Dimanche 1 mars 2009 7 01 /03 /2009 19:50



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Sortie: 18 février 2008

> L'histoire: A la fin des années 80, Randy Robinson, dit The Ram ("Le Bélier"), était une star du catch. Vingt ans plus tard, il ne se produit plus que dans des salles de gym de lycées ou des maisons de quartier... Brouillé avec sa fille, il est incapable d'entretenir une relation durable avec quiconque : il ne vit que pour le plaisir du spectacle et l'adoration de ses fans. Mais lorsqu'il est foudroyé par une crise cardiaque au beau milieu d'un match, son médecin lui ordonne d'abandonner le catch : un autre combat pourrait lui être fatal. Contraint de se ranger, il tente de renouer avec sa fille et, dans le même temps, entame une liaison avec une strip-teaseuse vieillissante. Pourtant, son goût du spectacle et sa passion pour le catch risquent bien de reprendre le dessus et de le propulser de nouveau sur le ring...

Changement de décor pour Darren Aronofsky, ce réalisateur trop souvent sous-estimé, qui après un trip hallucinatoire dans Requiem for a dream puis mystique dans The fountain, revient sur le devant de la scène, un lion d'or en poche, avec The wrestler. L'histoire d'un come-back comme Hollywood raffole, celui d'un catcheur, qui se voit dans l'obligation d'arrêter sa passion pour des problèmes médicaux, mais surtout celui d'une star, le grand Mickey Rourke. Avec ce film, l'acteur trouve enfin le premier rôle qui le remettra sous le feux des projecteurs, lui qui s'était déjà fait re-remarqué en tant que second dans Sin City et Domino. Avec Randy, il trouve un personnage à la mesure de son talent, sortant définitivement du gouffre dans lequel il était tombé durant les années 90. Aronofsky / Rourke, un duo de choc... pour un beau moment de cinéma.

Si The wrestler ne se présente pas comme tel, il prend néanmoins souvent des apparences de documentaire, Darren Aronofsky ayant fait le choix d'une réalisation fluide, suivant son personnage comme une présence fantôme. Ainsi, le réalisateur appuie sa mise en scène sur de nombreux plans filmant Randy de dos, marchant droit devant lui, vers le ring, le rayon charcuterie ou la porte de sa caravane. L'occasion pour Aronofsky de construire un récit cohérent avec lequel il crée l'illusion de donner l'opportunité aux spectateurs de rentrer dans les coulisses du catch. On y découvre un sport extrême où le grand spectacle est le seul mot d'ordre, les catcheurs préparant à l'avance l'issue des combats, cherchant toujours de nouvelles techniques plus efficaces pour satisfaire leur public. Les combats, eux, filmés de très prêts et assurer par les acteurs eux-mêmes, se révèlent tous plus violents les uns que les autres et physiquement dur pour le spectateur comme pour le "vieil" homme, qui n'hésite pas à faire subir à son corps les pires sévices, de l'agrafeuse à la lame de rasoir. Car tout est bon à prendre quand il est question de contenter ses fans ! Entrer dans les coulisses, c'est aussi découvrir un autre univers, où chaque participant se préoccupe de son adversaire, rendant de l'humanité à cette pratique si fameuse aux États-Unis mais qui parait, de chez nous, un brin barbare !

Mais coller aux basques de Randy, qui est de tous les plans, c'est surtout découvrir le parcours exceptionnel d'un homme que seul le show maintient éveillé. Pour lui, la vie est un spectacle, que ce soit sur le ring ou lorsqu'il faut servir du jambon à des clients pressés. Alors, quand son coeur fera des siennes, l'empêchant de faire ce qu'il aime, il essayera de combler ce vide en renouant avec sa fille - Evan Rachel Wood - ou en sortant avec Cassidy, une strip teaseuse - Marina Tomey, émouvante -... En vain. L'appel du public étant finalement trop fort pour cet homme qui vit et vivra éternellement dans l'ombre de sa réussite passée, toujours présente dans l'esprit des fans comme dans ses jeux vidéos en 2D auquel il joue lui-même encore. Un personnage qui, en cela, semble indissociable de l'acteur qui l'incarne, Mickey Rourke, star déchue et ancienne gueule d'ange, dont la carrière connue un vide monumentale dans les années 90, période où il préféra se reconvertir dans la boxe, ruinant définitivement son si beau visage par le jeu et la chirurgie esthétique. Alors, quand Randy montre ses blessures et ses cicatrices à Cassidy, c'est aussi un peu Mickey qui nous les expose... De même quand il remontera sur le ring pour effectuer un dernier coup du bélier, notre coeur tout entier s'embrasant aussi bien pour ce personnage terriblement attachant que pour cet acteur encore aujourd'hui indispensable à Hollywood et qu'on est bien content de revoir à l'affiche. Et sur ce coup là, Darren Aronofsky n'aurait pas pu faire un meilleur choix, son film trouvant toute sa puissance dans son histoire et celle de sa tête d'affiche, semblant encore plus émouvant qu'il ne l'était déjà. Une oeuvre poignante, donc, qui séduit par ses faiblesses - car il y en a -, ses personnages tendres malgré leurs aspects bruts et la personnalité et le jeu de Mickey Rourke. Clap clap.



 


> Mostra de Venise 2008: Lion d'or
> Golden globes 2009: Meilleur acteur dans un drame, meilleure chanson / Nomination meilleure actrice dans un second rôle
> BAFTA 2009: Meilleur acteur / Nomination meilleure actrice dans un second rôle
> Oscars 2009: Nominations meilleur acteur, meilleure actrice dans un second rôle


Crédit photo: Wild Bunch

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
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Dimanche 1 mars 2009 7 01 /03 /2009 15:18





Sortie: 18 février 2009

> L'histoire: Roumanie, de nos jours. Une équipe de tournage arrive dans un village isolé pour un reportage sur des phénomènes paranormaux. A la surprise de tous, seules de vieilles femmes en deuil habitent ce village. Quelle est donc leur histoire ? Roumanie, 1953. Ana et Iancu sont sur le point de se marier. Tout le village s'atèle aux préparatifs de la noce. C'est un véritable festin qui attend tous les convives. Alors que la fête bat son plein dans le jardin de la maison, le maire du village et le commandant du régiment font irruption pour annoncer la mort de Staline ainsi qu'une semaine de deuil national prenant effet sur le champ. Toutes les festivités sont interdites. Malgré l'interdiction, les mariés et leurs invités feront preuve d'ingéniosité pour poursuivre la fête...

Au diable Staline, vive les mariés ! est ce qu'on pourrait qualifier d'une victime marketing. Lui qui est vendu comme une farce à la Kusturica, à l'humour grotesque, parfois graveleux et aux personnages enjoués et hauts en couleurs, alors qu'il se présente, sur le papier, comme une dénonciation de la dictature russe dans les années 50. Une erreur - fatale - des commerciaux ou simplement une sorte de résumé de l'oeuvre en général ? Car si Au diable Staline, vive les mariés ! se veut comme une oeuvre politique, il est malheureusement si mal construit que le propos n'arrive que très - très - tardivement. Le film s'ouvre ainsi sur une équipe de télévision, venue au fin fond de la Roumanie pour faire un reportage sur des phénomènes paranormaux. Ils échouent dans un village en ruine, habité par des veuves, qui vont leurs raconter l'histoire qui transforma cet endroit. En 1953. Une heure durant, le réalisateur nous présentera alors l'ambiance et les habitudes de ce village, souvent avec beaucoup d'humour, rendant même hommage au cinéma burlesque muet. Ainsi, la musique et les gags silencieux - comme une bagarre en accéléré - seront de mise, faisant de ce film une sorte de petite curiosité originale.

Pourtant, si Au diable Staline, vive les mariés ! se révèle être une oeuvre particulièrement divertissante, plus elle avancera et plus elle laissera perplexe. L'intrigue principale, soit le mariage entre les jeunes du village qui, suite à la mort de Staline, devront faire une noces silencieuse, n'arrivant qu'au 2/3 de celle-ci. Et quand cette trame intrigante se retrouvera bâclée en une quinzaine de minutes, top chrono, la déception ne sera que plus présente. Horatiu Malaele  ayant créé un film totalement bancal dans sa construction. Alors, quand à cela s'ajoute une utilisation très poussive des gros plans pour dénoncer l'invasion russe, décrédibilisant totalement le propos, et quelques éléments du genre fantastique, on en ressortira d'autant plus décontenancé. Particulièrement perplexe sur ce que l'on vient de voir. Malgré ses qualités évidentes et un ressort comique plutôt réussit, Au diable Staline, vive les mariés ! se révèle, au final, être un film particulièrement brouillon, autant sur le fond que sur la forme. Un premier essai raté, donc, pour le réalisateur qui avait néanmoins réussit à mélanger habilement, dans certaines scènes, l'humour de Kusturica à la fantaisie de Fellini.





Crédit photo: Bac film  

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
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Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /2009 14:40





Sortie: 11 février 2009

> L'histoire: Un groupe d'adolescents découvre le camp de Crystal Lake en même temps que le terrifiant Jason Voorhees et ses intentions meurtrières...

Après l'excellent remake de Massacre à la tronçonneuse, Marcus Nispel s'attaque à une autre franchise, celle de Vendredi 13, pour un film qui interroge. Est-ce un hommage aux slashers movies ou bien une oeuvre à prendre au premier degré ? Une question légitime puisqu'elle amène plusieurs niveaux de lecture, le film se trouvant être, dans un cas, plutôt réussit, dans l'autre, un vrai ratage... Tout commence par la mise en place de deux prologues, l'un donnant la part belle à la mère de Jason, résumant très brièvement la naissance de la saga, l'autre, quelques années plus tard, période où celui-ci maniait déjà assez bien le coup de machette. En une dizaine de minutes presque une dizaine de morts, Marcus Nispel prévient, il n'est pas là pour faire dans la dentelle ! Le titre annoncé, l'histoire peut enfin commencer, le film suivant un groupe de jeunes beaux et friqués, venus à Crystal Lake pour un week-end Sex & Alcohol. Des personnages crispants et stéréotypés dont notre seule envie est qu'ils se fassent vite ratatiner la tronche par ce cher Jason !

Partant de ce prétexte simple et d'une histoire assez bidon, Marcus Nispel prend un malin plaisir à réutiliser les tics du genre, proposant en premier lieu un casting de choix, réunissant divers acteurs de séries télé pour ados. De Jared Padalecki, héros de Supernatural, à Amanda - Hailey dans Newport Beach - Righetti, Ryan -  Dick dans Veronica Mars - Hansen ou Richard - The sentinel - Burgi. Des têtes déjà connues par le public visé, tout comme l'était les seconds rôles d'oeuvres comme Scream, Urban Legend ou Destination Finale. A croire que les films d'horreur se font comme spécialité de permettre à ceux-ci de passer du petit au grand écran. La suite des aventures se révèle n'être qu'une accumulation de situations types, du "je vais me promener seul dans la forêt, de nuit, sans lampe" à "je vais chercher du bois dans la réserve, à 500 mètres de la maison, de nuit, sans lampe mais avec une poêle à la main", laissant le champ libre aux filles de toutes se dessaper - excepté celles qui ont un peu de dignité - et à Jason de se faire pas mal plaisir, utilisant machette et tir à l'arc. De quoi susciter surtout une bonne tranche de rigolade... et de prendre conscience que ce n'était sans doute pas le but premier du film, ni du réalisateur. Car plus celui-ci avance et plus il dérange, Vendredi 13 ne remplissant quasiment jamais sa mission première, celle de faire peur. Les apparitions de Jason se faisant toutes plus abracadabrantes, les meurtres jouant plus sur le gore que l'effroi. C'est là que la question rentre en jeu: Marcus Nispel a t-il voulu réaliser un vrai horror movie ou réellement un pur divertissement en jouant sur les situations attendues ? Une interrogation qui fait de ce Vendredi 13 là un remake peu nécessaire, se révélant à la fois décevant et plutôt divertissant mais qui, dans tous les cas, rate sa cible, celle d'effrayer des spectateurs en manque de sensations. Et n'est-ce pas finalement ce qu'on était d'abord venu chercher en prenant notre ticket ?



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 Crédit photo: Paramount pictures

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
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Dimanche 22 février 2009 7 22 /02 /2009 14:20




Sortie: 11 février 2009

> L'histoire: Quand Katie, une femme ordinaire, rencontre Paco, un homme ordinaire, quelque chose de magique et de miraculeux se produit: une histoire d'amour. De cette union naîtra un bébé extraordinaire: Ricky.

On se demande toujours jusqu'où sont capable d'aller les publicitaires pour vendre un film et attirer les foules. Et s'il fallait prendre une oeuvre en exemple,
Ricky serait un cas parfait. C'est tout d'abord un teaser qui présenta aux spectateurs les premières images du nouveau François Ozon, laissant planer le mystère sur ce bébé étrange, un brin démoniaque. Éveillant à la fois la curiosité et le scepticisme de certains. Jusqu'à ce que la bande annonce finale viennent briser le secret, révélant sans subtilité tout l'intérêt du long métrage: son côté fantastique et le caractère extraordinaire de ce bébé. De quoi caser l'aura qui entourait cette histoire originale, tout comme le suspense de sa première partie. Le film reposant alors sur la culpabilité ou non du personnage de Paco. Espérons donc qu'à défaut d'avoir bouder le plaisir de plusieurs cinéphiles, elle aille au moins permise de ramener les gens dans les salles...


Ricky
, c'est l'occasion pour François Ozon de faire une nouvelle fois preuve de beaucoup d'inventivité, autant sur le fond que sur la forme. Avec son nouveau film, le réalisateur fait le choix de se réapproprier les codes du genre fantastique en travaillant sur le surgissement de l'extraordinaire dans la réalité quotidienne. Le tout de manière extrêmement minutieuse. Le film s'ouvre ainsi sur une séquence où Alexandra Lamy, filmée au naturelle, sans maquillage - tout comme Rossellini l'avait fait avec Ingrid Bergman - confesse son désespoir et son impuissance suite à la naissance de son deuxième enfant. Flash-back. Katie - Lamy, donc - vit dans une banlieue triste avec sa fille. Quelques séquences suffisent pour exposer son quotidien, filmé de manière frontale et froide, des trajets en scooter au boulot à l'usine, et les décors qui entourent sa vie. Très vite, elle rencontre Paco et entame une relation avec lui. Emménagement. Naissance de Ricky. Le rythme est effréné, Ozon passant sous silence des pans entiers de leur histoire, au risque d'en décontenancer plus d'un. Comme si l'intérêt était ailleurs. La force du travail d'Ozon, c'est qu'il joue sur le glissement entre l'ordinaire et l'extraordinaire, la rencontre avec Paco venant bouleverser le quotidien de Katie et sa relation avec sa fille, puis vers l'extraordinaire le plus littéral du terme. Là, ce n'est plus la vie que Katie connaît qui va se retrouver chamboulé, mais celui de tous, spectateurs compris. Ricky étant un bébé qui sort, justement, de l'ordinaire... Cela, Ozon le travaille par petites touches. C'est d'abord un papier peint, posé dans la chambre de Ricky, où le motif du ciel donnera un côté magique. Un jeu de lumière, ensuite, et de la musique, enfin, sortant l'intrigue des gris du début, ceux des HLM et de l'humeur de Katie. Faisant surgir l'a-normalité dans la normalité la plus banale et quotidienne, à la fois à travers le personnage de Ricky, donc, et celui de Katie, au départ si transparente, et devenant, finalement, le centre d'attention de tous.


S'appuyant sur ce trajet vers le fantastique,
Ozon fait le choix de ne pas proposer un récit linéaire, rendant un brin plus flou l'agencement des choses. C'est le cas de cette fin ouverte, qui déconcerte, tant elle tend à plusieurs analyses. Est-elle réellement à sa place ou correspond t-elle au point de départ de l'intrigue ? Une question à laquelle le film ne répond pas, laissant le spectateur se faire son propre avis et imaginer ce qu'il veut. Un parti pris qui se révèle néanmoins quelque peu néfaste pour l'oeuvre, faisant apparaître une construction un poil compliquée pour finalement pas grand chose. Qu'importe, Ozon aura dans tous les cas fait preuve de beaucoup de mérite, proposant une oeuvre originale et atypique au milieu des autres productions françaises qui sortent actuellement. Atypique, aussi bien par le genre choisit que par ses choix de comédiens, laissant de côté les étiquettes, donnant ainsi le beau rôle à une Alexandra Lamy étonnante, faisant véritablement office de révélation. Avec ce rôle, elle arrive enfin à se détacher de son image d'Alex, dans Un gars, une fille, et faisons le pari, elle ne devrait pas tarder à décrocher de nombreuses propositions dans des registres différents que la comédie. Au final, Ricky est donc un film qui surprend, dans sa capacité à proposer quelque chose de neuf et d'original. Et peut importe la forme, François Ozon aura dans tous les cas réussit son pari, celui de se renouveler tout en dépoussiérant, à sa manière, la marmite des productions françaises. Chapeau.






Crédit photo: Le pacte  

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
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Samedi 21 février 2009 6 21 /02 /2009 16:20



Sortie: 11 février 2009
 
> L'histoire: 1964, une école catholique dans le Bronx. La père Flynn, un prêtre de la paroisse, entraineur de basketball, est soupçonné d'avoir fait des attouchements sur un garçon noir de douze ans. Soeur Aloysius, directrice de l'école, a des doutes sérieux sur la moralité du prêtre mais n'arrive pas à établir les preuves nécessaires à son renvoi. Quand soeur James, une soeur naïve, vient lui raconter un événement impliquant le père Flynn et un garçon de l'école, soeur Aloysius estime que ses soupçons sont confirmés. Elle part donc en guerre contre le prêtre, bien determinée à le demasquer. L'aumônier accusé va tenter de se disculper mais soeur Aoysius n'a pas dit son dernier mot. La doute s'installe. Quelles en seront les conséquences ? Et si tout cela n'était qu'un malentendu ?

Auréolé du prix Pulitzer pour cette oeuvre, John Patrick Shanley adapte au cinéma sa propre pièce de théâtre, Doubt: a parable, jouée à Broadway durant un peu plus d'un an. Pour l'occasion, il s'entoure d'un casting prestigieux, réunissant deux acteurs oscarisés, Philip Seymour Hoffman et Meryl Streep, tous deux accompagnés de la révélation d'Il était une fois, Amy Adams. Film qui lui avait valu une nomination à la statuette dorée. L'histoire se situe dans une école catholique du Bronx, au milieu des années 60, et suit la confrontation virulente entre soeur Aloysius et le père Flynn, accusé par la première de pédophilie. Un mot qui ne sera d'ailleurs jamais prononcé grâce à la prouesse de l'écriture de John Patrick Shanley, qui signe également ici le scénario. Un face à face explosif, donc, avec lequel le choix du casting se révèle redoutable, Philip Seymour Hoffman et Meryl Streep étant deux monstres sacrés d'Hollywood, capable de tout jouer avec le maximum de nuances. Ici, c'est à celui qui se fera le plus entendre, de quoi transformer la douce Amy Adams en simple spectatrice de ce combat de titans. Car la force - mais aussi la faiblesse - de Doute, c'est qu'il repose, presque exclusivement, sur ce duel entre ses deux acteurs, autour de dialogues acérés et de répliques toujours plus piquantes. Un constat qui laisse préconiser que John Patrick Shanley ne semblait pas réellement chercher à adapter sa pièce de théâtre à l'écran, mais plutôt à la transposer tout en gardant les grands codes théâtraux.


Doute s'appuie ainsi sur un décor unique qui, s'il renvoie directement à la convention théâtrale, permet surtout de créer une sorte de huis clos où la tension et la violence ne se font que plus palpable. Les comédiens n'ont alors qu'à circuler, sous l'oeil d'une caméra presque invisible. John Patrick Shanley faisant le choix d'une réalisation très académique, filmant de manière frontale et froide les corps de ses comédiens, de sorte que cela en devient presque trop simple. Voir simpliste. Car si Doute est un film qui secoue, cela n'a en réalité pas grand chose à voir avec le cinéma, l'oeuvre se révélant n'être que du théâtre filmé. De sorte qu'il ne passionne pas autant que l'on aurait voulu. Et c'est d'ailleurs lorsque l'on laisse de côté toute considération cinématographique que l'oeuvre retrouve de sa valeur, elle qui s'appuie sur une histoire percutante et un scénario finement écrit. Car Doute, c'est avant tout une réfléxion sur les faiblesses de l'être humain, faisant du spectateur le seul juge de ce qui se passe sous ses yeux. Le film laissant à chacun l'occasion de se faire son propre avis en ne délivrant pas les clés de l'intrigue. Ce qui est plutôt rare, dans les productions actuelles, pour être souligné... Au final, Doute est, donc, une oeuvre plutôt atypique, à la fois fragile cinématographiquement parlant et magistrale par son écriture et sa direction d'acteurs. Un film puissant grâce aux impressionnantes performances de Meryl Streep et Philip Seymour Hoffman mais qui reste, néanmoins, quelque peu éphémère.





> Golden globes 2009: Nominations meilleure actrice dans un drame, meilleur acteur dans un second rôle, meilleure actrice dans un second rôle, meilleur scénario
> BAFTA 2009: Nominations meilleure actrice, meilleur acteur dans un second rôle, meilleure actrice dans un second rôle
> Oscar 2009: Nominations meilleure actrice, meilleur acteur dans un second rôle, meilleure actrice dans un second rôle (Amy Adams), meilleure actrice dans un second rôle (Viola Davis), meilleur scénario adapté


Crédit photo: Walt Disney Studios Motion Pictures France

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
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Samedi 21 février 2009 6 21 /02 /2009 13:58




Sortie: 11 février 2009

> L'histoire: Un film sur l'amour entre des aveugles. L'amour peut être doux, l'amour peut-être bête, l'amour peut aussi être aveugle parfois... Trouver sa place dans ce monde n'est pas chose facile pour des gens qui ont une bonne vue, mais quand on est aveugle, est-ce plus difficile ? La "vision" des personnes aveugles est souvent pure et essentielle, et très souvent pleine d'esprit. Elle fait découvrir de nouvelles dimensions sur le sens du bonheur.

De l'expression "l'amour rend aveugle", Juraj Lehotsky, dont ce film est la première expérience cinématographique, signe un documentaire sur - comme l'indique si bien le titre (sic) -, ce qu'est l'amour entre des aveugles. Suivant le quotidien de quatre personnes, le réalisateur tend à exposer devant sa caméra différentes situations impliquant à chaque fois des histoires de coeur. Il y a d'abord Peter, un professeur de musique, vivant dans un HLM avec sa femme et, avec qui, il aime à partager son goût pour l'imaginaire et le fantastique. Mira, un gitan amoureux d'une mal voyante et qui a peur de se faire rejeter par ses beaux-parents à cause de ses origines. Elena, une femme enceinte, angoissée à l'idée d'avoir un enfant. Et Zuzka, une adolescente se cachant derrière son ordinateur pour trouver l'âme soeur. Des portraits multiples et variés, donc, qui paraissent presque banals dans leurs descriptions et avec lesquels le réalisateur dépeint la dimension que prennent quotidiennement les gestes anodins et les autres sens. De quoi tendre à la mise en place d'histoires touchantes si Juraj Lehotsky avait réellement pris le temps de s'y attarder. Car, en réalité, Amours aveugles s'apparente ainsi à une succession de petites saynètes, toutes mal mises en valeur, tant et si bien qu'on ne fait que les survoler. Comme si ce n'était que des simples énumérations. Dommage, donc, quand on sait que le tournage a duré quatre ans, le réalisateur ayant vécu aux côtés de ses personnes sans qu'il n'arrive à le retransmettre à l'écran. Amours aveugles présente ainsi quelques extraits de vies, de manière totalement vaine, Juraj Lehotsky n'ayant pas réussit à aller au bout de ses idées, n'allant tout simplement pas au bout de ces histoires.


Mais plus encore la construction ou le récit, c'est le type de la mise en scène lui-même qui déconcerte. Car si Amours aveugles est vendu comme un documentaire, il n'en donne pourtant jamais l'impression. Juraj Lehotsky ayant fait le choix - fatal - de scénariser ses morceaux de vie. Ainsi, il se contente de mettre ses hommes et femmes devant la caméra, qu'ils ne voient pas, donc, afin de les laisser voguer comme bon leur semble. Tant et si bien que le film finit par passablement ennuyer alors qu'il ne dure qu'1h17. De quoi perdre, surtout, de sa crédibilité et de sa pertinence au propos réel de l'oeuvre, la thématique de l'amour étant vite dépassée par celle de l'acceptation de l'autre, de la discrimination, la peur du rejet mais aussi, des rêves. En cela, le film se dote d'ailleurs de quelques belles séquences, notamment celle onirique où Peter revit les aventures de 20 000 lieux sous les mers. Son rêve le plus cher étant tout simplement de "voir la mer". A bien des titres, Amours aveugles est, donc, une oeuvre plutôt médiocre malgré un sujet intéressant et qui aurait pu amener à d'autres thématiques. Car quoi de plus ironiquement tragique que de voir un film mettant en scène des non-voyants ?




> Festival international de Cannes 2008: la quinzaine des réalisateurs
> Festival du cinéma Européen Cinessonne 2008: Grand prix


Crédits photo: ASC distribution

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
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Jeudi 12 février 2009 4 12 /02 /2009 12:30





Sortie: 11 février 2009

> L'histoire: Ce que pensent les hommes est une réjouissante comédie romantique qui dresse un portrait provocateur, hilarant et libérateur de l'incompréhension entre hommes et femmes. Tandis qu'un groupe de jeunes femmes brillantes, originales et extrêmement déterminées s'efforcent de déchiffrer le langage amoureux, elles nous entraînent dans une réjouissante quête éperdue du grand amour... Une chose reste certaine : s'il ne vous appelle pas, s'il ne couche pas avec vous, s'il est marié à quelqu'un d'autre ou s'il couche avec une autre... il y a de grandes chances qu'il ne s'intéresse pas à vous !

Ce que pensent les hommes, c'est tout d'abord l'intrigue d'un épisode de Sex and the city, à la suite duquel deux des scénaristes, Greg Behrendt et Liz Tuccillo, publièrent un livre paru en France sous le titre affreux de Laisse tomber, il te mérite pas !. Un grand succès outre atlantique. Dans la série, on y voyait Miranda apprendre de la bouche d'Aidan, le boyfriend de Carrie, que si l'homme avait qui elle avait pris un verre la veille ne la rappelait pas, c'est qu'il n'était tout simplement pas intéressé. Une véritable révélation pour la demoiselle qui décida alors de transmettre ce conseil à d'autres new-yorkaises, expliquant ainsi à deux inconnues pourquoi l'homme dont elles parlaient ne rappelait pas et se faisant, dans la foulée, allégrement traiter de salope ! La vérité n'étant pas toujours agréable à entendre... Dans Ce que pensent les hommes, c'est le personnage de Gigi qui se substitue à celui de Miranda, une éternelle célibataire, enchaînant les rendez-vous sans lendemain tout en rêvant éternellement du prince charmant. Jusqu'au jour où elle rencontrera Alex, un charmant barman, qui lui fera ouvrir grand les yeux sur les mentalités du sexe masculin. Mais plus que le simple coup de fil, le film se base en réalité sur quatre constats qui correspondaient aux quatre chapitres du livre. S'il ne t'appelle pas, s'il ne couche pas avec toi, s'il ne t'épouse pas ou s'il couche avec une autre alors... tu ne l'intéresse pas ! En partant de ses affirmations, Ce que pensent les hommes tend à donner plusieurs exemples à travers diverses histoires afin de mieux les confirmer ou au contraire, les démentir. La multiplicité des intrigues créant une sorte d'universalité du propos en donnant à voir différentes possibilités. Un choix original et pertinent porté par une grande galerie de personnages et de duos explosifs, incarnés par une belle brochette d'acteurs. Ben Affleck et Jennifer Aniston, Drew Barrymore et Kevin ConnollyJennifer Connelly, Bradley Cooper et Scarlett Johansson ou encore Ginnifer Goodwin et Justin Long. Un vrai melting pot pour un pur film choral où hommes et femmes en prennent pour leurs gardes, au même titre que les couples ou les célibataires. De quoi favoriser, donc, une identification facile entre les spectateurs et les personnages !


Avant d'être une sympathique comédie romantique, arrivant à éviter certains clichés tout en fonçant tête baissée dans d'autres, Ce que pensent les hommes est une véritable comédie qui tend à faire prendre conscience des mauvaises habitudes que l'on a pu prendre, notamment en tant que femme. De la dissection de chaque mot d'un texto à l'attente acharnée d'un coup de téléphone. Opposant en cela l'homme et la femme dans leurs manières de raisonner... Et sur ce coup là, le ton se révèle extrêmement juste, certaines situations nous étant toutes déjà arrivées. Si le film fonctionne, c'est qu'il donne la possibilité à la création de duos inédits et rafraîchissants. Et si celui entre Ben Affleck et Jennifer Aniston n'intéresse guère, ne révolutionnant rien et stagnant autour d'une problématique trop étroite, on se régale à la vue de la naissance du duo Bradley Cooper - tout droit sorti d'Alias - et Scarlett Johansson, la belle trouvant ici un rôle d'allumeuse qui lui va à ravir, explosant de sensualité dans un mini soutien gorge rouge. Mais dans le lot, c'est surtout celui entre Ginnifer Goodwin et Justin Long qui retient notre attention, à la fois par le comique de situation - et le jeu de la dissection des comportements - et son côté très tendre. Et si l'on regrettera que la sweet Drew Barrymore ne soit pas plus souvent à l'écran, Ce que pensent les hommes se révèle être une excellente comédie romantique, à la fois drôle, mignonne et attachante. De quoi passer un agréable moment avec un divertissement de bonne qualité, certes très hollywoodien, mais au casting et aux intrigues suffisamment diversifiés pour réjouir. Une très bonne sucrerie qui sait aussi se faire amère - par le couple Bradley Cooper - Jennifer Connelly - pour au final, mieux sortir avec le sourire ! Et c'est, finalement, tout ce que l'on demandait !





1. Ben Affleck: Gone baby gone


Crédit photo: Metropolitan FilmExport  

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
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Mardi 10 février 2009 2 10 /02 /2009 22:20




Sortie: 4 février 2009

> L'histoire: Danny et Wheeler, deux VRPs pour le moins immatures, saccagent le camion de leur employeur au terme d'une énième journée passée à promouvoir une boisson énergisante auprès d'adolescents blasés. Le juge leur donne le choix : le trou ou 150 heures de travaux d'intérêts généraux dans une association à but pédagogique. Après leur première rencontre avec les gosses dont ils doivent s'occuper, un timide adolescent de 16 ans obsédé par les jeux de rôles moyennâgeux et un autre aux manières de chartier, la prison ne semble peut être pas une si terrible option ! Quand enfin Sweeny, la directrice de l'association, une ancienne droguée, leur donne un ultimatum, Danny et Wheeler sont obligés d'adapter leur "immaturité adulte" dans l'intérêt de leurs élèves. S'ils passent avec succès leur période de sursis, les pires éducateurs offriront la preuve que l'idiot du village peut parfois se révéler un bon pédagogue.

Petit frère adopté de la bande Judd Apatow, Les grands frères s'inscrit à merveille dans cette sorte de renouvellement de la comédie teenager américaine qui souffle aujourd'hui sur l'industrie hollywoodienne. Un des symptômes ? La présence au casting - et au scénario - de Paul Rudd, un fidèle second, de 40 ans toujours puceau, En cloque, mode d'emploi à Sans Sarah, rien ne va, qui trouve ici son premier grand rôle, et de Christopher Mintz-Plasse, alias McLovin dans SuperGrave. Et si l'association avec Sean William Scott, sorte de symbole de l'ancienne comédie pour teen à la American Pie, pouvait faire craindre le pire, c'était sans compter sur l'efficacité humoristique de ce duo mal assorti. Ici, les deux acteurs ne changent d'ailleurs guère de registre, Sean William Scott excellant dans l'humour graveleux tandis que Paul Rudd arrive, avec classe, à rendre glamour n'importe quel "fuck" dans n'importe quelle phrase. Soit un tout les deux mots. Ses deux là étaient, donc, fait pour se rencontrer, chacun apportant sa touche personelle pour mieux fusionner. Dommage alors que Les grands frères ne leur laisse pas l'occasion de jouer plus ensemble, le film se divisant rapidement en deux histoires parallèles, chaque personnages partant de son côté avec un enfant. Et contre Paul Rudd, Sean William Scott a bien du mal à se faire remarquer, au point que sa partie se verra vite éclipser par l'atout charme de la bande Apatow !


C'est d'ailleurs cette séparation qui handicape le plus et la plupart du temps ses Grands frères là. Le film suit ainsi l'histoire de deux collègues qui suite à un craquage de nerfs en règle se verront dans l'obligation de faire des heures de travaux d'intérêts généraux dans une association à but pédagogique. Là-bas, ils devront s'occuper d'ados peu ordinaires, du fan d'héroic fantasy au jeune bien trop vulgaire pour son petit âge. De quoi laisser place à de multiples bons gags et à la création de nouveaux duos assez extravaguants. Et rien que pour celui entre Paul Rudd et Christoper Mintz-Plasse, Les grands frères est un film qui vaut pas mal le détour. Jouant la carte de l'humour gras mais toujours accompagné de sentiments - grâce, principalement, à la présence d'Elizabeth Banks -, le film perde progressivement son souffle sur la longueur pour mieux se renouveler par la suite. Car, s'il ne devait rester qu'une chose, le final de l'oeuvre de David Wain est une vraie partie de rigolade, parodiant de manière totalement jubilatoire des scènes de combats où les héros se retrouveront à se battre avec des armes en plastique, dans des vêtements plutôt saillants. De quoi relever avec beaucoup d'efficacité le niveau général des Grands frères qui n'arrive malheureusement jamais à atteindre la drôlerie ou l'intensité des vraies productions Apatow. Ce qui n'empêche pas de passer un sacré bon moment. Et puis, je ne le répéterais jamais assez... PAUL RUDD, quoi !




Crédit photo: Universal Pictures International France  

Par Limess - Publié dans : En salle en 2009
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