Lundi 1 février 2010 1 01 /02 /2010 08:13


L'équipe d'Extérieur Nuit est aux anges, la quantité de belles sorties de ce mercredi 27 janvier annonçant, plus encore que d'habitude, une excellente émission. Sur Radio Campus Paris, (93.9 FM), où les critiques pointues se mêlaient aux blagues vaseuses. Un vrai bonheur. Avec L.Rob et les autres, et en attendant le retour prochain de Jonathan, nous vous avons concocté un numéro tout à fait appétissant. La preuve ici.

Au programme:
 
* Yann, Thomas et Ben déclarent leur flamme à Bong Joon-ho, auteur du superbe Mother.
* Melissa et Thomas ont interviewé le réalisateur coréen et proposent un florilège de ses réponses.
* Ben, Suzanne et Lucile ont goûté la magie filmique et sonore du Ne change rien de Pedro Costa.
* Melissa et Thomas sont restés bien indifférents devant Le refuge ; face à eux, Xavier tente de défendre le dernier François Ozon.
* Yann et Xavier nous parlent d'Extérieur, nuit, film de Jacques Bral qui ressort cette semaine.
* Dans sa chronique Mangeons Dulion, Gautier regarde sous les burkas des filles.
* Lucile aime le In the air de Jason Reitman, ce qui n'est le cas ni de Lucie ni de Thomas.
* Avant de s'envoler pour Gerardmer, Perrine a interviewé le réalisateur américain.
* Pour François, Chaque jour est une fête... ; Lucie et Thomas sont légèrement plus mesurés.
* Lucile et Thomas sont retombés en enfance devant La princesse et la grenouille, un Disney pas révolutionnaire mais plutôt touchant.
* Gautier nous rappelle la ressortie du Théorème de Pasolini et nous enjoint à nous précipiter dans les salles.

Présentée par Gautier, l'émission est disponible
ici.

PS : Gagnez des places pour les séances de l'excellent festival
Voir l'invisible (du 3 au 9 février l'écran de Saint-Denis), en laissant un commentaire sur cet article.

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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /2010 09:57

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Sortie: 27 janvier 2010

> L'histoire: Ryan Bingham (George Clooney) est un spécialiste du licenciement. Son boulot ? Passer de villes en villes, à la rencontre de petites et moyennes entreprises touchées par la crise. Un emploi idéal pour ce collectionneur compulsif de miles aériens, passant de chambres d'hôtels en voitures de location, transportant toujours avec lui sa petite valise, objet unique regroupant tout ce qui lui appartient. Solitaire invétéré, celui-ci tombera bientôt nez à nez avec deux femmes bien différentes, Alex (Vera Farmiga), son alter ego féminin et Natalie (Anna Kendrick), jeune arriviste prête à tout pour bouleverser son petite existence parfaitement rodée...

Dans Thank you for smoking, Jason Reitman, nouvelle coqueluche du tout Hollywood après son triomphe avec Juno, mettait déjà en scène un Aaron Eckart ultra sympathique, au job pourtant plus qu'antiphatique. Il était le lobbyiste renommé d'une grande entreprise de tabac, passant de plateaux télés en petites écoles afin de promouvoir son produit cher et tendre. Dans In the Air, George Clooney, lui, est ce que l'on pourrait appeler un spécialiste du licenciement. Traversant les États-Unis de long en large afin de faire le sale boulot des entreprises frappées par la crise. Lui qui affectionne tout particulièrement cette situation, ces nombreux voyages l'ayant contraint à adopter un mode de vie tout à fait original. Digne d'un célibataire endurci. Cumule de points miles, changement constant de chambre d'hôtel, location de voiture à la carte, sa vie est parfaitement organisée, tous ses effets personnels tenant dans une et une seule petite valise. Jusqu'à ce que son entreprise soit elle-même "touchée" par la crise, décidant alors de prendre des décisions draconiennes. Finis les voyages tout frais payés, place aux licenciements informatiques. Refusant catégoriquement ce changement brutal, celui-ci emmènera alors avec lui la jeune Natalie, belle arriviste à l'origine de ce changement... Construit exactement sur le même schéma que Thank you for smoking, Jason Reitman livre avec In the Air un troisième film plutôt déstabilisant. Profitant du capital sympathie énorme dont jouit son personnage et son acteur principal afin de dérouler une morale des plus avilissantes. Prenant brusquement de haut cet anti héros marginal. En s'entichant de Natalie - Anna Kendrick, calquant à quelques nuances près son personnage de la saga Twilight -, Ryan verra subitement son mode de vie être complètement remis en question par la demoiselle, puis par ses collègues / sa famille / ses voisins, ne le comprenant absolument pas. Pensant que préférer son job à sa famille soit la marque d'un profond désordre mental.

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Car In the Air, sous-couvert par la réputation de Jason Reitman, d'une auto-proclamation de "petite comédie indépendante" alors qu'il est produit par un grand studio hollywoodien, et d'un aspect feel good movie assez exaltant, trouble pourtant de part sa morale des plus conservatrices. Clamant haut et fort "La famille avant tout". Là repose la principale contradiction de ce film, comédie dramatique à l'humour noir salvateur, parfaitement adaptée au public américain au point de paraître profondément désuète passée la frontière. Reproduisant le même échec de Thank you for smoking. Ainsi, dans celui-ci, on y découvrait un Aaron Eckart luttant sang et eau contre la mise en place de bannières préventives sur les paquets de cigarettes. Mesure qui, à la sortie du film sur le territoire français, était déjà complètement rentrée dans les moeurs européens. Dans In the Air, Jason Reitman réitère, livrant une oeuvre quasi exclusivement destinée à une population américaine frappée de plein fouet par la crise économique. En suivant le personnage de Ryan, le cinéaste donne ainsi la part belle aux "invisibles de la nation", en proposant à des personnes réelles de raconter face caméra leur propre expérience personnelle face au licenciement. D'où le côté très conservateur de l'oeuvre, se voulant comme une sorte de remontant pour le peuple américain. Insistant bien sur le fait que le boulot ne fait pas tout tant qu'il y a la famille. D'où aussi, le profond malaise qui se dégage alors de ce personnage principal, lui qui "profite" des avantages donnés par ces multiples renvois à travers le pays... A ce titre, In the Air est ce que l'on pourrait appeler un film "entre deux chaises", Jason Reitman n'arrivant pas à choisir entre son Ryan et sa fable moralisatrice. Le prenant dès lors de haut après l'avoir pourtant mis sur un pied d'estale. Complètement contradictoire, In the Air est ainsi une oeuvre plutôt bancale, voir loupée, elle qui jouissait pourtant d'une belle qualité d'écriture et d'un acteur des plus charismatiques. Jason Reitman, réalisateur réac ? De quoi presque remettre en question l'intrigue même de Juno - que j'aime énormément - et sa position autour de l'avortement.

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1. Jason Reitman: Juno
2. Anna Kendrick: Twilight - Chapitre 1: fascination / Twilight - Chapitre 2: tentation
3. Jason Bateman: Juno
4. Melanie Lynskey: The informant ! / Away we go
5. Zach Galifianakis: Very Bad Trip / Gigantic
5. J.K. Simmons: Juno / I love you, man / Jennifer's body

> Golden Globes 2010: Meilleur scénario / Nominations meilleur film dramatique, meilleur acteur dans un drame, meilleur réalisateur, meilleur second rôle féminin, meilleur second rôle féminin


Crédit photo: Paramount Pictures France

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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /2010 16:22

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Sortie: 20 janvier 2010

> L'histoire: 1967. Larry Gopnik, professeur de physique dans une petite université du Midwest, vient d'apprendre que sa femme Judith allait le quitter. Elle est tombée amoureuse d'une de ses connaissances, le pontifiant Sy Ableman. Arthur, le frère de Larry, est incapable de travailler et dort sur le canapé. Danny, son fils, a des problèmes de discipline à l'école hébraïque, et sa fille Sarah vole dans son portefeuille car elle a l'intention de se faire refaire le nez. Pendant ce temps, Larry reçoit à la fac des lettres anonymes visant à empêcher sa titularisation, et un étudiant veut le soudoyer pour obtenir son diplôme. Rien de grave, rien de grave...

Dans Fargo, Jerry Lundegaard, petit concessionnaire d'une banlieue américaine plutôt paisible tentait de se faire de l'argent en faisant kidnapper sa femme par une bande de branquignoles. Jusqu'à ce que tout tourne mal. Tout comme Llewelyn, dans No country for old men, lui qui tomba malencontreusement sur une mallette de billets, lançant instinctivement le fameux Anton à ses trousses. Steve Buscemi, lui, dans Paris, je t'aime n'était en réalité qu'un touriste comme un autre. Attendant désespérement son métro avant de lever les yeux sur ce couple de jeunes français. Quant au "Dude", seul le bowling et son tapis étaient importants à ses yeux, pourquoi a t-il fallu qu'on vienne troubler ce calme quotidien ? Ainsi soit-il, la vie n'est jamais de tout repos quant on est le (anti) héros d'un film des frères Coen. Eux qui se sont forgés une solide réputation par la création de situations toujours plus cruelles. Et ce n'est pas Larry Gopnik qui nous dira le contraire. Professeur de mathématiques à l'université, père d'une famille en apparence comblée, complètement à l'aise avec la religion juive, Larry est, à proprement parler, ce que l'on peut qualifier d'un homme bien. Jusqu'à ce qu'il refuse d'augmenter la note d'un de ses élèves, déclenchant une série de catastrophes toutes plus dramatiques les unes que les autres. Bien que ce fait n'est, en apparence, aucun rapport avec la suite des événements. Problème de voisinage, demande de divorce, soucis de santé, de boulot, de famille, Larry cumule ainsi un certain nombre d'embrouilles, lui qui n'a pourtant rien demander à personne. Totalement dérouté par ce qui lui arrive, celui-ci tentera alors de trouver un peu de réconfort auprès de plusieurs rabbins, tous plus incapables les uns que les autres de lui donner un conseil particulièrement utile...

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Là est la grande force de ce Serious Man, nouvelle comédie dramatique dans la grande lignée de la filmographie des Coen, mettant aux prises cet attachant looser à une série de malédictions des plus cruelles. Lui qui, convaincu que les mathématiques peuvent tout expliquer, ne comprendra en réalité plus grand chose à ce qui se trame autour de lui. Pourquoi sa femme s'est-elle subitement entichée d'un ami de la famille ? Pourquoi sa fille s'obstine t-elle à se laver les cheveux tous les jours ? Pourquoi son frère n'arrive t-il pas à soigner ce satané kyste ? Pourquoi son fils court-il lors qu'il rentre à la maison ? Et pourquoi diable son voisin a t-il décidé de lui mener la vie dure pour des simples questions de largeur de terrain ? Plus les problèmes deviennent énormes, voir absurdes, plus le rire se fait doucement sentir, les frères Coen trouvant une inspiration dans l'inlassable création d'une loufoquerie et d'un surréalisme quotidien. Le tout parfaitement orchestré au son des Jefferson Airplane. Plongeant dans ce que l'on devine comme des souvenirs de jeunesse - impossible de ne pas voir les deux réalisateurs dans ces ados fumant des joints dans les toilettes du lycée -, Joel et Ethan Coen livre une oeuvre dans la parfaite continuité de cette thématique qu'il affectionne. Ou comment un pauvre innocent se retrouvera aux prises des aléas du destin. Persuadé que Dieu à son mot à dire dans l'histoire, le Larry du récit tentera par tous les moyens de redevenir un "serious man", mettant progressivement en exergue l'absurdité même de la religion. Reposant sur une succession de saynètes des plus incongrues, convoquant l'ombre de Kafka et son Procès, de Luis Buñuel et son Charme discret de la bourgeoisie - la répétition de cauchemars -, les frères Coen livre ainsi avec A Serious Man une oeuvre incroyablement foisonnante. Déroutant, parfois abscon, jouant souvent du non-sens le plus total, leur dernier long métrage se révèle à la fois d'une complexité et d'une limpidité parfaitement déconcertante, faisant de celui-ci l'une des oeuvres les plus intéressantes de ces deux cinéastes inépuisables et incroyablement prolifiques.

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> Golden Globes 2010: Nomination meilleur acteur dans une comédie ou comédie musicale

Crédit photo: StudioCanal

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010 - Communauté : Vos articles nous intéresse !
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Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /2010 08:00

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COUP DE COEUR

Sortie: 27 janvier 2010

> L'histoire: Né de l'amitié entre l'actrice Jeanne Balibar, l'ingénieur du son Philippe Morel et le cinéaste Pedro Costa, Ne change rien suit à la trace l'expérience musicale de cette première. Des répétions aux enregistrements, des concerts aux cours de chant lyrique...

Non pas que Wikipédia soit une source particulièrement fiable - bien au contraire -, la définition qu'ils donnent du documentaire m'a paru tout à fait intéressante: "En général, cette catégorie filmique se fixe pour but théorique de produire la représentation d'une réalité, sans intervenir sur son déroulement, une réalité qui en est donc a priori indépendante." Genre ultra éclectique dans ce doux monde de l'industrie cinématographique, le documentaire s'est depuis toujours construit à la fois en marge et en parallèle de la fiction. Passant de la caméra participative de Robert Flaherty à celle masquée de Dziga Vertov et son ciné-oeil, du cinéma-vérité de Jean Rouch à la manipulation médiatique façon Michael Moore. Noyé sous des années de références et de préceptes en tout genre, difficile alors de classer ce nouveau Pedro Costa ? Peut-être tout simplement parce que celui-ci ne répond à rien, rejetant l'appellation même de documentaire. Filmant par brides la création de l'album de l'actrice Jeanne Balibar, de ses répétitions à l'enregistrement même. Refus de se laisser cataloguer ou enfermer dans un genre quelconque, de participer au déroulement de l'action, de proposer un récit pur, Ne change rien est une proposition de cinéma particulièrement inventive, Pedro Costa s'en remettant à cet objet qu'il connaît comme sa poche, sa caméra. La posant dans le coin d'une pièce, dans l'attente de la petite étincelle...

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Film minimaliste pour projet brillant, Ne change rien se construit avant tout comme une oeuvre usant de la répétition. Donnant à voir, inlassablement, une Jeanne Balibar en prise avec les mots, avec le rythme, travaillant d'arrache pied à la conception de cet album. Filmée inépuisablement dans un noir et blanc incroyablement étudié. Il faut dire que Pedro Costa est le roi quant il s'agit de créer de véritables tableaux vivants, Ne change rien revenant au fondement même d'une caméra, concevoir des images. Véritable ovni cinématographique, proche de l'expérimentation plus que de l'expérimental, le dernier Pedro Costa se révèle une expérience sensorielle des plus déroutantes. On est émerveillé par la beauté des plans, rappelant à l'esprit les plus grands polars américains de ce magnifique jeu des clairs / obscurs, bercé par la voix envoûtante et lancinante de Jeanne Balibar, touché par la fragilité qui transparaît de l'actrice. Sans jamais intervenir sur son récit - il ne change, pour ainsi dire, rien ! - le cinéaste se métamorphose en petite souris, filmant, discrètement, tout ce qui se passe autour de lui. Donnant à voir l'acte créateur en direct live alors qu'il est lui-même en train de créer son film propre. Réflexion sur l'artiste, Ne change rien se pose véritablement comme témoin de la fabrication d'une oeuvre. Des longues répétitions d'un texte de théâtre, d'un chant lyrique où chaque mot, chaque intonation viennent à compter à la recherche d'un rythme parfaitement adapté au texte d'une chanson à venir. Montrant toute la difficulté et la violence nécessaires à la fondation d'un projet. Devant sa caméra, on y découvre une Jeanne Balibar emprunt au doute et à l'inquiétude, bien loin de ces personnages loufoques auxquelles on voudrait souvent la réduire. Portrait d'une femme, dissection d'une création artistique, c'est fou ce que Ne change rien peut raconter en si peu d'effets et de moyens, faisant de ce film un bel essai cinématographique. Bien loin de tout ce qui peut sortir au même moment sur nos écrans. Un grand coup de coeur.

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> Festival international de Cannes 2009: La Quinzaine des réalisateurs
> Festival Cinessonne 2009: en compétition


Crédit photo: Shellac

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Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /2010 14:25

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Sortie: 27 janvier 2010

> L'histoire: Décédé des suites d'une overdose aussi brutale que radicale, Louis (Melvil Poupaud), jeune homme plutôt aisé, laisse sur terre son amie Mousse (Isabelle Carré), tout aussi accro que lui. Elle est enceinte, lui s'en va. Complètement perdue, celle décide de partir se ressourcer le plus loin de Paris. Jusqu'au jour où son beau-frère Paul (Louis-Ronan Choisy) débarque...

Moins d'un an après son incursion dans le genre socialo-fantastique avec Ricky, François Ozon, réalisateur ultra prolifique, revient à la chronique humaine avec Le Refuge. Retrouvant un ton proche de son merveilleux Temps qui reste. Leur point commun évident ? Melvil Poupaud, homosexuel condamné dans ce dernier, figure fantomatique, riche camé mort d'une overdose ici. Vivant éternellement à travers le personnage de Mousse, jeune femme enceinte, progressivement délaissée par la vie. Partie se ressourcer dans une maison de campagne, celle-ci recevra bientôt la visite de Paul, beau-frère homosexuel, prêt à tout pour la soutenir dans cette épreuve. Partant de son unique envie de filmer une actrice enceinte, François Ozon embarque alors Isabelle Carré dans une sobre aventure à la limite de la contemplation, sorte d'observation scrupuleuse de cet événement qu'est la maternité. De corps en pleine mutation à ces humeurs changeantes. Brodant à la louche un scénario à cette fine trame de départ, le film donne lieu à une réflexion plutôt audacieuse non pas sur la maternité même mais sur le désir, principalement sexuel. Habituée à être au centre de l'attention, Mousse ne supporte en effet pas d'être vue comme une femme enceinte avant même d'être vue comme une femme, en venant inconsciemment à jalouser cette future progéniture qui grandit en elle. Femme-enfant, celle-ci ne rêve que de continuer à vivre comme avant, dans l'insouciance la plus totale. Des coups d'un soir aux sorties en boite à la prise de substances illicites. Ne supportant plus l'idée que ce gros ventre rond devienne le centre de toutes les convoitises, amenant les femmes à lui parler de leur expérience personnelle, attirant sexuellement les hommes troublés par l'idée même de la paternité...

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Et puis, il y a Paul, bel éphèbe au corps doré, comblant doucement cette solitude installée depuis bien trop longtemps dans ce refuge lointain. Prenant doucement  place de Louis, disparu de manière ultra brutale. Homosexuel complètement assumé, il est un des seuls à la prendre pour ce qu'elle est, la question du désir étant, au premier abord, complètement neutralisé. Créant instinctivement une attirance très forte chez Mousse, de part cette barrière entre eux. Là s'arrête pourtant la réflexion de François Ozon, trop occupé à filmer ce(s) corps, objets sexuels ou témoins de la vie, au point de presque en oublier de raconter quelque chose. Là est la faiblesse de ce Refuge, chronique douce-amère ensoleillée, donnant la part belle à une Isabelle Carré rayonnante, sans portant arriver à transmettre la moindre émotion. Face à ce spectacle lumineux au ton, à contrario, profondément sombre, tout semble figé, à l'instar de son acteur principal Louis-Ronan Choisy, totalement mono-expressif. Et là où on pouvait s'attendre à une émotion contenue, Le Refuge se révèle au contraire une oeuvre incroyablement froide et finalement très insignifiante, à l'histoire bien trop attendue et mince pour nous embarquer complètement. Une déception donc pour ce nouveau François, capable d'une grande virtuosité quant il s'agit de filmer des scènes de boites de nuits, retombant dans une mise en scène plus insipide le jour... On a connu le cinéaste plus animé.

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> François Ozon: Ricky

Crédit photo: Le Pacte

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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /2010 22:13

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COUP DE COEUR

Sortie: 27 janvier 2010


> L'histoire: Élevé seul par une mère envahissante (Kim Hye-Ja), à 28 ans Do-joon (Won Bin) est loin d'être indépendant, lui qui fut infantiliser depuis sa naissance. Jusqu'au jour où, suite au meurtre d'une jeune adolescente, il soit désigné comme le coupable idéal et en appelle à sa mère pour le tirer de là. Ne se fiant à personne, celle-ci ne fera alors confiance qu'à son instant maternel, prêt à tout pour prouver l'innocence de ce fils un peu attardé...

En très peu de films, Bong Joon-ho s'est rapidement imposé comme une pièce indispensable du jeune cinéma coréen. Dynamitant les frontières par un style savamment orchestré et un art singulier dans le maniement des scénarios. De Memories of murder à The Host, de son segment dans le film à sketches Tokyo ! à Mother, il n'y a qu'un pas, le cinéaste revenant au genre qui fit sa renommée: le thriller. Suivant les trajectoires d'une mère ultra protectrice et de son fils attardé, enfermés malgré eux dans la grande spirale d'une enquête policière. Accusé d'un meurtre qu'il nie avoir commis, Do-joon n'aura d'autres choix que de laisser sa mère prendre les reines d'une enquête qui piétine, embourbée dans des procédures judiciaires vaseuses et par une équipe de police complètement à la ramasse. Transformant dès lors cette veuve au caractère bien trempé en une véritable Sherlock Holmes. Car avant même de s'intéresser à l'enquête, Bong Joon-ho dresse le portrait d'une femme des plus atypiques, prête à tout pour aider son fils protégé. Quitte à continuer ce qu'elle sait faire de mieux, jouer les inquisitrices en permanence, qu'il soit question de travail ou de vie privée. Il faut dire que sa propre relation avec celui-ci n'est pas des plus saines, qui qui dort toujours auprès d'elle à près de trente ans, qui se révèle incapable de se faire ses repas, comme totalement infantilisé. Alors, quand son fils se voit accusé du meurtre d'une jeune adolescente, celle-ci n'aura d'autres choix que de remuer corps et âme afin de trouver le coupable, quitte à franchir ses propres limites, aussi bien physique que morale. Oeil pour oeil, dent pour dent.

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Suivant les traces de The Chaser, en ridiculisant l'institution policière en mettant au centre du récit un personnage qui se devrait d'être en dehors de l'enquête - passant du mac, donc, à la mère de famille -, Bong Joon-ho propose avec Mother un thriller d'une intensité incroyable, à la tension plus que palpable. En nouant une relation privilégié avec celle-ci, on se retrouve alors complément emporté par l'intrigue, dépendant du moindre élément dilapidé au compte goutte du récit. Car Mother est un Whodonit des plus intrigants, porté par une enquête et une intrigue à l'ironie souvent tragique - réfléxion sur le pouvoir de la mémoire et de l'oubli. Passant du polar à la comédie, voir même au genre fantastique. S'appuyant sur une héroïne prête en toutes circonstances à aller toujours plus loin. Avant de faire table rase du passé ? Thriller de haute volée, le dernier Bong Joon-ho est ainsi une oeuvre aussi exaltante qu'oppressante, le cinéaste s'amusant constamment à nous embarquer dans des intrigues aux issues les moins certaines. Il en découle un film parfaitement maîtrisé, dans la mise en scène comme au niveau de ce scénario audacieux, faisant de Mother une de ses petites perles inattendues, impressionnant par son efficacité et sa virtuosité. A sa sortie, on a juste envie de totalement lâcher prise, à l'instar de cette femme au bord de la crise de nerfs, dansant, comme incontrôlable, dans cet immense champ de blé désert... Magistral.

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> Festival international de Cannes 2009: Un certain regard

Crédit photo: Diaphana Films

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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /2010 22:55

Mercredi 9 décembre. Charmant hôtel dans le quartier de Montparnasse. Soirée un peu particulière ce soir pour huit blogueurs, eux qui s'apprêtent à rencontrer le grand Bong Joon-ho à l'occasion de la sortie de son nouveau film, Mother. Deux groupes de 4 se succéderont devant un réalisateur coréen particulièrement accueillant, extrêmement ouvert et chaleureux malgré la barrière de la langue. Pour ma part, c'est avec Rob, pL et Chandleyr que j'ai effectué cet entretien. Tout cela grâce notamment à Florian et Jérôme pour l'organisation, ainsi qu'à l'interprète du cinéaste et à Caro pour ses photos. Merci aussi à Rob, retranscripteur officiel de l'interview qui suit...


> pL: D’où part l’idée du film ? Du personnage de la mère ?

Bong Joon-ho: Tout a commencé avec une actrice, Kim Hye-ja, qui m’a décidé à faire ce film. C’est une grande actrice, une icône en Corée du Sud. Je voulais l’utiliser de manière différente en lui faisant jouer quelqu’un de fou alors qu’elle était habituée à des personnages chaleureux, vertueux. Elle a toujours joué des rôles de mère, c’est un peu la «
mère nationale » du cinéma coréen. J’ai voulu réexploiter cette figure en me concentrant sur la relation mère-fils. Si Hye-ja avait refusé le rôle, je pense que le film ne se serait pas fait. Je n’imaginais personne d’autre dans ce rôle-là.

> Rob: Plus qu’un film à suspense ou un portrait de femme, Mother est davantage un film sur la recherche de l’oubli...


Exactement. Le souvenir est une sorte de sous-texte du film. Le film est plein d’ironie : le fils oublie tous les éléments importants dont il devrait se souvenir ; en revanche, il se rappelle parfaitement ce qu’il aurait intérêt à oublier, notamment un traumatisme d’enfance.
Même si c’est complètement fictionnel, je parle dans le film d’un point d’acupuncture situé sur la cuisse qui nous permettrait d’oublier tous les mauvais souvenirs. Les médecins orientaux risquent de s’arracher les cheveux en voyant cela, mais c’est une volonté de ma part : je voulais montrer à quel point il est douloureux de vivre avec un souvenir qu’on veut effacer mais qu’il est impossible de faire fuir. D’où une scène où la mère se pique elle-même pour tenter d’oublier : le spectateur sait que c’est en vain, tant cette douleur est éternelle et sans issue.

 

> Melissa: L’humour occupe une grande place. Était-il important de le mélanger à d’autres genres, comme le thriller ou le polar ?

Dans la vie courante, y compris dans les moments les plus douloureux, il y a toujours des instants qui peuvent prêter à rire, même si cela peut paraître gênant de rire du malheur des autres. C’est pourquoi il y a beaucoup d’humour noir dans mes films. Mais je n’attache pas vraiment d’importance au fait que certaines personnes puissent rire à gorge déployée ou prennent ça à la légère. Je suis assez à l’aise avec ce genre de situation, je ne cherche pas à ce qu’une scène fasse absolument rire tous les spectateurs.
Par exemple, la scène où le fils casse le rétroviseur aurait pu être une scène de comique absurde, mais tout dépend de la manière dont on filme une scène. J’ai toujours envie de filmer de façon très réaliste et de ne surtout pas exagérer pour forcer le spectateur à rire.

> pL: Le film touche à beaucoup de genres. Y a-t-il un genre particulier vers lequel vous voudriez tendre ?

Pour moi, le genre n’est pas un but en soi. Ici par exemple, le but était avant tout de parler d’une mère qui se trouve prise dans des situations extrêmes. Cela m’a mis petit à petit sur le chemin du thriller. Même chose pour mes films précédents : pour
The host, je ne me suis pas dit « je vais faire un film de monstres », etc… L’histoire et les personnages me guident, et le genre devient ensuite un moyen de raconter ces histoires. Cela m’amène donc à explorer beaucoup de genres différents. En revanche, il y en a un que je suis sûr de ne jamais aborder : la comédie musicale. Je déteste ça…

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> Chandleyr: Que pouvez-vous nous dire de votre projet d’adaptation de la bande dessinée Transperceneige ?

J’ai beaucoup aimé
Transperceneige. C’est un univers très spécial, unique, une sorte de SF sombre. En surface, mon adaptation sera très différente de mes précédents films ; mais en profondeur, pas tant que ça, car c’est un film qui parle de survie, de la condition humaine, de personnes ordinaires qui révèlent leurs véritables instincts une fois plongés dans des situations extrêmes. Ça se passe après la fin du monde : les survivants sont dans un train, se battent entre eux.

> Rob: Il y a une certaine poésie qui se dégage de vos films, et ce de façon permanente. Est-ce présent à l’écriture ou est-ce que cela est une conséquence naturelle du style qui est le vôtre ?


C’est assez dur pour moi de répondre car j’ai du mal à réaliser ce qui est vraiment poétique dans mes films. Je ne sais donc pas si c’est volontaire ou si ça vient de la forme que j’utilise. Mon premier souci, c’est la narration, à savoir comment raconter une histoire le mieux possible. J’espère réussir un jour un film extrêmement poétique, mais je ne sais pas si j’en serai capable. Je suis épaté par un film comme
Elephant où l’histoire horrible n’empêche pas une certaine poésie de s’installer. Il faut un certain degré de maîtrise pour arriver à ce niveau-là.


> Mélissa: Comment vivez-vous l’accueil de vos films chez nous et quel est votre avis sur la diffusion et le rayonnement des films asiatiques en France et en Europe ?

Comme je ne travaille pas dans la distribution, je ne sais pas ce qui se passe en coulisses. Je sais que
Memories of murder et surtout The host ont été bien distribués en France, mais que finalement ils n’ont pas très bien marché. La grande différence entre l’Europe et la Corée, c’est qu’ici il existe encore un marché du DVD alors que chez moi il s’est complètement effondré depuis quelques temps. Les films ont donc une deuxième chance d’approcher les spectateurs qui n’auraient pas vu le film en salles. Moi qui suis allé en Angleterre ou en Espagne pour la promotion de mes films, je peux affirmer que la France est un pays qui se porte bien, où l’on peut voir beaucoup de films étrangers. D’ailleurs la Corée a de plus en plus tendance, sans doute trop, à compter sur le marché français pour faire vivre ses productions locales.
Pour The host, le distributeur Ocean Films a sorti un grand nombre de copies, dont la moitié en version française. J’avais été très étonné d’apprendre qu’en France, on double les films étrangers. On m’avait alors expliqué qu’en province beaucoup de gens préféraient voir les films en français. Pour Mother, on m’a rassuré en m’apprenant qu’il n’y aurait pas de version doublée. Ravi de savoir qu’on a fait une exception pour moi. (rires)


> Chandleyr: Il y a actuellement, en particulier à Hollywood, une vraie folie autour des remakes de films asiatiques. Quel est votre opinion sur ce phénomène ?

Il y aura un remake de
The host. Les droits ont été achetés par Universal et le film sera produit par Gore Verbinski. Il sera réalisé par Fredrik Bond, jeune anglais réalisateur de publicités. Personnellement, je n’y attache pas trop d’importance : j’ai tout donné à la société de production, c’est leur travail et pas le mien. Je suis assez philosophe. De deux choses l’une : soit le remake est génial et je serai fier d’avoir inspiré ce travail, soit c’est un gros navet irregardable et je serai content de me dire que mon film est le meilleur.
J’ai tellement d’histoires à raconter que les suites et les remakes ne m’intéressent pas trop en tant que cinéaste. J’ai toujours envie d’aller vers quelque chose de nouveau, d’essayer de réaliser encore un film avant de mourir. En ce moment, je travaille déjà sur le film qui suivra Transperceneige.

Critique en ligne demain soir.

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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 23:18

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Sortie: 20 janvier 2010

> L'histoire: Amoureux de sa soeur (Adelaïde Leroux) depuis sa plus tendre enfance, Alex (Jacob Auzanneau) se voit bannir de la maison familiale de son père (Jean-Luc Bideau) le jour où il décida de passer à l'acte. Furieux de cette pseudo injustice, celui-ci prend alors la décision d'escalader le toit, jurant dès de ne plus jamais remettre un pied à terre...

Dépaysement total pour Andrew Kötting, vidéaste et réalisateur britannique, livrant avec Ivul une drôle d'oeuvre à mi-chemin entre la fiction et le cinéma expérimental, étrange réflexion sur les affres d'une famille bourgeoise, originaire de Russie. Isolée dans les montagnes pyrénéennes, celle ci vit totalement reclus derrière les murs de son immense demeure, laissant voguer ensemble enfants et adolescents, parents et hommes de main. En introduisant son troisième long métrage par un assemblage d'images d'archives, Andrew Kötting lui crée même instantanément une histoire que l'on devine assez lourde, emplie de trous noirs et de mystères en tout genre. Chez les Ivul, les anecdotes et les cachotteries semblent ainsi peser sur chacune des pièces de cette grande maison vide, devenant bientôt le témoin privilégié des premiers désirs adolescents. Car alors que Freya, l'aînée, se prépare à partir étudier la littérature en Russie, celle-ci décide d'offrir à son frère Alex un ultime cadeau d'adieu: la possibilité de l'embrasser, lui qui l'aime un peu trop depuis déjà bien longtemps. Quelques caresses maladroites et déplacées plus tard, Alex se verra alors tout simplement bannit de son foyer, pris en flag par ce père autoritaire complètement dépassé par les événements. Là commence alors la lente dissolution, puis dislocation de cette famille étrange, doucement rongée par des maux inavouables. Ivul se construisant dès lors autour de la mise en parallèle entre la nouvelle vie d'Alex, ayant juré de ne plus redescendre sur terre, et sa famille, plongée progressivement dans le désespoir le plus complet face à cette disparation brutale.

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Ainsi, Ivul avait tout pour bien démarrer, lui qui jouait aussi bien des figures scénaristiques et stylistiques, notamment par la création sous la forme de métaphores de certaines situations sur le mode de l'expérimentation. A l'instar de cette scène où ce frère et de cette soeur, marchant côte à côte, se retrouvent filmés en marche arrière, eux qui suite à leur acte ne pourront plus jamais revenir dans le passé. Pourtant, trop accaparé par ses effets de mise en scène, opposant naturalisme - Alex dans les arbres - et forme théâtrale - la famille, filmée parfois à même un fond noir -, Andrew Kötting en oublierait presque son scénario, énorme gloubiboulga sans queue ni tête. Mettant au centre de son histoire un Alex complètement à la ramasse voguant d'arbre en arbre et la descente aux enfers de ses parents, entre crises de nerfs et alcoolisme précoce... S'appuyant alors sur des personnages nullement identifiés, à l'image de cet homme à tout faire, Lek, fervent défenseur de la cause russe. Et alors que le film se voulait une dissection de la famille bourgeoise, voir une réflexion sur l'adolescence et le tabou de l'inceste, Ivul tourne pourtant rapidement à vide, le cinéaste semblant incapable de se détacher d'une histoire probablement un peu trop autobiographique. Ennuyeux, lourd et redondant, Ivul a ainsi de quoi laisser rapidement plus que perplexe, lui qui se révèle être une expérience cinématographique malencontreusement un peu indigeste, peu convaincante et pas vraiment passionnante pour un sous...

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1. Jean-Luc Bideau: La Famille Wolberg
> Festival Cinessonne 2009: en compétition

Crédit photo: Ed Distribution

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