Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 22:50

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Sortie: 03 février 2010

> L'histoire: "Je venais d'avoir 19 ans en mai 1982. La vie était belle. J'étais amoureux. Ensuite on m'a demandé de partir sur une base militaire et d'être le tireur du premier tank à traverser la frontière libanaise. Cela devait être une mission d'une journée toute simple mais ce fut une journée en enfer..."

Lion d'or au dernier festival de Venise, Lebanon est ce que l'on pourrait qualifier d'un premier essai plutôt culotté, le cinéaste Samuel Maoz nous plongeant dans les abîmes de la guerre du Liban via l'enclos d'un char d'assaut. Suivant la destinée de quatre soldats d'une vingtaine d'années, "isolés" et coincés dans le corps de cette énorme et encombrante machine. Partant de son expérience personnelle, le réalisateur, de part cet étonnant concept de point de vue unique où la caméra prendrait la place du canon du tank, propose avec Lebanon un véritable huis clos, poisseux et oppressant, où l'homme se ferait petit à petit le double de la machine. Déclenchant les tirs, choisissant les cibles, se vidant, comme lui, d'une quantité inépuisable de fluides en tout genre. A l'intérieur, l'huile se fond à l'urine, la transpiration à la poussière du tank. Face à l'exercice de la guerre, l'homme n'est rien sans la machine, la machine, absolument rien sans l'homme. Et là où celui-ci faisait, en apparence, office de rempart contre cette violence ambiante, il est au contraire un boulet des plus pesants, mettant toujours plus les soldats en danger de part ses multiples problèmes techniques. La guerre comme si vous y étiez, là est un peu l'intention première de Samuel Maoz, lui qui tente de retransmettre physiquement à l'écran l'horreur des combats, la complexité et la multiplicité des situations aux troubles psychologiques liés à celle-ci...

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Pourtant, malgré toutes ces envies, Lebanon est un film qui laisse des plus stoïques. La faute à un discours des plus naïfs - "La guerre, c'est mal !" - et à un dispositif qui, s'il ne tourne pas court tout de suite, se prend un peu lui-même les pieds dans le plat. D'abord parce qu'en se servant de la joute du tank, le cinéaste use et écule des procédés de mises en scène visant à gonfler son oeuvre d'émotions - l'accumulation de gros plans, l'acte voyeuriste sur le corps d'une femme nue... -, avant de plus simplement imposer son propre point de vue sur la guerre. Caricaturant à l'extrême ces "hostiles" phalangistes arrivistes. Mais surtout, Lebanon apparaît avant tout comme un film qui, si il propose quelques séquences extrêmement étouffantes, à l'instar de cette dernière scène -, le tout se révèle plutôt vain. Le cinéaste tentant avant tout de créer à l'intérieur de ce tank un petit théâtre des horreurs, s'affairant à développer l'entité et la psychologie de ces quatre soldats. Souvent de manière plutôt poussive, donnant lieu à des conversations arrivant comme un cheveu sur la soupe à l'image de cette description d'un éveil sexuel des plus instructifs... Alors, certes, si les personnages en deviennent d'autant plus attachants, permettant de créer un lien affectif avec chacun d'entre eux, le cinéaste en oublie surtout de développer sa thèse, surlignant à outrance sa note d'intention première par la présence répétée d'une phrase inscrite sur l'enclos du char. "L'homme est d'acier. Le tank n'est que ferraille". Un manque de finesse à l'image même de ce Lebanon, sorte d'objet filmique particulièrement intéressant mais non moins décevant, marquant néanmoins les premiers pas d'un futur réalisateur en devenir. To be continued ?

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1. Ashraf Barhom: Agora
> Mostra de Venise 2009: Lion d'or

Crédit photo: CTV International

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Samedi 6 février 2010 6 06 /02 /2010 22:09

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Sortie: 27 janvier 2010

> L'histoire: Tiana, jeune fille indépendante, rêve depuis son enfance d'ouvrir un restaurant dans le quartier français de la Nouvelle-Orléans. Jusqu'au jour où elle se retrouve changée en grenouille, à la suite d'un baiser donné à un prince ensorcelé...

Depuis 1937 et Blanche-Neige et les sept nains, premier et légendaire long-métrage d'animation, Walt Dinsey puis son studio éponyme ont vu grandir des générations et des générations d'enfants, bercés par les joies de la 2D. Puis, il y eu l'hégémonie de la 3D et le mastodonte Pixar, livrant de films en films toujours plus poussés. Quoi de mieux alors qu'une petite cure de nostalgie que cette Princesse et la grenouille, ce Disney d'après noël revenant à la traditionnelle 2D pour une histoire très proche des plus grands classiques du studio. Donnant le premier rôle et ce pour la première fois à une héroïne noire, dans la lignée des grandes figures que sont Jasmine ou Mulan. Revenant, aussi, aux classiques histoires de princes, de princesses et de bonne étoile... Pourtant, Tiana n'est en rien une princesse, elle qui cumule les petits boulots en tant que serveuse dans le but, un jour, d'ouvrir son propre restaurant. Le titre du film, "La Princesse et la grenouille" s'appuyant sur les multiples contes selon lesquels derrière chaque grenouille pourrait se cacher un prince. Mais que se passerait-il si c'était le résultat inverse, si ce n'est pas la grenouille qui se transformerait en prince mais la princesse en grenouille ? Là est le premier désir des créateurs Ron Clements et Jon Musker, déjà à l'origine, entre autres, des cultissimes Basil, détective privée, Aladdin ou La Petite sirène. Reproduisant la formule maison des Disney les plus fameux, opposant une gentille héroïne à un très vilain méchant, sur fond de bayou, de vaudou et de Nouvelle-Orléans. Cultivant une fois encore un nombre conséquent de seconds rôles marquants et souvent hilarants, d'un crocodile saxophoniste à une petite luciole déjantée, une "fashionista" bien roulée ou un petit chat tout tourneboulé, embarqués malgré eux dans une aventure des plus trépidantes.

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Pourtant, tout aussi louable qu'aient été les intentions des créateurs, cette Princesse et la grenouille, passé l'émerveillement des premières minutes et l'enchantement dû à cette pointe de nostalgie, ne convainc pas totalement. La faute à un scénario peu fouillé, souvent écrasé par le poids des références aux autres Disney. Comment ne pas reconnaître Baloo derrière ce grand crocodile, dansant avec le prince Naveen avant de le poser sur son ventre le temps d'un dos crawlé ? Ou Jafar dans ce méchant squelettique et d'autant plus terrifiant, à l'ombre se métamorphosant en serpent ? Hercule, ses âmes perdues et cette mama aveugle ? La Belle et le clochard et cette grande maison, lovée dans un quartier huppé, illuminée par cette nuit bleutée ? Puisant, aussi, dans des oeuvres plus récentes, ce dernier Disney s'apparentant à une sorte de Shrek inversé. Un manque d'originalité qui ne permet pas à La Princesse et la grenouille de nous accaparer totalement, recyclant un nombre beaucoup trop conséquents de thèmes et de marques emprunts aux dessin-animés précédents. Souffrant, aussi, d'une comparaison forcée à ceux-ci quant à la création des chansons et d'une intrigue pas assez poussée. Reste que cette dernière production réussie néanmoins le pari de nous replonger instantanément en enfance, charmant par son mélange entre recherche d'une certaine modernité - "Il faut travailler pour réussir", la femme vaillante et courageuse - tout en cultivant des petits côtés passéistes. Chavirant enfin les coeurs par la réutilisation des doubleurs des anciens Disney, à commencer par Richard Darbois, célèbre en formidable génie d'Aladdin !

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Crédit photo: Walt Disney Studios Motion Pictures France

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /2010 08:00

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Sortie: 03 février 2010

> L'histoire: Steve "Lips' Kudlow et Robb Reiner avant quatorze ans quand ils créèrent le groupe Anvil. Persuadé que leur gloire est arrivée, ceux-ci jouissent d'une renommée fulgurante en 1981, lors de leur passage dans un immense festival japonais. Et puis, plus rien. Vingt-cinq ans plus tard, Steve et Robb continuent de nourrir leur espoir de fortune et de succès, alternant entre petits boulots quotidiens et tournée européenne désastreuse...

1984. Sur la scène d'un grand festival japonais, un groupe électrise les foules, muni de sex-toys, tout de cuir vêtu. Leur single ? "Metal on Metal", véritable hymne à ce genre musical au point d'influencer, de part leur énergie et leur conviction, un certain nombre d'autres groupes. De Metallica à Gun's & Roses. Sauf qu'à la différence de ces derniers, ceux là n'ont jamais percé dans l'industrie musicale, retombant dans l'anonymat le plus complet aussi rapidement qu'ils en sortirent. Eux, c'est Anvil, groupe de metalleux canadiens, encore persuadés, près de trente ans après leur semi triomphe, que la gloire est à venir. Économisant chaque centime dans l'espoir de renouer avec leur rêve. Parmi eux, deux vieux de la vielle, Steve Kudlow et Robb Reiner, employés parmi tant d'autre le jour, livreur dans les cantines pour l'un, ouvrier de chantier pour l'autre, rock star à leurs heures perdues, continuant inlassablement à entretenir cette flamme musicale. Réalisé par un fan de la première heure, Anvil ! suit ainsi à la trace ceux deux mastodontes du rock, de l'organisation d'une tournée foireuse en Europe à une possible sortie de crise. Car l'histoire d'Anvil a tout d'un film de fiction, les deux compères ayant connus un revers de la médaille des plus cruels. Aujourd'hui, à l'approche de la cinquantaine, ils ne peuvent plus que compter sur leurs fidèles fans pour s'en sortir, de ce patron d'une entreprise téléphonique, prêt à tout pour les dépanner, à cette jeune femme slovaque, bien décidée à reprendre leur carrière en main. Sûre d'elle, celle-ci leur organisera une tournée marathon dans toute l'Europe, dans l'espoir, enfin, qu'Anvil connaisse le succès qu'il mérite. Louant des salles de dix milles places pour un concert qui ne ramènera qu'une centaine de personnes... Filmant sans concessions les désillusions aussi multiples que fréquentes du groupe, Sacha Gervasi livre ainsi une oeuvre ironiquement tragique sur le destin de ces deux loosers pathétiques, confrontés à une série de péripéties des plus sadiques. Du ratage d'un train primordial au fiasco total d'un concert, réunissant trois pelerins dans un bar au fin fond de la Roumanie.

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Pourtant, malgré les déboires, Steve et Robb n'ont jamais eu l'intention d'abandonner, continuant inépuisablement à trouver de l'argent comme ils peuvent, quitte à cumuler les crédits à l'approche de l'enregistrement de leur treizième album. Car Anvil ! est surtout le brûlant portrait de ces deux anti héros déchus, amis à la vie, à la mort. En somme, deux adulescents encore persuadés qu'ils pourraient s'en sortir. Continuant encore et encore à entretenir la flamme de ce rêve de gosse éveillé. Quitte à sacrifier un peu de leur vie de famille et un confort certain. Là réside la puissance et la détermination de ce groupe à tout épreuve, idole d'un certain nombre de rock star comblée, elle, par ce fameux succès. Steve et Robb, quand à eux, ne trouvent pas le temps de se remettre en question, continuant à foncer tête baissée vers leur avenir. Est-ce parce qu'ils sont canadiens qu'ils n'ont pas réussit ? Qu'importe, ces deux là sont déjà bien loin, casques sur les oreilles, guitares en main, prêt à enregistrer leurs nouvelles chansons. Il faut dire qu'avec les années, Steve et Robb ont tout essayé, ce n'est donc pas maintenant qu'ils arrêteraient tout. Le bout du tunnel serait-il prêt ? C'est du moins la mini note d'espoir que transmet Anvil !, vibrant documentaire sur ces artistes ratés et maudits, ayant continué toute leur vie à entretenir leur aspiration d'enfant. Sacha Gervasi livrant un film tantôt extrêmement drôle, tantôt profondément dramatique, transmettant à l'écran son attachement pour ces deux compères au combien touchants et attachants. Allez, on aimerait bien qu'ils réussissent nous aussi...

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> Festival du film américain de Deauville 2008: Les Docs de l'Oncle Sam

Crédit photo: Zootrope Films

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 19:40

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Sortie: 03 février 2010

> L'histoire: Détective de génie, Sherlock Holmes (Robert Downey Jr.) ne serait rien sans son ami le Docteur John Watson (Jude Law). Et alors qu'une série de meurtres rituels ensanglante Londres, les deux compères décident alors de faire une nouvelle fois équipe, le temps d'attraper le terrible Lord Blackwood. Exécuté, cet adepte de la magie noire ressuscitera pourtant, créant une peur panique dans la ville...

Héros de la littérature britannique puis icône cinématographique - notamment dans La Vie privée de Sherlock Holmes, a nouveau en salles cette semaine -, Sherlock Holmes est de ces personnages instantanément associés à une panoplie d'accessoires. A travers la combinaison gagnante: pipe, chapeau, imperméable. En 2010, le Sherlock Holmes version Guy Ritchie dépoussière complètement le mythe du détective en allant vers une forme plus moderne, apparemment plus proche du livre de Conan Doyle. Nourri aux amphétamines, celui-ci est devenu un enquêteur survolté, jouant volontiers des coups quand on le lui permet. Amateur de violoncelle et de kick boxing, Sherlock est un dandy des temps modernes moulé dans un costume trois pièces. A ses côtés, Docteur Watson a gagné en assurance et en charisme, délaissant sa bedaine pour un physique de bel anglais. Il faut dire que dans ces rôles, Robert Downey Jr. et Jude Law s'en donnent à coeur joie, l'un livrant un véritable show, l'autre donnant à Watson une gueule et un caractère tout à fait nouveau. Sherlock et Watson, donc, deux êtres soudés par les circonstances de la vie, partageant ensemble un sombre appartement rue de Baker Street... De l'imagerie collective, Guy Ritchie extrait ainsi quelques petits éléments indissociables de l'univers de Conan Doyle... avant de tout mixer dans une aventure ultra testostéronée. Privilégiant, avant l'intrigue même, la relation entre Sherlock et Watson, véritable couple à part entière d'où découle une relation presque gay friendly. Sherlock, très possessif envers son ami docteur jalousant à l'extrême sa nouvelle conquête. Répliques piquantes pour tandem de choc, Sherlock ne serait rien sans Watson, Watson rien sans Sherlock et l'enquête inintéressante sans leurs deux participations.


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Allant vers une intrigue alliant réalisme et fantastique, à l'instar du roman Le Chien des baskerville, Guy Ritchie construit son histoire non pas autour de la confrontation entre Sherlock Holmes et le ténébreux Lord Blackwood mais entre deux idéologies: rationalité et croyance. Le raisonnement de Sherlock contre la magie de Blackwood. Et là où ce dernier aime à se mettre en scène, usant de ses pouvoirs afin de créer la panique dans la population londonienne, le premier cherchera sans cesse à utiliser la logique, scrutant consciencieusement chaque scène de crimes à la recherche d'un indice minime. C'est d'ailleurs sur cet élément précis que l'on prend conscience de ce qui a pu attirer l'attention d'un réalisateur tel que Guy Ritchie, le cinéaste utilisant presque son personnage principal comme prétexte d'une mise en scène parfaitement rodée. Connu pour ses effets de style (?) en tout genre - ralentis, mélange des temporalités... -, s'étant forgée une réputation certaine à travers des oeuvres aussi énergiques que Arnaques, crimes et botaniques ou Snatch, Guy Ritchie fait une fois de plus tout ce que l'on pouvait attendre de lui, se servant de Sherlock comme support. Et si il aime à découvrir le moindre détail d'une enquête, le cinéaste peut donc sauter d'un temps à un autre, s'il aime à réfléchir y compris quand il se bat, Richie a le champ complètement libre pour ses ralentis savamment étudiés... Irritant ou "badass", dans tous les cas, Sherlock Holmes ne laissera personne vraiment indifférent, lui qui se révèle avant tout un divertissement amusant, sans forcément chercher plus loin. Bagarres en tout genre, jolies filles et acteurs ultra sympathiques, Guy Ritchie joue ainsi la carte de l'entertainment distrayant, voir même décérébrant, laissant Robert Downey Jr. assuré un spectacle souvent de haute volée. Sympathique sans être inoubliable, ce Sherlock Holmes est ainsi une distraction aussi charmante qu'anodine tout en étant extrêmement fun.


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1. Robert Downey Jr.: Le Soliste
2. Jude Law: Le Limier / L'Imaginarium du docteur Parnassus
3. Mark Strong: Miss Pettigrew / Victoria: les jeunes années d'une reine
4. Rachel McAdams: Hors du temps
5. Keilly Reilly: Me and Orson Welles


> Golden Globes 2010: Meilleur acteur dans une comédie ou comédie musicale


Crédit photo: Warner Bros. France

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 17:40

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COUP DE COEUR

Sortie: 03 février 2010

> L'histoire: Parents de deux petites filles, Sam (Tobey Maguire) et Grace (Natalie Portman) sont un couple soudé. Envoyé par l'ONU en mission à l'étranger, celui-ci confie à Tommy (Jack Gyllenhaal), son petit frère tout juste sorti de prison, le soin de s'occuper d'elles. Lorsque Sam est présumé mort, Tommy et Grace se rapproche dans le désespoir... Jusqu'à ce que Sam revienne du front.

Remake du film éponyme de Susanne Bier, Brothers ne peut difficilement faire plus actuel en ce qui concerne son sujet. On y suit l'histoire d'une famille américaine moyenne, bientôt déchirée par la disparition du fils prodige, envoyé aux côtés des troupes en Afghanistan. Le genre d'oeuvre qui ne peut que faire du mal à l'image du président Obama et son renforcement du déploiement militaire sur ce territoire. Réalisé par le cinéaste irlandais Jim Sheridan, Brothers s'organise avant tout autour de la mise en compétition de deux frères que tout oppose. Sam et Tommy. Le premier est un père de famille comblé, militaire de renom et fierté de la famille tandis que le second, sorte de rebelle au grand coeur, tatoué et célibataire, sort tout juste de prison. Jusqu'à ce que le drame se produise, obligeant Tommy à prendre ses responsabilités vis à vis de Grace et de ses petites nièces. Le cinéaste s'interroge alors sur la difficulté qu'est le deuil dans une famille décomposée, mettant chacun de ses membres au pied du mur, les forçant à se remettre en question quitte à faire table rase d'un passé particulièrement douloureux. Bercé par quelques notes de guitare folk, installant une ambiance mélancolique, le film se fait particulièrement émouvant et attachant, suivant le rapprochement progressif de Tommy et Grace, soudés par une même tristesse et un nombre conséquent de souvenirs en commun. Jusqu'à ce que le spectateur découvre que Sam n'est pas mort, lui qui s'est fait capturer suite au crash de son hélicoptère. Par un montage alterné, montrant les trajectoires différentes des deux frères, Brothers installe alors peu à peu une étrange atmosphère, passant du désert de l'Alfghanistan à la cuisine ensoleillée de Grace et Tommy, comme l'annonciation d'un drame futur en devenir...

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La force de Brothers réside dans cette capacité qu'à le cinéaste à créer une montée de tension fulgurante au sein de cette entité universelle qu'est la famille. Autour de cette forme si chère au cinéma qu'est le triangle amoureux. Sam revenant évidemment aux États-Unis après plusieurs mois de calvaire. Fonctionnant, au départ, sur le capital sympathie de son casting, Jim Sheridan met en place une série de confrontations, de plus en plus intenses et brutales, avant que l'explosion de douleur et de colère ne se fasse inévitable. A commencer par une scène de repas à la tension tout simplement hallucinante, d'une violence absolument sidérante. A ce titre, Brothers est véritablement un film d'acteurs, la mise en scène se faisant volontairement transparente pour mieux laisser briller ses interprètes. Et à ce jeu là, ils sont tous incroyables, Tobey Maguire impressionnant dans un rôle à contre emploi, Jack Gyllenhaal enchantant par une composition subtile et charmante tandis que la petite Bailee Madison, l'une des nièces, sidère par la palette de son jeu malgré son si jeune âge. Alors, quant à tout cela s'ajoute une réflexion sur le traumatisme des soldats après la guerre, de la transmission d'une souffrance de génération en génération et la difficulté de se réinsérer à la société, Brothers se révèle un film particulièrement réussit et d'une émotion puissante. Malgré un petit à côté lors des scène en Afghanistan. Amour, politique et sentiments, le film est un cocktail détonnant. En somme, Brothers est à ce titre le grand oublié des oscars !




1. Natalie Portman: Deux soeurs pour un roi

> Golden Globes 2010: Nomination meilleur acteur dans un drame, meilleure chanson originale


Crédit photo: Wild Bunch Distribution

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Lundi 1 février 2010 1 01 /02 /2010 19:13

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Sortie: 20 janvier 2010

> L'histoire: Vincent (Cyril Descours), jeune adolescent, est retrouvé sans vie dans le Rhône. Deux mois plus tôt, celui-ci vivait pourtant une passion amoureuse avec Rebecca (Nina Meurisse), recontrée par hasard dans un cyber-café du coin. Chargés de l'enquête, Hervé Cagan (Gilbert Melki) et Karine Mangin (Emmanuelle Devos) remonteront le fil de l'histoire, entre amour et sombres histoires d'argent...

De la complicité à être complices de quelque chose, il n'y a qu'un pas chez Frederic Mermoud, livrant avec Complices, donc, une première oeuvre osée et audacieuse. Mettant en parallèle la rencontre entre deux adolescents, Vincent et Rebecca, et une enquête policière, quelques mois plus tard, autour de la découverte du corps de ce même Vincent. Menée "tambour battant" par les inspecteurs Hervé Cagan et Karine Manguin. Passant d'une partie à l'autre avec une fluidité parfaitement maîtrisée, le cinéaste construit son film à la fois autour de la romance de ces deux ados et cette enquête qui tentera de rassembler les pièces du puzzle. Annonçant la mésaventure future des deux premiers. A travers ce procédé, le spectateur jouit ainsi toujours d'un temps d'avance, donnant une certaine mélancolie et tristesse à l'ensemble, nous rappelant à chaque fois que l'on retrouve Vincent et Rebecca que leurs jours ensemble sont comptés... Opposant leur "insouciance" à la triste réalité des deux inspecteurs. Leur relation fusionnelle à l'existence morne de ces deux derniers. Car Vincent et Rebecca ont tout d'un couple parfaitement soudé. Rencontrés au hasard dans un cyber-café, leur coup de foudre fut immédiat. Rebecca, lycéenne, vit encore chez sa mère. Vincent, lui, se débrouille avec une petite caravane. Jusqu'à ce que cette dernière découvre la réelle profession de Vincent, lui qui se prostitue pour s'en sortir. Il faut dire que le jeune homme est plutôt beau garçon, comme s'attarde à nous le montrer Frederic Mermoud en filmant Cyril Descours sous toutes les coutures. Trop amoureuse pour le laisser continuer dans sa lancée, Rebecca lui propose alors de l'accompagner dans cette aventure, découvrant l'univers sordide où le sexe se fait monnaie d'échange. Filmant les corps avec envie, le cinéaste oppose alors l'amour - et les scènes d'amours - des deux adolescents à celles assez glauques au contact de quelques clients impatients. Annonçant la dérive future de cette opération trop bien menée.

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Et puis, de l'autre, il y a Hervé et Karine, deux commissaires en pleine fleur de l'âge, tous deux célibataires endurcis. Elle flirte sur internet à la recherche - infantile - du prince charmant, lui comble sa vie terne comme il peut. Jusqu'à ce que cette enquête vienne les confronter à leur propre réalité, eux qui ne vivront sans doute plus ce que ces deux adolescents vivaient. Complètement obsédé par cette intrigue, Hervé en viendra à ressasser le passé, se rappelant ses amourettes du lycée et les grandes histoires qui a laissé passé, tandis que Karine, elle, prendra peu à peu conscience de son âge et de ce que cela représente quant à son désir de maternité. Là est la grande qualité de ce long métrage, Frederic Mermoud opposant sans cesse - par un montage alterné - l'histoire lumineuse vouée à l'échec de Vincent et Rebecca - par un travail sur la lumière - à celle grisâtre de Karine et Hervé, proposant une vision assez désenchanté de la vie. Donnant une atmosphère plutôt dépressive à ce polar sobre et captivant, reposant sur la qualité d'interprétation de son quatuor de choc. Gilbert Melki, troublant et troublé - incroyable scène du gigolo - et Emmanuelle Devos, Nina Meurisse et Cyril Descours, deux jeunes acteurs français sur lesquels il faudra compter. Révélation, Frederic Mermoud l'est aussi, Complices se révélant une oeuvre particulièrement envoûtante et prenante pour un polar à l'intrigue, certes, un peu légère mais au résultat non moins convaincant. A suivre.

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1. Emmanuelle Devos: Plus tard tu comprendras / Les Beaux gosses / Les Herbes folles / A l'origine


Crédit photo: Pyramide distribution

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Lundi 1 février 2010 1 01 /02 /2010 08:13


L'équipe d'Extérieur Nuit est aux anges, la quantité de belles sorties de ce mercredi 27 janvier annonçant, plus encore que d'habitude, une excellente émission. Sur Radio Campus Paris, (93.9 FM), où les critiques pointues se mêlaient aux blagues vaseuses. Un vrai bonheur. Avec L.Rob et les autres, et en attendant le retour prochain de Jonathan, nous vous avons concocté un numéro tout à fait appétissant. La preuve ici.

Au programme:
 
* Yann, Thomas et Ben déclarent leur flamme à Bong Joon-ho, auteur du superbe Mother.
* Melissa et Thomas ont interviewé le réalisateur coréen et proposent un florilège de ses réponses.
* Ben, Suzanne et Lucile ont goûté la magie filmique et sonore du Ne change rien de Pedro Costa.
* Melissa et Thomas sont restés bien indifférents devant Le refuge ; face à eux, Xavier tente de défendre le dernier François Ozon.
* Yann et Xavier nous parlent d'Extérieur, nuit, film de Jacques Bral qui ressort cette semaine.
* Dans sa chronique Mangeons Dulion, Gautier regarde sous les burkas des filles.
* Lucile aime le In the air de Jason Reitman, ce qui n'est le cas ni de Lucie ni de Thomas.
* Avant de s'envoler pour Gerardmer, Perrine a interviewé le réalisateur américain.
* Pour François, Chaque jour est une fête... ; Lucie et Thomas sont légèrement plus mesurés.
* Lucile et Thomas sont retombés en enfance devant La princesse et la grenouille, un Disney pas révolutionnaire mais plutôt touchant.
* Gautier nous rappelle la ressortie du Théorème de Pasolini et nous enjoint à nous précipiter dans les salles.

Présentée par Gautier, l'émission est disponible
ici.

PS : Gagnez des places pour les séances de l'excellent festival
Voir l'invisible (du 3 au 9 février l'écran de Saint-Denis), en laissant un commentaire sur cet article.

Par Limess - Publié dans : Extérieur Nuit
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /2010 09:57

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Sortie: 27 janvier 2010

> L'histoire: Ryan Bingham (George Clooney) est un spécialiste du licenciement. Son boulot ? Passer de villes en villes, à la rencontre de petites et moyennes entreprises touchées par la crise. Un emploi idéal pour ce collectionneur compulsif de miles aériens, passant de chambres d'hôtels en voitures de location, transportant toujours avec lui sa petite valise, objet unique regroupant tout ce qui lui appartient. Solitaire invétéré, celui-ci tombera bientôt nez à nez avec deux femmes bien différentes, Alex (Vera Farmiga), son alter ego féminin et Natalie (Anna Kendrick), jeune arriviste prête à tout pour bouleverser son petite existence parfaitement rodée...

Dans Thank you for smoking, Jason Reitman, nouvelle coqueluche du tout Hollywood après son triomphe avec Juno, mettait déjà en scène un Aaron Eckart ultra sympathique, au job pourtant plus qu'antiphatique. Il était le lobbyiste renommé d'une grande entreprise de tabac, passant de plateaux télés en petites écoles afin de promouvoir son produit cher et tendre. Dans In the Air, George Clooney, lui, est ce que l'on pourrait appeler un spécialiste du licenciement. Traversant les États-Unis de long en large afin de faire le sale boulot des entreprises frappées par la crise. Lui qui affectionne tout particulièrement cette situation, ces nombreux voyages l'ayant contraint à adopter un mode de vie tout à fait original. Digne d'un célibataire endurci. Cumule de points miles, changement constant de chambre d'hôtel, location de voiture à la carte, sa vie est parfaitement organisée, tous ses effets personnels tenant dans une et une seule petite valise. Jusqu'à ce que son entreprise soit elle-même "touchée" par la crise, décidant alors de prendre des décisions draconiennes. Finis les voyages tout frais payés, place aux licenciements informatiques. Refusant catégoriquement ce changement brutal, celui-ci emmènera alors avec lui la jeune Natalie, belle arriviste à l'origine de ce changement... Construit exactement sur le même schéma que Thank you for smoking, Jason Reitman livre avec In the Air un troisième film plutôt déstabilisant. Profitant du capital sympathie énorme dont jouit son personnage et son acteur principal afin de dérouler une morale des plus avilissantes. Prenant brusquement de haut cet anti héros marginal. En s'entichant de Natalie - Anna Kendrick, calquant à quelques nuances près son personnage de la saga Twilight -, Ryan verra subitement son mode de vie être complètement remis en question par la demoiselle, puis par ses collègues / sa famille / ses voisins, ne le comprenant absolument pas. Pensant que préférer son job à sa famille soit la marque d'un profond désordre mental.

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Car In the Air, sous-couvert par la réputation de Jason Reitman, d'une auto-proclamation de "petite comédie indépendante" alors qu'il est produit par un grand studio hollywoodien, et d'un aspect feel good movie assez exaltant, trouble pourtant de part sa morale des plus conservatrices. Clamant haut et fort "La famille avant tout". Là repose la principale contradiction de ce film, comédie dramatique à l'humour noir salvateur, parfaitement adaptée au public américain au point de paraître profondément désuète passée la frontière. Reproduisant le même échec de Thank you for smoking. Ainsi, dans celui-ci, on y découvrait un Aaron Eckart luttant sang et eau contre la mise en place de bannières préventives sur les paquets de cigarettes. Mesure qui, à la sortie du film sur le territoire français, était déjà complètement rentrée dans les moeurs européens. Dans In the Air, Jason Reitman réitère, livrant une oeuvre quasi exclusivement destinée à une population américaine frappée de plein fouet par la crise économique. En suivant le personnage de Ryan, le cinéaste donne ainsi la part belle aux "invisibles de la nation", en proposant à des personnes réelles de raconter face caméra leur propre expérience personnelle face au licenciement. D'où le côté très conservateur de l'oeuvre, se voulant comme une sorte de remontant pour le peuple américain. Insistant bien sur le fait que le boulot ne fait pas tout tant qu'il y a la famille. D'où aussi, le profond malaise qui se dégage alors de ce personnage principal, lui qui "profite" des avantages donnés par ces multiples renvois à travers le pays... A ce titre, In the Air est ce que l'on pourrait appeler un film "entre deux chaises", Jason Reitman n'arrivant pas à choisir entre son Ryan et sa fable moralisatrice. Le prenant dès lors de haut après l'avoir pourtant mis sur un pied d'estale. Complètement contradictoire, In the Air est ainsi une oeuvre plutôt bancale, voir loupée, elle qui jouissait pourtant d'une belle qualité d'écriture et d'un acteur des plus charismatiques. Jason Reitman, réalisateur réac ? De quoi presque remettre en question l'intrigue même de Juno - que j'aime énormément - et sa position autour de l'avortement.

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1. Jason Reitman: Juno
2. Anna Kendrick: Twilight - Chapitre 1: fascination / Twilight - Chapitre 2: tentation
3. Jason Bateman: Juno
4. Melanie Lynskey: The informant ! / Away we go
5. Zach Galifianakis: Very Bad Trip / Gigantic
5. J.K. Simmons: Juno / I love you, man / Jennifer's body

> Golden Globes 2010: Meilleur scénario / Nominations meilleur film dramatique, meilleur acteur dans un drame, meilleur réalisateur, meilleur second rôle féminin, meilleur second rôle féminin


Crédit photo: Paramount Pictures France

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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