

Wikio - Top des blogs - Cinema    Annuaire cinema   Découvre de bons blogs  

Syndication

  • Flux RSS des articles
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés