En salle en 2010

Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /2010 12:19

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Sortie: 17 février 2010

> L'histoire: Alexandre (Joffrey Verbruggen) a quinze ans et vit seul avec son père (Thierry Hancisse). Pris entre les coups et la violence, celui-ci trouve refuge dans son sport favori, la régate, avec lequel il espère remporter les championnats de Belgique. Trouvant soutien auprès de son entraîneur, Sergi (Sergi Lopez), et Murielle (Pénélope Levêque), la fille dont il est amoureux.

Premier film du cinéaste belge Bernard Bellefroid, La Régate, sorte de chronique adolescente sur fond d'aviron et de violence domestique, avait tout pour emballer. Une ambiance dépressive, portée par la musique pop aérienne de Claudine Muno & The Luna Boots. Un cadre naturel et inédit. La présentation d'un sport plutôt innovant. Alexandre est un garçon comme les autres, vivant pour la régate et les filles. Mais victime d'une blessure à la cuisse, celui-ci dû se couper du monde pendant plusieurs mois, se mettant à dos son entraîneur dont il est l'un des jeunes poulains. Alternant entre séquences familiales assez tendues entre un père bourru et ce fils prodige et des entraînements toujours plus physiques, Bernard Bellefroid fait le judicieux choix de laisser parler l'image plutôt que les personnages. Et en imposant une raideur intense au sein du foyer familial et une véritable tension entre Alexandre et son père Thierry, le cinéaste n'a nul besoin de sous-titres pour expliciter la situation, faisant preuve d'une réelle subtilité. Jusqu'à ce que Thierry se félicite d'avoir planter son fils d'une fourchette, écrasant toute la délicatesse des premières scènes. Sans plus aucune limite, Bernard Bellefroid se laissera alors doucement glisser dans la tentation de mettre toujours plus en scène la violence domestique, laissant d'abord les coups en hors champ avant de les mettre en avant par facilité. Répétant inlassablement le même schéma, suivant un Alexandre de dos ouvrir la porte de chez lui avant de se faire littéralement agressé, physiquement comme mentalement, par un paternel sur le qui-vive. Une fois, deux fois et l'on se dit que tout ça est plutôt maladroit, trois fois, quatre fois et le tout nous semble particulièrement racoleur.... Laissant la drôle d'impression d'un ensemble plutôt raté.

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Car alors que La Régate s'annonçait plutôt prometteur, le film laisse au contraire rapidement apparaître un manque de demi-mesure. Le cinéaste n'hésitant pas à aller au bout du cliché à chacune de ses séquences, quitte à créer des coupures brutales d'une scène à une autre. Des entraînements de régate au stage intensif aux airs de colonies de vacances, le cinéaste fait le choix d'une mise en scène plutôt enjouée, saupoudrée d'une B.O proche d'un "We are young" de Supergrass. Préservant une certaine aération du récit, misant sur les instants types d'un film adolescent, des premiers bisous à la première fois. Avant de passer dans l'excès inverse lors des retours à la maison. Et dans ce melting-pot d'ambiance, impossible de s'attacher à ce personnage principal, maladroitement interprété par un Joffrey Verbruggen peu charismatique, laissant dès lors le champ libre à un Sergi Lopez charmant en entraîneur confiant. Premier essai plutôt loupé, La Régate révèle ainsi malheureusement vite ses limites, passant peu à peu de film gauche à un long métrage terriblement agaçant et convenu, se concluant par un panneau explicatif à l'image du film. Dommage.

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1. Sergi Lopez: Ricky / Partir / Les Derniers jours du monde / C'est ici que je vis


Crédit photo: Pyramide distribution

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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /2010 19:54

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Sortie: 17 février 2010

> L'histoire: Père célibataire, Thomas Craven (Mel Gibson), policier vétéran de la brigade de Boston, mène une vie plutôt tranquille, élevant seul sa fille de vingt-cinq ans (Bojana Novakovic). Alors que celle-ci rentrera à la maison, elle se fera sauvagement assassinée sur le ponton de la maison, amenant Thomas à se remettre en question. Est-ce lui qui était visé ? Menant l'enquête de ce meurtre, Thomas se rendra petit à petit compte que la vérité n'est pas aussi claire qu'elle pouvait le paraître, l'amenant à fouiller dans des affaires "top secret", entre magouille politicienne et écologique...

Près de huit ans se seront écoulées sans que l'on ait eu de nouvelles de Mel Gibson l'acteur, lui qui profita de l'arrivée du nouveau millénaire pour repasser plusieurs fois derrière la caméra. Livrant deux oeuvres qui firent particulièrement polémiques, La Passion du Christ et Apocalypto. La vie de Jésus vs la civilisation Maya. Et voilà que par un frais matin de février, Mel reprend du service, le visage marqué par le temps, prêt à a nouveau en découdre. Pistolet au point, paré en user. Revenant à un rôle dans la lignée de ceux qui firent son succès, de Mad Max à L'Arme fatale, dans la peau d'un flic et père de famille embarqué, malgré lui, dans une sanglante vendetta - again ! - à la suite du meurtre de sa fille. Quelques images familiales idylliques, filmées en caméra dv, et voilà que le film est déjà parti, Thomas Craven accueillant sa chère et tendre progéniture à la gare du coin. Dans la voiture, la complicité est forte, le moment bref mais savamment orchestré jusqu'à ce que celle-ci subisse quelques problèmes de santé. Mal de crâne et saignements de nez. Et alors que Thomas s'apprête à la conduire chez le médecin, Emma se fera sauvagement assassinée sur le ponton de la maison. Violemment. Sans prévenir. Trois scènes, quelques dialogues et le tour est joué, Martin Campbell se révélant d'entrée de jeu particulièrement efficace et brillant quant il s'agit d'installer et d'exposer une situation. A peine le temps de se relever et voilà Thomas à l'action, prêt à faire toute la lumière sur cette affaire dont il se sent responsable et dont, on devine bien, des dessous beaucoup plus complexes. L'intrigue s'annonce musclée... et puis, plus rien !

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Engagée par une agence s'occupant d'affaires plutôt louches en matière d'environnement, Hors de contrôle ne laisse aucun doute quant à la tournure des événements. De ce meurtre imprévisible, Thomas n'est en aucun cas la cause, à lui maintenant de déjouer les magouilles politiciennes et les codes d'usage de ce milieu véreux. Sauf que trop occupés à tisser les dessous de leur intrigue, basant leur histoire sur un flot de paroles ininterrompus - celui maniant le mieux la langue (de bois) remportant la manche -, les scénaristes en oublieraient presque de varier leur récit, créant petit à petit un désintéressement total envers cette enquête jouée d'avance. Si elle devait être passionnante dans la série britannique dont Hors de contrôle est l'adaptation, elle est ici particulièrement convenue et "déjà-vu", n'assurant aucun suspense quant à la suite des événements. Mais où est la baston ? Car si Martin Campbell se révèle particulièrement doué quant il s'agit de mettre en scène des séquences brutales, lui qui fit ses preuves lors du réussit Casino Royal, on ne pourrait en dire autant de ce ping-pong verbal et ce, malgré les retrouvailles à l'écran des excellents Ray Winstone et Danny Huston - réunis après The Proposition. Pire, le film distille petit à petit un propos manichéen et des plus malhabiles, collant étrangement et parfaitement bien à la figure de Mel Gibson. Faut-il mieux "être sur la croix ou planter les clous" ? Pour l'équipe, la réponse est toute trouvée, celle-ci se mêlant à un discours emprunt de religiosité où la vengeance serait vecteur de rédemption d'un père envers sa fille. De ce polar mal foutu et pas si prenant que ça, on ne retiendra que la performance de Mel Gibson, de tous les plans, imposant à l'écran une rage diffuse et un désespoir puissant, une brutalité et une charisme à tout épreuve. Malheureusement pas assez pour palier à cette vendetta embarrassante et inconfortable pour une histoire dont on se fout, finalement, plutôt facilement...

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1. Ray Winstone: The Proposition
2. Danny Huston: The Proposition
3. Denis O'Share: Harvey Milk / La Proposition


Crédit photo: Metropolitan FilmExport

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /2010 12:14

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Sortie: 10 février 2010

> L'histoire: Suite à la disparition de son frère, Lawrence Talbot (Benicio del Toro), aristocrate et acteur professionnel, revient au domaine familial, retrouvant son père acariâtre (Anthony Hopkins). Prêt à tout pour faire toute la lumière sur cette disparition, Lawrence découvrira alors un secret, dépassant toutes les lois de la nature...

Ayant fait les beaux jours de la Universal dans les années trente, du Dracula de Tod Browning à L'homme invisible de James Whales ou la série des "Frankenstein" du même réalisateur, les films de monstres ont toujours fait partie intégrante de l'histoire du cinéma. Évoluant au fil des ans, au fil des événements historiques - comme tente de l'expliquer Andrew Monument dans son documentaire Nightmare in Red, White and Blue, the Evolution of the American Horror Film, présenté au festival de Deauville. Quoi de mieux alors pour le studio que de revenir à une recette qui marche, surfant sur la vague de la réactualisation des mythes fantastiques. Wolfman, comme son nom l'indique, remettant au goût du jour la figure du loup-garou. Tout commence dans un Londres du XIXème siècle. Lawrence Talbot, acteur professionnel, y interprète Hamlet devant un parterre de foule... sans se douter un instant que son frère puisse être en danger. Pourchassé dans la forêt par une créature aussi mystérieuse que mortelle, celui-ci se fera rapidement dépecé, invitant Lawrence à revenir enquêter sur sa terre natale. En quelques scènes, Joe Johnston, papa, entres autres, de Jumanji ou Jurassic Park 3, arrive à imposer une atmosphère inquiétante et tendue, jouant sur le clair/obscur de cette forêt sombre, éclairée par le scintillement d'une lune décidément bien pleine. Dès cette première scène particulièrement prenante, Wolfman en arriverait presque à nous prendre de court, annonçant à son insu un film plutôt encourageant pour un tournage qui fut, par ailleurs, particulièrement houleux (désaccord du studio quant au montage final, démission du cinéaste Mark Romanek pour des différents artistiques...).

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S'appuyant sur les bases d'une mythologie gitane, Joe Johnston reprend d'abord à son compte la méthode "Jacques Tourneur", laissant la créature dans l'ombre, usant savamment du hors-champ, jouant sur les apparitions furtives et rapides et le hurlement glaçant du loup. Créant instantanément un suspense implacable, à l'instar de cette attaque d'un camp de bohémiens. Jusqu'à ce que Lawrence soit lui-même blessé et transformé en loup-garou, amenant le film dans une toute autre direction. S'attachant dès lors au point de vue de son personnage principal, donnant à voir la moindre modification de son corps. Obsédé par la description de la transformation progressive de Lawrence, aussi bien émotionnelle que physique, s'appuyant sur un usage pointu des effets spéciaux (Joe Johnston ayant, entre autres, travaillé sur les effets visuels des premiers Star Wars), le film en perd dans le même temps de sa superbe. Le frisson laissant place à la romance et le conflit éthique convenus, les attaques aux courses poursuites anodines, le loup-garou passant du bourreau à la victime. Et dans ce défilement d'actions et de réflexions particulièrement attendues, le film se fait lui de moins en moins intéressant, au point d'en devenir bientôt d'un ennui poli. Et ce n'est pas cette confrontation finale, prometteuse mais beaucoup trop conventionnelle, qui viendra relever le niveau. Si Wolfman avait ainsi tout pour associer divertissement grand guignol et mythologie cinématographique, il en ressort au contraire une oeuvre extrêmement plate et anodine, peu sauvée par son casting pourtant quatre étoiles, à commencer par un Benicio del Toro ne jouant que de son physique animal. Dommage.

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1. Benicio del Toro: Che - 1ère partie: L'Argentin
2. Emily Blunt: Sunshine Cleaning / Victoria, les jeunes années d'une reine


Crédit photo: Paramount Pictures France

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /2010 13:15

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Sortie: 10 février 2010

> L'histoire: Décidés à venger la mort de l'un d'entre eux, plusieurs policiers prennent d'assaut une tour HLM afin de régler leurs comptes avec une bande de gangsters. Mais alors que la rixe tourne mal, le groupe se verra alors confronté à des événements paranormaux, la tour se retrouvant bientôt attaquée par une horde de zombies...

Dans l'excellent documentaire Viande d'origine française - diffusé sur Canal + puis présenté dans le cadre du festival de Gérardmer -, Tristan Schulmann et Xavier Sayanoff posaient l'hypothèse d'une possible future explosion du cinéma de genre français, déjà prolifique mais néanmoins relégué au second plan de part la production et le public, à la condition même qu'un film obtienne enfin un succès conséquent au box-office. Plaçant un bon nombre d'espoir dans La Horde, projet ambitieux mené à bout de bras par Yannick Dahan, Benjamin Rocher et des centaines d'internautes, co-producteurs de l'oeuvre par le biais de sites internet et, accessoirement, zombies du film. Là réside la force première de La Horde, la passion de ces supporters de la première heure transparaissant à travers l'oeuvre, à commencer par celle de nos deux apprentis cinéastes. Il faut dire que le film se révèle, au départ, assez surprenant, lui qui ne cherche pas à expliquer le phénomène même de "zombiphication", rentrant in media res dans le sujet, dans la baston pour la baston. Remonté après plusieurs premières séances désastreuses, poussant notamment Yannick Dahan et Benjamin Rocher à réduire considérablement une séquence de cimetière visiblement risible, les cinéastes font dès lors le pari de s'adresser à un public déjà acquis à la "cause zombie", bercée par une culture cinéphile allant de Jacques Tourneur à George Romero, Joe Dante ou même Edgar Wright. Il faut dire que la figure du zombie parcourt le cinéma depuis les années 40, de quoi alimenter un mythe toujours plus prégnant. Dès lors, nul besoin de donner une quelconque explication au phénomène, zombies il y a, zombies il y aura. Faut-il encore maintenant que nos charmants personnages arrivent à sortir de ce HLM où ils se sont barricadés, laissant le champ libre à des multiples affrontements, dont certains particulièrement jouissifs - tel un combat de femmes dans une cuisine. Dommage alors que le tout ne soit pas totalement à la hauteur de l'événement, Yannick Dahan et Benjamin Rocher perdant petit à petit de vue le but premier de l'entreprise...

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Conscient de détenir un casting aussi surprenant qu'éclectique, du très charismatique Jean-Pierre Martins à la tête à claque Claude Perron, les cinéastes pêchent lorsqu'il s'agit de créer une psychologie à leurs personnages. De la confrontation de deux frères gangsters - "Maman avait raison, tu es égoïste" - à la question de la maternité d'Aurore, la poussant à devenir toujours plus antipathique. Jusqu'à ce qu'arrive Yves Pignot, donnant, au départ quelques saynettes particulièrement amusantes - "On lui coupe la jambe" - avant de devenir tout bonnement détestable de part son excentricité et la caricature de ce personnage, vétéran du Vietman, prêt à tout pour butter du zombies - "Les jaunes, les jaunes". Il aura d'ailleurs fallu huit mains pour écrire ce scénario volontairement minime mais surtout empli de répliques assez risibles et non moins vouées à devenir cultes (challenged accepted), plongeant souvent le spectateur dans un total embarra. Néanmoins, si La Horde n'est pas le grand film de genre français attendu, il en reste un exercice de style assez intéressant, jonglant plutôt adroitement avec son budget limité - une voiture, une centaine de figuration et le tour est dans la poche. Il en découle un film de genre assumé, souvent maladroit mais pas forcément détestable, annonçant l'arrivée d'un carton de productions françaises particulièrement alléchantes, de La meute (Yolande Moreau, Emilie Dequenne, Benjamin Biolay) à Djiins (Grégoire Leprince-Ringuet, Aurélien Wiik) ou Proie (des sangliers mutants vs Grégoire Colin et Bérénice Béjo)... To be continued !

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1. Jean-Pierre Martins: Gamines

> Mostra de Venise 2009: avant-première
> Festival du film fantastique de Gérardmer: en compétition


Crédit photo: Le Pacte

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /2010 20:49

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Sortie: 10 février 2010

> L'histoire: Agée à peine de 14 ans, Susie (Saoirse Ronan) n'a pourtant pas le temps d'apprécier sa jeune adolescence, elle qui se fera assassiner par un de ses voisins, près de son quartier résidentielle. Coincée dans un entre-deux mondes, celle-ci observera alors impuissante à l'enquête mise en place par la police du quartier. Jusqu'à ce qu''elle découvre qu'elle peut peut-être influencer son déroulement...

Qu'on se le dise, je n'ai jamais voué une quelconque animosité envers Peter Jackson, lui qui de Créatures Célestre à Fantômes contre fantômes a su développer un sens aigu dans la création d'un univers propre et singulier avant de se laisser embarquer dans la grande aventure américaine. Livrant notamment une exaltante trilogie du Seigneur des anneaux, responsable, entre autres, de l'entrée en cinéphilie de l'hôte de ce blog (et oui, et oui...). Quoi de plus énervant alors que cet horrible Lovely Bones, adaptation moyennement attendue de l'oeuvre assez noire d'Alice Sebold, La Nostalgie d'un ange, destiné à un lectorat plutôt adolescent. Le cinéaste hésitant encore à lâcher les grands moyens techniques alors qu'il tente une replongée dans un univers "plutôt" réaliste. Tout commence par la description d'une famille des plus aimantes, papa, maman et leurs trois petites têtes blondes, solidaire et soudée dans un quotidien des plus banals. Jusqu'à ce que Susie, enfant choyée (et préférée ?), ne soit sauvagement assassinée, plongeant dès lors chacun d'entre eux dans la tourmente la plus totale. Sauf que Susie n'a pas vraiment disparu, elle qui se retrouvera bien vite coincée dans l'entre deux mondes, entre réalité et au-delà, devenant malgré elle la spectatrice privilégiée de l'enquête autour de sa propre mort. Si Lovely Bones s'apparente à une réflexion sur l'état de deuil, Peter Jackson s'intéresse surtout à la destinées des âmes et leur passage métaphorique de la réalité au paradis ou l'enfer. Bloquée entre ces deux mondes, Susie se créera alors son propre univers, influençant petit à petit les événements réels, aidant dès lors son père à mener cette enquête à bien. Et quelle enquête, Peter Jackson se fourvoyant sur tous les plans en tuant, dès le départ, tout semblant de suspense. Le coupable étant connu d'avance, tout comme la résolution de l'intrigue. Il faut le voir, d'ailleurs ce Jackson, tentant désespérement de créer quelques pointes dramatiques avant de tout simplement les tuer dans l'oeuf, à l'instar de cette séquence de l'album où la soeur, non contente de détenir la clé qui permettra d'arrêter le coupable, en oubliera presque son acte de bravoure face à la réconciliation de ses parents. Il faut dire que Lovely Bones ne fait en rien dans la finesse, Peter Jackson noyant son oeuvre sous un amas de bons et saints sentiments - l'exaltation de l'acte de vengeance - et un côté guimauve des plus mal venus.

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Persuadé de livrer une chronique adolescente des plus justes - les garçons écrivent des poèmes aux filles avant de leur offrir un petit coeur coupé en deux -, le cinéaste fait de l'entre deux mondes le reflet de la personnalité de son héroïne mutine. Elle qui aime à courir dans les champs de blé, à se faire sa star sous l'oeil de paparazzis imaginaires, à rigoler avec ses nouvelles copines. Se mettant elle-même en scène dans des séquences lorgnant avec le pire de MTV. Il faut dire que Peter Jackson n'est en aucun cas le maître du bon goût, s'attelant à créer un univers aussi ringard que pompeux. Et entre cette lune argentée sur une plage de sable fin, ces bateaux géants s'écrasant contre les falaises, le tout rythmé par la larmoyante musique de This Mortal Coil, tout fait cheap et vraiment has-been, à l'instar de ces vieux tee-shirts noir et argent à tête de loup que plus personne n'osent porter. Jamais entraînant, frôlant le nanard avant de plus simplement se transformer en navet, Lovely Bones est de ses fautes de goût hallucinantes, pathétiques avant d'en devenir énervantes. Le cinéaste accumulant les bourdes, usant des clichés autour du personnage de Susan Sarandon, laissant ses acteurs en totale roue libre, tartinant son récit de couches et de couches de pathos dans l'espoir de voir son spectateur fondre dès les premières minutes. Il n'en n'est rien, Lovely Bones se révélant ET une supercherie - les "bones" du livre désignant les os que les inspecteurs retrouvent au fur et à mesure de l'enquête et non l'ossature entourant d'amour une famille - ET un ratage total pour ce cinéaste pourtant adulé. On en ressort complètement sur les nerfs, frustré et tendu, comme l'impression de s'être fait complètement embobiné par un Peter Jackson sans doute un peu trop sur de lui...

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> Golden globes 2010: Nomination meilleur second rôle masculin
> Oscars 2010: Nomination meilleur second rôle masculin


Crédit photo: Paramount Pictures France

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 22:50

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Sortie: 03 février 2010

> L'histoire: "Je venais d'avoir 19 ans en mai 1982. La vie était belle. J'étais amoureux. Ensuite on m'a demandé de partir sur une base militaire et d'être le tireur du premier tank à traverser la frontière libanaise. Cela devait être une mission d'une journée toute simple mais ce fut une journée en enfer..."

Lion d'or au dernier festival de Venise, Lebanon est ce que l'on pourrait qualifier d'un premier essai plutôt culotté, le cinéaste Samuel Maoz nous plongeant dans les abîmes de la guerre du Liban via l'enclos d'un char d'assaut. Suivant la destinée de quatre soldats d'une vingtaine d'années, "isolés" et coincés dans le corps de cette énorme et encombrante machine. Partant de son expérience personnelle, le réalisateur, de part cet étonnant concept de point de vue unique où la caméra prendrait la place du canon du tank, propose avec Lebanon un véritable huis clos, poisseux et oppressant, où l'homme se ferait petit à petit le double de la machine. Déclenchant les tirs, choisissant les cibles, se vidant, comme lui, d'une quantité inépuisable de fluides en tout genre. A l'intérieur, l'huile se fond à l'urine, la transpiration à la poussière du tank. Face à l'exercice de la guerre, l'homme n'est rien sans la machine, la machine, absolument rien sans l'homme. Et là où celui-ci faisait, en apparence, office de rempart contre cette violence ambiante, il est au contraire un boulet des plus pesants, mettant toujours plus les soldats en danger de part ses multiples problèmes techniques. La guerre comme si vous y étiez, là est un peu l'intention première de Samuel Maoz, lui qui tente de retransmettre physiquement à l'écran l'horreur des combats, la complexité et la multiplicité des situations aux troubles psychologiques liés à celle-ci...

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Pourtant, malgré toutes ces envies, Lebanon est un film qui laisse des plus stoïques. La faute à un discours des plus naïfs - "La guerre, c'est mal !" - et à un dispositif qui, s'il ne tourne pas court tout de suite, se prend un peu lui-même les pieds dans le plat. D'abord parce qu'en se servant de la joute du tank, le cinéaste use et écule des procédés de mises en scène visant à gonfler son oeuvre d'émotions - l'accumulation de gros plans, l'acte voyeuriste sur le corps d'une femme nue... -, avant de plus simplement imposer son propre point de vue sur la guerre. Caricaturant à l'extrême ces "hostiles" phalangistes arrivistes. Mais surtout, Lebanon apparaît avant tout comme un film qui, si il propose quelques séquences extrêmement étouffantes, à l'instar de cette dernière scène -, le tout se révèle plutôt vain. Le cinéaste tentant avant tout de créer à l'intérieur de ce tank un petit théâtre des horreurs, s'affairant à développer l'entité et la psychologie de ces quatre soldats. Souvent de manière plutôt poussive, donnant lieu à des conversations arrivant comme un cheveu sur la soupe à l'image de cette description d'un éveil sexuel des plus instructifs... Alors, certes, si les personnages en deviennent d'autant plus attachants, permettant de créer un lien affectif avec chacun d'entre eux, le cinéaste en oublie surtout de développer sa thèse, surlignant à outrance sa note d'intention première par la présence répétée d'une phrase inscrite sur l'enclos du char. "L'homme est d'acier. Le tank n'est que ferraille". Un manque de finesse à l'image même de ce Lebanon, sorte d'objet filmique particulièrement intéressant mais non moins décevant, marquant néanmoins les premiers pas d'un futur réalisateur en devenir. To be continued ?

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1. Ashraf Barhom: Agora
> Mostra de Venise 2009: Lion d'or

Crédit photo: CTV International

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Samedi 6 février 2010 6 06 /02 /2010 22:09

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Sortie: 27 janvier 2010

> L'histoire: Tiana, jeune fille indépendante, rêve depuis son enfance d'ouvrir un restaurant dans le quartier français de la Nouvelle-Orléans. Jusqu'au jour où elle se retrouve changée en grenouille, à la suite d'un baiser donné à un prince ensorcelé...

Depuis 1937 et Blanche-Neige et les sept nains, premier et légendaire long-métrage d'animation, Walt Dinsey puis son studio éponyme ont vu grandir des générations et des générations d'enfants, bercés par les joies de la 2D. Puis, il y eu l'hégémonie de la 3D et le mastodonte Pixar, livrant de films en films toujours plus poussés. Quoi de mieux alors qu'une petite cure de nostalgie que cette Princesse et la grenouille, ce Disney d'après noël revenant à la traditionnelle 2D pour une histoire très proche des plus grands classiques du studio. Donnant le premier rôle et ce pour la première fois à une héroïne noire, dans la lignée des grandes figures que sont Jasmine ou Mulan. Revenant, aussi, aux classiques histoires de princes, de princesses et de bonne étoile... Pourtant, Tiana n'est en rien une princesse, elle qui cumule les petits boulots en tant que serveuse dans le but, un jour, d'ouvrir son propre restaurant. Le titre du film, "La Princesse et la grenouille" s'appuyant sur les multiples contes selon lesquels derrière chaque grenouille pourrait se cacher un prince. Mais que se passerait-il si c'était le résultat inverse, si ce n'est pas la grenouille qui se transformerait en prince mais la princesse en grenouille ? Là est le premier désir des créateurs Ron Clements et Jon Musker, déjà à l'origine, entre autres, des cultissimes Basil, détective privée, Aladdin ou La Petite sirène. Reproduisant la formule maison des Disney les plus fameux, opposant une gentille héroïne à un très vilain méchant, sur fond de bayou, de vaudou et de Nouvelle-Orléans. Cultivant une fois encore un nombre conséquent de seconds rôles marquants et souvent hilarants, d'un crocodile saxophoniste à une petite luciole déjantée, une "fashionista" bien roulée ou un petit chat tout tourneboulé, embarqués malgré eux dans une aventure des plus trépidantes.

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Pourtant, tout aussi louable qu'aient été les intentions des créateurs, cette Princesse et la grenouille, passé l'émerveillement des premières minutes et l'enchantement dû à cette pointe de nostalgie, ne convainc pas totalement. La faute à un scénario peu fouillé, souvent écrasé par le poids des références aux autres Disney. Comment ne pas reconnaître Baloo derrière ce grand crocodile, dansant avec le prince Naveen avant de le poser sur son ventre le temps d'un dos crawlé ? Ou Jafar dans ce méchant squelettique et d'autant plus terrifiant, à l'ombre se métamorphosant en serpent ? Hercule, ses âmes perdues et cette mama aveugle ? La Belle et le clochard et cette grande maison, lovée dans un quartier huppé, illuminée par cette nuit bleutée ? Puisant, aussi, dans des oeuvres plus récentes, ce dernier Disney s'apparentant à une sorte de Shrek inversé. Un manque d'originalité qui ne permet pas à La Princesse et la grenouille de nous accaparer totalement, recyclant un nombre beaucoup trop conséquents de thèmes et de marques emprunts aux dessin-animés précédents. Souffrant, aussi, d'une comparaison forcée à ceux-ci quant à la création des chansons et d'une intrigue pas assez poussée. Reste que cette dernière production réussie néanmoins le pari de nous replonger instantanément en enfance, charmant par son mélange entre recherche d'une certaine modernité - "Il faut travailler pour réussir", la femme vaillante et courageuse - tout en cultivant des petits côtés passéistes. Chavirant enfin les coeurs par la réutilisation des doubleurs des anciens Disney, à commencer par Richard Darbois, célèbre en formidable génie d'Aladdin !

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Crédit photo: Walt Disney Studios Motion Pictures France

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /2010 08:00

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Sortie: 03 février 2010

> L'histoire: Steve "Lips' Kudlow et Robb Reiner avant quatorze ans quand ils créèrent le groupe Anvil. Persuadé que leur gloire est arrivée, ceux-ci jouissent d'une renommée fulgurante en 1981, lors de leur passage dans un immense festival japonais. Et puis, plus rien. Vingt-cinq ans plus tard, Steve et Robb continuent de nourrir leur espoir de fortune et de succès, alternant entre petits boulots quotidiens et tournée européenne désastreuse...

1984. Sur la scène d'un grand festival japonais, un groupe électrise les foules, muni de sex-toys, tout de cuir vêtu. Leur single ? "Metal on Metal", véritable hymne à ce genre musical au point d'influencer, de part leur énergie et leur conviction, un certain nombre d'autres groupes. De Metallica à Gun's & Roses. Sauf qu'à la différence de ces derniers, ceux là n'ont jamais percé dans l'industrie musicale, retombant dans l'anonymat le plus complet aussi rapidement qu'ils en sortirent. Eux, c'est Anvil, groupe de metalleux canadiens, encore persuadés, près de trente ans après leur semi triomphe, que la gloire est à venir. Économisant chaque centime dans l'espoir de renouer avec leur rêve. Parmi eux, deux vieux de la vielle, Steve Kudlow et Robb Reiner, employés parmi tant d'autre le jour, livreur dans les cantines pour l'un, ouvrier de chantier pour l'autre, rock star à leurs heures perdues, continuant inlassablement à entretenir cette flamme musicale. Réalisé par un fan de la première heure, Anvil ! suit ainsi à la trace ceux deux mastodontes du rock, de l'organisation d'une tournée foireuse en Europe à une possible sortie de crise. Car l'histoire d'Anvil a tout d'un film de fiction, les deux compères ayant connus un revers de la médaille des plus cruels. Aujourd'hui, à l'approche de la cinquantaine, ils ne peuvent plus que compter sur leurs fidèles fans pour s'en sortir, de ce patron d'une entreprise téléphonique, prêt à tout pour les dépanner, à cette jeune femme slovaque, bien décidée à reprendre leur carrière en main. Sûre d'elle, celle-ci leur organisera une tournée marathon dans toute l'Europe, dans l'espoir, enfin, qu'Anvil connaisse le succès qu'il mérite. Louant des salles de dix milles places pour un concert qui ne ramènera qu'une centaine de personnes... Filmant sans concessions les désillusions aussi multiples que fréquentes du groupe, Sacha Gervasi livre ainsi une oeuvre ironiquement tragique sur le destin de ces deux loosers pathétiques, confrontés à une série de péripéties des plus sadiques. Du ratage d'un train primordial au fiasco total d'un concert, réunissant trois pelerins dans un bar au fin fond de la Roumanie.

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Pourtant, malgré les déboires, Steve et Robb n'ont jamais eu l'intention d'abandonner, continuant inépuisablement à trouver de l'argent comme ils peuvent, quitte à cumuler les crédits à l'approche de l'enregistrement de leur treizième album. Car Anvil ! est surtout le brûlant portrait de ces deux anti héros déchus, amis à la vie, à la mort. En somme, deux adulescents encore persuadés qu'ils pourraient s'en sortir. Continuant encore et encore à entretenir la flamme de ce rêve de gosse éveillé. Quitte à sacrifier un peu de leur vie de famille et un confort certain. Là réside la puissance et la détermination de ce groupe à tout épreuve, idole d'un certain nombre de rock star comblée, elle, par ce fameux succès. Steve et Robb, quand à eux, ne trouvent pas le temps de se remettre en question, continuant à foncer tête baissée vers leur avenir. Est-ce parce qu'ils sont canadiens qu'ils n'ont pas réussit ? Qu'importe, ces deux là sont déjà bien loin, casques sur les oreilles, guitares en main, prêt à enregistrer leurs nouvelles chansons. Il faut dire qu'avec les années, Steve et Robb ont tout essayé, ce n'est donc pas maintenant qu'ils arrêteraient tout. Le bout du tunnel serait-il prêt ? C'est du moins la mini note d'espoir que transmet Anvil !, vibrant documentaire sur ces artistes ratés et maudits, ayant continué toute leur vie à entretenir leur aspiration d'enfant. Sacha Gervasi livrant un film tantôt extrêmement drôle, tantôt profondément dramatique, transmettant à l'écran son attachement pour ces deux compères au combien touchants et attachants. Allez, on aimerait bien qu'ils réussissent nous aussi...

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> Festival du film américain de Deauville 2008: Les Docs de l'Oncle Sam

Crédit photo: Zootrope Films

Par Limess - Publié dans : En salle en 2010
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