Mardi 12 février 2008 2 12 /02 /2008 15:02




Sortie: 06 février 2008

> L'histoire:
Lyon, à la fin des années 70. François, inspecteur de police, apprend la sortie de prison de son frère, Gabriel, qui vient de tirer dix ans pour meurtre. Entre le flic et son aîné, les retrouvailles ne sont pas évidentes, mais chacun a la volonté de tirer un trait sur le passé. Gabriel essaie de se ranger et François se met en quatre pour l'aider. Mais la réalité et les vieux démons finissent par les rattraper. Pour les deux frères, séparés par leurs choix, mais unis par le sang, le chemin parcouru semble étrangement aboutir à la même impasse.

Les liens du sang
est un film qui a tout pour séduire. Une intrigue intéressante tirée d'une histoire vraie. Les retrouvailles de Guillaume Canet et de François Cluzet devant la caméra. Une excellente reconstitution qui transporte le spectateur dans les années 70. Une très belle photographie.
Pourtant, malgré de nombreuses qualités indéniables, la mayonnaise ne prend jamais. La faute à un traitement beaucoup trop classique. Absorbé par la beauté de son histoire, Jacques Maillot en aurait presque oublié de travailler la composition de son oeuvre. Les personnages sont caractérisés de manière strictement manichéenne (Qui est le gentil ? Qui est le vilain ?) sans plus de profondeur psychologique. Les deux acteurs principaux livrés à eux-mêmes se font régulièrement voler la vedette par l'interprétation tout en fragilité de Clotilde Hesme. Et même cette tragédie familiale sur laquelle repose tout le film ne parvient jamais à captiver. Pire, on fini par s'ennuyer. A bien des titres, le réalisateur donne l'impression de saboter son oeuvre. En choisissant de tourner à l'ancienne (cascades et bagarres ridicules), il livre un polar qui aurait aussi bien pu sortir des dizaines d'années auparavant. Rien n'aurait choqué. Le problème, c'est qu'en 2008, on est en droit d'attendre autre chose. Un film tellement nostalgique qu'il en devient ringard. Une grande déception donc !




Crédit photo: StudioCanal

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Vendredi 8 février 2008 5 08 /02 /2008 20:11



COUP DE COEUR

Sortie: 06 février 2008


> L'histoire: New York - Une quarantaine de ses amis et relations ont organisé chez Rob une fête en l'honneur de son départ pour le Japon. Parmi eux, Hub, vidéaste d'un soir, chargé d'immortaliser l'événement. La "party" bat son plein lorsqu'une violente secousse ébranle soudain l'immeuble. Les invités se précipitent dans la rue où une foule inquiète s'est rassemblée en quelques instants. Une ombre immense se profile dans le ciel, un grondement sourd se fait entendre... et la tête de la Statue de la Liberté s'effondre brutalement sur la chaussée. L'attaque du siècle vient de commencer. Au petit matin, Manhattan ne sera plus qu'un champ de ruines...


Avant même sa sortie en salles, Cloverfield, projet financé par J.J Abrams et réalisé par Matt Reeves, faisait l'effet d'un énorme buzz sur le net. C'est en juillet 2007 qu'est apparu sur la toile un teaser impressionnant: une fête filmée en caméra DV se retrouve interrompue par une explosion catastrophique... Seul le nom du créateur de Lost et la date de sortie était mentionnée. De quoi attirer les plus grandes curiosités ! Depuis ce jour, les fans n'ont pas arrêté de chercher des informations. En vain. Seul lot de consolation, l'annonce du genre: un film de monstre. A part ça, Cloverfield est un projet bien garder et heureusemement pour nous car la surprise est de taille !
Amateur du genre ou non, Cloverfield est un film à ne pas louper par son innovation. Le réalisateur reprend le procédé du "film réalisé par l'un des personnages" déjà utilisé dans Le projet blair witch, film d'horreur qui avait fait son petit effet lors de sa sortie en salle. Tout commence lors d'un pot d'adieu organisé en faveur de Rob, que l'on a déjà pu apercevoir sur la casette qui sera effacé progressivement lors de la soirée. A part cela, on ne sait pas grand chose de plus. Le temps de la fête, Hub, son meilleur ami, est réquisitionné pour récolter les impressions de chacun. Caméra au poing, il fait le tour des convives sans se douter que son film fera office de témoignage auprès de millions de personnes. Car lorsque la fête est soudain interrompue par un immense tremblement, Hub va se retrouver dans les rues de New York a filmé tout ce qui se passe. Cloverfield ne fait pas dans la dentelle. In media res, nous voilà plongé dans l'horreur et l'angoisse la plus totale. Car de ce qui se passe dans les rues, nous ne le verrons qu'à travers cette petite caméra. Aucune explication n'est donnée au phénomène. Il faut juste courir pour sauver sa peau. Petit conseil avant d'embarquer à bord de cette aventure: si vous avez facilement mal au coeur, n'hésitez pas à emporter avec vous un sac plastique. Le film mérite vraiment d'être regarder jusqu'au bout. Le problème de la caméra DV, c'est qu'elle bouge tout le temps, il n'y a jamais de stabilisation de l'image. Si cela fait toute la qualité du film, c'est aussi un obstacle pour certains. Mais il faut bien le dire, entre nausée et mal de tête, le résultat est dotant plus impressionnant !

 

Malgré ce petit temps d'adaptation nécessaire, Cloverfield est un excellent film. Le genre où l'on reste encore scotché à son fauteuil quand le générique se termine. Le principal effet de la caméra embarquée, c'est que l'on se retrouve au premier plan de l'action. Que l'on subit en tant que spectateurs les mêmes angoisses que les différents personnages. Nous voilà donc dans les rues ravagées de New York, à courir devant une créature que l'on n'a jamais vue. Au coeur de l'action, aucun temps mort n'est possible tant l'angoisse est palpable à chaque instant. La puissance de ce film, c'est qu'avec son scénario simpliste, il se révèle être un véritable ovni cinématographique. Car il faut bien le dire, l'histoire est un poil invraisemblable (quelqu'un ferait-il réellement demi-tour ?). Le scénariste réutilise les angoisses quotidiennes des américains pour créer une ambiance et une atmosphère oppressante. Au milieu de cette poussière et de ses immeubles qui s'effondrent, comment ne pas penser au 11 septembre. Jamais prévisible, Cloverfield est un film angoissant et terrifiant. Il brille par le réalisme de son action et des choix de mise en scène: acteurs inconnus, effets spéciaux saisissants, autant de moyens pour rendre le film encore plus captivant. Cloverfield est l'un des meilleurs films de genre qu'il nous a été donné à voir depuis très très longtemps. Plus qu'un simple divertissement, c'est une véritable expérience tant l'on est imprégné dans l'histoire. Totalement décoiffant et scotchant (à voir le silence qu'il régnait dans la salle à la fin de la projection, ce n'est pas qu'une impression personnelle). Sans aucun doute le meilleur film qu'il m'a été donné de voir en ce début d'année ! Et pourtant, je ne suis franchement pas fana de ce genre de film.




> Festival du film fantastique de Gerardmer 2008: hors compétition

Crédit photo: Paramount Pictures France

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Jeudi 7 février 2008 4 07 /02 /2008 13:40




COUP DE COEUR

Sortie: 06 février 2008

> L'histoire:
Juno McGuff, 16 ans, est une jeune fille qui n'a pas la langue dans sa poche mais qui, sous ses airs de dure, se cherche comme toutes les adolescentes de son âge. Alors que la plupart de ses copines de lycée passent leur temps sur Internet ou au centre commercial, Juno ne fait rien comme les autres. C'est ainsi qu'un jour où elle s'ennuie, elle couche avec Bleeker, garçon aussi charmant que peu prétentieux. Mais quand elle tombe enceinte accidentellement, elle décide de trouver le couple de parents adoptifs idéal qui pourra s'occuper de son bébé. Elle repère dans les petites annonces du journal local Mark et Vanessa Loring qui rêvent d'adopter leur premier enfant. Tandis que le terme de sa grossesse approche, Juno va devoir faire preuve de maturité et de courage...

Comparé avant même sa sortie à Little miss sunshine, Juno est un petit film indépendant dans la grande tradition américaine. Il met en scène des "freaks and geeks", personnages décalés et volontairement différents des autres. En tête de file, on trouve Juno, jeune fille à la langue bien pendue et aux répliques acides, grande fan des classiques rock et des répétitions de guitare. Autour d'elle gravite différentes personnalités tel que Paulie Bleeker, l'athlète trop maigre (attachant Michael Cera), Leah, sa meilleure amie, qui ne flashe que sur les profs du lycée et ses parents, un poil déglingués. Saupoudré tout cela d'une bonne dose d'humour, d'un excellent scénario (Diablo Cody, une jeune scénariste à suivre) et d'une musique envoûtante signée The moldy Peaches, Cat Power ou The velvet underground et c'est le carton assuré !
 



Juno
est une petite perle du cinéma indé'. Le genre frais, drôle et bien interprété. Pour un "feel-good movie", ce film est une réussite totale puisqu'on en sort le sourire aux lèvres et des étoiles pleins les yeux. En acceptant de garder le gnome qu'elle porte en elle, Juno va se retrouver confronter à quelque chose qu'elle ne connaît pas: le regard des autres. Car à 16 ans, porter un enfant n'est pas chose commune. Entre les couloirs du lycée et les aller-retours chez les futurs parents adoptifs, Juno va apprendre ce qu'est une responsabilité. Le film de Jason Reitman ne ressemble à aucun autre. Sur fond de couleurs acidulées, son film brille par la justesse de son ton et de son scénario. Il propose différents portraits de personnages. Il y a d'un côté Juno, ses amis, sa famille. De l'autre, Mark et Vanessa qui rêvent d'avoir un enfant (Jennifer Garner trouve ici un rôle qui lui va à ravir). Entre Mark et Juno, le courant passe immédiatement tant ils sont complémentaires. Mais si Juno va apprendre à grandir, Mark de son côté semble encore vivre sa jeunesse, espérant fonder un jour ou l'autre un groupe de rock. Confronté à la réalité des événements, chacun prendra une voie différente, symbole d'une maturité nouvelle pour l'une, d'une non-acceptation de l'âge adulte pour l'autre. Car Juno n'est pas simplement un petit film pour prendre du bon temps (mais si, c'est l'effet principal). Beaucoup plus profond qu'il n'y parait, il touche par le réalisme de ses situations et par ses personnages si attachants et pourtant si communs. Jamais caricatural, ce film est une petite pépite, une explosion de bonheur qu'on aimera à regarder sans concession. Porté par l'exquise Ellen Page et des dialogues percutants, Juno se révèle être l'une des très bonnes surprises de ce début d'année 2008. Un film adorable, attachant et qui nous rend heureux. Laissons tomber Bridget, notre nouvelle héroïne s'appelle Juno !




> Présentation au festival de Rome 2007: meilleur film

> Golden globes 2008: Nominations meilleure comédie ou comédie musicale, meilleure actrice dans une comédie ou une comédie musicale, meilleur scénario

> BAFTA 2008: meilleur scénario original / Nomination meilleure actrice

> Oscars 2008: meilleur scénario original / Nominations meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure actrice


Crédit photo: Twentieth Century Fox France

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Mardi 5 février 2008 2 05 /02 /2008 16:00




Sortie: 30 janvier 2008

> L'histoire:
Un portrait de Sabine Bonnaire, autiste, réalisé par sa soeur la plus proche. Récit de son histoire à travers des archives personnelles, filmées par la comédienne sur une période de 25 ans, et témoignage de sa vie aujourd'hui dans une structure adaptée. Le documentaire évoque une personnalité attachante dont le développement et les dons multiples ont été broyés par un système de prise en charge défaillant. Après un passage tragique de cinq longues années en hôpital psychiatrique, Sabine reprend goût à la vie, même si ses capacités restent altérées, dans un foyer d'accueil en Charente.

Il y a l'actrice Sandrine Bonnaire, celle que l'on connaît, que l'on voit souriante sur les plateaux de télévision. Et puis, il y a son autre vie, celle intime où se rencontrent famille et amis. Celle où l'on peut croiser Sabine, sa soeur cadette atteinte d'autisme. Son premier film derrière la caméra, Sandrine Bonnaire a décidé de le consacrer à sa soeur. Par amour. Par colère aussi. Car à travers son documentaire, elle dénonce les manques de moyens et de structures adaptées aux maladies comme l'autisme. Son film est construit sur l'avant et sur l'après, à travers des images d'archives et des séquences filmées exprès pour cette occasion. On y découvre Sabine, grande et svelte, "frimant" avec ses cheveux longs lors d'un voyage "en Amérique". En pleine possessions de ses moyens. Et puis, quelques années après, bouffie, les cheveux ras, droguées aux médicaments. Totalement dépendante des aides soignantes. Entre les deux moments, cinq ans d'internement dans un hôpital dont on ne verra rien, excepté une petite phrase sur un fond noir et la voix-off de Sandrine Bonnaire qui nous commente l'histoire. Dès les premiers instants, on est saisi par l'émotion, par la douleur de ses images. Loin d'être un film exhibitionniste où une actrice se dévoile, Elle s'appelle Sabine est un témoignage douloureux et extrêmement courageux. Réalisé avec beaucoup de pudeur. L'actrice aurait-elle pensé en filmant ce voyage qu'il servirait un jour dans son propre film ? Aurait-elle eu cette insouciance si elle avait connu par avance l'évolution que prendrait la maladie de sa soeur ? Certainement pas. Et c'est cela qui fait toute l'émotion de ce documentaire. Ce passé brisé par un futur totalement inattendu.


"Elle s'appelle Sabine. C'est ma soeur". Peu présente physiquement dans le film, Sandrine Bonnaire l'est constamment en hors champ. Par la voix-off mais aussi les conversations en live qu'elle peut avoir avec Sabine. L'actrice filme sa soeur sans honte, ne cherchant jamais à masquer la réalité. A l'écran, Sabine bave, fait des crises violentes et appelle à l'aide (toujours la même question qui revient: "Sandrine, tu seras là demain ?"). Mais malgré sa maladie, Sabine est une femme comme les autres, juste un peu différente même si pas tant que ça finalement. Elle fait les magasins, aime à se contempler dans une glace, à jouer du piano, aller à la piscine ou se reposer dans l'herbe. Rêve d'avoir un enfant. Et puis, il y a la conscience d'être ce qu'elle est aujourd'hui. On la voit notamment, à travers une séquence très dure, redécouvrir avec plaisir et douleur les images de son voyage aux États-Unis, les larmes aux yeux. La force de ce documentaire, c'est que Sandrine Bonnaire ne cherche jamais à apitoyer le spectateur mais nous montre simplement la vie de sa soeur, telle qu'elle est. Elle donne à voir d'une manière différente une maladie qui aujourd'hui effraie encore. Force le spectateur à découvrir et à comprendre les personnes atteintes de celle-ci. Elle s'appelle Sabine est un film absolument bouleversant, plein de tendresse et d'affection. Une belle leçon de courage, de vie et surtout d'amour, qui bouleverse par un tendre débordement de sentiments.




> Présentation au festival international de Cannes 2007: Caméra d'or, prix de la critique internationale, sélection la quinzaine des réalisateurs
> Présentation au festival Paris cinéma 2007
> Présentation au festival du film de Cabourg 2007
> Présentation à la Berlinale 2008: Berlinale spéciale
> Césars 2009: Nomination meilleur documentaire


Crédit photo: Les films du paradoxe

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Mardi 5 février 2008 2 05 /02 /2008 13:05




Sortie: 30 janvier 2008

> L'histoire: Un flic retraité, à la mémoire défaillante, intègre une maison de repos spécialisée et commence à suspecter des crimes dans l'établissement.

Avec un pitch pareil, on était en droit d'en attendre beaucoup de Cortex. Il est vrai que traiter de la maladie d'Alzheimer par le biais d'une enquête policière, cela n'a rien de commun. Nous voilà donc enfermé dans une clinique pour personnes âgées où Charles Boyer a décidé de finir sa vie. Un choix difficile mais nécessaire vu l'avancée de sa maladie. Muni de son petit cahier, Charles note tout: les gestes quotidiens qu'il doit faire, la cachette de son arme, les conversations qu'il surprend. Réflexe de vieux flic, sans doute. C'est à la suite d'une série de décès qu'il décide de mener l'enquête. Autre réflexe du passé. Entre balade nocturne dans les couloirs de la clinique ou visite éclair dans les sous-sols, Charles a bien du pain sur la planche pour éviter ses vilaines infirmières qui ne font que roder. Cortex est avant tout un film d'ambiance où la mise en scène cherche à servir le scénario. Atmosphère lugubre, néons violets, plans construits avec des caches pour faire durer le suspense en montrant deux situations simultanées (Charles, caché derrière un mur écoute les infirmières dans leurs bureaux)... Malheureusement, si le réalisateur cherchait à faire monter l'angoisse, il n'y instaure que du vide. Car on s'ennuie ferme
.

 

On aurait aussi bien pu être un patient de cette clinique que le résultat serait le même. Cortex souffre d'un rythme bien trop mou et d'une histoire peu intéressante. Si le réalisateur s'est focalisé sur l'ambiance, il en a oublié le reste. Son film tourne à vide, tente de nous lancer sur de mauvaises pistes ou de faire rentrer le spectateur comme le personnage dans une paranoïa aiguë. Manque de bol, l'issue de l'histoire ne nous intéresse que moyennement car on la devine très aisément. Et si Cortex jouait sur la surprise finale, elle est franchement loupée. Par ailleurs, dans un élan scénaristique, il semble que tout le monde aille oublier le sujet de départ. L'Alzheimer. Certes, il est bien de prendre cette maladie pour donner un peu de piment à l'enquête, faudrait-il encore s'en servir avec vraisemblance et ne pas l'utiliser dans le simple but de combler un scénario trop creux. Car au final, Charles n'oublie que les éléments de l'enquête (dans la vie, le cerveau ne sélectionne pas aussi catégoriquement les informations importantes), ce qui ne l'empêche pas de la résoudre rapidement. Mais comme il faut encore combler une petite demi-heure, oublie la solution ! Dommage pour un film qui partait sur de très bonnes bases. Reste le plaisir de voir André Dussolier, dans un vrai rôle de composition, donné la réplique au toujours excellent Julien Bossellier. Un bien petit lot de consolation !



 Crédit photo: Wild Bunch Distribution

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Lundi 4 février 2008 1 04 /02 /2008 13:10




Sortie: 23 janvier 2008

> L'histoire:
Alexandrine, 35 ans, que tout le monde surnomme Didine, se laisse tranquillement porter par le courant, contrairement à sa meilleure amie Muriel. C'est ainsi qu'elle franchit un jour le seuil d'une association d'aide aux personnes âgées où, au contact d'une adolescente extravertie, d'un homme séduisant et d'une vieille dame sans pitié, elle va s'emparer de son existence et rencontrer l'amour.

Didine
est un film qui commence bien mal. Des personnages quelques peu caricaturaux. Un sujet peu innovant (dans le genre trentenaire célibataire, il semble que le cinéma aille fait le tour de la question). Des champs/contre champs qui ne fonctionnent pas toujours. Un mauvais casting de seconds rôles (Edith Scob encore pire qu'au théâtre où je l'avais vu jouer, Elodie Bollée qui en fait trop)... Rien n'invitait à la surprise ! C'est le miracle du scénario, signé Anne Le Ny et adapté à l'écran par Vincent Dietschy, qui donne à
Didine un souffle inattendu. Car cette comédie sentimentale s'avère plus profonde qu'elle n'y parait. Didine est une comédie douce-amère, mélangeant allégrement moments sympathiques et situations dramatiques. Plus le film avance et plus l'on se laisse toucher par les événements. Si le film est une petite comédie sentimentale, elle ne s'arrête pas là, traitant de manière réaliste de la solitude. Et peut importe l'âge (la meilleure amie comme la vieille dame qu'elle vient voir). Cette profondeur, c'est aussi le résultat d'un beau quatuor d'acteurs. Géraldine Pailhas, trop rare au cinéma, trouve une place de choix dans ce long métrage grâce à une interprétation tout en douceur. A ses côtés, Christopher Thompson, Julie Ferrier et Benjamin Biolay s'en sortent parfaitement bien. Au final, Didine n'est pas un grand film mais se laisse regarder. Une petite comédie française qui trouve au hasard d'une ligne de scénario une fraîcheur et une profondeur inattendue.




Crédit photo: Pyramide Films

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Samedi 2 février 2008 6 02 /02 /2008 14:00




Sortie: 30 janvier 2008


> L'histoire:
Simon a 7 ans. Un mystérieux ballon rouge le suit dans Paris. Sa mère Suzanne est marionnettiste et prépare son nouveau spectacle. Totalement absorbée par sa création, elle se laisse déborder par son quotidien et décide d'engager Song Fang, une jeune étudiante en cinéma, afin de l'aider à s'occuper de Simon.

 
N'allez pas plus loin, Le voyage du ballon rouge n'est pas un film ordinaire. Inutile, par exemple, d'essayer de chercher une histoire dans ses grandes lignes. Car ce film pourrait s'apparenter à un morceau de vie. Un instant capté par une caméra qui passait par là. Et comme dans la vie, les histoires n'ont pas forcément de fin, ne se terminent pas toujours comme on l'aimerait. Elles n'ont pas n'ont plus toujours de début bien précis. Le film est alors à prendre comme une sorte d'essai sur la captation de la vie. Et c'est donc tout naturellement que l'acteur travaille, non pas sur l'interprétation, mais sur l'improvisation. Hou Hsia Hsien laisse tourner sa caméra, assemble bout à bout de longues séquences où acteurs professionnels ou non se laissent aller le temps d'une scène. On en redécouvrirait presque le talent exceptionnel de Juliette Binoche qui le temps de deux heures livre une de ses plus belles prestations. Avec elle, deux illustres inconnus, le jeune Simon Iteanu et Song Fang, qui clôturent à merveille le casting de ce film assez atypique.

 


Le voyage du ballon rouge
pourrait se résumer à la rencontre entre trois solitudes: Song, la "baby-sitteuse", comme elle aime à s'appeler, une étudiante chinoise en cinéma. Le jeune Simon, si petit et déjà si indépendant. Et, Suzanne, sa mère, totalement dépassée par ce qui l'entoure, ne semblant pas prendre aux sérieux ses responsabilités. Vivant tout simplement hors du temps (par son métier, par ses tenues). Et puis, il y a ce ballon, haut, très haut dans le ciel, là comme un fantôme, comme un témoin de ce qui se passe sous ses/nos yeux. Hou Hsia Hsien suit ses personnages dans les rues de Paris, rend à la capitale sa beauté originelle. Puis, enferme personnages et spectateurs dans ce petit appartement. Seul le ballon continue son chemin, en toute liberté. Avec un sujet et une réalisation simple, le réalisateur cherche à nous faire apprécier tous les petits moments d'une vie: une chanson écoutée dans un bar, la préparation d'une pâte à crêpe, la rencontre avec des inconnus... Des moments qui paraissent ridicules dans cet ensemble si homogène que peut représenter une vie. Mais qui pourtant, avec réflexion, semblent si singuliers et si chers. Ils en feraient presque oublier les problèmes. Le voyage du ballon rouge oscille ainsi entre drame et moments plus reposants et se révèle au final comme un film touchant, apaisant et teinté d'une pointe de mélancolie. Une oeuvre pleine de poésie et de tendresse.




> Festival international de Cannes 2007: un certain regard

Crédit photo: Bac films

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Samedi 2 février 2008 6 02 /02 /2008 11:00




Sortie: 16 janvier 2008

> L'histoire: Jane, jeune actrice paresseuse et sans succès, commence sa journée comme tant d'autres : vautrée dans le canapé, devant la télé, un joint à la main. Affamée, elle ne peut s'empêcher d'engloutir les gâteaux que son colocataire psychopathe a laissé traîner, ignorant qu'ils contiennent du cannabis. Comprenant qu'elle a intérêt à les remplacer au plus vite, là voila partie pour un périple complètement surréaliste et enfumé. Parviendra t-elle à passer son casting, rembourser son dealer et remplacer les fameuses patisseries !?

Après nous avoir bluffés avec Mysterious skin, Gregg Araki revient ce mois-ci avec Smiley Face. L'occasion pour lui de se frotter à un genre radicalement différent, celui de la comédie barrée.
Smiley Face suit la journée rocambolesque de Jane, actrice au chômage qui partage son temps entre joints, chips et internet. En fouillant dans le frigidaire commun de l'appartement, elle tombe sur une poignée de gâteaux appétissants, s'empresse de les dévorer avant de se rendre compte, bien trop tard, qu'ils étaient bourrés de cannabis. Complètement stone, Jane va alors vivre l'une des journées les plus folles de sa courte existence. Entre visite d'une entreprise, un tour de grande roue ou une marche arrière en voiture, tout est bon à tester dans cet état là. La grande qualité de ce long métrage, c'est que le réalisateur profite de son sujet pour créer un film à la forme particulière. Son oeuvre est construite comme un trip psychédélique, à coup de gros plans (voir très gros), montage clipesque ou effets spéciaux "très spéciaux". Au milieu de tout cela, Anna Faris livre une très grande prestation, avec grimaces et autres têtes hallucinées. Découverte dans la série des Scary movie (mais aussi dans ce second rôle marquant de Lost in Translation), l'actrice révèle une fois de plus tout son talent comique et s'impose comme une des figures à suivre de la comédie américaine. Au même titre que Malin Akerman (Les femmes de ses rêves). 



Malheureusement, Smiley Face n'est pas la grande comédie qu'il prédisait. L'actrice a beau faire tout ce qu'elle peut, on rit bien trop peu. La faute a un rythme trop mou qui va à l'opposé de ce qui se passe à l'écran. Au sujet, ensuite, au départ assez rigolo (énorme scène de préparation d'une omelette au cannabis) mais vite répétitif. Force est de constater que le film tire sur la corde d'un scénario bien trop mince, créant des situations carrément dispensables (attente chez le dentiste). Pourtant, le film possède de vrais moments comiques à l'image de cette déclaration marxiste que fait Jane au milieu d'une entreprise de cochons. Ou encore cette tentative de sortie de voiture, hilarante. Peut être aurait-il fallu développer les seconds rôles qui n'existent presque pas. Il aurait été sympa de voir un peu plus toutes ses têtes connues issues de séries télévisés (Adam Brody, notamment, passant de O.C à un dealer rasta). Une déception donc pour ce nouveau Araki qui malgré son potentiel comique évident n'arrive jamais à trouver son public. Ca passe ou ça casse.




> Festival international de Cannes 2007: la quinzaine des réalisateurs

> Festival du film américain de Deauville 2007: avant-première


Crédit photo: Memento films

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