Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /2010 19:54

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Sortie: 17 février 2010

> L'histoire: Père célibataire, Thomas Craven (Mel Gibson), policier vétéran de la brigade de Boston, mène une vie plutôt tranquille, élevant seul sa fille de vingt-cinq ans (Bojana Novakovic). Alors que celle-ci rentrera à la maison, elle se fera sauvagement assassinée sur le ponton de la maison, amenant Thomas à se remettre en question. Est-ce lui qui était visé ? Menant l'enquête de ce meurtre, Thomas se rendra petit à petit compte que la vérité n'est pas aussi claire qu'elle pouvait le paraître, l'amenant à fouiller dans des affaires "top secret", entre magouille politicienne et écologique...

Près de huit ans se seront écoulées sans que l'on ait eu de nouvelles de Mel Gibson l'acteur, lui qui profita de l'arrivée du nouveau millénaire pour repasser plusieurs fois derrière la caméra. Livrant deux oeuvres qui firent particulièrement polémiques, La Passion du Christ et Apocalypto. La vie de Jésus vs la civilisation Maya. Et voilà que par un frais matin de février, Mel reprend du service, le visage marqué par le temps, prêt à a nouveau en découdre. Pistolet au point, paré en user. Revenant à un rôle dans la lignée de ceux qui firent son succès, de Mad Max à L'Arme fatale, dans la peau d'un flic et père de famille embarqué, malgré lui, dans une sanglante vendetta - again ! - à la suite du meurtre de sa fille. Quelques images familiales idylliques, filmées en caméra dv, et voilà que le film est déjà parti, Thomas Craven accueillant sa chère et tendre progéniture à la gare du coin. Dans la voiture, la complicité est forte, le moment bref mais savamment orchestré jusqu'à ce que celle-ci subisse quelques problèmes de santé. Mal de crâne et saignements de nez. Et alors que Thomas s'apprête à la conduire chez le médecin, Emma se fera sauvagement assassinée sur le ponton de la maison. Violemment. Sans prévenir. Trois scènes, quelques dialogues et le tour est joué, Martin Campbell se révélant d'entrée de jeu particulièrement efficace et brillant quant il s'agit d'installer et d'exposer une situation. A peine le temps de se relever et voilà Thomas à l'action, prêt à faire toute la lumière sur cette affaire dont il se sent responsable et dont, on devine bien, des dessous beaucoup plus complexes. L'intrigue s'annonce musclée... et puis, plus rien !

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Engagée par une agence s'occupant d'affaires plutôt louches en matière d'environnement, Hors de contrôle ne laisse aucun doute quant à la tournure des événements. De ce meurtre imprévisible, Thomas n'est en aucun cas la cause, à lui maintenant de déjouer les magouilles politiciennes et les codes d'usage de ce milieu véreux. Sauf que trop occupés à tisser les dessous de leur intrigue, basant leur histoire sur un flot de paroles ininterrompus - celui maniant le mieux la langue (de bois) remportant la manche -, les scénaristes en oublieraient presque de varier leur récit, créant petit à petit un désintéressement total envers cette enquête jouée d'avance. Si elle devait être passionnante dans la série britannique dont Hors de contrôle est l'adaptation, elle est ici particulièrement convenue et "déjà-vu", n'assurant aucun suspense quant à la suite des événements. Mais où est la baston ? Car si Martin Campbell se révèle particulièrement doué quant il s'agit de mettre en scène des séquences brutales, lui qui fit ses preuves lors du réussit Casino Royal, on ne pourrait en dire autant de ce ping-pong verbal et ce, malgré les retrouvailles à l'écran des excellents Ray Winstone et Danny Huston - réunis après The Proposition. Pire, le film distille petit à petit un propos manichéen et des plus malhabiles, collant étrangement et parfaitement bien à la figure de Mel Gibson. Faut-il mieux "être sur la croix ou planter les clous" ? Pour l'équipe, la réponse est toute trouvée, celle-ci se mêlant à un discours emprunt de religiosité où la vengeance serait vecteur de rédemption d'un père envers sa fille. De ce polar mal foutu et pas si prenant que ça, on ne retiendra que la performance de Mel Gibson, de tous les plans, imposant à l'écran une rage diffuse et un désespoir puissant, une brutalité et une charisme à tout épreuve. Malheureusement pas assez pour palier à cette vendetta embarrassante et inconfortable pour une histoire dont on se fout, finalement, plutôt facilement...

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1. Ray Winstone: The Proposition
2. Danny Huston: The Proposition
3. Denis O'Share: Harvey Milk / La Proposition


Crédit photo: Metropolitan FilmExport

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /2010 12:14

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Sortie: 10 février 2010

> L'histoire: Suite à la disparition de son frère, Lawrence Talbot (Benicio del Toro), aristocrate et acteur professionnel, revient au domaine familial, retrouvant son père acariâtre (Anthony Hopkins). Prêt à tout pour faire toute la lumière sur cette disparition, Lawrence découvrira alors un secret, dépassant toutes les lois de la nature...

Ayant fait les beaux jours de la Universal dans les années trente, du Dracula de Tod Browning à L'homme invisible de James Whales ou la série des "Frankenstein" du même réalisateur, les films de monstres ont toujours fait partie intégrante de l'histoire du cinéma. Évoluant au fil des ans, au fil des événements historiques - comme tente de l'expliquer Andrew Monument dans son documentaire Nightmare in Red, White and Blue, the Evolution of the American Horror Film, présenté au festival de Deauville. Quoi de mieux alors pour le studio que de revenir à une recette qui marche, surfant sur la vague de la réactualisation des mythes fantastiques. Wolfman, comme son nom l'indique, remettant au goût du jour la figure du loup-garou. Tout commence dans un Londres du XIXème siècle. Lawrence Talbot, acteur professionnel, y interprète Hamlet devant un parterre de foule... sans se douter un instant que son frère puisse être en danger. Pourchassé dans la forêt par une créature aussi mystérieuse que mortelle, celui-ci se fera rapidement dépecé, invitant Lawrence à revenir enquêter sur sa terre natale. En quelques scènes, Joe Johnston, papa, entres autres, de Jumanji ou Jurassic Park 3, arrive à imposer une atmosphère inquiétante et tendue, jouant sur le clair/obscur de cette forêt sombre, éclairée par le scintillement d'une lune décidément bien pleine. Dès cette première scène particulièrement prenante, Wolfman en arriverait presque à nous prendre de court, annonçant à son insu un film plutôt encourageant pour un tournage qui fut, par ailleurs, particulièrement houleux (désaccord du studio quant au montage final, démission du cinéaste Mark Romanek pour des différents artistiques...).

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S'appuyant sur les bases d'une mythologie gitane, Joe Johnston reprend d'abord à son compte la méthode "Jacques Tourneur", laissant la créature dans l'ombre, usant savamment du hors-champ, jouant sur les apparitions furtives et rapides et le hurlement glaçant du loup. Créant instantanément un suspense implacable, à l'instar de cette attaque d'un camp de bohémiens. Jusqu'à ce que Lawrence soit lui-même blessé et transformé en loup-garou, amenant le film dans une toute autre direction. S'attachant dès lors au point de vue de son personnage principal, donnant à voir la moindre modification de son corps. Obsédé par la description de la transformation progressive de Lawrence, aussi bien émotionnelle que physique, s'appuyant sur un usage pointu des effets spéciaux (Joe Johnston ayant, entre autres, travaillé sur les effets visuels des premiers Star Wars), le film en perd dans le même temps de sa superbe. Le frisson laissant place à la romance et le conflit éthique convenus, les attaques aux courses poursuites anodines, le loup-garou passant du bourreau à la victime. Et dans ce défilement d'actions et de réflexions particulièrement attendues, le film se fait lui de moins en moins intéressant, au point d'en devenir bientôt d'un ennui poli. Et ce n'est pas cette confrontation finale, prometteuse mais beaucoup trop conventionnelle, qui viendra relever le niveau. Si Wolfman avait ainsi tout pour associer divertissement grand guignol et mythologie cinématographique, il en ressort au contraire une oeuvre extrêmement plate et anodine, peu sauvée par son casting pourtant quatre étoiles, à commencer par un Benicio del Toro ne jouant que de son physique animal. Dommage.

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1. Benicio del Toro: Che - 1ère partie: L'Argentin
2. Emily Blunt: Sunshine Cleaning / Victoria, les jeunes années d'une reine


Crédit photo: Paramount Pictures France

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 22:13


Après 15 jours d'absence, l'équipe d'Extérieur Nuit est de retour sur Radio Campus Paris (93.9 FM), et elle est de fort bonne humeur : tandis que les uns écumaient les festivals, les autres appréciaient les nombreux bons films du moment. L.Rob et Jonathan avons participé avec plaisir à cette émission bourrée d'enthousiasme. La preuve ici.

Au programme:

* Thomas, Perrine et Sonia sont enchantés par le Fantastic Mr. Fox de Wes Anderson.
* Mélissa, Perrine et Thomas reviennent sur la sortie de l'incroyable I love you Phillip Morris, sorti la semaine dernière.
* Festivals, acte 1 : Suzanne et Vincent nous racontent leur festival de Clermont-Ferrand, consacré aux courts-métrages.
* Festivals, acte 2 : Cécile et Yann reviennent du festival "Voir l'invisible (Est-ce ainsi que les hommes vivent ?)" qui s'est déroulé à Saint-Denis.
* Festivals, acte 3 : Perrine et Vincent (qui cumule) sont venus (à Gerardmer), ont vu (de la neige et des films), ont vaincu.
* Dans le cadre de sa chronique Ceux qui font le cinéma, Sonia a rencontré le couple de cinéastes Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin.
* Thomas, Sonia et Yann ont succombé au charme de La pivellina, le beau premier film de Tizza Covi & Rainer Frimmel.
* Jonathan a adoré Ander, surprenant film espagnol qui a moins ravi Thomas.
* Dans sa chronique Mangeons Dulion, Gautier revient sur la frénésie répressive qui s'empare des cinémas UGC.
* Sonia et Suzanne ne sont que partiellement conquises par le Tatarak d'Andrzej Wajda.

Présentée par Xavier, l'émission est disponible
ici.

Par Limess - Publié dans : Extérieur Nuit
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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 21:50

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Sortie(s): 1959 / En dvd, le 23 février 2010

> L'histoire: Appeler suite au vol de bijoux de valeur, une équipe de police fait la rencontre d'une série de voisins dans le but d'élucider l'affaire. Jusqu'à ce que l'une d'entre eux se fasse sauvagement assassiner, relançant l'enquête sur une tout autre piste...

Connu pour son goût certain pour la comédie, redécouvert l'été dernier lors de la ressortie en salles de l'excellent Divorce à l'italienne mettant un charismatique Marcello Mastroianni en proie à ses désirs les plus souterrains, Pietro Germi ne s'est pourtant jamais cantonné à un genre singulier. Livrant notamment en 1959 avec Meurtre à l'italienne un polar dans la droite lignée de ses homologues américains. Construit autour d'un scénario à tiroirs, reposant sur la multiplication des pistes lancées et des rebondissements en tout genre, Meurtre à l'italienne suit l'enquête menée par un groupe de policiers autour du vol de plusieurs bijoux. Parmi eux, l'inspecteur Ciccio, incarné par Pietro Germi lui-même, ajoutant une corde à son arc, chapeau vissé sur la tête, imperméable et cigare au bec, tel un Sherlock Holmes méridional. Confronté à des témoins plus renfermés les uns que les autres - d'une servante incarnée par la jeune Claudia Cardinale à la victime elle-même -, Ciccio tentera alors de briser les tabous les uns après les autres, cherchant à révéler ces petits secrets savamment lotis dans ces appartements bourgeois. Jusqu'à ce qu'une des témoins ne soit assassinée, relançant l'enquête sur une tout autre piste...

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Pur Whodunit, Meurtre à l'italienne puise sa force première dans l'imbroglio de ses situations, passant d'un simple vol à un meurtre en règle, d'une enquête routinière à la résolution d'un homicide. Le cinéaste s'amusant à multiplier les intrigues - premières et secondaires -, à introduire de nouveaux personnages, dans le but de brouiller toujours plus les pistes. Mêlant drame et comédie, vaudeville et polar hitchcockien - le personnage de l'inspecteur rappelant étrangement celui du Crime était presque parfait. Sans être totalement réussit de part un petit manque de rythme, Meurtre à l'italienne est de ses policiers classieux et un peu bedonnant, reposant sur la carrure d'un inspecteur tout droit sorti d'un roman d'Agatha Christie, caricaturant ses confrères hollywoodiens. Nous baladant des appartements bourgeois de Rome aux quartiers populaires ou la périphérie pauvre. Passant d'un dentiste véreux, un mari jaloux à des amants maudits. D'inspections diverses des lieux à des séries d'interrogatoires ou des nuits de filatures pour un film, au final, sobre, sympathique et plutôt plaisant.

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Bonus:

Est proposé une préface menée par l'historien et spécialiste du cinéma italien Jean A. Gili, revenant sur la genèse même du projet, du rôle que s'est attribué Pietro Germi à l'importance des nationalités à l'intérieur du récit, puis brièvement sur la carrière du cinéaste.


Dvd reçu dans le cadre de Dvdtrafic par le biais du site www.cinetrafic.fr. Meurtre à l'italienne, de Pietro Germi. Editions dvd Carlotta Films. Disponible le 23 février 2010. Prix conseillé: 19,99 euros.

Par Limess - Publié dans : DVD
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Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /2010 18:34

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Sortie: 10 février 2010

> L'histoire: Agé de 17 ans, Arnau (Marc Soto) a bien du mal à grandir. Sa mère est en prison et personne dans la famille n'a d'argent pour lui payer un bon avocat. Jusqu'à ce que son oncle (Sergi Lopez) ne l'initie aux courses de lévriers, mettant en exergue sa passion toujours plus envahissante pour les animaux. Des oiseaux chanteurs aux renards...

Contrairement à "l'idée reçue", il n'y a pas que Pedro Almodovar pour alimenter la production cinématographique espagnole contemporaine, la plupart des cinéastes ne jouissant pas de sa médiatisation, à l'instar de Marc Recha, livrant avec C'est ici que je vis son cinquième film. Posant sa caméra dans un coin reculé de la Catalogne, donnant à voir, en toile de fond, les immeubles d'une Barcelone étincellante, le cinéaste y filme une famille sans le sous, survivant maladroitement dans cette campagne désertique, s'agrippant à des petits boulots, attendant la venue d'un parent bien mieux loti. Parmi eux, Arnau, jeune adolescent déboussolé par l'emprisonnement inexpliqué de sa mère, cherchant tant bien que mal à réunir de l'argent afin de lui payer un avocat. Cultivant une passion immodérée pour les compétitions d'oiseaux chanteurs avant qu'on ne lui propose des paris plus alléchants lors de courses de lévriers. Conçu comme une tranche de vie, donnant à voir un moment singulier dans la vie d'Arnau, C'est ici que je vis se veux une chronique adolescence, croquant à grands traits la perte de l'innocence et ce douloureux passage à l'âge adulte. Arnau se révélant incapable de choisir entre ses loisirs enfantins et les responsabilités qui lui tendent les bras, lui qui est encore particulièrement naïf et excessif. En se confrontant au monde adulte, celui-ci en perdra quelques plumes, découvrant les travers et la cupidité d'un univers particulièrement agressif. Revenant dès qu'il peut vers celle qui ne l'a jamais trahit, la nature, adoptant un renard sauvage et blessé tout en élevant des oiseaux chanteurs dans le but de remporter de futures compétitions... Jusqu'à ce que l'on vienne une fois de plus lui proposer de l'argent.

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Fable minimaliste pour conte humaniste bercé par le doux soleil espagnol, C'est ici que je vis avait ainsi tout pour nous séduire, proposant une galerie de personnages conséquente tout en s'appuyant sur un casting des plus craquants, d'Eduardo Noriegua à Sergi Lopez. Pourtant, aussi bonnes que furent les intentions du cinéaste, C'est ici que je vis souffre de la trop grande simplicité de son scénario, donnant à voir un morceau de vie sans en donner les cartes pour le déchiffrer. Particulièrement abscons, le cinéaste lance en l'air de multiples intrigues sans jamais chercher à les résoudre, voir même à les commencer, trop attaché à suivre à la trace son héros adolescent. Proposant un récit des plus simplets, à l'image de la naïveté d'Arnau, nullement surprenant et d'autant plus attendu. De ses déboires liés aux courses de lévriers, digne du Pickpocket de Robert Bresson à la rencontre entre ses amis les bêtes, entre prédateur et proies en puissance. Complètement à côté de son sujet, le cinéaste en vient même à alourdir son film de plans sortant souvent de nulle part, à l'instar de ce Sergi Lopez se grattant l'entrejambe... Difficile, ainsi, de ne pas être déconcerté à la découverte de ce nouveau Marc Recha, le cinéaste livrant une oeuvre aussi vaine qu'insignifiante. On en ressort avec la désagréable impression d'un film se concluant là où il aurait pu commencer, C'est ici que je vis se révélant le prototype même d'une oeuvre tournant autour du pot sans jamais en atteindre sa cible. Dommage.

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> Festival Cinessonne 2009: en compétition

Crédit photo: Ad Vitam

Par Limess - Publié dans : Festival Cinessonne 2009
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Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /2010 13:15

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Sortie: 10 février 2010

> L'histoire: Décidés à venger la mort de l'un d'entre eux, plusieurs policiers prennent d'assaut une tour HLM afin de régler leurs comptes avec une bande de gangsters. Mais alors que la rixe tourne mal, le groupe se verra alors confronté à des événements paranormaux, la tour se retrouvant bientôt attaquée par une horde de zombies...

Dans l'excellent documentaire Viande d'origine française - diffusé sur Canal + puis présenté dans le cadre du festival de Gérardmer -, Tristan Schulmann et Xavier Sayanoff posaient l'hypothèse d'une possible future explosion du cinéma de genre français, déjà prolifique mais néanmoins relégué au second plan de part la production et le public, à la condition même qu'un film obtienne enfin un succès conséquent au box-office. Plaçant un bon nombre d'espoir dans La Horde, projet ambitieux mené à bout de bras par Yannick Dahan, Benjamin Rocher et des centaines d'internautes, co-producteurs de l'oeuvre par le biais de sites internet et, accessoirement, zombies du film. Là réside la force première de La Horde, la passion de ces supporters de la première heure transparaissant à travers l'oeuvre, à commencer par celle de nos deux apprentis cinéastes. Il faut dire que le film se révèle, au départ, assez surprenant, lui qui ne cherche pas à expliquer le phénomène même de "zombiphication", rentrant in media res dans le sujet, dans la baston pour la baston. Remonté après plusieurs premières séances désastreuses, poussant notamment Yannick Dahan et Benjamin Rocher à réduire considérablement une séquence de cimetière visiblement risible, les cinéastes font dès lors le pari de s'adresser à un public déjà acquis à la "cause zombie", bercée par une culture cinéphile allant de Jacques Tourneur à George Romero, Joe Dante ou même Edgar Wright. Il faut dire que la figure du zombie parcourt le cinéma depuis les années 40, de quoi alimenter un mythe toujours plus prégnant. Dès lors, nul besoin de donner une quelconque explication au phénomène, zombies il y a, zombies il y aura. Faut-il encore maintenant que nos charmants personnages arrivent à sortir de ce HLM où ils se sont barricadés, laissant le champ libre à des multiples affrontements, dont certains particulièrement jouissifs - tel un combat de femmes dans une cuisine. Dommage alors que le tout ne soit pas totalement à la hauteur de l'événement, Yannick Dahan et Benjamin Rocher perdant petit à petit de vue le but premier de l'entreprise...

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Conscient de détenir un casting aussi surprenant qu'éclectique, du très charismatique Jean-Pierre Martins à la tête à claque Claude Perron, les cinéastes pêchent lorsqu'il s'agit de créer une psychologie à leurs personnages. De la confrontation de deux frères gangsters - "Maman avait raison, tu es égoïste" - à la question de la maternité d'Aurore, la poussant à devenir toujours plus antipathique. Jusqu'à ce qu'arrive Yves Pignot, donnant, au départ quelques saynettes particulièrement amusantes - "On lui coupe la jambe" - avant de devenir tout bonnement détestable de part son excentricité et la caricature de ce personnage, vétéran du Vietman, prêt à tout pour butter du zombies - "Les jaunes, les jaunes". Il aura d'ailleurs fallu huit mains pour écrire ce scénario volontairement minime mais surtout empli de répliques assez risibles et non moins vouées à devenir cultes (challenged accepted), plongeant souvent le spectateur dans un total embarra. Néanmoins, si La Horde n'est pas le grand film de genre français attendu, il en reste un exercice de style assez intéressant, jonglant plutôt adroitement avec son budget limité - une voiture, une centaine de figuration et le tour est dans la poche. Il en découle un film de genre assumé, souvent maladroit mais pas forcément détestable, annonçant l'arrivée d'un carton de productions françaises particulièrement alléchantes, de La meute (Yolande Moreau, Emilie Dequenne, Benjamin Biolay) à Djiins (Grégoire Leprince-Ringuet, Aurélien Wiik) ou Proie (des sangliers mutants vs Grégoire Colin et Bérénice Béjo)... To be continued !

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1. Jean-Pierre Martins: Gamines

> Mostra de Venise 2009: avant-première
> Festival du film fantastique de Gérardmer: en compétition


Crédit photo: Le Pacte

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /2010 20:49

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Sortie: 10 février 2010

> L'histoire: Agée à peine de 14 ans, Susie (Saoirse Ronan) n'a pourtant pas le temps d'apprécier sa jeune adolescence, elle qui se fera assassiner par un de ses voisins, près de son quartier résidentielle. Coincée dans un entre-deux mondes, celle-ci observera alors impuissante à l'enquête mise en place par la police du quartier. Jusqu'à ce qu''elle découvre qu'elle peut peut-être influencer son déroulement...

Qu'on se le dise, je n'ai jamais voué une quelconque animosité envers Peter Jackson, lui qui de Créatures Célestre à Fantômes contre fantômes a su développer un sens aigu dans la création d'un univers propre et singulier avant de se laisser embarquer dans la grande aventure américaine. Livrant notamment une exaltante trilogie du Seigneur des anneaux, responsable, entre autres, de l'entrée en cinéphilie de l'hôte de ce blog (et oui, et oui...). Quoi de plus énervant alors que cet horrible Lovely Bones, adaptation moyennement attendue de l'oeuvre assez noire d'Alice Sebold, La Nostalgie d'un ange, destiné à un lectorat plutôt adolescent. Le cinéaste hésitant encore à lâcher les grands moyens techniques alors qu'il tente une replongée dans un univers "plutôt" réaliste. Tout commence par la description d'une famille des plus aimantes, papa, maman et leurs trois petites têtes blondes, solidaire et soudée dans un quotidien des plus banals. Jusqu'à ce que Susie, enfant choyée (et préférée ?), ne soit sauvagement assassinée, plongeant dès lors chacun d'entre eux dans la tourmente la plus totale. Sauf que Susie n'a pas vraiment disparu, elle qui se retrouvera bien vite coincée dans l'entre deux mondes, entre réalité et au-delà, devenant malgré elle la spectatrice privilégiée de l'enquête autour de sa propre mort. Si Lovely Bones s'apparente à une réflexion sur l'état de deuil, Peter Jackson s'intéresse surtout à la destinées des âmes et leur passage métaphorique de la réalité au paradis ou l'enfer. Bloquée entre ces deux mondes, Susie se créera alors son propre univers, influençant petit à petit les événements réels, aidant dès lors son père à mener cette enquête à bien. Et quelle enquête, Peter Jackson se fourvoyant sur tous les plans en tuant, dès le départ, tout semblant de suspense. Le coupable étant connu d'avance, tout comme la résolution de l'intrigue. Il faut le voir, d'ailleurs ce Jackson, tentant désespérement de créer quelques pointes dramatiques avant de tout simplement les tuer dans l'oeuf, à l'instar de cette séquence de l'album où la soeur, non contente de détenir la clé qui permettra d'arrêter le coupable, en oubliera presque son acte de bravoure face à la réconciliation de ses parents. Il faut dire que Lovely Bones ne fait en rien dans la finesse, Peter Jackson noyant son oeuvre sous un amas de bons et saints sentiments - l'exaltation de l'acte de vengeance - et un côté guimauve des plus mal venus.

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Persuadé de livrer une chronique adolescente des plus justes - les garçons écrivent des poèmes aux filles avant de leur offrir un petit coeur coupé en deux -, le cinéaste fait de l'entre deux mondes le reflet de la personnalité de son héroïne mutine. Elle qui aime à courir dans les champs de blé, à se faire sa star sous l'oeil de paparazzis imaginaires, à rigoler avec ses nouvelles copines. Se mettant elle-même en scène dans des séquences lorgnant avec le pire de MTV. Il faut dire que Peter Jackson n'est en aucun cas le maître du bon goût, s'attelant à créer un univers aussi ringard que pompeux. Et entre cette lune argentée sur une plage de sable fin, ces bateaux géants s'écrasant contre les falaises, le tout rythmé par la larmoyante musique de This Mortal Coil, tout fait cheap et vraiment has-been, à l'instar de ces vieux tee-shirts noir et argent à tête de loup que plus personne n'osent porter. Jamais entraînant, frôlant le nanard avant de plus simplement se transformer en navet, Lovely Bones est de ses fautes de goût hallucinantes, pathétiques avant d'en devenir énervantes. Le cinéaste accumulant les bourdes, usant des clichés autour du personnage de Susan Sarandon, laissant ses acteurs en totale roue libre, tartinant son récit de couches et de couches de pathos dans l'espoir de voir son spectateur fondre dès les premières minutes. Il n'en n'est rien, Lovely Bones se révélant ET une supercherie - les "bones" du livre désignant les os que les inspecteurs retrouvent au fur et à mesure de l'enquête et non l'ossature entourant d'amour une famille - ET un ratage total pour ce cinéaste pourtant adulé. On en ressort complètement sur les nerfs, frustré et tendu, comme l'impression de s'être fait complètement embobiné par un Peter Jackson sans doute un peu trop sur de lui...

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> Golden globes 2010: Nomination meilleur second rôle masculin
> Oscars 2010: Nomination meilleur second rôle masculin


Crédit photo: Paramount Pictures France

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 22:45

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COUP DE COEUR

Sortie: 10 février 2010


> L'histoire: Steven Russell (Jim Carrey) est un homme comme les autres. Flic à ses heures perdues, père de famille modèle, amant de rêve avec ses amis voisins (!). Jusqu'à ce qu'un accident de la route le pousse à sortir définitivement du placard. Fini la petite vie monotone dans une banlieue américaine, place au luxe et aux dépenses inutiles, obligeant Steven à ruser afin d'assurer sur la durée ce nouveau mode de vie. Une fraude à l'assurance, puis l'autre, Steven se retrouvera bientôt enfermé en prison, là où il rencontrera l'homme de sa vie, Phillip Morris (Ewan McGregor)...

Présenté en 2008 sur le marché du film cannois, puis en 2009 à la quinzaine des réalisateurs, I Love You Phillip Morris a jouit tout du long de sa fabrication d'une réputation aussi intriguante que sulfureuse. Il faut dire que le film, produit par EuropaCorp, ne sortira probablement jamais aux Etats-Unis - à moins qu'il ne soit amputé d'une ou deux séquences -, de par son approche "trop directe" de l'homosexualité et les rôles à contre-emploi de deux acteurs extrêmement populaires, Jim Carrey et Ewan McGregor. Cela serait pourtant le réduire à ce qu'il n'est pas, I Love You Phillip Morris apparaissant avant tout comme une merveilleuse et incroyable comédie humoristique et romantique pour une histoire vraie digne d'un grand feuilleton hollywoodien. Si le film a pu en choquer plus d'un, c'est avant tout parce qu'il met en scène un américain moyen, marié et catholique, parfaitement conscient de son homosexualité jusqu'à ce qu'il décide de virer complètement de bord. Montrant un Jim Carrey dans sa quotidienneté des plus banales... avant de soudainement se retrouver à dominer un grand moustachu. Là est la force du scénario de Glenn Ficarra et John Requa, s'essayant également en binome pour la première fois à la réalisation, détruire les clichés de cette famille type American Way of life tout en jouant des clichés de l'homosexualité, sous-couvert d'un réaliste des plus bienvenus. Laissant Jim Carrey se balader aux bras d'un Rodrigo Santoro torse nu et d'une puissance sexuelle incroyable, chihuahas à la main. Là s'arrête pourtant la blague, à la différence de ce que laisse entendre cette affiche monstrueuse, le film, dès l'arrivée de Steve Russel en prison, laissant bientôt place à une romance brillamment scénarisée.

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Rythmée par une voix-off hilarante, I Love You Phillip Morris passe dès lors de la comédie romantique au drame sentimentale, du drame sentimental à la comédie romantique, osant les plus grandes excentricités en donnant à Jim Carrey l'occasion de livrer un de ses numéros les plus fameux. Car alors que Phillip et Steve auront tout pour couler des jours heureux à leur sortie de prison, ce dernier ne pourra s'empêcher de recommencer ses arnaques, plongeant peu à peu le couple dans la tourmente puis vers la séparation, Steve retrouvant bientôt les joies de la prison. Permettant aux scénaristes d'aller toujours plus loin dans l'humour, livrant un film non politiquement correct tout à fait jouissif. Osant jouer de certains sujets des plus sensibles, donnant la part belle à deux comédiens de génie. Jim Carrey, s'imposant définitivement comme l'un des acteurs les plus doués du tout hollywood, et Ewan McGregor, bluffant et génial en amoureux transi, passant en clin d'oeil du petit compliment - "C'est la chose la plus romantique que l'on a fait pour moi" - à une attaque sexuelle en règle - "Fini le romantisme, place à la baise !". Réussite totale, merveille du genre, I Love You Phillip Morris l'est sans conteste, lui qui allie avec une intelligence folle humour corrosif, insolence et liberté salvatrice pour une histoire vraie, "vraie de vraie", capable de nous faire passer du rire aux larmes. Laissez vous séduire par ce couple atypique, vous ne le regretterez pas !




> Festival international de Cannes 2009: La Quinzaine des réalisateurs


Crédit photo: EuropaCorp Distribution

Par Limess - Publié dans : Cannes 2009
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PROCHAINEMENT POLYTECHNIQUE / NIGHTMARES IN RED, WHITE AND BLUE / BOY INTERRUPTED / ME AND ORSON WELLES / YOU WILL MEET A TALL DARK STRANGER / ALAMAR / IF I WANT TO WHISTLE, I WHISTLE / HOMME AU BAIN

11.08 DONNE-MOI TA MAIN / L'ARBRE / L'APPRENTI SORCIER / CHATROOM / THE KILLER INSIDE ME

04.08 UN POISON VIOLENT / L'HEURE DU CRIME

28.07 NIGHT AND DAY / ELLE ET LUI

21.07 INCEPTION / LA BLONDE AUX SEINS NUS / LE PREMIER QUI L'A DIT / CITE OF LIFE AND DEATH

14.07 PREDATORS / TOY STORY 3 / L'AUTRE MONDE / TAMARA DREWE / TAKING OFF / REPO MEN

07.07 TWILIGHT - CHAPITRE 3: HESITATION / PETITS MEURTRES A L'ANGLAISE / CENTURION / COPACABANA 

30.06 TOURNEE / SPLICE

23.06 KISS AND KILL / TOP COPS / TROP BELLE ! / DOG POUND / PUZZLE

16.06 AIR DOLL / LES MAINS LIBRES 

CONSEILS

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