Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /2010 17:33

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COUP DE COEUR

Sortie: 24 février 2010

> L'histoire: 1961. Angleterre. Jenny (Carrey Mulligan) a seize ans. Élève brillante et charismatique, celle-ci se prépare à intégrer Oxford. Jusqu'à ce qu'elle rencontre un homme deux fois plus âgé qu'elle, David (Peter Sarsgaard), l'embarquant dans une aventure qu'elle ne pouvait imaginer. Faisant son éducation par la découverte de la vie, à travers l'amour et la culture française...

Vers la fin de High Fidelity, John Cusak sillonnait sous la pluie les rues de Chicago à la recherche de Laura, son binome, écoutant à bord de sa petite voiture une incroyable chanson de Serge Gainsbourg. Dans Une éducation, c'est de Juliette Gréco que se délecte Jenny, jeune adolescente anglaise âgée de 16 ans. Entre eux, rien de commun si ce n'est un auteur, Nick Hornby, dont le premier film est l'adaptation d'un de ses livres, au commande ici du scénario. Allongée sur le sol de sa chambre, celle-ci se rêve à Paris, vivre pleinement et librement, loin de la rigidité d'un père trop ambitieux pour elle. Jenny est une élève brillante, promise à un avenir radieux dans les couloirs d'Oxford, travaillant inlassablement son latin et ses morceaux de violoncelle. Pourtant, celle-ci n'a rien d'une bêcheuse entêtée, fumant en cachette avec ses copines, parlant français dès qu'elle le peu, s'idéalisant en robe noir, les cils aussi allongés que Gréco. Jusqu'à ce qu'elle rencontre David, un homme deux fois plus âgé qu'elle, lui proposant une alternative plutôt alléchante à ce train train quotidien: faire son éducation non plus par l'école, mais par l'apprentissage de la vie. Exaltée par cette nouvelle option qui s'offre à elle, Jenny se laissera alors entraîner dans les tourbillons de la fête, de la mode et de l'amour, David lui ouvrant les portes de ses plus grands rêves, à commencer par un week-end parisien. La forçant à choisir entre ces deux avenirs qui s'offrent à elle: vivre pleinement ses rêves mais au dépend d'un homme ou continuer ses études afin de gagner son indépendance au profit du plaisir. Le début des années 60 ne proposant encore que peu d'alternatives aux femmes, Jenny devant faire le choix de se raccrocher à deux types de modèles féminins: une professeur et une directrice d'école complètement libres mais désespérement seules ou une mère ayant arrêté ses études mais vivant toujours avec le même homme.

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Film de femmes pas forcément pour les femmes, Une éducation est ainsi une réflexion passionnante sur la place du sexe féminin dans la société anglaise des années 60 et ce poids du passé infligé aux plus jeunes filles. Obligeant Jenny a faire des compromis, elle qui souhaiterait vivre les deux sans qu'on lui coupe les ailes. Portée par une Carrey Mulligan divine, mutine, gracieuse et pétillante, resplendissant dans ses robes saillantes telle une Audrey Hepburn moderne, Une éducation nous embarque ainsi dans une séduisante et tourbillonnante aventure, à la découverte de la vie par l'éducation sentimentale, des contrées anglaises aux "quais du vieux Paris". Comme Jenny, on se laisse happer par l'excitation de toutes ces opportunités qui s'offrent à elle, prêtes à suivre partout ce séduisant David à qui Peter Sarsgaard insuffle une ambiguïté et un charme des plus troublants. Du scénario magnifiquement cynique de Nick Hornby, Lone Scherfig livre à ce titre un long métrage ravageur pour un élégant portrait d'adolescent, enchantant par son univers sixties et la personnalité hors du commun de son héroïne enivrante, petit bout de femme que l'on aurait toutes rêvées d'être... Ne laissez pas passer cette chance de la rencontrer !

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1. Carrey Mullignan: Public Enemies / Brothers
2. Rosamund Pike: Clones

> Golden Globes 2010: Nomination meilleure actrice dans un drame
> Bafta 2010: Meilleure actrice / Nominations meilleur film, meilleur film anglophone, meilleur réalisateur, meilleure adaptation, meilleur acteur dans un second rôle, meilleurs costumes, meilleurs maquillage et coiffure, prix du public
> Oscars 2010: Nominations meilleur film, meilleure actrice, meilleur scénario adapté


Crédit photo: Metropolitan FilmExport

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /2010 12:49

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Sortie: 24 février 2010

> L'histoire: Alice (Caroline Mercier), jeune professeur de mathématique se retrouve, du jour au lendemain, plaquée par son copain. L'occasion pour elle de partir à la découverte de ses fantasmes et de ses désirs, des bras d'un jeune étudiant pervers à ceux de +aître Raffiné...

Deux couples mangent ensemble chez l'un d'entre eux. Profitant de l'attention de son auditoire, l'un des hommes propose alors de les faire participer à un petit blind test, histoire de tester leur culture de la musique classique... tandis que l'autre reçoit un appel téléphonique des plus inopinés. - "Qui c'était ?" - "Personne" - "Tu me prends vraiment pour une conne !" - "Straubb". D'une scène aussi anodine qu'un repas entre amis, Jean-Michel Hulin impose en quelques plans l'univers de son Alice, ou les désirs, plongée nanardesque dans les confins du désir, entre situations aussi abracadabrantes qu'hilarantes, dialogues sur-écrits et interprétation digne d'un épisode de Plus belle la vie. Attendu comme le messie pour une petit bande de blogueurs depuis le buzz créé par Voisin Blogueur en novembre dernier, Alice, ou les désirs se présente comme le premier volet d'une trilogie "amoureuse". Suivant les aventures érotiques d'une jeune professeur de maths, naïve et insouciante, à la découverte des pratiques sadomasochistes. Entrainée par sa cousine et un jeune étudiant lui vouant un culte pervers, Alice se laissera alors entraîner dans des plans toujours plus surréalistes, d'une séance photo improvisée au beau milieu des rues de Cannes à une soirée masochiste, organisée par Maître Raffiné, où la belle se retrouvera attachée par le bras, enfermée dans un placard. Et il faut le voir pour le croire tant Alice, ou les désirs révèle plus de l'irréel que du cinéma, Jean-Michel Hulin ne faisant preuve d'aucun bon goût ni d'ambition artistique quant à l'entreprise de son projet.

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Nanard culte se muant souvent en navet gonflant par un manque évident de rythme, Alice, ou les désirs n'épargne en aucun cas son actrice principale, Caroline Mercier, se donnant à la caméra comme peu oserait le faire. Filmée sans envie, elle s'active tel un bout de viande, se retrouvant des situations antisexes, à la limite du ridicule. Car si Alice, ou les désirs se voulait comme une exploration du désir, le film se révèle au contraire une expérience dépourvue de tout érotisme, de part le côté risible des séquences et une mise en scène des plus plates. Laissant Alice se faire fouetter dans sa salle de classe en calculant des équations au tableau avant de se faire prendre par son étudiant sur son bureau sans que celui ci ne daigne enlever son pantalon. Réussissant même l'exploit d'aller au bout de son plaisir. Entre gêne et pathétique des situations, Alice, ou les désirs est de ses films à voir en groupe histoire de se fendre la poire tant le long métrage de Jean-Michel Hulin atteint des sommets inénarrables. Et entre un défilé de tenues en cuirs, une danse improbable en jogging ou une virée nocturne en moto, rythmé par le I wanna be your dog d'Iggy Pop, Alice, ou les désirs se révèle, au choix, ou une douloureuse expérience cinématographique, ou une bonne tranche de rigolade, voir les deux, pour ce qui s'apparentera, dès les premières minutes, comme le nanard de l'année. Quoi qu'il en soit, on espère que Jean-Michel Hulin ne tardera pas trop à nous présenter les deux derniers volets de sa trilogie, mettant en scène une femme de 40 ans, puis une autre de 60. On en frémit d'avance !

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Crédit photo: Les Films à Fleur de Peau

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Samedi 6 mars 2010 6 06 /03 /2010 23:18

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COUP DE COEUR

Sortie: 24 février 2010

> L'histoire: 1954. Le marshal Teddy Daniels (Leonardo Dicaprio) et son coéquipier Chuck Aule (Mark Ruffalo) sont envoyés enquêter sur l'île de Shutter Island. Là-bas, un hôpital psychiatrique y héberge les criminels les plus dangereux du pays. L'une d'entre eux a disparu, Rachel Solando (Emily Watson). Ordre est donné d'y mené une enquête, sauf que sur Shutter Island, rien n'est jamais simple...

Attention: spoilers. Lire ou ne pas lire le Shutter Island de Dennis Lehane avant la sortie de l'adaptation ? Telle fut la question qui tourneboula "des milliers" de cinéphiles à l'annonce de l'arrivée du nouveau Martin Scorsese pour une interrogation plutôt récurrente, intervenant à chaque nouvelle transposition, de plus en plus nombreuses. Pour ma part, si le livre repose sur ma table de nuit depuis plusieurs mois, je ne l'ai jamais feuilleté, préférant conserver mon plaisir personnel quant à la découverte de cette histoire sur grand écran. Plongée dans le noir d'une salle de cinéma. Best-seller mondial pour long métrage signé par l'un des derniers géants d'Hollywood, Shutter Island est sans conteste le premier mastodonte de 2010, repoussé de plusieurs mois pour de sombres magouilles oscarisables. Dans tous les cas, le film est enfin là, prêt à nous dévoiler tous ses mystères, à nous embarquer dans une aventure humaine des plus déroutantes. Tout commence sur la proue d'un bateau, prisonnié d'une épaisse brume. Chuck y attend Teddy, son coéquipier, victime du mal de mer. Tous deux ont été réquisitionné pour mener une enquête sur l'île de Shutter Island où y sommeille un hôpital psychiatrique, regroupant les criminels les plus dangereux du pays. Considéré comme extrêmement sécurisé, l'hôpital a néanmoins vu s'échapper l'une de ses patientes, Rachel Solando, accusée d'avoir assassinée de sang froid ses trois enfants. De simples observateurs, Teddy et Chuck deviendront bientôt les témoins privilégiés et membres à part entière du centre, eux même coincés dans l'enceinte des suites d'une terrible tempête. Bienvenue à Shutter Island, lieu où la météo se fait le symbole des tourments de ses personnages, suivant la trajectoire de Teddy, prestigieux marshal rongé par un passé des plus lourds, mêlant disparition de son épouse et traumatismes de guerre, lors de la libération des camps de concentrations. Victime de migraines en pagaille, Teddy se verra lui-même hanté par les fantômes de son passé, tentant tant bien que mal de mener une enquête qui s'avèrera beaucoup plus compliquée qu'il ne l'imaginait. Rachel Solando semblant, tout simplement, s'être évaporée des murs de la prison... Donnant à voir une enquête des plus trépidantes, nous embarquant dans les tréfonds de cet hôpital psychiatrique, où suspense et sentiment de claustrophobie s'y mêlent à merveille.

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Pourtant, dès les premiers plans du film, quelque chose semble profondément toquer dans ce Shutter Island, Martin Scorsese faisant preuve d'un amateurisme étonnant quant à la construction de son film. A l'image de ce pansement sur le front de Leonardo Dicaprio, semblant comme par enchantement avoir changer de place. Ou ses multiples faux raccords, passant d'un plan sur Mark Ruffalo, un verre dans la main, à un Mark Ruffalo, la main et le verre sur la table. Papi Scorsese devrait-il prendre sa retraite ? C'est du moins la question que l'on peut se poser dès les premières minutes du film, nous obligeant à nous concentrer en permanence sur l'image, parfois au dépend même du récit. Un faux raccord, deux puis trois et une autre question nous vient alors en tête, Martin Scorsese étant Martin Scorsese, celui-ci n'aurait-il pas tout simplement construit son film sur une mise en scène volontaire de faux raccords, créant un véritable sentiment de paranoïa chez le spectateur. Alors, quand arrive la scène du verre d'eau où, pendant un interrogatoire, Mark Ruffalo tend un verre à une patiente, que celle-ci se met à le boire sans rien avoir dans la main, avant de reposer un verre sur la table, la question ne se pose même plus. Le cinéaste jouant consciemment avec les nerfs du spectateur, prêt à se demander si il n'aurait pas lui-même imaginé ce qu'il vient de se passer à l'écran. Là est la force première de Shutter Island, Martin Scorsese s'amusant à brouiller les pistes mêmes de son intrigue par une mise en scène d'une clairvoyance hallucinante, nous mettant nous-même à la place de cet inspecteur, en pleine crise d'hallucination. Une fois le mécanisme perçu, la mise en scène se fera alors d'une drôle de limpidité, à l'image de cette séquence de "révélation" entre Leonardo Dicaprio et Michelle Williams. On aperçoit la belle sur un banc, face à un étang vide, puis, à nouveau, face à un étang empli de canards dont l'on sait pertinemment qu'ils disparaîtront le plan d'après. Bingo. Le film jouant volontairement des apparitions et disparitions, du dédoublement d'un geste d'un plan à un autre, créant des propres fantômes à un spectateur victime de l'intelligentsia d'un Scorsese en très grande forme.

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S'appuyant sur une mise en scène des plus folles, le cinéaste en vient dès lors à jouer avec son propre récit. Difficile de ne pas se douter de la probable maladie de Leonardo Dicaprio dès son arrivée sur l'île, le film arrivant après Fight Club, Fenêtre secrète ou autres oeuvres sur la skizophrénie, nous forçant à nous poser la question dès les premières minutes. Ce qui viendra se conforter au fur et à mesure. Et pourtant... Et si cette thématique de la maladie n'était pas justement le plus facile, Martin Scorsese appuyant constamment - lourdement ? - sur les troubles psychologiques du personnages, hanté par la voix douce de sa femme décédée - superbe séquence de la désintégration, à couper le souffle. Et si Shutter Island n'était pas au contraire la chronique d'un complot annoncé... Car alors que Leonardo Dicaprio en vient à penser qu'une conspiration se joue entre les murs de l'hôpital, menée tambour battant par un directeur et un médecin des plus énigmatiques, le film, dans ses grandes lignes, se chargera de classer le dossier à coup de gros sabot, lors d'une séquence des plus démonstratives - élucidation des anagrammes comprise. C'est là que la mise en scène de Martin Scorsese entre en jeu, venant considérablement à l'encontre du récit. Le film lui-même s'interrogeant sur la thématique de la croyance. Peut-on encore croire un personnage quand celui-ci a fait une crise de folie une fois ? Peut-on croire tout ce que nous montre un cinéaste ? Car alors qu'une séquence explicative vient à nous éclaircir la situation - quelle est la vraie mort de son épouse ? Quel est le fin mot de l'histoire ? -, la construction même de celle-ci vient à en dire le contraire. Par l'apparition et la disparition même des canards évoqués précédemment. En construisant une séquence dite "véridique" sur des faux raccords, Martin Scorsese en vient à nous interroger sur le pouvoir des images et la vraisemblance de celles-ci. Pourquoi cette séquence serait-elle plus vraie qu'une autre - les hallucinations de Teddy autour de Rachel Solando - puisqu'elle est elle-même faussée ? D'où la triple interprétation possible de la séquence finale, nous montrant Leonardo Dicaprio et Mark Ruffalo discuter sur les marches avant que le premier ne les descende, se jettant dans les bras des médecins, prêt à lui faire un lavage de cerveau.

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Si le livre se terminait - apparemment - sur la boucle sans fin de la maladie de Teddy, celui-ci replongeant dans ses délires, revenant au point de départ de sa thérapie, le film lui propose une multiplicité de fermetures, Scorsese ayant toujours affirmé ne pas vouloir adapter fidèlement un livre mais en extraire l'essence. Retour à la case départ, il y a donc dans Shutter Island... A moins que Teddy ne soit guérit et préfère se suicider plutôt que de vivre plus longtemps sur l'île, comme nous l'exhorte le cinéaste lors d'un échange final à double sens. A moins, sinon, que Teddy ait raison depuis le début, se sacrifiant volontairement afin de prouver la véracité de son raisonnement, celui-ci étant dès lors conduit au phare, monument même où il affirmait qu'il était le lieu d'expériences peu éthiques. Teddy partant alors pour un lavage de cerveau en règle... Dans tous les cas, difficile de faire toute la lumière sur cette affaire, Martin Scorsese laissant l'opportunité au spectateur de choisir son camp, selon sa lecture de l'oeuvre. Là est la marque d'un grand film, Shutter Island apparaissant instantanément comme une grande claque, porté par un casting des plus incroyables, capable de vous faire passer d'une émotion à une autre, de vous balader sans que vous vous en rendiez compte. A ce titre, Martin Scorsese aura réussit l'exploit de me rendre littéralement folle de bout en bout, me poussant à me poser toujours plus de questions quant à la symbolique de sa mise en scène. Et si je ne prétends pas avoir la science infuse quant à l'interprétation de l'oeuvre, j'espère au moins que cette critique vous donnera envie, sinon de revoir le film, du moins d'y repenser sous un autre angle !

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1. Leonardo Dicaprio: Les Noces rebelles
2. Mark Ruffalo: Une arnaque presque parfaite / Max et les maximonstres
3. Michelle Williams: Synecdoche New York / Wendy and Lucy
4. Emily Mortimer: City Island
5. Jackie Earle Haley: Watchmen - Les Gardiens
6. Patricia Clarkson: Whatever Works


> Berlinale de Berlin 2010: en compétition


Crédit photo: Paramount Pictures France

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Samedi 6 mars 2010 6 06 /03 /2010 19:23

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Sortie: 24 février 2010

> L'histoire: Los Angeles. 1962. Depuis qu'il a perdu son compagnon Jim (Matthew Goode) dans un accident de voiture, George Falconer (Colin Firth), professeur d'université Britannique, ne se sent plus capable d'envisager l'avenir. Bien décidé à ne vivre plus qu'une dernière journée, malgré le soutien de son amie Charley (Julianne Moore), George redécouvrira petit à petit les joies de la quotidienneté... Comme si une nouvelle vie était en fait possible.

Créateur de mode réputé, ayant fait ses classes aux crochets de certaines des marques les plus prestigieuses du monde du luxe, Tom Ford passe pour la première fois derrière la caméra avec A Single Man, livrant un film un peu à son image, classieux et précieux. George, quarantenaire homosexuel, ne se remet pas de la disparition brutale de son compagnon. Persuadé que la vie n'a plus rien à lui offrir d'aussi beau que cette relation, celui-ci décidera alors de prendre les devants en mettant savamment en place son propre suicide. Cette journée sera la dernière... à moins que celle-ci ne lui apporte un lot de réponses auxquelles il ne s'attendait pas. Vivant reclus dans une maison impersonnelle, espionnant ses voisins depuis ses toilettes, George est un homme seul. Comptant sur la compagnie de sa bonne et de sa plus vieille amie, Charley. Enchaînant ses journées sans émotion particulière. Une solitude que l'on retrouvera à l'intérieur même de la mise en scène, Tom Ford misant sur une réalisation extrêmement soignée et planifiée, ne laissant que peu de place à l'émotion. Jouant des mouvements de caméra et une utilisation des couleurs ternes très étudiés. Jusqu'à ce que George ne prenne peu à peu conscience que ce n'est peut être pas la vie qui s'est arrêtée mais lui-même, donnant enfin un peu d'importance à l'un de ses étudiants, Kenny, jeune éphèbe blond, pas insensible à ses charmes. Décidé à ce que cette journée soit la dernière, celui-ci redécouvrira alors, par petites touches, les différents plaisirs quotidiens. Influençant, symboliquement, les propres couleurs du film, devenant dès lors plus vives. Et si le procédé semble, certes, un peu artificiel, à l'image même de la mise en scène, celle-ci révèle surtout une incroyable capacité de création de la part de cet apprenti cinéaste, jamais à court d'idées en tout genre...

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Mais George, c'est surtout Colin Firth, magnifique et sensible en vieil homosexuel à la dérive pour l'un des plus beaux rôles de sa carrière. Tour à tour touchant, drôle ou pathétique. Luttant corps et âme pour entrer dans ce duvet censé limité les tâches de sang sur ses murs crèmes. Dansant frénétiquement avec son amie Charley, vieille fille regrettant sa beauté passée, formidablement incarnée par une Julianne Moore au diapason. Il faut dire que Tom Ford a le chic quand il s'agit de choisir un casting, recréant à travers A Single Man tout une iconographie cinématographique. Jouant des corps musclés - et huilés ? - de ses acteurs, mettant en scène quelques uns des sexes symboles du grand et petit écran, de Matthew Goode à Lee Pace. Et si il fallait ne garder qu'une scène du film, celle du parking de la supérette en serait le reflet. Se garant devant une affiche de Psychose, George y fera la connaissance d'un jeune mannequin latino. Les cheveux gominés, le tee-shirt blanc et le jean noir refaisant instantanément vivre la figure de James Dean, icône - gay - par excellence. A ce titre, A Single Man pourrait presque s'apparenter à un défilé de beaux mâles, filmés et habillés avec envie, recréant un univers proche du magazine de mode. Ce n'est pas moi qui m'en plaindrait, le film donnant une excellente occasion de se rincer les yeux ! Malgré une certaine froideur apparente, A Single Man est ainsi une belle réussite pour un film calibré et stylé, porté par une brochette de comédiens aussi délicate qu'irréprochable. On murmure que Tom Ford aurait déjà repris la caméra... to be continued.


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1. Colin Firth: Un été italien
2. Julianne Moore: Les Vies privées de Pippa Lee
3. Matthew Goode: Watchmen - Les Gardiens
4. Ginnifer Goodwin: Ceux que pensent les hommes
5. Lee Pace: Miss Pettigrew


> Mostra de Venise 2009: Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine
> Golden Globes 2010: Nominations meilleur acteur, meilleur second rôle féminin, meilleure musique originale
> Oscars 2010: Nomination meilleur acteur


Crédit photo: Mars Distribution

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /2010 18:54

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COUP DE COEUR

Sortie: 24 février 2010

> L'histoire: Adèle (Valérie Donzelli), trentenaire, se retrouve complètement déboussolée lorsque Mathieu (Jérémie Elkaïm), l'amour de sa vie, en vient à la quitter. Anéantie, elle se réfugie chez sa cousine Rachel (Béatrice de Staël) qui accepte de l'héberger chez elle. Bien décidée à lui faire sortir la tête du trou, celle-ci tente de lui redonner goût à la vie en lui donnant le meilleur conseil possible afin de l'oublier: coucher avec d'autres hommes pour désacraliser cette histoire !

Découvert, par hasard, lors d'un festival dédié aux longs métrages européens, La Reine des pommes, premier film en tant que réalisatrice de l'exubérante Valérie Donzelli, m'est instantanément apparu comme une véritable bouffée d'air frais dans une compétition très centrée sur les drames en tout genre. La réalisatrice / actrice / scénariste donnant à voir une sorte de vaudeville moderne où Adèle, trentenaire parisienne, se fonderait parfaitement dans la masse en alter-égo de Bridget Jones. Voguant d'homme en homme dans l'espoir d'oublier celui qui lui brisa le coeur. Sauf qu'Adèle n'est pas vraiment quelqu'un que l'on pourrait qualifier d'avoir les pieds sur terre, se lançant toujours à coeur perdu dans de nouvelles aventures, bercée par une naïveté des plus touchantes. Passant des bras d'un étudiant à ceux d'un bourgeois marié et quelque peu obsédé sur les bords ou d'un inconnu particulièrement troublant et fantasque. Soutenue par sa cousine Rachel, directe mais toujours de bons conseils, cachant son oeil malade ressemblant à une méduse derrière ses lunettes noires, Adèle se retrouvera alors dans des situations toujours plus abracadabrantes, de plus en plus gigantesques. Glissant d'un parc parisien à une délicate posture contre un volant de voiture ou une cité universitaire. Réservant son lot d'événements explosifs et hilarants, proposant une réflexion sur les rapports amoureux qui, sous-couvert de légèreté, se révèle plutôt intelligente. A l'image de cet échange de sms virulents que l'on se voit, comme Adèle, déjà envoyé.

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Muni d'un budget ridicule, entouré d'un casting de seconds rôles que l'on imagine constitué de proches - des cinéastes Gilles Marchand, Serge Bozon ou Dominik Moll à l'actrice / réalisatrice Lucia Sanchez, qui fut pour l'anecdote l'une de mes profs de fac -, Valérie Donzelli palie son manque de moyens par une inventivité à toutes épreuves, aussi bien en terme de mise en scène que scénaristiquement. Donnant à Jérémie Elkaïm les traits de tous les premiers rôles masculins du film, le laissant enfiler son imperméable et ses petites lunettes pour incarner Jacques, sa marinière pour Pierre, son sweat à capuche pour Paul. Un procédé de mise en scène d'où découlera, aussi par la suite, une médiation judicieuse sur l'impossibilité de se défaire du visage de l'être aimé. D'une simplicité apparente, par l'utilisation d'une caméra dv, d'un format 4/3, de la réduction de l'éclairage ou le dépouillement de l'intrigue - Pierre, Paul et Jacques -, en résulte une liberté de ton incroyable, jouant à la fois sur la folie des situations et un art stupéfiant de la réplique. Que ce soit lors des dialogues - "Vous c'est votre sperme qui déconne, moi c'est mon oeil. Chacun son boulet" - aux passages chantés, écris en collaboration avec le grand Benjamin Biolay - "J'aimerais mourir, assassinée comme une héroïne d'Hitchcock par un amant qu'elle aimait tant". Perle d'humour, comédie loufoque et rafraîchissante, La Reine des pommes est ainsi sans conteste le film idéal en cas de coup de blues. Un long métrage pétillant, drôle et bouillonnant dont on ne veut plus jamais se défaire.

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> Festival Cinessonne 2009: en compétition
> Festival Premiers plans d'Angers: Prix du public

Crédit photo: Shellac

Par Limess - Publié dans : Festival Cinessonne 2009
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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /2010 10:19

Non pas que je sois une grande habituée des classements "blogs cinéma" en tout genre, mais il est toujours plaisant de pouvoir présenter celui mensuel de Wikio. Surtout lorsque votre blogueuse "préf" y grimpe, que son ami Rob culmine au top, que Voisin blogueur s'accroche au groupe et qu'une grande partie des blogs que je lis régulièrement se retrouvent dans le classement. Enjoy !


Par Limess - Publié dans : Bons plans
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Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /2010 21:16


Si la semaine passée fut une succession d'éloges, l'équipe d'Extérieur Nuit a acéré ses griffes pour des débats passionnés autour des sorties du mercredi 24. C'était sur Radio Campus Paris (93.9 FM), de 19h à 20h, et ce fut encore une très belle émission, partagée avec notamment L. et Rob. Le podcast vous attend ici.

Au programme:

* Mélissa, Ben et Thomas sont encore sous le choc après avoir vu Shutter island, quatrième collaboration entre Martin Scorsese et Leo di Caprio.
* Perrine est allergique au film de Tom Ford, A single man, défendu au contraire par Lucie et Mélissa.
* Xavier et Mélissa ont succombé aux charmes de La reine des pommes, premier film de Valérie Donzelli. Yann, pris en sandwich, ne peux cacher sa consternation.
* Thomas, Lucie et Vincent sont atterrés par Thérapie de couples, comédie américaine pleine de talents mais pas de talent.
* Envoyés spéciaux à Berlin, Paul et Sam reviennent du festival avec un compte-rendu sous le bras.
* Perrine, Vincent et Thomas aiment Une éducation, le film de la Danoise Lone Scherfig, et le crient haut et fort.
* Gautier, Thomas et Lucile vantent les mérites d'Alice ou les désirs, gros nanar délicieux pour peu qu'on le savoure au dix millième degré.
* Gautier nous gratifie d'une chronique dont lui seul a le secret. Mangeons Dulion ou la puissance métaphorique des affiches anti-tabac.
* Côté sorties DVD de la semaine, Yann a vu 3 films de Pietro Germi, distribués par Carlotta. Passant rapidement sur Meurtre à l'italienne, il nous recommande chaudement Signore e signori et Il ferroviere.
* Une dernière sortie ciné pour finir : Yann nous enjoint à aller voir La tisseuse, du Chinois Wang Quan'an.

Présentée par Lucile, l'émission est disponible ici.

Par Limess - Publié dans : Extérieur Nuit
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Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /2010 12:19

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Sortie: 17 février 2010

> L'histoire: Alexandre (Joffrey Verbruggen) a quinze ans et vit seul avec son père (Thierry Hancisse). Pris entre les coups et la violence, celui-ci trouve refuge dans son sport favori, la régate, avec lequel il espère remporter les championnats de Belgique. Trouvant soutien auprès de son entraîneur, Sergi (Sergi Lopez), et Murielle (Pénélope Levêque), la fille dont il est amoureux.

Premier film du cinéaste belge Bernard Bellefroid, La Régate, sorte de chronique adolescente sur fond d'aviron et de violence domestique, avait tout pour emballer. Une ambiance dépressive, portée par la musique pop aérienne de Claudine Muno & The Luna Boots. Un cadre naturel et inédit. La présentation d'un sport plutôt innovant. Alexandre est un garçon comme les autres, vivant pour la régate et les filles. Mais victime d'une blessure à la cuisse, celui-ci dû se couper du monde pendant plusieurs mois, se mettant à dos son entraîneur dont il est l'un des jeunes poulains. Alternant entre séquences familiales assez tendues entre un père bourru et ce fils prodige et des entraînements toujours plus physiques, Bernard Bellefroid fait le judicieux choix de laisser parler l'image plutôt que les personnages. Et en imposant une raideur intense au sein du foyer familial et une véritable tension entre Alexandre et son père Thierry, le cinéaste n'a nul besoin de sous-titres pour expliciter la situation, faisant preuve d'une réelle subtilité. Jusqu'à ce que Thierry se félicite d'avoir planter son fils d'une fourchette, écrasant toute la délicatesse des premières scènes. Sans plus aucune limite, Bernard Bellefroid se laissera alors doucement glisser dans la tentation de mettre toujours plus en scène la violence domestique, laissant d'abord les coups en hors champ avant de les mettre en avant par facilité. Répétant inlassablement le même schéma, suivant un Alexandre de dos ouvrir la porte de chez lui avant de se faire littéralement agressé, physiquement comme mentalement, par un paternel sur le qui-vive. Une fois, deux fois et l'on se dit que tout ça est plutôt maladroit, trois fois, quatre fois et le tout nous semble particulièrement racoleur.... Laissant la drôle d'impression d'un ensemble plutôt raté.

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Car alors que La Régate s'annonçait plutôt prometteur, le film laisse au contraire rapidement apparaître un manque de demi-mesure. Le cinéaste n'hésitant pas à aller au bout du cliché à chacune de ses séquences, quitte à créer des coupures brutales d'une scène à une autre. Des entraînements de régate au stage intensif aux airs de colonies de vacances, le cinéaste fait le choix d'une mise en scène plutôt enjouée, saupoudrée d'une B.O proche d'un "We are young" de Supergrass. Préservant une certaine aération du récit, misant sur les instants types d'un film adolescent, des premiers bisous à la première fois. Avant de passer dans l'excès inverse lors des retours à la maison. Et dans ce melting-pot d'ambiance, impossible de s'attacher à ce personnage principal, maladroitement interprété par un Joffrey Verbruggen peu charismatique, laissant dès lors le champ libre à un Sergi Lopez charmant en entraîneur confiant. Premier essai plutôt loupé, La Régate révèle ainsi malheureusement vite ses limites, passant peu à peu de film gauche à un long métrage terriblement agaçant et convenu, se concluant par un panneau explicatif à l'image du film. Dommage.

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1. Sergi Lopez: Ricky / Partir / Les Derniers jours du monde / C'est ici que je vis


Crédit photo: Pyramide distribution

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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