Samedi 24 janvier 2009 6 24 /01 /2009 13:20




Sortie: 7 janvier 2009

> L'histoire: Josh est un adolescent ordinaire, vivant dans une banlieue industrielle, entre le lycée et le skate park. Un matin, il trouve son ami Thomas sans vie. Comme trois autres de leurs amis, celui-ci vient de se donner la mort. Dès lors, Josh se coupe du monde. Seuls Mia, l'ex petite amie de l'un des disparus, ainsi que le père de Thomas, Henri, semblent réussir à percer sa bulle. Certaines réponses viendront; d'autre pas. L'histoire de Josh n'est ni une fable morale, ni une critique sociale désespérée, c'est l'histoire d'un survivant. Le portrait d'une bande de jeunes, tragique et idéaliste. Un regard humble sur leur part d'ombre vertigineuse, mais aussi sur leur lumière aveuglante.

Difficile pour un film comme Everything is fine d'échapper à la lourde comparaison aux oeuvres de Gus Van Sant, tant la mise en scène et le sujet choisi semblent sous influence. Suicides et ados mal dans leur peau. Réalisation lente et musique psychédélique en action. Autant de similitudes que le réalisateur, Yves Christian Fournier, arrive pourtant à dépasser en imposant une réelle atmosphère, assez oppressante et passablement déprimante. Everything is fine suit ainsi la déroute de Josh, un ado tranquille, qui après le suicide de ses cinq amis les plus proches, tente de continuer sa vie le plus normalement possible. Malgré les séances chez le psy qui ne mènent à rien et le désespoir des parents qui l'entourent. Josh va trouver en la personne de Mia une alliée insoupçonnée contre la déprime ambiante qui l'attend les bras ouverts et reprendre progressivement goût à la vie.


Si le film d'Yves Christian Fournier n'arrive jamais vraiment à décoller, il puise néanmoins sa force dans la peinture qu'il fait du malaise adolescent, entre moments douloureux et joyeux. L'oeuvre trouve ainsi le bon ton à travers les scènes où Josh sort de sa torpeur, lors de ses après-midi avec Mia. Des séquences d'une poésie rare, malheureusement un peu occultées par le reste du film. La tristesse et les déambulations du héros reprenant leurs places initiales dans un schéma narratif assez attendu. Sans être exceptionnel, Everything is fine reste un film plutôt pas mal qui ne tombe jamais dans la facilité du pathos. Tirant le portrait de cet adolescent avec beaucoup de pudeur et d'humilité. Le casting s'avère lui impeccable, à commencer par la révélation du "magnétique" Maxime Dumontier et la jolie Chloé Bourgeois. Une oeuvre sensible, donc, à l'atmosphère assez étrange et qui s'avère plutôt appréciable dans l'ensemble...

 


> Festival du film de Berlin 2008: sélection Panorama
> Festival du film francophone d'Angoulême: Valois du meilleur acteur
> Festival du film de Sarlat: Grand prix de la jeunesse
> Festival musique et cinéma d'Auxerre: Coup de coeur du jury


Crédit photo: UGC

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /2009 10:39



Sortie: 14 janvier 2009


> L'histoire: 1969 : Kenji et sa bande de copains passent leurs vacances d'été à rêver de l'exposition universelle d'Osaka et à s'inventer un scénario catastrophe de fin du monde depuis une base secrète improvisée dans un terrain vague. A cette époque, Kenji voulait devenir une rock star et sauver l'humanité. 1997 : Kenji aide sa mère dans la supérette de quartier tout en jouant la baby-sitter pour sa nièce Kanna. Ses rêves de gamin resurgissent lorsque la police le questionne sur une mystérieuse organisation dont le symbole serait identique à celui inventé dans le "cahier des prédictions" de sa bande lorsqu'il était enfant. Le compte à rebours commence, la fin du monde est proche...

Réalisé par Yukihiko Tsutsumi, 20th century boys est l'adaptation du manga éponyme, très en vogue chez les fins connaisseurs, créé en 1999 par Naoki Urasawa. Intitulé "L'avénement", ce film est le premier épisode d'une gigantesque trilogie, mise en chantier à l'initiative de la Nippon Television Network Corporation. Une forme qui, si elle parait banalisée dans nos productions occidentales, est, en fait, rarissime dans l'histoire de la cinématographie japonaise...

20th century boys situe sa trame principale entre 1969 et 2000. La première date étant celle de l'exposition universelle, la seconde, de la supposée fin du monde imaginée par Kenji. Le film suit ainsi les aventures de ce personnage naïf et attachant, d'abord enfant, écrivant et dessinant des histoires à dormir debout pour divertir ses copains. Puis, adulte, plongé au sein d'une conspiration mystérieuse qui souhaite mettre à exécution tout ce que celui-ci a imaginé par le passé. Une idée originale qui fait de ce film une oeuvre à l'histoire dense et fouillée que le réalisateur tente de simplifier au maximum par sa mise en scène. Il joue ainsi d'effets de répétitions d'une même image et de superposition de flash-back, permis grâce à la mise en place d'un montage ultra dynamique. Un procédé qui, si il est parfois agaçant, permet aux plus néophytes d'entre nous - comme moi - de profiter pleinement de cette histoire rocambolesque et ô combien passionnante.

 


Si le film fonctionne parfaitement, c'est qu'il est porté par une folie qui donne à l'ensemble une fraîcheur et une drôlerie inattendue. 20th century boys est une oeuvre qui ne se prend jamais au sérieux, jouant de ses effets spéciaux à petit budget et de ses décors et costumes outranciers. De quoi créer un univers totalement barré où les acteurs se retrouvent en roue libre - voir le surjeu de l'acteur principal, Toshiaki Karasawa -, rythmé par une musique rock des plus entraînantes. Contre toute attente, le film se révèle ainsi être une bonne surprise, par son côté à la fois drôle et décalé, qui rappellera aux plus nostalgiques d'entre nous le kitsch d'un vieil épisode des Power rangers. Une bonne humeur communicative qui fait de cette oeuvre un bon remède contre la déprime ambiante, et qui malgré sa longueur - 2h20 - s'impose à nous comme le petit ovni de la semaine !




Crédit photo: Eurozoom

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
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Lundi 19 janvier 2009 1 19 /01 /2009 21:30




Sortie: 14 janvier 2009

> L'histoire:
 Jamal Malik, 18 ans, orphelin vivant dans les taudis de Mumbai, est sur le point de remporter la somme colossale de 20 millions de roupies lors de la version indienne de l'émission Qui veut gagner des millions ? Il n'est plus qu'à une question de la victoire lorsque la police l'arrête sur un soupçon de tricherie. Sommé de justifier ses bonnes réponses, Jamal explique d'où lui viennent ses connaissances et raconte sa vie dans la rue, ses histoires de famille et même celle de cette fille dont il est tombé amoureux et qu'il a perdue. Mais comment ce jeune homme est-il parvenu en finale d'une émission de télévision ? La réponse ne fait pas partie du jeu, mais elle est passionnante.

Danny Boyle est un formidable touche à tout. C'est du moins le constat que l'on peut faire au fil des années et des oeuvres où le réalisateur s'est essayé à plusieurs genres relativement différents. Aussi à l'aise dans la science fiction - Sunshine - quand dans le drame social - Trainspotting -, il revient sur le devant de la scène avec un film hommage au cinéma bollywoodien, Slumdog millionaire, où il renoue avec l'un de ses thèmes fétiches: l'argent et ses "petites" conséquences.

Slumdog millionaire, c'est, avant tout, une adaptation. Celle des Fabuleuses aventures d'un indien malchanceux qui devint milliardaire, écrit par Vikaz Swarup, un écrivain indien qui cherchait à donner, à travers ce portrait coloré, une certaine vision de son pays. Que ce soit un occidental qui reprenne les rennes crée une certaine distanciation par rapport aux coutumes locales, qui paraissaient alors pour Swarup comme tout à fait quotidiennes. Le regard neuf de Boyle et de son scénariste permet de nous faire découvrir une nouvelle culture et de donner un côté décalé, mais tout a fait bienveillant, à des traditions et des conditions de vies qui nous semblent bien lointaines...


Le film de Danny Boyle fonctionne tout d'abord sur la mise en place d'un dispositif alambiqué, mêlant trois présents de narration différents. Il y a d'abord celui du jeu, où Jamal, charmant gamin des rues, tente sa chance comme n'importe quel autre avant lui. Puis, celui de l'interrogatoire, où le même jeune homme se retrouve soumis à une batterie de question par des policiers qui tentent de comprendre comment il aurait pu tricher. Celui de ses souvenirs, enfin, présentés de manière chronologique afin d'expliquer comment Jamal a pu répondre aux différentes questions en se servant de son histoire personnelle. Les détracteurs des petites invraisemblances noteront que "comme par hasard", toutes les questions concordent avec l'ordre des événements de son passé. Les autres répliqueront qu'on laissera cet argument critique pour le livre, dont le film ne fait qu'appliquer le schéma.


A tout point de vu, Slumdog millionaire se révèle être, au départ, un film vraiment efficace, mêlant à un montage ultra dynamique une explosion de couleurs et de musique. A tel point que la réalisation de Boyle prend parfois des formes clipesques, donnant à l'oeuvre un vrai style visuel totalement assumé. Tout le début du film se trouve ainsi porté par cette énergie et cette fraîcheur qui émane à la fois du sujet, des paysages et des acteurs principaux. Notamment le jeune Dev Patel, révélé par la série Skins. Tant et si bien que l'on se laisse bercer par cette fable à la fois douce et cruelle... jusqu'au point de non retour ! Car aussi excellente que puisse être la première partie de l'oeuvre, Danny Boyle se laisse vite gagner par la surenchère d'effets, qu'ils soient dramatiques ou simplement visuels. Ce pathos, que l'on perçoit lors de la mort de la mère, n'étant en fait qu'une introduction à la mièvrerie de l'histoire d'amour qui suit, porté par des ralentis plombants et des dialogues plutôt guimauves. Pire, tout ce qui faisait la force des débuts finit doucement par nous agacer, à tel point que l'on sature totalement. Le film perd alors de son génie pour ne devenir plus qu'une longue tentative d'argumentaire philosophique, où l'on mettrait la vie sur le même pied d'estale qu'un jeu. Le bonheur, même si prévisible, se jouant finalement au quitte ou double... Un revirement de situation qui fait de ce Slumdog millionaire un vrai fourre-tout, aussi bien sur le fond (la multitude de genres) que sur la forme (Boyle s'essait à tout) et qui, s'il semble ravir la majorité (vainqueur aux goldens globes, sérieux candidat aux oscars) se révèle, en fait, n'être qu'une oeuvre purement surestimée...



> Toronto international film festival 2008: People's choice award
> Golden globes 2009: Meilleur film dramatique, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleure musique originale
> Oscars 2009: Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario adapté, meilleure photographie, meilleur son, meilleur montage, meilleure chanson / Nominations meilleur montage sonore, meilleure chanson, meilleure musique
> BAFTA 2009: Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario adapté, meilleure musique, meilleure photographie, meilleur montage, meilleur son / Nominations meilleur acteur, meilleure actrice dans un second rôle, meilleurs décors


Crédits photo: Pathé distribution

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
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Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /2009 12:03




Sortie: 14 janvier 2009

> L'histoire: Une famille disloquée à force de petits secrets devenus de gros mensonges tente désespérement de rester unie en refusant d'affronter la vérité. Pour ne pas avoir à endurer des épreuves et des responsabilités trop lourdes, elle choisit de nier cette vérité, en refusant de la voir, de l'entendre ou d'en parler, comme dans la fable des "trois singes". Mais jouer aux trois singes suffit-il à effacer toute vérité ?

Les trois singes
, c'est avant tout une rencontre. Celle d'une spectatrice - en l'occurence moi - avec un réalisateur, Nuri Bigle Ceylan, dont le nom m'avait été soufflé plusieurs fois à l'oreille. Sans que je ne m'attarde plus sur l'une de ses oeuvres. Une erreur que je comble aujourd'hui avec la sortie de son nouveau film, fraîchement récompensé du prix de la mise en scène au dernier festival de Cannes.

Tout commence par la mort d'un anonyme, commise par un politicien lors d'un accident de voiture. Conscient que cette affaire pourrait éclabousser sa carrière en pleine ascension, celui-ci propose à son chauffeur un terrible marché: aller en prison à sa place contre une grosse somme d'argent. Le début du film de Ceylan en décontenancera plus d'un en omettant volontairement de montrer l'action principale. L'accident est ainsi une affaire de son, de hors champ et de jeux de lumières sombres. Comme si l'histoire était ailleurs. Le réalisateur joue avec les codes des genres cinématographiques, mettant en scène un prologue digne d'un film policier. Avant de recentrer son action sur d'autres personnages, la famille du chauffeur, et de créer une drôle de tragédie. Les trois singes est ainsi, avant tout, une référence à la fable de Confusius, prise ici de manière péjorative. Les protagonistes refusant de voir, d'entendre ou de dire la vérité.


Ce film se caractérise par une sorte de pessimisme et de fatalité ambiant qui le traversent, les personnages faisant du mal à leur famille alors qu'ils tentent de la protéger. Tout est affaire de non-dits et de silences oppressants, chaque scène, chaque phrase débordant d'une intensité dramatique incroyable. Comme au bord de l'explosion. Tant et si bien que l'oeuvre rappelle celles de Bergman, mettant en place un cinéma de la cruauté d'une noirceur insoupçonnée. Ceylan travaille ici sur les effets de rythmes, laissant tourner sa caméra pour capter la moindre parcelle d'émotions. Construisant sa mise en scène sur des écarts brusques entre ses acteurs et la caméra, tantôt proches, tantôt éloignés, comme si il cherchait à créer deux univers distincts, d'un côté celui de l'intime et de l'autre, du voyeurisme. Les trois singes est alors une oeuvre du ressentit qui donne du fil à retordre à tout essayiste qui voudrait mettre des mots sur ce qu'il a vu...


D'ailleurs, peut importe que l'on adhère où pas à l'intrigue. Une chose mettra tout le monde d'accord: Ceylan n'a pas volé son prix de la mise en scène. Avant d'être un réalisateur d'exception, il est surtout un formidable artiste, au sens le plus noble du terme. Par l'utilisation d'une caméra numérique et un travail de postproduction sur la désaturation des couleurs, le réalisateur crée ainsi une oeuvre à la photographie rare et magnifique. Regarder Les trois singes, c'est un peu comme contempler le tableau d'un grand maître. On se prend à bien écarquiller les yeux afin de capter la moindre parcelle de lumières, de couleurs ou d'ombres, tandis que le plus petit rayon de soleil vient nous chatouiller la peau. Une expérience des sens à l'état pur et qui, malgré la présence de longueurs qui viennent plomber le tout, font de ce Trois singes là une oeuvre définitivement à part.




> Festival international de Cannes 2008: Prix de la mise en scène


Crédits photo: Pyramide distribution  

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /2009 17:46




Sortie: 7 janvier 2009

> L'histoire: Isabella Swan, 17 ans, déménage à Forks, petite ville pluvieuse dans l'Etat de Washington, pour vivre avec son père. Elle s'attend à ce que sa nouvelle vie soit aussi ennuyeuse que la ville elle-même. Or, au lycée, elle est terriblement intriguée par le comportement d'une étrange fratrie, deux filles et trois garçons. Bella tombe follement amoureuse de l'un d'eux, Edward Cullen. Une relation sensuelle et dangereuse commence alors entre les deux jeunes gens : lorsque Isabella comprend que Edward est un vampire, il est déjà trop tard.

Difficile de passer à côté de Twilight, véritable phénomène outre-atlantique, arrivant en France à la suite d'une campagne publicitaire ravageuse faisant passer l'ovni cinématographique au rang d'une des plus grosses attentes de cette rentrée 2009. Adapté du best-seller de Stéphanie Meyer, Twilight tend ainsi à prendre le pas sur Hight School Musical et autres Harry Potter, dans le coeur des midinettes, en reprenant à son compte les codes des séries et oeuvres pour teenagers. L'héroïne est une ado ordinaire, un brin rebelle et marginale, plongée au coeur d'une aventure extraordinaire mêlant sentiments et fantastique. Si certains reconnaîtront ici l'un des grands thèmes d'Alfred Hitchcock, ce point de départ permet surtout de lancer une belle romance, rejouant la carte de l'amour impossible, associant danger et premiers émois. De quoi rappeler à notre mémoire nostalgique quelques couples de notre adolescence, type Max et Liz (Roswell) ou Buffy/Angel (Buffy contre les vampires) et de faire frémir, d'avance, notre petit coeur d'artichaut, qui, lui, au fond, réagit toujours comme une gamine de 14 ans !


Mettons les choses au clair d'emblée: Twilight n'est pas un bon film. Du moins, formellement parlant. Catherine Hardwicke, pourtant auteur du très percutant Thirteen, semble ici ne pas être à l'aise avec sa caméra, multipliant les effets de style de manière outrancière, préférant les envolées lyriques de l'image vers le ciel plutôt que de nous montrer les premiers rapprochements. Au point de créer un véritable sentiment de frustration, heureusement vite satisfait... Les effets spéciaux, eux, sont ultra kitsch, tant et si bien que l'on finit par se demander où est passé le budget. Les choix musicaux assez faciles, multipliant les titres IN afin de contenter un public déjà trié sur le volet. Que dire enfin de ses effets de montage, jouant sur les ralentis et le rythme, ou la maigreur des personnages secondaires ? Pas grand chose, en vérité, car avouons-le... Nous ne sommes pas venus pour ça !



Peut importe les défauts, Twilight est une oeuvre qui fonctionne grâce à la puissance de son couple central. Bella et Edward. Couple parfait par excellence où le vampire apparaît comme la version moderne du prince charmant, autant capable de sauver sa belle que de lui jouer un air de Debussy - "Oui, je sais, c'est d'un kitsch mais c'est si bon !". Kristen Steward et Robert Pattinson, deux révélations, la première donnant une innocence à son personnage, le second faisant grimper la température dès qu'il envahit l'écran. Deux heures durant, le film nous transforme ainsi à nouveau en ado boutonneuse, toutes hormones dehors, le coeur gonflé par l'envie de s'acheter un poster ! Tellement happer par l'intrigue qu'on en oublierait d'être objectif... Tant pis, Twilight aura au moins eu le mérite de nous vider la tête tout du long et de nous faire zapper le fait que nous nous sommes fait avoir par une oeuvre qui n'a, en soit, pas grand chose de cinématographique... Mais ça... On ne le criera pas trop fort !





1. Kristen Steward: Into the wild


Crédit photo: SND 

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
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Vendredi 9 janvier 2009 5 09 /01 /2009 10:45




> L'histoire: Dans un bourg italien près de la mer, à l'heure du fascisme triomphant, les enfants traînassent, cherchant des victimes pour leurs blagues innocentes. L'un d'eux va connaître, en l'espace d'une année, une série d'expériences tour à tour drôles, savoureuses et poignantes.

Si Fellini donne à son film le nom d'Amarcord, c'est qu'il signifie en patois "Je me souviens" et colle parfaitement à l'atmosphère de cette oeuvre emplie de nostalgie. Nous sommes dans les années 30, au sein d'un petit village italien
qui semble coupé du monde. Un endroit idéal pour le réalisateur qui y plante un nouveau chapiteau de cirque imaginaire où les habitants deviennent alors, sous nos yeux, de véritables forrains. L'occasion pour lui de dresser le portrait d'une époque, entre insouciance et réalité d'un régime fasciste bien ancré dans les mentalités.

Le film suit les tribulations de Titta, un adolescent agité, en plein éveil sexuel, et de tous les joyeux lurons qui gravitent autour de lui. Il y a d'abord sa famille, au bord de l'explosion, entre un père colérique, un oncle collabo et une mère qui jure de tous les tuer. Les copains, ceux avec lesquels il fait les 400 coups, au propre comme au figuré, tant l'oeuvre de Fellini retrouve l'innocence et la liberté de celle de François Truffaut. Les profs, ensuite, tous plus caricaturaux les uns que les autres, vantant sans cesse les mérites du régime en place. La Gradisca, enfin, ce fantasme de tous, sorte d'hybride de la femme fatale mais qui ne rêve, en réalité, que de mariage. Et puis, il y a tous les autres, ceux que l'on ne reconnaît que par des surnoms: le marchand ambulant mythomane, l'accordéoniste aveugle, la fille sauvage... Autant de personnages que Fellini expose dans les rues de la ville, les transformant, parfois, en monstres de foires. La démesure de leurs caractéristiques physiques prenant plus de place que leurs personnalités. Que ce soit les seins de la buraliste ou les fesses rebondis des femmes, moulées dans des vêtements serrés.


Tous cohabitent ainsi, au rythme des célébrations et autres fêtes du village. Comme enfermés dans une bulle colorée où rien ne pourrait les atteindre. Lorsque les aigrettes virevoltent dans les airs, annonçant l'arrivée du printemps, on se rassemble sur la place publique pour brûler une sorcière de paille. Tandis que les pétards claquent, les femmes s'exposent et les hommes blaguent entre eux. L'atmosphère est bonne enfant. Trop, peut-être même, comme dans un lointain souvenir qu'un vieux garçon chercherait à se remémorer. Le temps passe, la saison avec. L'heure est à nouveau à la fête, les habitants ressortent de leurs placards leurs chemises noires. Nous sommes dans l'Italie fasciste. La force de l'oeuvre de Fellini est de faire du fascisme et du régime politique une toile de fond invisible qui apparaît sur le devant de la scène de manière inattendue, créant une drôle d'opposition entre l'insouciance et la joie de ses habitants et la réalité historique, passée ici sous silence. Car du régime fasciste, Fellini ne montre volontairement que l'aspect festif afin de rendre compte de la naïveté dans laquelle vivait ce village. Lors de leurs fêtes, tournées au ridicule par la virtuosité de la mise en scène, Mussolini apparaît sous forme de couronne de fleurs et donne son approbation au mariage fantasmé d'un des adolescents. 99% de la population est adhérante au régime, tout semble aller dans le meilleur des mondes. Du moins, en apparence, car quand résonne l'internationale communiste du haut de l'église, les autorités ne savent pas comment réagir, si ce n'est d'ouvrir le feu et de torturer le dernier pourcent qu'il reste. Soit, le père de Titta.


Il y a, chez Fellini, une volonté de mettre en avant la démesure et la décadence du régime et l'infantilisation que subissait la population dans le but de rendre la critique plus mordante. Car quand un faux pas arrive, un syndrome bipolaire prend alors la ville en grippe, qui réagit d'abord excessivement avant de tout oublier par le divertissement. C'est un message heureux relayé par le cinéma. La célébration des symboles du pouvoir, comme le Rex, immense paquebot représentant la puissance économique de l'Italie... Une insouciance que Fellini écorche progressivement, le temps amenant toujours son lot d'événements. Car, aussi rose que peut-être la bulle dans laquelle vivent les habitant, les malheurs frappent et les changement se révèlent inévitables. Alors quand vient l'heure des nouvelles aigrettes, bouclant ainsi le cycle des saisons, la chronique douce se fait lentement amère, les habitants prenant peu à peu conscience que rien ne sera plus jamais comme avant. Peut importe les efforts pour. La gradisca se marie, brisant les rêves éveillés de tout les adolescents. Et tandis que le village nous dit au revoir, Tita, lui, est déjà parti, comme résigné par tout ce qui se passe autour de lui. Lorsque le générique fait son apparition, l''arrière goût aigre se transforme en une agréable sensation, celle d'avoir vécu un grand moment de cinéma, bercé par la célèbre musique de Nino Rota.




> Oscars 1976: nomination meilleur réalisateur


Source image: allociné

Par Limess - Publié dans : Ciné-club
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Mercredi 7 janvier 2009 3 07 /01 /2009 14:32




Sortie: 7 janvier 2009

> L'histoire:  26 novembre 1956 : Fidel Castro embarque pour Cuba avec 80 rebelles. L’offensive se solde par un massacre : seuls douze hommes en réchappent, dont le Che (médecin du groupe) et Castro. Réfugiés dans la Sierra Maestra, les «barbudos» déclarent la «guerre totale» au régime de Batista. Guevara prouve ses qualités de combattant et se rend indispensable à ses compagnons. La résistance s’intensifie, gagne toute l’île.

Comment ne pas être pris au dépourvu en découvrant que le Che de Soderbergh n'est pas le blockbuster que certains voulaient déjà nous vendre ? Une bonne surprise, donc, pour un personnage qui, s'il est devenu une icône commerciale, son effigie se retrouvant sur toutes les poitrines des midinettes, reste l'une des figures majeurs de l'histoire politique mondiale. Et qui mieux que Soderbergh aurait pu prendre à ce point le contre pied de ce que l'on attendait, lui qui fait figure d'ovni dans l'industrie cinématographique hollywoodienne, touchant aussi bien à des projets expérimentaux (Bubble) que purement commerciaux (la trilogie Ocean's). Et ce n'est pas fini... D'une, le Che n'est pas à proprement parler un biopic, la première partie ne s'attachant qu'à l'engagement de Guevera au côté de Fidel Castro, dans les campagnes cubaines, entrecoupé de ci de là par des brides de son voyage à New York en 1964. Autre pied de nez aux studios, qui devaient déjà se frotter les mains, le film a été tourné entièrement en espagnol, malgré la présence de têtes d'affiches toutes bilingues. Enfin, le Che, c'est avant tout une oeuvre d'une grande puissance artistique, Soderbergh revenant à une mise en scène plus naturaliste, privilégiant une réalisation au plus près des acteurs et une photographie naturelle qui en est éblouissante.


Pourtant, et de manière surprenante, c'est bien lorsque le réalisateur se frotte à la peinture de son personnage principal que les choses se gâtent. Car bien que Soderbergh jure de ne pas avoir voulu mettre le Che sur un pied d'estale, les choses sont nettement moins évidente lors du visionnage de l'oeuvre. Certes, L'argentin cherche à remettre cette figure iconoclaste qu'est devenu Guevara à hauteur d'homme, en le plongeant en plein milieu de la jungle cubaine. Là bas, le Che est comme tout le monde. Il sue et souffre d'asthme. A ce jeu, Benicio del Toro est plus qu'impressionnant, lui qui donne à ce personnage à la fois un corps et une âme. Drôle alors que les scénaristes n'aillent pas sauter sur l'occasion pour traiter des zones d'ombres de sa personnalité, présentant un Che un peu trop lisse et trop bon pour être vrai. Docteur, il soigne les paysans gratuitement. Homme de lettres, il apprend à ses soldats à lire et à écrire, leur imposant des devoirs entre deux batailles. Comme dépassé par la grandeur de ce personnage, le scénario s'embourbe dans sa narration, rendant invisible le moindre second rôle qui voudrait se mettre au premier plan. Autour du Che, ils ne sont que des ombres, peut importe que les acteurs s'appellent Rodrigo Santoros (Love actually, Lost) ou Santiago Cabrera (Heroes) et que les cinéphiles désirent les voir un peu plus... Eux comme leurs personnages.


Difficile alors de se remettre de la déception, le Che s'avérant être un film trop sage où la figure du révolutionnaire ne se réveille que lorsqu'elle est sur la scène des Nations Unies. Déception aussi pour un film qui ne se révèle, en fait, que peu passionnant. Le Che situe ainsi son action environ à 80% du temps dans la jungle cubaine, réservant quelques moments de redondance saupoudré par un ennui poli. Alors, quand l'action arrive réellement, l'esprit, lui, est trop anesthésié pour se remettre totalement au travail. Les émotions restant alors hors de la carapace... Car le Che est un film long et lent, qui n'arrive jamais à atteindre la fougue qu'aurait pu inspirer un personnage aussi charismatique... Préparez-vous donc à l'avance, le deuxième opus ne faisant, lui, guère mieux que celui-ci.




> Festival international de Cannes 2008: prix d'interprétation masculine

  Crédit photo: Warner bros pictures

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 22:46

Nouveau blog, nouveau design, nouvel hebergeur... 2009 est l'occasion pour moi de me lancer sur la blogosphère en solo. Merci encore à tous qui m'ont soutenu pendant près de trois ans sur la plateforme allociné, en espérant vous revoir tous bientôt sur cette nouvelle adresse où l'aventure prévoit d'être enrichissante. D'ici quelques semaines, j'essayerais donc de mettre mes anciens articles en ligne, ainsi que de reprendre ma rétrospective Hitchcock qui est restée un peu gêlé pendant quelques temps. Je vous souhaite à tous encore de très bonnes fêtes et à très vite sur ses pages !

Par Limess
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