Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /2010 17:49

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Sortie: 06 janvier 2010

> L'histoire: Séoul, 1975. Jinhee (Kim Saeron) n'a pas encore 10 ans quand son père la place dans un orphelinat. Commence alors pour une elle un tout nouveau départ, entre amitiés naissantes et séparations diverses, abandon et espoir d'une vie complètement différente...

Présenté hors compétition lors du dernier festival de Cannes, Une vie toute neuve, premier film de la réalisatrice Ounie Lecomte, s'apparente à une sorte de thérapie, la cinéaste y contant son histoire personnelle pour une plongée au coeur d'un orphelinat coréen. Présentant d'abord quelques brefs instants de la vie de Jinhee, Ounie Lecomte démarre très rapidement l'intrigue de son film, donnant à voir les préparatifs puis l'abandon de cette fameuse petite fille par un père visiblement à court de moyens. Occultant complètement la figure paternelle, à l'exception d'un dernier regard avant de disparaitre définitivement derrière les grilles, faisant alors du passé de Jinhee une figure fantomatique. Comme si l'on effaçait une ardoise avant de tout reprendre au début. Là est d'ailleurs le sujet central d'Une vie toute neuve ou comment faire de l'orphelinat un lieu entre deux mondes, entre l'abandon et l'adoption. Refusant complètement sa nouvelle condition, persuadée qu'il y a erreur sur la personne, Jinhee ne sera en ce sens pas une "pensionnaire" comme les autres, écartant totalement l'idée même de se retrouver dans une nouvelle famille. A la différence de ses camarades, prêtes à tout pour quitter cet endroit. Faisant de l'orphelinat un lieu d'errance, dans l'attente de quelque chose qui ne viendra peut être jamais... Dès lors, le film se construit autour de la figure de l'attente dans laquelle l'enfant se construit, des après-midi avec ses nouvelles amies, le vol de nourriture ou les soirées "voyance", les orphelins tirant chacun leur tour les cartes dans l'espoir d'entrevoir un bout de leur futur...

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Là où on pouvait attendre d'Une vie toute neuve une oeuvre plutôt racoleuse et très noire de part la difficulté de son sujet, Ouine Lecomte évite au contraire tout effet dramatique inutile, livrant un film extrêmement sobre et empli de vie, reposant non plus sur les enjeux dramatiques mais sur la performance de sa très jeune actrice, Kim Saeron. S'attachant uniquement aux effets d'humeurs de la petite Jinhee... Une qualité comme un défaut, Une vie toute neuve se révélant un film dans lequel le spectateur se retrouve lui-même dans l'attente de quelque chose, guettant les moindres indices scénaristiques laissant entrapercevoir la suite de l'oeuvre - une des chansons. Et c'est lorsque la cinéaste sort complètement des sentiers battus, laissant de côté ses réserves personnelles, que le film prend de son ampleur, à l'instar de cette scène incroyable où, consciente du peu d'opportunité que peut lui offrir la vie, la petite Jinhee préfère faire l'expérience de la mort en s'enterrant vivante, laissant sa jeune actrice aux prises d'une séquence à la noirceur implacable. Avant de retomber peu à peu dans la modération. A ce titre, si Une vie toute neuve est une oeuvre qui, malgré la puissance de son sujet, n'arrive jamais vraiment à décoller, il reste néanmoins un film véritablement attachant, à l'image de cette charmante mais triste comptine entonnée à chaque départ de l'un des orphelins...

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> Festival international de Cannes 2009: Hors compétition

Crédit photo: Diaphana Films

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Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /2010 12:28

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Sortie: 06 janvier 2010

> L'histoire: Juan (Armando Hernandez) et Pedro (Jorge Adrian Espindola), deux jeunes Mexicains, cherchent à émigrer clandestinement à New York. Pedro pense y retrouver son père, Diego (Jesus Ochoa), qu'il croît propriétaire d'un grand restaurant et dont il garde précieusement sur lui une lettre de sa mère, avec l'adresse de celui-ci. Mais pendant le voyage, Juan lui vole la lettre et décide d'usurper son identité. Se faisant passer pour son fils, il se présente à Diego, et découvre une toute autre réalité... De son côté, Pedro, perdu dans NY, rencontrera Magda (Paola Mendoza), une jeune femme paumée à qui il demandera de l'aider à retrouver son père...

Grand prix du jury au festival de Sundance 2007, Padre Nuestro s'inscrit dans cette vague de films sur l'émigration mexicaine sortis récemment, prenant inconsciemment le pas sur le Sin Nombre de Cary Joji Fukunaga. Car alors que ce dernier nous laissait dans l'incertitude quant au destin de son héroïne sur le territoire américain, Padre Nuestro fait de cette indétermination son point de départ. Pour son premier film, Christopher Zalla suit ainsi la destinée de deux jeunes mexicains que tout oppose, si ce n'est de se retrouver au même moment dans ce camion en partance pour New York. L'un avec l'espoir de retrouver son père, l'autre complètement à l'arrache. Et alors que le premier, Pedro, jeune garçon naïf et fragile se confiera à Juan, ce dernier profitera de l'occasion pour lui voler la lettre contenant toutes les informations afin de retrouver ce père, lui volant dès lors son identité. Construit, au premier abord, comme un thriller urbain sur fond d'émigration, Padre Nuestro met en parallèle les expériences de Juan et Pedro. Présentant, d'un côté, la relation naissante entre Juan et Diego, le père de Pedro donc, plongeur dans un restaurant de la ville, peu enclin à accepter son nouveau statu paternel. De l'autre, Pedro, complètement perdu dans l'immensité de cette ville, en prise à la misère et au désespoir, rencontrant sur son chemin Magda, une jeune toxico. Donnant à voir une vision sombre des bas fonds new yorkais où la communauté mexicaine aurait pris le pas sur les italiens, loin des grattes ciels et de l'Upper East Side.

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Là réside toute la force première de Padre Nuestro, Christopher Zalla démontant de manière frontale les illusions d'une jeunesse mexicaine, à la recherche d'un "american way of life" trop idéalisé. En fuyant l'Amérique du Sud, ceux-ci pensaient trouver une terre d'accueil propice à un avenir doré, de quoi déchanter assez rapidement. Et alors que le cinéaste aurait pu uniquement s'attacher à la question de l'émigration et des sans-papiers, celui-ci fait le choix audacieux de s'en détacher, ne s'accrochant dès lors plus qu'à la destinée humaine de tous ses personnages. Confrontant Juan et Pedro à l'ancienne génération d'émigrés, eux-mêmes victimes de leurs illusions perdues. Ainsi, alors que Pedro pensait trouver un père riche, directeur d'un grand restaurant, il ne trouvera que Diego, plongeur à ses heures, conservant le mieux qu'il peut son argent afin de rentrer sur le territoire mexicain le plus rapidement possible. Montrant à quel point les rêves des générations précédentes ont fini par perdurer en Amérique du Sud, malgré la réalité. Chronique sociale et politique, Padre Nuestro est ainsi une oeuvre particulièrement sombre et réaliste, où éclate, par moment, quelques instants plus légers, brisant le mythe du rêve américain. Et si l'on peut regretter le caractère très antipathique du personnage de Juan, véritable tête à claque, le film de Christopher Zalla s'avère un premier essai assez réussit, montrant une facette de New York, certes pas novatrice - il suffit de reprendre les oeuvres de Martin Scorsese -, mais peu représentée dans le cinéma actuel.

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> Festival du film de Sundance 2007: Grand prix du jury

Crédit photo: Tamasa Distribution

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Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /2010 09:00

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Sortie: 06 janvier 2010

> L'histoire:
Londres, 1818. Le jeune poète anglais de 23 ans, John Keats (Ben Whishaw), et sa voisine Fanny Brawne (Abbie Cornish) entament une liaison amoureuse secrète. Mais lorsque la mère de Fanny et le meilleur ami du jeune homme réalisent l'attachement qu'ils se portent, il est trop tard pour les arrêter...

Si elle reste à ce jour la seule femme à avoir été récompensé d'une palme d'or pour La leçon de Piano, Jane Campion ne se repose pas pour autant sur ses lauriers. Revenant cette année sur la croisette avec Bright Star, évocation partielle mais très fidèle de la vie du poète romantique anglais John Keats. La cinéaste y fait ainsi le portrait de deux jeunes créateurs marginaux que tout opposaient, Fanny, grande gueule et féministe avant l'heure, trouvant ses lettres de noblesse dans la couture, et John Keats, donc, homme fragile et timide, encore inconscient de son génie poétique. Deux personnes entières prêtes à se donner corps et âme dans le sentiment amoureux, quitte à s'y perdre eux-mêmes. Alors que la plupart des films tendent à mettre en scène la naissance du sentiment amoureux, Jane Campion fait elle le choix de s'intéresser à l'amour même, de ses beaux jours à la soumission qui en découle. Devenant pour chacun des personnages à la fois une délivrance et une profonde souffrance. Dès lors, tout est extrêmement pur dans Bright Star, la cinéaste faisant de l'amour l'élément essentiel de la vie de John et Fanny. Mais alors que celle-ci inspirera le jeune poète, elle sera aussi le catalyseur de tous ses maux, Keats ne trouvant hélas plus le temps d'écrire. Une histoire romantique à souhait avec laquelle Jane Campion ne fait pas forcément dans la dentelle, au point de facilement agacer les plus cyniques d'entre nous. Car Bright Star souffre malheureusement d'un scénario un peu maigre, reposant sur une succession de "je t'aime, moi non plus", passant de l'amour à la haine, de la haine à l'amour, de l'amour à... sur fond d'Angleterre du XIXe siècle...

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Mais ce manque visible d'intrigue ne cacherait-il pas autre chose ? Car le nouveau Jane Campion est avant tout une oeuvre sensorielle plus que charnelle, donnant la part belle à la nature. En situant son histoire dans la campagne anglaise, la cinéaste néo-zélandaise met ainsi en place une mise en scène proche du Marie-Antoinette de Sofia Coppola, magnifiant la nature environnante et son calme apaisant. Renforçant le moindre son aux alentours, du vent sifflant dans les arbres aux piaillements des petits oiseaux. Ici, on se couche dans les champs de lilas violets. On monte dans les arbres, trouver l'inspiration. On se réchauffe dès le moindre rayon de soleil apparent. A ce titre, Bright Star est un véritable ravissement, une délectation visuelle où les tons pastels se mêlent aux couleurs vives des tenues de Fanny. Dommage alors que la cinéaste, parfaitement à l'aise quant il s'agit de créer des plans d'une beauté ravageuse, n'en fasse pas de même en ce qui concerne son scénario, Bright Star décevant prodigieusement de part sa redondance scénaristique, au bord de l'épuisement. Une oeuvre longue, donc, assez lente et bien trop chaste, paradoxalement assez peu passionnelle pour un film sur la passion amoureuse. Reste son couple d'acteurs, la belle Abbie Cornish qui fait ici office de véritable révélation et Ben Whishaw, confirmant tout le bien que l'on pensait déjà de lui.




> Festival international de Cannes 2009: en compétition


Crédit photo: Pathé Distribution

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Mardi 5 janvier 2010 2 05 /01 /2010 10:24

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Sortie: 06 janvier 2010

> L'histoire: Dans l'Egypte ancienne, en plein déclin de l'empire romain, la philosophe et scientifique Hypatie (Rachel Weisz) tente de préserver les connaissances accumulées depuis des siècles au beau milieu des guerres de religion qui font rage. Parmi ses disciplines, deux hommes se disputent son amour: Oreste (Oscar Isaac) et le jeune esclave Davus (Max Minghella), déchiré entre ses sentiments et la perspective d'être affranchi s'il accepte de rejoindre les Chrétiens, de plus en plus puissants...

Présenté hors compétition lors du dernier festival de Cannes, Agora n'est pas à proprement parlé une oeuvre dite "dans la grande tradition des péplums". Certes, péplum - passionnant qui plus est - il y a, sauf qu'Alejandro Amenabar se débarrasse très rapidement des codes souvent imposés par les américains, rompant avec une mise en scène très carrée, très classique. Dans Agora, il filme le destin de trois personnages dans une Egypte au bord du gouffre, lors du déclin de l'empire romain. Hypatie, d'abord, philosophe et femme la plus influente de la ville, gardant inconsciemment sous son joug Oreste, l'un de ses élèves, et Davus, son esclave, tous deux désespérement amoureux d'elle. Sauf que nous sommes au IV après J.C et que les chrétiens, nouvellement reconnus dans l'empire, sont prêts à tout pour imposer leur religion... Quitte à en massacrer plus d'un. D'où le côté épique du film d'Alejandro Amenabar, le cinéaste espagnol multipliant les intrigues, puis les temporalités, créant une oeuvre foisonnante et dense, donnant la part belle à un nombre toujours plus croissant de personnages. Donnant aussi un grain de folie à ce qu'il se passe alors, passant des massacres des polythéistes par les chrétiens, puis des juifs par les mêmes chrétiens, montrant à quel point la religion ne favorise en aucun cas la tolérance. Là est la grande idée d'Alejandro Amenabar, le cinéaste se plaçant toujours au dessus des hommes, usant des effets vus du ciel, comme s'il était un scientifique observant ses petits cobayes. Comme si un peuple extra-terrestre regardait la terre d'en haut. Dès lors, en imposant une telle idée de mise en scène, le cinéaste semble ainsi prendre du recul sur l'action qui s'y déroule, comme s'il jugeait ses massacres ou du moins, comme si il se débarrassait de toutes connotations moralisatrices possible. Agora est ainsi un péplum qui montre les faits, rien que les faits, sans chercher à juger une religion plus qu'une autre, se mettant uniquement du point de vue humain.

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Dès lors, le film d'Alejandro Amenabar se construit comme un choc entre plusieurs croyances. La croyance religieuse, bien évidemment, montrant la facilité avec laquelle naissent les guerres de religion. Mais aussi la croyance amoureuse et scientifique. Suivant Davus, d'un côté, incarné par le très sexy Max Minghella, tiraillé entre ses idéaux, son envie de liberté et les sentiments qu'ils éprouvent pour sa maîtresse. Hypatie, de l'autre, la toujours excellente Rachel Weisz, plongée dans ses recherches afin de comprendre comment marche le système solaire. Il en découle d'ailleurs un étonnant suspense quant à savoir si elle arrivera à déjouer les mystères de l'univers. Essayant par tous les moyens de comprendre comment fonctionne les planètes et le soleil, à savoir qui tourne autour de qui, alors que nous sommes nous mêmes, spectateurs, en possession de ses connaissances depuis déjà plusieurs siècles. Ajouter à cela une réflexion sur la place de la femme dans la société, le pouvoir et sur la liberté et vous voici avec Agora, fresque historique consistante et concise, condensant à elle-seule les différents maux de nos sociétés actuelles. Et si l'on peut regretter que le cinéaste ne traite pas plus de la possible histoire d'amour entre Hypatie et Davus - malgré un final d'une beauté renversante - et un montage parfois bancal, Agora reste dans tous les cas un véritable exercice de style en ce qui concerne le genre du péplum, de quoi sans conteste en surprendre plus d'un. Captivant, exaltant et galvanisant.

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1. Rachel Weisz: Une arnaque presque parfaite
> Festival internationnal de Cannes 2009: Hors compétition

Crédit photo: Mars Distribution

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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /2010 16:40

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COUP DE COEUR

Sortie: 06 janvier 2010

> L'histoire: Bliss (Ellen Page), une adolescente rebelle vivant au Texas avec sa mère décide de participer à des concours de "Roller Derby" à Austin. Bliss va alors vivre des aventures passionnantes et très girly avec un groupe de filles tatouées.

Depuis ses quatre ans et son rôle si craquant dans le E.T. de Steven Spielberg, Drew Barrymore s'est toujours façonnée comme une personnalité joyeusement à part du système hollywoodien. Imposant ses rondeurs sans complexe dans une industrie très à cheval sur la minceur - maigreur ? -, ayant eu une adolescence particulièrement destroy, mettant des sous dans la production d'oeuvres auxquelles personne ne croyait jusqu'à ce qu'elles deviennent des objets de culte - Donnie Darko de Richard Kelly. Dire que son premier film en tant que réalisatrice lui ressemble comme deux gouttes d'eau n'est en aucun cas un euphémisme tant Bliss est exactement ce que l'on pouvait attendre d'une personnalité comme la sienne. Elle qui semble encore bien lovée dans sa bulle adulescente. Tout commence par un concours de beauté comme on en voit tant aux États-Unis, vantant les mérites d'une éducation digne de l'American Way of Life, produisant à la chaîne des petits monstres tranquilles et bien élevés. Jusqu'à ce que Bliss déboule sur scène, les cheveux malencontreusement bleus suite à un problème de teinture. Rejetant, dès lors, (in)volontairement les principes puritains prônés par sa mère. Rien de nouveau, donc, sous le soleil hollywoodien, Drew Barrymore s'inscrivant à merveille dans cette grande tradition des films adolescents où le passage à l'âge adulte s'accompagne souvent d'un rejet pur et simple des valeurs de la génération précédente. S'inscrivant aussi dans cette mouvance post "Festival de Sundance" et "Little Miss Sunshine", s'attachant à des personnages marginaux forcément bien plus cool que les autres...

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Réunissant la crème des actrices américaines à la réputation déjantée et décalée, de l'incroyable Juliette Lewis - dont je suis une très grande fan aussi bien cinématographiquement que musicalement - à Zoe Bell - cascadeuse chez Quentin Tarantino et héroïne de son Boulevard de la mort - ou Kristen Wiig - présente dans presque toutes les comédies, Appatow compris - et Drew Barrymore herself, Bliss joue surtout du capital sympathie de son actrice principale, Ellen Page, et du succès de Juno. Elle y campe un personnage attachant et extrêmement similaire, tee-short rock, meilleure amie foutraque et langue bien pendue, rejoignant une équipe féminine de "Roller Derby". Soit un sport assez violent tout en étant ultra féminin, le genre de distraction qui nous donnerait presque envie de nous remettre au sport... Presque ! De quoi prévoir surtout un lot de situations aussi barrées que survoltées, mettant en avant un petit esprit "girl power" très bon enfant où l'homme n'a pas forcément le bon rôle et où la femme peut enfin assumer sa part de masculinité. Alors, évidemment, rien de bien novateur dans Bliss, Drew Barrymore déroulant une intrigue téléphonée et attendue. Reste que le film est avant tout un excellent feel good movie à la B.O rock salvatrice, le genre de moments idéals pour commencer l'année de bonne humeur. Et ça, ça n'a pas de prix...

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1. Ellen Page: Juno / Smart People
2. Marcia Gay Harden: Into the wild
3. Ari Graynor: Une nuit à New York

Credit photo: Metropolitan FilmExport

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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /2010 13:15

Quoi de mieux que de commencer l'année en fanfare en gagnant des places de cinéma pour le très bon film de Raymond de Felitta, CITY ISLAND. Premier grand rôle comique pour le charismatique Andy Garcia. Pour cela, rien de plus simple, il vous suffit de me donner le titre exact de l'un des films suivants (un et un seul afin de laisser de la chance aux autres) en me laissant un commentaire avant le 17 janvier 2010. Enjoy !



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1. Tokyo Sonata / Céline

n2


2. Les Noces rebelles / Platinoch

n3
3. Un conte de noël / King 72

n4

4. Gilbert Grape / Les nouveaux cinéphiles

n5


5.

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Dimanche 3 janvier 2010 7 03 /01 /2010 08:00

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Sortie: 30 décembre 2009

> L'histoire: Paris, 1913, Igor Stravinsky (Mads Mikkelsen) présente le Sacre du Printemps à Paris, représentation houleuse à laquelle assiste la couturière Coco Chanel (Anna Mouglalis). Plusieurs années plus tard, suite à la révolution russe, celle-ci lui propose de venir vivre chez elle avec sa famille, le temps de retrouver l'inspiration... Commence alors une liaison passionnée entre les deux créateurs...

De Frédéric Beigbeder à Coco Chanel, il n'y a qu'un pas pour Jan Kounen, cinéaste français éclectique en perpétuelle évolution. Passant des immeubles high tech et autres soirées branchées à la maison de campagne d'une jeune couturière, bientôt spectatrice d'une romance aussi destructrice que salvatrice. Coco Chanel et Igor Stravinsky. Deux artistes de leur temps. L'une dans la mode, l'autre dans la musique, révolutionnant un art chacun de leur côté. Créant une nouvelle composition musicale ou un parfum à l'essence bientôt légendaire. Sans s'attacher pointilleusement à la relation naissante entre ces deux personnages, Jan Kounen fait d'abord le choix judicieux de se placer de trois points de vue différents: Igor, Coco et Catherine, la femme de celui-ci, spectatrice impuissante d'une attirance beaucoup plus physique qu'émotionnelle. Car alors que les enfants jouent dans le jardin, celle-ci guettera le moindre silence assourdissant, envahissant la maison à l'orée des ébats des deux amants. Et comment lutter contre une femme comme Coco, indépendante, libre et lumineuse quant on est soi même malade et à la charge de celui qui se dit encore notre époux. Dès lors, le cinéaste choisit de donner à Coco Chanel le mauvais rôle, celui de la mante religieuse sans scrupule, prête à tout pour assouvir ses désirs les plus bas... Pour la création ? Car là réside tout l'enjeu de l'oeuvre de Jan Kounen: donner à voir la naissance de l'acte créateur à travers celle d'une relation tumultueuse, de la passion puis la frustration créées par Coco Chanel chez Igor Stravinsky. Et alors que celle-ci se nourrit de son influence afin de faire évoluer sa ligne de vêtement, elle poussera volontairement le compositeur dans des souffrances les plus extrêmes, dans le but ultime de servir encore et encore ses compositions à venir. Ainsi, si l'on peut voir dans Coco Chanel & Igor Stravinsky une peinture peu reluisante de la créatrice, le film propose aussi une tout autre lecture et un autre portrait possible, faisant de Coco Chanel un être entier, prêt à tout pour l'acte créateur, quitte à en faire souffrir plus d'un...

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Sur un rythme plutôt lent et au combien envoûtant - à l'image de ces multiples symboles psychédéliques reprenant les couleurs Chanel - et de façon tout à fait épurée, Jan Kounen évite avec intelligence le biopic pur au profit d'un portrait en filigrane, faisant d'Igor Stravinsky le miroir de la personnalité de Coco Chanel. Elle est une femme de prestance, imposante, sûre d'elle, à la manière dont elle capte instantanément son attention avant de lui proposer de manière très directe de s'installer chez elle. Indépendante et complètement libre, ne se souciant pas de ce que l'on peut penser d'elle, ni de ses actes. Elle est aussi une femme de caractère, ne faisant que ce qu'elle souhaite, provoquant sans complexe Stravinsky alors que son épouse l'attend à l'étage. Et, c'est quand celui-ci sombrera petit à petit dans les joies de l'alcool, s'enfermant progressivement dans sa musique - magnifiques séquences où l'on découvre un Stravinsky couché dans l'herbe, cherchant l'inspiration au milieu de la nature - que la figure de Coco Chanel explosera, elle qui apparaîtra alors comme une femme à la fois froide mais d'une grande détermination, soit une personnalité très complexe dont le succès professionnel et personnel n'est en fait que la suite logique. Dans ce rôle, Anna Mouglalis, elle-même égérie Chanel depuis plusieurs années, est à ce titre la perfection même, s'imposant à l'écran par son physique longiligne, sa voix grave et sa très grande prestance. Prenant l'ascendant sur son partenaire, le très attendrissant Mads Mikkelsen, attachant en petit homme pris dans les filets de l'araignée Chanel. Ainsi, si le film de Jan Kounen tisse les liens d'une attirance physique et intellectuelle, dénuée de sentiments, il en découle une oeuvre d'une grande froideur mais d'une élégance folle, à l'image de cette héroïne, de la marque qu'elle représente et des tenues si célèbres qu'elle crééra au long de sa carrière. Soit un long métrage particulièrement surprenant, d'autant plus venant de ce cinéaste ci - 99 F étant l'opposé même - bercé par une superbe composition musicale signée non pas Stravinsky mais Gabriel Yared...

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> Festival international de Cannes 2009: Film de clôture

Crédit photo: Wild Bunch Distribution

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Samedi 2 janvier 2010 6 02 /01 /2010 23:49

Ah, les joies de la trêve hivernale, bercée par les fêtes de noël et du jour de l'an. Période idéale pour manquer à tous ses engagements envers son blog, au point de zapper totalement les sorties cinéma et les critiques de films. Mais afin de commencer cette nouvelle année sur de bonnes bases, quoi de mieux qu'un petit billet de retard autour de trois films vus et sortis pendant les fêtes, histoire d'effacer l'ardoise et de repartir à zéro. Une très belle année à vous tous et à très vite sur "Une dernière séance ?" !

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* Le Soliste / Soloist / Joe Wright


(Sortie: 23 décembre 2009)

Pour son expatriation aux États-Unis, Joe Wright, dont j'avais adoré les adaptations de Orgueil & Préjugés et Reviens-moi, s'attaque à celle des chroniques d'un journaliste, contant sa rencontre avec un jeune violoniste SDF. Soit une oeuvre particulièrement bancale mais non moins intéressante, ne sachant pas très bien sur quel pied danser, incapable de choisir entre le pur "produit" à oscar ou le film moins prétentieux. A l'instar de ses deux interprètes, Robert Downey Jr, impeccable dans une composition tout en subtilité et Jamie Foxx, incapable de faire dans le leger. Il en découle un film assez humble mais un poil moralisateur, nous plongeant dans les bas fond d'un Los Angeles peu cinématographique, entre fable humaniste et oeuvre cataloguée "histoire vraie".

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* Tetro / Francis Ford Coppola


(Sortie: 23 décembre 2009)

Quiconque ayant connaissance de mon top de l'année sait que Tetro est une oeuvre qui m'a particulièrement bousculé. Au point de se retrouver, tout simplement, n°1. Retour en fanfare, donc, pour Francis Ford Coppola qui, a près de 70 ans, nous livre une oeuvre virtuose, libre et surprenante, tel un film d'un jeune cinéaste fougeux tout juste sorti de son école. Prêt à tester toutes les possibilités de sa caméra. Il en résulte un long métrage absolument grandiose, proposant autant d'idées folles sur le plan visuel que scénaristique. Coppola livre ainsi une histoire digne d'un grand soap opéra autour du thème de la paternité et de la transmission, passant du noir et blanc argentique à un ballet en couleur, donnant le beau rôle au très sexy Alden Ehrenreich (le nouveau Dicaprio qu'on vous dit !) tout en imposant Vincent Gallo comme l'un des plus grands acteurs de son temps. Un chef d'oeuvre instantané pour Coppola, dans la lignée de son Rusty James, de quoi lui prédire une très belle seconde carrière à venir.

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* La Merditude des choses / Felix Van Groeningen

(Sortie: 30 décembre 2009)

Ah, les joies de la Belgique et du festival de Cannes. Qui a foulé la croisette cette année n'a pu passer à côté de La Merditude des choses, suivant les aventures alcoolico-familiales d'une tripotée de frères, autour de la figure du fils de l'un d'entre eux. Un film plutôt attachant de part le capital sympathie automatique de l'oeuvre et sa galerie de personnages échappés du Groland. Ici, on fait la fête sans modération, passant d'un concours de bières, d'une course de vélo à poil à un tour de France de l'alcool d'où ils résultent en permanence des situations toujours plus dramatiques. Arrivant sans cesse sans crier gare. Soit un long métrage joyeusement pathétique, drôle, émouvant et attendrissant. La bonne surprise de la semaine !

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