En salle en 2010

Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /2010 14:26

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Sortie: 23 juin 2010

> L'histoire: L'histoire de deux flics de la NYPD à la recherche d'une carte de baseball volée, rare mais en parfait état, et qui se retrouvent vite face à un impitoyable gangster obsédé par les objets souvenirs !

De Clerks à Dogma ou Zack et Miri tournent un porno - toujours honteusement inédit en France -, Kevin Smith s'est peu à peu imposé comme le cinéaste d'une génération de geeks, tel un digne héritier de John Hughes. Quelle tristesse, donc, de le voir aux reines de ce Top Cops, film de commande revisitant le genre du buddy movie façon années 80. Soit un tandem de policiers tout ce qu'il y a de plus original, entre un black forcément rigolo et John McLane... pardon, Bruce Willis, flic bourru très attaché à sa fille unique. Alors que celui-ci décide de vendre une carte de base-ball à la valeur inestimable afin de payer le mariage de sa fille, il se retrouve bien vite au mauvais endroit, au mauvais moment. Lors d'un braquage, la carte est volée, poussant l'inspecteur et son collègue à partir à sa recherche, se retrouvant malgré eux dans un trafic de drogues. Clou du spectacle, le big boss de l'affaire n'est autre qu'un fan inconditionnel de base-ball. Vaste programme. Si ce "trépidant" scénario avait de quoi réserver quelques bonnes vannes, difficile de ne pas être gêner dès la première séquence. Laissant un Tracy Morgan, tout droit échapper de 30 Rock, rejouer en totale roue libre quelques scènes de films cultes lors d'un interrogatoire de police. De Dirty Dancing à Die Hard. Une référence que Bruce Willis avouera ne pas comprendre, lui qui n'a jamais vu ce film. Haha, trop drôle buddy, on attend plus que le clin d'oeil et la tape dans le dos. Car Top Cops pose tout de suite le problème, les dialogues sont sur-écrits, surlignant dans chaque séquence les moments où le public se devrait de rigoler. Faudrait-il encore que le tout ne tombe pas à l'eau, par la facilité et le côté consternant de l'ensemble.

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Ne faisant preuve d'aucune finesse, Top Cops rejoue "volontairement" la carte des clichés, de la paire de flics à leur typologie respective. Poussant malheureusement trop loin le vice en rendant "cliché le cliché". Et il faut le voir ce méchant latino plisser des yeux en s'adressant dans un espagnol approximatif à ses collègues. Ou la seule femme du film, forcément cagole, crier à la moindre occasion. De quoi rendre le tout parfaitement risible et rapidement agaçant. Le faute aussi à un Tracy Morgan insupportable, passant de la parodie de Chris Tucker au nounours collant. A en donner des baffes. Irritant au possible, Top Cops arrive néanmoins à trouver quelques respirations lorsqu'il laisse ses seconds rôles exister. Que ce soit ce tandem gay friendly entre Adam Brody et Kevin Pollack et surtout, Sean William Scott, hilarant en yamakasi plus ou moins ouvertement homosexuel. De là à faire un bon film, la barre est encore loin, Top Cops se révélant surtout un film terriblement embarrassant pour Kevin Smith. Espérons que celui-ci ne soit qu'un tremplin financier pour ses futures réalisations, à commencer par Red State, film de genre horrifique dont on attend déjà beaucoup.

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Crédit photo: Warner Bros.

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Mardi 22 juin 2010 2 22 /06 /2010 14:55

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Sortie: 23 juin 2010

> L'histoire: En vacances avec ses parents sur la Côte d'Azur, Jen, tout juste remise d'une rupture amoureuse, rencontre l'homme de ses rêves sous les traits de Spencer. Installés et fraîchement mariés, Jen et Spencer vivent une vie des plus paisibles jusqu'au jour où un inconnu tente de l'éliminer. Sous le choc, Jen découvre alors que son mari n'est autre qu'un ancien agent secret...

Tout commence dans le sud de la France. Dans l'ascenseur d'un hôtel de luxe, une femme, Jen - forcément névrosée - rencontre par hasard un homme, Spencer - forcément à moitié nu, le torse imberbe et musclé -. La conversation s'engage, l'attirance est immédiate... ce qui n'est pas forcément le cas pour le spectateur. Difficile de rivaliser avec Cary Grant et Grace Kelly dans La Main au collet quant on s'appelle Katherine Heigl et Asthon Kutcher et ce, malgré la similitude du décor. Alors que Jen parcoure les boutiques niçoises à la recherche de LA robe, Spencer règle ses comptes entre amis, lui qui n'est autre qu'un agent secret. Trois ans plus tard, rangés des voitures, Spencer et Jen vivent une vie tout ce qu'il y a de plus idyllique: travail avec responsabilités, gigantesque maison à clôture blanche, un rêve de petit fille en somme. Jusqu'à ce qu'un voisin tente d'assassiner Spencer, le poussant à révéler à Jen son terrible secret. Les embarquant dans une aventure où toutes les apparences sont trompeuses.

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Là est la trame de Kiss & Kill, comédie romantique d'action ou film d'action romantique, prenant pour point d'appui le Mr & Mrs Smith de Doug Liman. Sauf que Robert Luketic n'a jamais fait dans la dentelle, ne cherchant pas à masquer ses penchants machistes. Et si cela "passait" dans la bouche de Gérard Butler dans L'Abominable vérité, voir ici Katherine Heigl crier en permanence comme une hystérique, écouter sans broncher l'homme qu'elle aime même quant il s'agit de tirer sur quelqu'un - "Tu me dis de tirer, je tire" -, ou courir dans les jupons d'un père incarné par Tom Selleck à la moindre occasion, ne fonctionne pas aussi bien. Car, avec Kiss & Kill, Robert Luketic tente de réécrire le mythe du prince charmant version 2010, l'homme n'étant là uniquement que pour protéger sa femme, prenant la succession de la figure paternelle - parce qu'une femme épouse toujours le sosie de son père, c'est bien connu. Enfin, à la condition que celle-ci continue de s'épiler et ne porte pas de jean à la maison. Donnant-donnant. D'où une forme de rejet assez violent envers ce "blockbuster" qui, ne sachant pas s'il doit être dans la romance ou dans l'action, finit par ne s'adresser à personne. On se fout royalement de l'histoire d'amour tout comme des séquences musclées, fallait-il encore arriver à rendre crédible Asthon Kutcher en agent secret, lui qui décrypte des messages dans des guides du routard. Dans le genre, attendez plutôt Night and Day, le duo Cameron Diaz / Tom Cruise ayant tout de même une toute autre gueule !

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Crédit photo: Metropolitan FilmExport

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Jeudi 17 juin 2010 4 17 /06 /2010 10:26

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Sortie: 16 juin 2010

> L'histoire: Réalisatrice, Barbara travaille dans le milieu carcéral et y prépare un film, écrit et interprété par des détenus. Malgré les interdits et la loi, elle y tombe sous le charme de Michel.

Chez Jacques Audiart, rien de plus masculin que l'univers carcéral, sa violence sournoise et son système hiérarchique. Ses petits meurtres entre amis et ses couteaux dans le dos. L'opposé de Brigitte Sy, en somme, actrice chez Philippe Garrel et mère de Louis, dont Les Mains libres est le premier long métrage. Si la violence y est en permanence présente, c'est en off, laissant les cris et les coups hors champ. Faisant de la prison un lieu abstrait où tout n'est que psychologique. Quoi de plus banal au cinéma qu'une histoire de couple. Un homme. Une femme. Un coup de coeur. Entre Barbara et Michel, tout semble d'une facilité déconcertante, donnant la douce sensation que les histoires les plus "simples" peuvent aussi être les plus belles. Sauf que Michel est un détenu (incarné par un Carlo Brandt imposant), Barbara une réalisatrice, venue entre les murs de la prison tourner un film écrit et interprété par les prisonniers. De leur rencontre, nous ne verrons rien. C'est un fait, Barbara aime Michel et réciproquement. Peut importe les interdits, les barrières, les lois et les règles. Jouant continuellement de la condition de Michel, Brigitte Sy livre alors un film extrêmement sensuel et sensoriel. Si l'on ne peut se toucher, le moindre frôlement fait office de promesse, le moindre regard en coin d'une déclaration. Priver de contacts physiques, on s'écrit, se raconte, se livre dans des petits mots passés en douce, tout comme le font au même moment les détenus pour la création du film. Redonnant la parole à des hommes qui en sont privés. Un travail que Brigitte Sy a elle-même effectué, le film étant autobiographique. Se mettant elle-même en scène à travers le personnage de Barbara, qui elle-même se remet en scène au sein de la création de son film. Créant une mise en abîme troublante, permettant à ces personnages de vivre cette histoire "par procuration".

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Dis comme ça, Les Mains libres pourrait presque paraître une oeuvre au romantisme exacerbé. Il y a  un peu de ça, certes, Brigitte Sy livrant surtout un film d'une extrême pudeur, ne cherchant jamais l'émotion facile. Insérant, sans brusquer, un côté fleur bleue à un univers aussi peu accueillant. Si le film ne se détache jamais de son héroïne, c'est pour mieux laisser briller Ronit Elkabetz, hallucinante dans sa capacité à passer de la douceur à la brutalité. Elle y incarne une femme de poigne, capable malgré les chutes et les épreuves de retomber amoureuse le plus simplement du monde. Ne s'enfermant pas au fond de son lit, pot de glace à la main.  Allant jusqu'au bout, tête baissée, quitte à frôler l'illégalité, faisant des Mains libres un portrait de femme délicat et bouleversant. Une magnifique surprise dans ce monde de brutes.

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Crédit photo: Chrysalis Films

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Mercredi 16 juin 2010 3 16 /06 /2010 08:00

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Sortie: 16 juin 2010

> L'histoire: Tokyo, de nos jours. Une poupée gonflable s'ennuie dans l'appartement de son propriétaire; Jusqu'au jour où, comme par miracle, celle-ci prend vie et découvre les sentiments humains. Elle fait alors la connaissance de Junichi, un vendeur, dont elle tombe immédiatement amoureuse.

Moins d'un mois après Still Walking était présenté dans la sélection Un certain regard du festival de Cannes 2009 le Air Doll de Kore-Eda Hirokazu. L'histoire d'une poupée gonflable qui, devenue humaine, tombe amoureuse d'un loueur de vidéo club. Un scénario complètement "gonflé" - haha - avec lequel le réalisateur n'hésite pas à jouer, allant jusqu'au bout de ses idées les plus farfelues. A travers les yeux de son attachant personnage de silicone, Kore-Eda Hirokazu donne à voir les particularités et les originalités de la société japonaises, des photomatons aux classements des ordures ménagères. En somme, Air Doll pourrait se voir comme un éloge du quotidien, comme l'était si justement Still Walking, magnifiant les petits riens. Jouant d'un monde plutôt contemplatif, Kore-Eda Hirokazu fait des rues japonaises une sorte de monde imaginaire, usant d'une superbe photographie et d'une sur-coloration des images. Car Air Doll pourrait avant tout s'apparenter à un conte de fée où Pinocchio n'aurait pas été un pantin de bois mais une poupée gonflable. Voguant entre univers fantastique et poétique et un humour noir plutôt inattendu. Tablier de soubrette et sac en forme de pomme façon Blanche-Neige sous le bras, notre charmante poupée oublie le temps dans les rayons d'un vidéo club, observant les coutumes des japonais. Découvrant avec émerveillement ce qu'est le cinéma, essayant de retenir le noms des films par des moyens mnémotechniques...

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Si Air Doll s'avère, au premier abord, une petite merveille, Kore-Eda Hirokazu déçoit néanmoins quelques peu dans la construction de son récit. Par l'utilisant d'une voix-off constante, notamment, n'apportant pas grand chose à un récit porté de bout en bout par l'incroyable Du-na Bae. Le off ne faisant que répéter ce que l'actrice nous faisait comprendre par son expressivité. Dommage aussi que le cinéaste ne sache pas se censurer, plombant quelque peu son oeuvre par des multiples fins possibles. Néanmoins, quoi qu'on en dise, Air Doll est un film particulièrement original, atteignant son apothéose lorsque la poupée en vient à découvrir l'orgasme féminin ! Ca en est tout à fait jubilatoire et particulièrement surprenant.


> Festival international de Cannes 2009: Un certain regard


Crédit photo: Océan Films

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Mardi 11 mai 2010 2 11 /05 /2010 19:03

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Sortie: 12 mai 2010

> L'histoire: Depuis quelques temps, plusieurs adolescents sont hantés chaque nuit par le même cauchemar: un homme, vêtu d'une marinière rouge et verte, atrocement brûlé et défiguré, tente de les tuer de ses quatre longues griffes d'acier particulièrement tranchantes...

"Ne vous endormez pas !" annonce malicieusement l'affiche des Griffes de la nuit version 2010, placardée un peu partout dans le métro parisien. Marketting bien pensé ? Ou lucidité assumée ? Car devant ce nouveau Freddy, la somnolence est bien de mise tant ce remake se révèle fade et inconsistant. Tout commence par une tentative de meurtre dans un dinerKellan Lutz, échappé de Twilight, se retrouve aux prises d'un Freddy bien décidé à en découdre. Freddy Krueger ou ce boogeyman au visage brûlé, tuant ses victimes dans leur sommeil. Il ne faut d'ailleurs pas longtemps pour "comprendre" que nous sommes dans un cauchemar, Samuel Bayer, nouvellement cinéaste, faisant le choix d'une mise en scène kitschouille et appuyée quant il s'agit de concrétiser l'univers onirique. Passant de salles de classes cendrées à un entrepôt désaffecté, se servant du rêve pour user de tous les clichés du genre. Des couloirs vides à la lumière déclinante au grenier poussiéreux. Fonctionnant uniquement sur des jump scares - on coupe la musique et... BOUH -, ce Freddy là en oublie avant tout d'être un film d'ambiance, alignant les meurtres sans jamais s'arrêter sur ces victimes. Il faut dire que les scénaristes ne sont pas là pour faire dans la psychologie, s'appuyant sur la "notoriété" des interprètes principaux, de Kellan Lutz, donc, à Katie Cassidy et Kyle Gallner, échappés l'un et l'autre de Melrose Place 2009 et Veronica Mars. Les transformant à l'écran en simple morceaux de viande. Freddy peut bien leur courir après, on s'en fout et contrefout. 

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Il faut dire que ce Freddy est un excellent exemple d'entertainement au scénario zéro. Accumulant les facilités et les raccourcis de manière déconcertante. A l'image de cette recherche d'informations menée par notre héroïne. Assise devant son ordinateur, la belle tape sur un moteur de recherche les noms de ses anciens camarades de classe et tombe tour à tour sur des news telles que "machin meurt dans son sommeil" ou "dans un accident de voiture"... Avant de tomber sur le blog de l'un d'entre eux. Lui qui se filme en plein désespoir avant de s'endormir devant sa caméra et... BOUH ! Cela en est risible, puis pathétique. Et alors que le couple cherche par tous les moyens à rester éveiller, on en viendrait presque nous aussi à se brûler à l'allume cigare - quoi, que, est-ce vraiment nécessaire de rester éveillé ? - tant ce Freddy semble être la transposition d'un scénario que personne n'a relu. Si Wesley Strick - pourtant scénariste des Nerfs à vif de Martin Scorsese - et Eric Heisserer - futur scénariste de Destination Finale 5 -, essayent d'ajouter quelques éléments nouveaux à l'histoire de Wes Craven, jouant sur une possible présomption d'innocence de Freddy Krueger, au visage plus si terrifiant, le rendant au contraire tout de suite moins effrayant. Freddy n'étant plus un tueur d'enfant mais un pédophile. Est-ce l'époque qui veut ça, elle qui banalise l'acte de vengeance des parents ? Dans tous les cas, ces Griffes de la nuit ne semble avoir d'autres prétentions de faire du chiffre... de quoi donner envie de revenir aux originaux.

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Crédit photo: Warner Bros

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Samedi 24 avril 2010 6 24 /04 /2010 18:30

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COUP DE COEUR

Sortie: 21 avril 2010

> L'histoire: Un auteur de théâtre (Pascal Greggory) reçoit, le temps d'une journée, les protagonistes de sa nouvelle pièce: son metteur en scène (Louis-Do de Lencquesaing), son ex-femme (Julie Depardieu), son nouvel amant (Louis Garrel) et une jeune étudiante (Agathe Bonitzer), le temps d'une journée tumultueuse...

Il y a comme un doux parfum d'été chez Jacques Doillon. La table est servie en terrasse, le parasol est de sortie, la journée sera chaude et riche, en émotions, en sentiments. Auguste - formidable Pascal Greggory - reçoit chez lui celle qui hante ses nuits, Harriet - Julie Depardieu, pleine de douceur -, son ex-femme, elle qui vient encore le sortir du lit au petit matin, dans l'attente d'une caresse. Sauf qu'Harriet, elle, est partie depuis longtemps, laissant le créateur sans muse, coincé devant sa machine à écrire, à la recherche de l'inspiration. Alors, à l'approche de cette journée où la belle rentre au foyer, venant parler de cette nouvelle pièce de théâtre, Auguste est comme un fou, guettant à la fenêtre l'arrivée de ses invités. Subissant déception sur déception, par l'arrivée de son étudiante, puis, enfin, de son ex-femme, flanquée de son nouvel amant, Théo, plus jeune, plus beau, incarné par le toujours très sexy Louis Garrel, d'un charisme à toute épreuve. Le temps d'une journée, cette maison provinciale sera alors le témoin d'un curieux et réjouissant marivaudage où le trio amoureux accueillera sans prévenir une quatrième personne, la jeune et frêle Fanny - Agathe Bonitzer, capable de tenir tête à toute la bande -, jeune étudiante rousse, réservée en apparence, cachant plutôt bien son jeu pour son jeune âge.

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Annonçant immédiatement la couleur - "Ce que j'aime au théâtre, c'est qu'on y parle tout le temps. Pas comme au cinéma" -, Jacques Doillon livre, avec Le Mariage à trois, une sorte de ballet des sentiments où au dispositif théâtral se mêle une mise en scène cinématographique au service des acteurs. Dans cette petite bande un peu incestueuse, comédiens, metteur en scène ou auteur, s'inventent des histoires, spéculent sur les actions des uns et des autres, extériorisent sans cesse leurs sentiments afin de pouvoir agir en pleine connaissance de cause. On y parle de sexe comme d'amour, s'échauffant sur les bords d'un ruisseau ou dans l'intimité d'une chambre. Tout y pousse à la jouissance collective, à deux, à trois, à quatre, s'imaginant un monde où l'amour n'a pas de limites, tel des protagonistes de Louis Malle dans Milou en mai. Respectant les codes théâtraux - unité de temps, de lieu, d'action -, Jacques Doillon fait le choix d'une mise en scène basée sur des plans longs, laissant ses acteurs jouer, voguer et s'agiter, sous l'oeil bienveillant de sa caméra. Chacun d'entre eux trouvant son morceau de bravoure dans un dispositif favorisant, au maximum, les duos. Et dans ce joyeux ballet des sentiments, pas un ne faillit à sa tâche, prouvant la capacité de Jacques Doillon à diriger ses acteurs d'une main de maître, lui qui aime à tourner une scène une multitude de fois. Parfaitement rythmé, Le Mariage à trois, s'il en effraiera plus d'un par son côté auteurisant, est de ses bouffées d'air frais du cinéma français, divertissant, enthousiasmant et pétillant, sachant se faire aussi léger et raffiné.

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> Julie Depardieu: Les Femmes de l'ombreLe Bal des actricesLa Femme invisible / Louis-Do de Lencquesaing: Le Père de mes enfants


Crédit photo: Alfama Films

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Lundi 5 avril 2010 1 05 /04 /2010 15:30

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Sortie: 10 mars 2010

> L'histoire: Employée comme auxiliaire de vie, Félicia (Cécile Coustillac) passe ses journées au chevet d'Anna (Liliane Rovère), rendue dépendante des suites de la maladie d'Alzheimer. Un soir, le mari d'Anna, Christian (Jean-Baptiste Malartre) ne supportant plus ses conditions de vie, disparaît. Les deux femmes vont alors devoir apprendre à vivre seules, ensemble.

Comment réagir face à une maladie comme l'Alzheimer ? C'est la question sur laquelle se penche Cyril de Gasperis, pour son premier passage derrière la caméra. S'intéressant à la relation entre deux femmes, une patiente et son auxiliaire de vie, le jour où l'homme de la famille leur fait défaut. Abandonnant sa femme de part son incapacité à gérer la maladie. Livrées à elles-mêmes, elles devront alors apprendre à collaborer et à s'apprivoiser, jonglant entre la répétition quotidienne des mêmes gestes et les petits aléas du destin. Centré presque exclusivement sur le personnage de Félicia, l'auxiliaire de vie, L'Absence ressemble à s'y méprendre à La Nana de Sebastian Silva, sorti quelques mois plus tôt. L'apparition d'une autre infirmière dans la vie de ces femmes venant bouleverser leur quotidien, remettant en cause l'implication de Félicia auprès de Liliane. La demoiselle ayant laissé trop longtemps sa vie de côté pour s'occuper de sa patiente. Pourtant, si Cyril de Gasperis tente de mettre avant tout en image le vide bien trop présent dans la vie de Félicia, de part son manque d'ambitions ou de raisons d'exister, sa mise en scène pâlit d'un traitement froid et distancié, s'appuyant sur les troubles intérieurs du personnage et l'image qu'elle tente de donner en surface. Résultat, le manque d'enjeux finit par doucement ennuyer, au point de passer complètement à côté. Dommage.

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Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Lundi 29 mars 2010 1 29 /03 /2010 19:30
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Sortie: 10 mars 2010
 
> L'histoire: One-Eye (Mads Mikkelsen), un guerrier muet et sauvage, prisonnier d'un chef de clan, parvient à tuer son geôlier grâce à l'aide d'un enfant (Maarten Steven). Ensemble, ils embarquent pour un voyage au coeur des ténèbres, d'un bateau viking à une terre inconnue. Les Vikings devront bientôt affronter un ennemi invisible et terrifiant.
 
"Quand j'ai proposé le rôle principal de mon film à Mads Mikkelsen, je lui ai dit: Tu incarneras un muet, quasiment nu, avec un oeil crevé. Ah... et je n'ai pas de scénario !". Voilà à quelques mots prêts les termes de Nicolas Winding Refn, réalisateur de la trilogie Pusher et de Bronson, lors de la présentation du Guerrier silencieux au public, ajoutant un inopiné "J'espère que vous déjà pris de l'acide afin de savoir ce qui vous attend". Soit. Il n'en fallait pas plus pour attiser la curiosité de quelques centaines de spectateurs surexcités. Il faut dire que Le Guerrier silencieux est ce qu'on pourrait appeler une oeuvre conceptuelle, tant elle prend de court, se jouant des règles de la narration classique. Laissant Mads Mikkelsen, donc, déambulé le torse nu, tatoué, dans les montagnes nordiques, étriper ses adversaires avec une rage sans nom. Il faut dire que le cinéaste n'y va pas de main morte dans cette chronique de la violence et de la folie, filmant frontalement le spectacle de la mort. Filtres rouges et bleus, atmosphère oppressante, destructuration du récit, Le Guerrier silencieux est de ses oeuvres déconcertantes et atypiques. Arriviste pour certains, génie pour d'autres, Nicolas Winding Refn vogue ici entre Herzog - la folie grandissante - et Tarkovski - ambiance brumeuse -, livrant un long métrage peu accessible. Il faut alors accepter de faire le vide devant cette oeuvre contemplative à outrance, au risque de passer quelque peu à côté. Ce qui n'est, malheureusement, pas une tâche des plus simples...

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> Mads Mikkelsen: Coco Chanel & Igor Stravinsky

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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